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dimanche 6 novembre 2011

5 nov - T'as joué avec ma tête.

Pendant un mois, j'ai stressé, me disant que ça pourrait passer, mais qui sait au fond. Si l'angoisse pogne, l'insécurité, c'est fini, qui sait à quoi ça mènera. J'ai trop d'empathie cachée derrière un mur de brique, pontifiant à tout vent "Ouais ouais, j'les ai écouté, les autres bands, sont nuls à chier", juste pour te pomper, te mettre en scène pour la victoire. Mais j'ai eu peur. Si jamais ça finissait en coup de balai, j'aurais fini en pièce. Si tu ne gagnais pas, rien ne vaudrait la peine d'avancer un pas de plus.

Sur stage, tout est pop, soudé, bien ficelé comme un putain de jambon, et ça frustre, met de la pression. Si tu gagnes pas, je vois pu l'intérêt de bûcher comme un défoncé s'ils ne réalisent pas à quel point t'es de la fucking bombe à imaginaire. Et ça vous prend deux chansons avant d'être calibrés... Les gens, le Québec ne connaitra jamais la magie d'un show de Jonathan Peters. Et pourtant, j'ai la flamme de continuer à croire, à espérer que je ne sois pas le seul à voir le putain de talent que t'as. D'autres passent, réglés au quart de tour... Nah, c'est trop parfait. Ils n'ont qu'à faire leur steppettes ailleurs pour gagner autant. Fire just works with the crowd. On sort de la salle, tous les EPs se vendent en un vent. Ça, je l'admets, ça m'a surpris. 30 disques, envolés, comme ta voix dans Elephants.
Mais ça s'arrêterait peut-être là... Ou peut-être ça jouerait en ta faveur.


Trente minutes passent, je reviens dans la salle et c'est encore les Breastfeeders qui jouent les fuckés. Encore quelques minutes. Sélection du jury... Remerciements qui s'étendent, on s'en fout! Ok, premier prix...... série de spectacles, ok, ok.................... Fire/Works. Fine, 3e prix, le bronze, legit, il a gagné de quoi, good. Second prix, whatever it is, photoshot, site internet.................... Fire damn works. L'euphorie. 1er prix, bourse de 25K pour EP and all................... Fire no way works.


J'ai crié. Les yeux embués, ne sachant plus quoi penser. À quoi peut-on s'attendre, maintenant? La quête vers l'or, terminée? Tous mes potes réussissent. Ils ont ce qu'ils méritent, ce pourquoi ils ont travaillé si fort depuis des années. Et moi, au fin fond de la salle, derrière mon incompréhension, ma joie, ma solitude, je ne peux que me réjouir de ta victoire flagrante.

Et pourtant.

Alex n'était même pas là pour ta nomination, ni Cœur Bleu, j'étais seul devant ton univers porté à bout de bras dans le ciel étoilé. Entouré de proches extatiques, te voyant les yeux rivés d'océans satisfaits, mais ébranlés. Et on a fêté au Dallas, pilier de mes années de cégep, je t'ai demandé de rester humble, même en sachant fort bien que tu n'aurais besoin de tel conseil. And I left, telling you, I'd maybe cry leaving this bar. Because I knew that all was left was me, to write a book, to make it real deal. Et j'ai couru, pour ne pas manquer le dernier bus, j'ai mis du DPunk pour me mettre un beat, mais ça s'est vite changé en Demon host, la version que t'as jouée de manière si intime, si hantée, dans ta chambre, devant une quinzaine de personne. Et ni Cœur Bleu, ni Soleil n'y était, bien fait pour elles, qui ont manqué à mon avis ta performance la plus crevante ever.


Mon vieux, t'as joué avec ma tête, parce qu'en sortant, j'étais pris entre le rire d'un fou qui revoit un prix, deux prix trois prix d'un coup, tout ce pour quoi t'as travaillé, et j'ai choké. Je peux pas atteindre ça. Je peux jamais accepter les compliments qu'un ami me fait, ça sonne trop claque dans le dos. J'ai couru comme un con, pleurant au vent, la morve pouvait me badigeonner je m'en foutais, t'avais gagné, et je ne pourrais jamais y arriver.

Et puis oui, fuck, si lui a travaillé, et bien moi aussi je me botterai le cul! Je vais le finir, cet osti de roman débile, complètement flyé! Mais la littérature n'est pas une besogne échafaudée en 3 minutes 44 secondes, ni en images claires et nettes, coupées pour la dynamique. Fuck off j'y arriverai pas.


Les larmes. Manly tears down the chin. Je me pends. There's nothing more to life than this. Pas encore rendu à mon arrêt, "Merde, je peux pas mourir, j'ai même pas entendu la version CD de Elephants." Si Jo a réussi, I can. Pas parce que c'est un low life. Faaaaaaaaaaar from there. Parce que j'ai assez jasé avec pour comprendre qu'on vient d'une planète weird similaire et que je peux aller aussi haut qu'il l'a fait.


La ligne est mince, dans ma tête de con, entre vouloir me tirer en bas d'une corde, et travailler directement sur mes tripes...

Je la vois juste plus, la ligne, sincèrement.

samedi 15 octobre 2011

15 oct - Analyse de "Snoopy's Reunion"



Parce c'est une émission qui m'a particulièrement marqué, plus que n'importe quel autre programme, et pour multiples raisons.

Famille
Du côté de ma mère, il y a toujours eu des rassemblements de la famille immédiate, les enfants et petits-enfants de mes grands-parents. En quelque sorte, ça nous empêchait de sombrer dans le mal de vivre, l'ennui mortel. Et c'est ce que vit Snoopy, en étant aussi longtemps séparé de ses frères et sœurs. Mais avant même de vivre plus d'un an avec Charlie Brown, la séquence où sont récupérés chaque chiots dans la Daisy Hill Farm nous montre déjà à quel point il est dur de voir partir les siens vers une autre vie. La musique n'est plus la même si la guitare n'est plus en harmonie avec les violons et la batterie. Cette image de la musique en famille n'est pas qu'une tradition états-unienne, mais aussi profondément québécoise. Dans les maisons de Sacré-cœur, à Gaspé, au Mont St-Hilaire, partout, les oncles et les tantes jouaient du violon, faisaient sonner l'accordéon, si ce n'était pas de la cuillère, puis chanter et danser. Aujourd'hui, on peut se compter chanceux si on a un cousin qui joue de la guitare autour du feu... On est plutôt rendu avec nos iPods qui jouent du heavy metal, du hip-hop, et de l'électro. Bref, la famille divisée. Mais revenons à nos mout... nos chiens! La famille des beagles, une fois divisée, semble vivre normalement, soit une vie de banlieue, ou dans le fond du Texas, mais la solitude reste présente, enfouie. L'idée de la réunion devient non seulement une bonne nouvelle, c'est aussi un extase pour chacun des membres! Si quelques uns avaient délaissé la musique, ils la reprennent en un clin d’œil, avec autant d'ardeur et de joie que dans la ferme, à leur plus jeune époque. Et même malgré la destruction de ce lieu mythique, la musique mélancolique se transforme en fête. Parce qu'au fond, ils n'ont besoin de rien d'autre que la famille.

Nostalgie
Qu'en est-il de ce lieu mythique? Pourquoi lui donnerais-je cette appellation? Cette ferme est le berceau de ces petits chiens. La représentation du foyer uni originel, de la mère aimante, toujours là, mais aussi de la séparation, d'un univers nouveau auxquels ils sont destinés. Si ce n'était qu'une ferme en campagne qui serait toujours en place au moment de la réunion, il n'y aurait aucune évolution, autant physique que mentale. On y représente l'industrialisation du monde qui nous entoure, le départ vers les grandes villes pour "aboutir à quelque chose", mais aussi un symbole qu'on ne peut pas revenir en arrière. Le passé est fait, ainsi soit-il. Le seul qui a pu retourner à la ferme après la séparation, c'est Snoopy, et tout ce qu'il y a trouvé n'était qu'une maison vide, où même la mère ne semble plus vivre... Personnellement, j'y ai vu la maison de mes grands-parents, après la mort de mon grand-père. Toute la famille avait alors quitté la région, et un visite à cette maison n'était qu'une grande maison où il n'y aurait plus de fête... L'image de ce retour aux sources y est donc représentée sans aucune exagération, pile sur la plaie qu'il faut savoir gérer, traverser.

Dépersonnalisation
Le premier à être parti, à avoir une seconde mère aimante (la jeune fille blonde) puis une nouvelle maison. Snoopy a alors tout d'un chien normal: assis, rapporte, parle, il fait tout sans aucune volonté d'être extravagant. Et pourtant... L'appartement où souhaite déménager la mère de la jeune fille interdit l'hébergement d'animaux, et cette jeune blonde se voit le cœur brisé l'obligation d'expliquer à son chien qu'ils doivent le retourner dans son ancienne maison. On y aurait vu de la joie dans ce retour et l'effet de séparation n'aurait alors aucune importance. Mais elle en a. Snoopy a lui aussi le cœur brisé de se séparer à nouveau d'une représentation de la mère où se trouvait confort et amour sincère. Et cette tristesse est soulignée davantage avec la ferme complètement désertée de ses frères et sœurs, et où la mère, je le répète, semble aussi absente. Ce qui était d'abord un chiot joueur, musicien, ainsi que dressé et joyeux, s'est ensuite lentement transformé en petit chien apeuré, seul, et qui n'a qu'un cruchon, symbole de son frère le plus... "musclé" (Olaf) pour le protéger de la suite des évènements. Comment peut-on réagir, ou même comprendre, enfant, à une telle séparation? "You're a good puppy and I love you very much" revient presque à la situation du divorce lorsque les parents expliquent à l'enfant que ce n'est pas de sa faute. Et à l'époque (1991), dieu sait qu'il y en a eu des enfants du divorce. Et comme tous les autres épisodes de Peanuts, le sentiment est rendu avec une telle justesse, sans cri ni blessure autre que morale, qu'on ne peut s'empêcher de ressentir la tristesse honnête des deux partis. Voyons la scène:



Mais que devient Snoopy face à cette seconde mère qui l'abandonne? Il semble avoir perdu l'idée qu'il pouvait se faire du bonheur avec un autre, se cache, avant d'être repris par un petit garçon qui ne souhaite rien d'autre qu'avoir un chien pour l'accueillir chez lui, jouer à la balle, voire devenir son meilleur ami. Or ce qu'il trouve en lui, c'est un être qui a peut-être souffert de cette normalité perdue avec la jeune blonde, préférant oublier cette époque merveilleuse de l'enfance pour ne plus souffrir, et donc devenir (si on veut) un adulte. Ou plutôt un adolescent. Il ne dort pas dans sa chambre, s'assied dans un Lazy-boy au lieu d'être sur ses quatre pattes, prépare un discours au lieu de faire "ouaf ouaf", joue au baseball, fait de la luge, du surf... Bref, sa naïveté, son obéissance, son bonheur simple, tout cela s'est transformé en un amalgame de cynisme, de rébellion assumée et d'extravagance qui, au premier coup d’œil, semble lui rendre une certaine joie. Snoopy, en ne retournant pas à une époque mentale précédente, peut être enfin heureux. On dirait bien un cas de refoulement, ici! Après un an et demi, le malaise revient; l'ennui de quoi, d'on ne sait quoi. Ah oui, la famille! Mais comme j'en ai déjà parlé, on n'y retournera pas en profondeur. Simplement mentionner que les retrouvailles lui rendent un bonheur éloigné qui finalement n'est pas qu'un retour aux sources, comme l'indique les symptômes de la nostalgie, mais qu'il est aussi possible de vivre quelque chose de nouveau avec cette famille. Comme quoi, elle ne représente plus le passé, mais le présent.

L'influence personnelle
Probablement mon premier contact avec la musique blue-grass, country. La steel-guitar, les violons, un cruchon, pour tout orchestrer dans un mélodie qui fait danser, taper du pied. Si j'ai pu nier cet amour de la musique traditionnelle pendant mon enfance, cet amour lointain m'a sûrement aidé à apprécier davantage les chansons de Patsy Cline, Catherine Durand, Cat Power et autres Sons Of The Pioneers, sans qui je ne saurais pas non plus apprécier la sincérité des goûts de MC Gilles. Vous pouvez dire ce qui vous chante, la musique traditionnelle va chercher les roots en nous, celle de l'époque des grands-parents de nos parents.
Et puis que dire du sentiment de mélancolie mêlé à la nostalgie par rapport à cette maison abandonnée de la famille... Chaque année, lorsque nous passons par Montmagny, c'est une visite essentielle et qui pourtant ça ne sert à rien, comme tourner le fer dans la plaie, se remémorer de bons souvenirs qui jamais ne reviendront comme avant, qu'il faut profiter du moment présent, et ne pas se lamenter sur le passé... Devenir cynique. Oublier la première petite fille que j'ai connue, la deuxième aussi, pour ne pas avoir mal pour rien... Et profiter des jolies filles qui seront toujours là :)

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JD, samedi 15 octobre 2011, 15h

lundi 10 octobre 2011

10 oct - On ne peut pas toujours plaire au voisin

"Ton problème, c'est que tu réfléchies trop"
"Ouais mais j'aime ça, me casser la tête"

Avec lui, ça finit toujours par arriver. Autour d'une bière ou même par texto, dernièrement, on s'engueule amicalement sur nos différentes vision de la création, de la réflexion, qui sont finalement pas si lointaines. Chacun décrit des moments troubles, parfois même horribles de la vie, mais c'est notre façon de décrire ces horreurs de la banalité quotidienne qui nous écarte. Je préfère laisser le narrateur à son propre sort, dans un décor pitoyable et laisser le récit s'expliquer de lui-même, alors que lui y appose directement son jugement, sa propre psychanalyse intégrée au texte. Alors, je lui reproche de ne pas faire confiance à l'intelligence du lecteur, de trop réfléchir, tandis que lui s'amuse à me pointer du doigt, moi, qui tente de faire pitié, d'être tristrrre sans aucun fond, et ainsi de suite.

C'est le même principe pour le cinéma, ou pour n'importe quel autre domaine. Par exemple, vivre en société. Ça va toujours revenir à "On ne peut pas toujours plaire au voisin". Dans le domaine de l'audio-visuel, l'exercice le plus intéressant qui m'aie été donné ever, c'était l'essai 4 et [fraction] (en fonction du nombre de personnes qui avaient un produit final). Le but était de déplaire le plus de gens possibles. Être bruyant? Pas nécessairement; un silence de 30 minutes peut être plus insupportable que n'importe quel amalgame de mitraillettes. De toute façon, les gens aujourd'hui (hier, plutôt) danse sur du beat qui gueule "Vous êtes des animaux. Vous allez crever". Pour plaire, il y a tant de critères pré-établis... mais pour être détesté, quels sont-ils, ces critères?

Personnellement, je rage quand quelqu'un (qui n'a clairement aucune conception d'une bonne œuvre) se proclame cinéaste, ou écrivain. Il ne produit que des merdes insipides et se félicite d'avoir un beau rack focus, ou une belle phrase poétique en plein milieu d'une scène de piscine. Personnellement, je préfère me dire vidéaste et blogueur qu'autre chose, ne pas prétendre à ce que je ne suis pas, et perfectionner ces deux "sous-classes", que je ne considère en rien inférieures aux deux autres nommées plus haut. Non je n'ai pas présenté mon Naufragé à la Cinémathèque, ni publier le récit. Parce que ces médiums ne sont pas sur le même palier que moi. Mon film a été fait pour être regardé dans un sous-sol avec un cendrier pas trop loin, une dizaine de personnes, et de la bière en masse. Mon blog est là pour réfléchir deux ou trois minutes, ressentir quelque chose, puis continuer. "Intolérance", je l'avais fait pour déranger, pour être mal à l'aise. Et finalement? Tout le monde l'a aimé, à travers les malaises, les interrogations...
Comme quoi, provoquer pour provoquer, ce n'est pas la solution. Il faut scruter, gruger la psyché de la masse, trouver ce qui écorche chaque personne, l'utiliser et le montrer. À mon avis, c'est ce qu'a fait Harmony Korine dans "Trash Humpers". Trois êtres, ou créatures à forme humaine, se déchaînent dans une banlieue, fredonne une chanson troublante, crient, rient. Sont 'eerie'. Ça dérange, en même temps que ça fait rire, même devant un groupe aussi étrangement apeurant. Et encore là, pas besoin de la caméra pellicule, ni du HD. Il tourne avec de la vieille bande magnétique qu'on croirait sortie directement d'une poubelle. Et toute la magie s'y crée. Voilà l'alignement entre forme et contenu. Pas besoin d'expliquer ces créatures, leurs actions sont présentées, ne reste qu'à comprendre soi-même "où ça s'en va, c'te bebitte-là". C'est la force de la distanciation auteur-narrateur, le dépassement de soi dont on parle tant en théorie d'écriture.

TL;DR : cessez de vouloir plaire, en vous plantant constamment; assumez votre niveau, perfectionnez-le, dérangez. Déranger fait plus bouger les choses que de parler de puppies et de la nature (salut Coldplay).

dimanche 9 octobre 2011

9 oct - Mysteries



Je pense à la cour d'un monastère, Berthierville. L'herbe verte, les voix au loin, une légère brise réconfortante. Aux moments de solitude, mais de bonheur, serein, quelque chose d'intouchable, d'indémodable. Timeless peace. Les oies de Montmagny, survolant le fleuve Saint-Laurent. Comme une chanson avant de partir en voyage, en bicyclette, en voiture. Marcher sur la berge de l'île des Moulins. Respirer, savourer.

La voix de Beth Gibbons résonne, frissonne comme une feuille prête à quitter pour l'hiver. En paix.
Un mystère de la vie, qui se perd, qui prospère. Qui dure, s'éternise, dont on ne se lasse pas.

lundi 23 mai 2011

23 mai - Poème du Gabon

Sur les bords de l’Atlantique se coule une lueur rougeoyante. Les bateaux se bercent au port, sous les vagues naissantes du crépuscule, et l’air laisse une caresse humide sur mon cou. Lentement, les gens installent tables et chaises à l’extérieur, bières en main. On espère une pluie d’étoile mémorable.

La tête dans les nuages, le vertige me prend d’assaut, l’épiderme fragile à chaque brise. Peut-être m’asseoir, rester couché sur le sable, et me faire chatouiller par l’océan. Ou continuer la marche routinière, dépasser la zone résidentielle pour ne plus voir qu’une pluie noire. Si la chance me revient, peut-être qu’une jeune femme m’attendra au bout du chemin, m’accompagnera durant le trajet du retour. Mais pour l’instant, rien à l’horizon; une luciole passe et s’éteint, une mère appelle ses enfants, un camion de cargaison traverse la grande avenue.

En m’approchant de la colline qui surplombe le village, Port-Gentil devient silencieux, murmure quelques rires ici et là. Au sommet, ma main touche le ciel, attrape une étoile et la laisse partir avant d’en prendre une autre au passage. Mon corps plonge dans l’univers argenté des perséides, léger et frais. Le silence nocturne parfume mes yeux grands ouverts. Je suis une bulle sans direction. Ni là-haut, ni ici-bas, entre plénitude et démantèlement. Une étoile meurt pour en faire vivre une autre.


Chasser le vent

Jusqu’à l’aube

Jusqu’à la plaine

Traverser les torrents

Une voile solitaire

Sur mon bateau volant

Au dessus des marées lunaires

Chasser le vent au creux de mes mains

samedi 8 mai 2010

Olaf / Prendre le train (samedi 8 mai)

"J'aimerais que tu lises ça. Je l'ai écrit pour toi."
Le type donne un paquet de feuilles maladroitement brochées à son amie Sophie. Elle dit qu'elle n'a pas le temps d'y voir sur le champ, mais qu'elle y jettera un coup d'œil entre deux travaux. Le type, Olaf, est anxieux et prévoit la situation: jamais elle ne le lira, elle ne veux pas être impliquée dans un autre de ses projets. Trop ambition, trop sérieux, mais surtout trop étrange. Olaf a la mine basse, mais fais semblant qu'il ne s'en soucie pas. En fait, dans un cas comme dans l'autre, cela ne change pas grand chose, car son visage étrange a toujours la même expression du crapaud vermillon solitaire. Il quitte la pièce en même temps qu'elle en espérant prendre la même direction. Or, ils sortent par deux portes qui mènent aux antipodes. Malgré la douleur qui l'accable (comme tous les jours, mais ce moment semble pire en quelque sorte), Olaf peut enfin laisser tomber son visage crispé par la douleur de l'effort causé par un simple et presque imperceptible sourire. La douleur d'être un enfant unique à problème, c'est celle qui le pousse jour après jour à se forcer davantage dans tous les domaines. "Je n'ai pas à me soucier d'une deuxième personne. Je n'ai pas à surveiller ma garde-robe. Je n'ai pas à me peigner tous les jours. Je suis hideux, mais je suis fort... à l'intérieur." À cette pensée, une brève angoisse habite Olaf.

Pour se changer les idées, il s'impose un changement dans son trajet du retour. Il se fait relativement tard, et décide d'en profiter. Un bon buck lui remontera le moral. Il se rend au bar le plus vide qu'il peut trouver et commande une bière qu'il n'a jamais essayé, faute d'avoir des couilles et de faire des choses inhabituelles. "À force de changer le train-train quotidien, il y a bien quelque chose de neuf qui va m'arriver", se dit-il. L'angoisse reprend: pourquoi changer si l'idée d'être un hipster le rebute? Il cale son premier verre, espérant ainsi noyer ses obscures réflexions. Avouons-le, Olaf est du type déprimant, et une simple bière pourrait sans aucun doute le rendre plus intéressant.

Trois pichets cachent le visage d'Olaf, le corps penché sur la table, la tête dans les nuages. Plus ou moins conscient de ce qui se passe dans le reste de la salle, il réussi à soulever sa carcasse de sa chaise. Il sait qu'il est maintenant trop tard pour prendre le transport en commun et que ses fonds bancaires sont bien encrés dans le rouge bien sanglant, trop pour pouvoir se permettre un taxi. Plus lucide que jamais, il urge le pas pour sortir du bar et se retrouver seul avec la rue désormais vide. Même les yeux vitreux et le cœur qui bat à tout rompre dans ses oreilles, ce coin est trop familial pour continuer sur la même voie. Une rue transversale, puis une autre, un long corridor, puis une ruelle, et enfin une avenue silencieuse et aux allures d'une banlieue européenne. La lune lui rappelle qu'il est au beau milieu de la nuit et pourtant, pour la première fois de sa courte vie, Olaf a le sentiment de renouveau. Bien sûr, il rejette d'abord la faute sur le houblon derrière sa cravate défaite. Mais rapidement, cette pensée est écartée pour laisser place à l'émerveillement.

L'odeur des pins, le souffle léger du vent, la rosée sous les pieds: tout semble étranger et pourtant très proche à lui. Comme une bribe de souvenirs d'enfance qui revient le temps d'une fraction de seconde et qui repart pour laisser à Olaf le plaisir d'apprécier le moment qu'il passe. En traversant le parc qui le mènera Dieu seul sait où, une réflexion lui vient en tête: "Prétendre que tout est mieux ainsi, et se satisfaire de quelques rêves, n'est-ce pas moins répréhensible que de se baigner dans l'eau et engager d'autres personnes dans un malheur possible?" En vivant ce petit instant de bonheur, ce saugrenu personnage commence à s'imaginer profiter de ce panorama en bonne compagnie, tout en pensant que s'il était réellement accompagné, il ruinerait probablement la soirée d'une personne. "Qui a vraiment envie de déambuler dans la nature à 3h du matin avec un soûlon?" Il repense à cette jeune fille, cette Sophie qui avait déjà bien assez donné en jouant dans une de ses pièces complètement ridicule. Elle aurait des pensées meurtrières si elle avait dû le suivre dans son parcours. "Qui plus est, je suis mythomane et hypocrite. Je ne peux faire endurer cette affreuse personnalité à une personne qui n'a rien demandé." Le calme revient à lui lorsque le premier rayon se fait sentir, se fait attendre tranquillement. En pointant le nez au large, les paupières closes, Olaf reconnaît une senteur de campagne, d'un sous-bois frais et serein.

Ce matin-là, Olaf a pris ce qui lui était donné: sa vie. Le temps d'une soirée et d'une nuit, il a pris chaque bouffée de nouveauté et en a fait quelque chose de splendide. Jamais il ne voudra oublier ce qu'il a compris, cette soirée-là, comme quoi les esprits sont souvent affaiblis par un moindre découragement banal et que ce n'est pas une pensée noire qui l'en sortira. Il comprend enfin que ce qu'il touche se transforme en or, que tous ont ce pouvoir, mais que certains l'utilisent à de mauvaises fins. Il est fort probable que, d'ici un mois, Olaf reprenne ses pensées lugubres, mais pour le moment, il n'est ni nécessaire de nier sa laideur ni de la diminuer par rapport à ses forces: tout est fabuleux, si seulement on accepte de le voir ainsi.

Sa marche nébuleuse l'a conduit à deux pas de la gare centrale. Bien que le métro est juste au-dessous, Olaf considère le train plus agréable. Ce matin-là, pour la première fois depuis des lustres, Olaf se sent en paix avec lui-même. Et comme si tout cela n'avait pas été suffisant, en ouvrant les yeux, il regarde la neige printanière se poser au sol encore vierge et vert. Ça y est, sa dernière pensée de l'aventure fait son arrivée: "Je ne dois plus jamais refaire tout ça. Toute la magie d'une vie dans un globe temporaire, éphémère." Il sort un cahier de dessin et débute un esquisse d'où sort un visage à travers la brume. Il sépare la page du reste du cahier, y pose les lèvres délicatement, la plie en quatre, ouvre la fenêtre, et laisse la feuille s'envoler. Le dessin continue son chemin jusqu'à la fenêtre d'un appartement non loin de la voie ferrée, et réussi à s'infiltrer à l'intérieur. Sophie se réveille en sursaut tandis que la feuille se pose sur son visage. Elle lit. "Merci. Adieu."

Dommage... Olaf espérait secrètement que la page serait perdue au sommet d'un arbre entre deux branches, ou mieux, déchiquetée par un réacteur d'avion. Là où nul ne chercherait sa journée de bonheur. Tu me surprendras toujours, sacré Olaf.

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Samedi 8 mai, minuit 49

jeudi 26 novembre 2009

My favorite house

3 janvier

Le plancher en bois franc est chaud. Joséphine a mis en marche le poêle à bois, ça paraît. J'ai presque envie de ne pas mettre de pantoufles. Et puis, tant pis. Au pire, Phoebe me dira que je ne fais pas assez attention à ma santé. Dehors, la neige s'est accumulée d'au moins un mètre; il faudra pelleter...

José est à la table avec sa tante: elle mange des oeufs avec des roties à la confiture, comme je lui en faisais lorsqu'elle était petite. Phoebe lit le journal de la semaine dernière. Depuis une semaine, nous sommes isolés des bons journaux... En campagne, tout semble figé dans le temps. Avec ce temps doux, on y prend confort.

Je m'installe dans le fauteuil devant le poêle, en buvant ma choppe de café. Je regarde mes deux anges gardiens. Même pas besoin de leur dire à quel point je les aime, tellement mon regard dit tout.

Joséphine me regarde, soudainement.
-Ça te tenterais pas de nous jouer une p'tite toune à la guitare? dit-elle à moitié moqueuse.
-Ah, t'es gossante avec ça, je lui réponds avec le sourire. Tu l'sais que la guitare m'a lâché ya 5 ans.

Ça y est: elle fait les yeux doux... Si seulement elle était pas devenue une jeune femme, je l'aurait chatouillée jusqu'aux larmes, la p'tite! ...Alright, tu m'as eu, j'vais la sortir, la boîte à chanson.

Phoebe m'accompagne au piano. Je sais même pas si ils jouent de la musique, chez la famille de sa mère. Cette pauvre enfant... à cet âge, toujours devoir se diviser en deux, pour les fêtes...

L'important, c'est que l'on soit les trois, ensemble, pour profiter de la dernière semaine de congé. Et profiter de notre maison préférée. Notre chateau de campagne, rien qu'à nous trois.

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Jean, 26 novembre 2009, 23h05

mardi 24 novembre 2009

Ton père ne reviendra pas ce soir

"Ton père ne reviendra pas ce soir. Ni demain."

C'est ce que ma mère m'a dit, à l'heure du dîner.
C'est ce que ma tête me dit, depuis près de 5 ans, en espérant que je sois dans le tort.

Aujourd'hui c'est enfin arrivé. Je peux arrêter d'me faire acroire que tout va mieux aller. J'ressors mes cd de nirvana pis des Smashing Pumpkins, pis crissez-moi la paix pour la journée. Aujourd'hui que c'est enfin arrivé, je décide que le monde n'existe plus. Ya que moi et la musique trash qui me guide. Chu pogné dans un étau, pis j'ai juste envie de tout péter c'qui a dans ma chambre. Fuck me livres, fuck mes dvds, fuck mes disq... non, pas ma musique. C'est tout c'qui me fait encore du bien...

...fuck me... faut que j'pense à ma mère qui doit être à terre... Maman est seule dans la cuisine, devant Séries Plus, en train de brailler. Moi chu assis à côté, à essayer de la rassurer, mais dans ma tête ya juste d'la musique trash qui joue. Je lui dit que ça doit juste être une ptite pétasse qui sait rien faire. Entre ses larmes, elle dit: c'est pas juste ça. Elle dit que papa ne l'aime plus depuis bien longtemps. Depuis l'été 2003 que je m'en doutais... En fait, ça fait bien plus longtemps... Mais quand on est jeune, on veut pas se l'avouer. Papa n'est plus là, parce que, ben, y nous aimait pas. Yé parti, on sait pas trop où, probablement chez elle.

Maman travaille pas, c'est qui qui va payer la maison, la bouffe, maintenant? Maman, est-ce qu'on va faire faillite, pis finir dans la rue, paske papa nous aime pu? J'vais lacher l'école, vendre mes livres, mes dvd, mes cd, pis j'vais travailler 40h semaine dans une shop que j'haïs, mais qui paye, pour qu'on puisse toucher les deux bouts... pendant quelques temps... Après, on aura plus rien... Esti qu'j'ai la chienne... Ptetre que si on vide la maison de ses derniers habitants, on va s'en sortir sans dommage...

Quand on a plus l'amour d'une personne, est-ce que la mort, c'est vraiment la solution? J'ai tellement peur... J'veux pas demander la charité. J'veux pas que papa parte. J'veux encore faker que tout va bien.

Si seulement cte garce là était pas passée par là... Si elle savait que, par sa faute, elle a détruit nos vies. Elle aurait peut-être pas demandé à mon père: "Est-ce que tu laisserais ta femme pour moi?". Et si ils s'aimaient? Est-ce que l'amour de deux personnes peut à ce point détruire tout un univers?

Est-ce que ça existe vraiment, ça, l'amour? P'pa, est-ce que tu pourrais juste pas nous faire ça, pis revenir en disant que c'tait une erreur? Prends donc conscience de tes osties de responsabilités, pis vient nous aider à survivre... Si tu savais à quel point, en ce moment, j'te souhaites de brûler en enfer... si tu savais à quel point ton absence est empreinte partout dans la maison. Ya pu personne qui parle, le frère joue de sa basse à dix milles dB, m'man fume clopes sur clopes, les yeux gorgés de sang, pis moi qui t'écris à quel point j'voudrais te tuer... À quel point j'voudrais que tu saches que je t'aime, pis que personne veut te laisser partir d'ici, te laisser être heureux ailleurs...

Dans l'fond, j'devrais peut-être faire comme lui, pis juste partir. Partir sur le pouce vers l'ouest canadien. Jamais plus regarder en arrière, oublier. Peut-être que c'est le seul de la p'tite famille qui a eu le courage de se lever pis de reprendre sa vie comme il la voyait, plus jeune.
...peut-être aussi qu'il nous a pas oublié, qu'il va continuer de nous fronter du cash, pis nous voir queq fois, nous présenter à sa blonde... Peut-être qu'il a maintenant un sourire que j'lui ai jamais vu avoir auparavant. Qui sait s'il est rendu une meilleure personne, après avoir démoli une femme pis deux jeunes...

Peut-être que j'devrais partir à tout jamais pour ne plus me faire de scénario genre happy-end qui n'arrivera jamais...

Fuck lui. On tombera pas parce qu'il part. It's his loss, not our. Qu'il pourrisse avec sa nouvelle jacasseuse sans cervelle. On a quelque chose qu'il n'a jamais eu: des sentiments et de l'amour sincère. Notre maison est plus solide, maintenant que c'est pu les mensoges qui soutiennent la maison. Merci, p'pa de nous foutre enfin la paix. Va t'en pis crisse nous patience.

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DM, 24 novembre 2009, 20h45

dimanche 22 novembre 2009

Montréal (dimanche 22 nov)

* "Bankrupt Child" de Guy Leblanc (album: Quiconque Meurt Meurt à Douleur - Bande Originale) * écoutée 21 fois en ligne, pour le feel de Montréal, la ville trash, triste, et mélancolique.

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« "Chapter One. He adored New York City. He idolized it all out of proportion." ...Uh, no, make that: "He-he... romantizied it all out of proportion. Now... to him ... no matter what the season was, this was still a town that existed in black and white and pulsated to the great tunes of George Gershwin." ... Ahhh, now let me start this over... "Chapter One. He was too romantic about Manhattan as he was about everything else. He thrived the hustle... bustle of the crowds and the traffic. To him, New York meant beautiful women and street-smart guys who seemed to know all the angles." ... Nah, no... corny, too... corny... for... my taste (clearing throat). .. I mean, let me try and make it more profound. "Chapter One. He adored New York City, although to him, it was a metaphor for the decay of the contemporary culture. How hard it was to exist in a society desensitized by drugs, loud music, television, crime, garbage." Too angry. I don't wanna be angry. "Chapter One. He was as... tough and romantic as the city he loved. Behind his black-rimmed glasses was the coiled sexual power of a jungle cat." I love this. "New York was his town. And it always would be."» - Woddy Allen, Manhattan (1979)
*Faire jouer "Rhapsody in Blue" de Gershwin*


J'ai repensé à ça, hier, en sortant de la place Bonaventure pour le Salon du Livre... "Damn... j'aime cette ville... Montréal". Le centre-ville, Ste-Catherine, St-Denis, Peel, le downtown, Place-des-Armes, Champ-de-Mars, les petites boutiques, le vieux port, l'enseigne Farine Five Roses. Bref, toutes ces places que je ne saurais nommer par leur nom, mais dont je reconnais toute la saveur.

Et pourtant, il y a aussi la saleté... Tous ces appartements et commerces vidés, démolits... Ça me rend nostalgique... Pourquoi donc, d'ailleurs?

Ah oui, ça me revient... merde.... C'était l'été 1998 ou 99, quelque chose comme ça, yavait Les Fourmis de Leloup qui pognait pas mal, le film Quiconque Meurt de Morin qui sort... La petite famille Derome sort de La Ronde. Ya un punk à lunettes (ça m'avait marqué, des lunettes sur un punk) qui est à terre à ma gauche, y saigne, son amie le tient par derrière, pis à droite ya un autre punk, debout, avec des roches dans ses mains... On passe entre deux roches tirées...
Après ça, dans la voiture, c'est le silence du malaise. J'ai juste le souvenir que c'est à ce moment là que j'ai entendu "Je joue de la guitare".

En revoyant Quiconque Meurt dernièrement, j'me suis rappelé pourquoi je pense souvent à Leloup quand je vois des vitrines d'ancienne shop maintenant fermée, abandonnée: j'ai connu l'artiste peu de temps après avoir vu le film de Morin, et le clic s'est fait. Junkies, piaule crade à mort, musique triste, et j'ai peur de l'héro... et j'ai peur de l'héro. Ya aussi le Mile-End. Ça pue le loup dans toutes les rues du quartier. Je m'y suis souvent retrouvé, seul ou avec mon père. Je ne savais même pas que c'était ce quartier, mais je trouvais ça empreint de "Natalie" et "Rock'n'roll et pauvreté", étrangement.

L'hiver à Montréal, c'est St-Laurent, moi qui achète le dernier cd de Blink 182, avec "Down" et autres "Stockholm Syndrome", etc. C'est la neige qui tombe sur le Métropolis à mon premier show à vie, Sum 41, en 2005. C'est le terminus Cote-Vertu apres une soirée bien arosée avec une amie du cégep, en pensant que ça aurait pu finir dans le lit, et puis non c'est une amie, et c'est mieux ainsi. C'est le Salon du livre de mon enfance, quand on y allait le soir. La fois où on est revenu en voiture, sous la douce neige, la lumière orangée des lampadaires, moi qui lit ma bd de Baptiste, le clodo dans sa poubelle, alors qu'on se dirige vers le condo de la soeur de papa. C'est aussi le théâtre pour le cours d'anglais: le Centaur, que ça s'appelle. Les boutiques du Champs-de-Mars... quelle beauté.

L'été à Montréal, ça sera toujours le Vieux-Port, avec les Bouqinistes (moi et mon frère qui répétons sans cesse: "Vive l'été...." en voyant les jeunes femmes en top moulant devant nous), les caricatures sur place, les pique-nique. C'est aussi les voyages sur l'autoroute 13, avec mon père, après mes cours d'été en secondaire 2. Le passage à travers la ville, vu de haut, j'ai toujours trouvé ça empreint d'une certaine beauté triste... vous savez, les vieux batiments, la noirceur de pollution qui leur donne l'impression d'avoir passer au feu, il y a 40 ans. C'est La Ronde, du temps que c'était encore le fun, avec la famille, et aussi la fois, plus tard, avec mon frère quand je commençais à tripper The Doors (on est en 2006), et que je lisais les nouvelles de Salinger. C'était la dernière fois que j'y suis allé. L'été à Montréal, c'est aussi les nombreux retours au Festival du Jazz, dont celui où yavait une femme qui a cédé à la canicule sous nos yeux d'enfants...

Montréal, c'est les grandes rues, les autoroutes qui n'en finissent plus, c'est le métro et les clodos, les boutiques et les cafés, les hotels et les souterrains, c'est le Québec parsemé ici et là d'Angleterre, ce sont les vieux bâtiments souillés contre les immeubles quasi futuristes, c'est l'ordre et le fouilli. La beauté dans la "laideur".

J'ai beau dire que j'aime pas Montréal, c'est pas vrai... La ville, j'aime. J'adore.
Les habitants, ct'une toute autre affaire, mais je partirai pas là-dessus :)


Jean Derome, 22 novembre 2009, 23h28

samedi 24 octobre 2009

Les archives de la Bible (sam.24 oct 2009)

Et si j'avais pas compris? Si les religions, des Égyptiens aux Chrétiens, avaient la juste réalité? La vie n'est-elle éternelle qu'après ce qu'on appelle la mort?

Et pourtant, j'continue d'lui pisser à la raie, la mort. Dans l'fond, et là jme répète, je suis le cheval stupide dans Animal Farm qui continue de sfaire chier parce que pour lui, c'est ça la vie. Et qu'il faut juste être un imbécile heureux.

Et quand j'vois quelqu'un penser à ces questions avec sérieux... ça me rend malade de moi-même... "peut-être que lui, il a compris cque jcomprendrai jamais de toute ma vie". Et ça m'fout en l'air, j'en ai les larmes aux yeux rien que d'y penser. J'écoute ses lamentations d'une douceur inouie, et jme met la tête sous les oreillers, masquant à tous cet état qui me perturbe.


Quelques instants passent...


et je sais toujours pas quoi penser.


Tantot, j'ai réécouter "je joue de la guitare", et pour la première fois en 4 ans, j'ai revu les vraies premières images de mes souvenirs reliées à cette chanson: ma famille qui sort de La Ronde, moi pis mon frère on avait environ 10-13 ans, et on passe entre ces deux punks; un qui tire des roches; l'autre qui les recoit. Sa copine qui le protège... Et nous, en voiture, le silence, et Jean qui se lamente, en jouant sur son instrument. Switch à la toune "I dream" live à la salle andré-mat. Moi qui sort de 10h de shift de nuit, dans l'bus, les larmes voudront pas arrêter d'couler.

Ma fatigue est ben mal placée pour que jpuisse réfléchir comme une personne raisonnable... désolé.

Son d'un accordéon joué de façon ridicule, un gars qui hurle et qui pouffe de rire. Moi qui rigole comme un con dans l'bus. Le monde me regarde, mais c'pas grave. Chu content.


JD, 24 octobre 2009, 9h50 am

jeudi 8 octobre 2009

Retour sur l'Idéal

Voilà. C'était de cette maison dont je parlais dans mon post "L'idéal serait hier ou dimanche"


http://radiovideoelectrotechno88.blogspot.com/2009/05/lideal-serait-hier-ou-demain-dimanche.html


Merci Google Street View.

vendredi 2 octobre 2009

Éden (vendredi 2 octobre)

Je prépare petit à petit un univers complet, sous un même nom.
Est-ce pour autant une obsession?
En fait, il s'agit surtout de rigoler un peu. Tant qu'à parler d'un sujet, parlons-en en long et en large. Alors, après le texte d'un insomniaque chronique, après le côté graphique en plusieurs sous-divisions, il y aura la musique, les photos, la vidéo et, pourquoi pas, les figurines du Naufragé.

J'aurais bien aimé publier le troisième volet de la série, mais les dessins ne sont malheureusement pas en ma possession, pour le moment. Le troisième est plus abstrait, moins personnel, et il m'a permis en quelque sorte de fermer la page sur certaines choses. ...Enfin, j'aurais aimé. Et pourtant je n'ai pas pu m'empêcher de continuer. Ce que je veux atteindre, ce n'est pas le syndrome de Stendhale, mais l'oeuvre la plus surutilisée par un seul et même auteur.
...Est-ce que les bd de Star Wars ont été écrites et dessinées par Lucas?

Je réalise en écrivant ces lignes que, comparé à la plupart des gens que je côtoies ou avec qui je discute, je n'ai aucun soucis réel dans la vie. Je suis un être simple, mais compliqué à suivre, qui se contredit sans cesse... Je dis être passé par dessus mon enfance, ne plus vouloir en reparler, et voilà qu'un simple film me replonge dans ces souvenirs. Dans ces peurs. Celle de m'être battu avec d'autres gamins, d'avoir subi le ridicule et de l'avoir pris au sérieux, de n'avoir jamais été au même niveau avancé que les autres.. etc. En maternelle, tout le monde savait compter jusqu'à 100 sauf moi. Ce film (Être et Avoir) m'a remis la tête dans les chiottes. J'en suis resté effrayé.

Pour ce qui est de l'éden, je crois qu'une fois la panoplie des références au Naufragé terminée, j'y serai enfin. Là où je peux sortir de mon étagère le passage ou le média qui me plait le plus, je serai sain et sauf. Il y aura bien des chances que les dessins auront le dessus, surtout celui du désert qui me fait rire à tout coup.

Les histoires qui m'ont touché, il en reste peu. Je devrais en écrire, pour remonter la pente...
D'ailleurs, ça me fait penser.. Lorsque j'ai eu mon premier vrai boulot comme boulanger dans une épicerie, j'étais à un moment de ma vie où plus rien de m'inspirait pour écrire du frais, du sang neuf. J'étais content en me disant: "La job! Voilà une nouvelle chose dans ma vie! Il va se passer des tonnes de trucs que je pourrai écrire!" ... Hélas, non. J'ai écris un truc qui m'a bien plus, certes. Mais rien qui dépasse les frontières jusqu'alors atteinte. Même chose pour la seconde job (c'est normal, je l'aimais ce boulot!). Deux ans plus tard, troisième travail, beaucoup d'histoires, mais peu assez bonnes pour les figer dans le temps. Sans parler des études.

Le mieux serait de conjuguer travail et études. Voilà un mois que je suis entré, et le 3 quarts de mes lectures ne sont pas complétées. Le vendredi, il revient d'un show ou d'une fête, alors trop fatigué pour étudier; le même soir, il travaille de nuit; de même pour le samedi; le dimanche, trop fatigué du travail et dort jusqu'à lundi; lundi, il planche sur ses dessins et sur le net... Le mieux serait de rentabiliser ces vendredis et lundis.

Peut-être un jour, je serai moins dans ma tête à penser à toutes sortes de choses inutiles comme le concept de la laideur dans la vidéo contemporaine, et finir par penser à des trucs intelligents comme "comment puis-je laisser ma trace? comment faire pour être visible et me démarquer de la masse". Et aussi comment ne pas être en émerveillement devant ce que l'on appelle " l'ennui".
Bref passer à l'action au lieu de rêvasser, être perpétuellement complexé au lieu d'être un imbécile heureux, comme ce cheval dans Animal Farm.

Dommage que les machines, que j'aime tant, ne puissent pas connaître ce que c'est que de rester sur un banc de parc et réfléchir à plein de choses absurdes. J'imagine la scène: -Et toi, ordinateur, comment a été ta journée? -Bah, tu m'as pas mal tappé dessus aujourd'hui, je sais pas si j'devrais te parler... -Oh c'que t'es susceptible :) Soit pas si ronchon. -Tu ne sais pas cque c'est de garder mon calme quand tu change toujours de format de texte et que tu veuilles constemment passer d'un logiciel à un autre! -D'accord, je tenterai de faire attention à toi, à l'avenir -Tu dis toujours ça...

Et le iPod de s'y mettre lui aussi: -Tu as un gros problème toi! Comment faire pour savoir ce que tu veux? Tu passes de Durand à Autechre, puis Leloup, puis le jazz, la musique de film jamais pareille... -Une mélodie me fait penser à une autre, je suis comme ç.. -Non tais-toi! J'en ai marre! Choisi un groupe et puis ça finit là!

Les machines à ma job sont toutes en furie contre moi, alors ça sera pas long avant que les miennes prennent leur bord!

-DM- 2 octobre 2009, 19h45

jeudi 28 mai 2009

L'idéal serait hier, partie 2 (jeudi 28 mai 2009)

*Bon désolé de casser le rythme du party avec le local, c'est juste que ça fait un bout que j'voulais poster de quoi, mais évidemment, ça attirera pas autant d'monde que l'histoire du local, alors don't worry!*

En fait l'idéal ne l'était pas tant. "Working jobs we hate so we can buy shits we-don't-need." ...oui, mais encore... Tyler ne parle pas de l'esprit de la collectivité.
Oui, je n'aimais pas faire semblant que je connaissais ma job de boulanger.
Oui, je ruminais ma défaite envers les grands de l'industrie de job d'été de marde.
Mais, quand j'y repense... oui, j'étais bien là-dedans...

Quand j'y repense, j'avais la vue sur les belles caissières qui travaillaient là depuis, quoi, 2-3 ans. Dans mon p'tit spot cloîtré, je mettais mon mp3 en écoutant FatBoy Slim et Chemical Brothers, et Daft Punk, et j'avais mes petites habitudes: partir en vélo tôt le matin, les fins de semaines, faire mes croissants, en bouffant les ptits bouts déchirés/perdus, tout frais, tout chaud, et à 11h, Yannick partait en pause midi, et jle remplaçais aux viandes froides, en servant la même madame qui veut son poulet coupé en 4 avec les ciseaux que j'savais jamais comment utiliser, et quand Yan revenais, j'partais à la course avec mon p'tit vélo, j'voyais les mêmes vieux sur leur gallerie, et j'mangeais mes 2 toasts, en écoutant la télé, avant de repartir à la course reprendre mon shift et me faire chier avec la Steam Machine, et les clients qui se plaignaient du coût des tartes.... J'repense à tout ça, et j'me dis que j'avais une job steady, que j'ai quittée parce que j'avais un show pendant la semaine et que j'voulais être sûr qu'on ne m'appelle pas pour rentrer.
Ce serait moi qui les quitte, qui leur dis "ce n'est pas vous qui me contrôlez, c'est moi qui décide de ma vie"... quel con... Ouais on te contrôle pas, mais on te donnes du fric pendant que tu dors dans le congelo, pendant que personne ne s'en rend compte.

Et je regarde mon ancien agenda (un cahier de dessin, que j'utilisais depuis peu, à l'époque), et je regarde les noms du monde qui travaillait là-bas, avant que la succursale ne ferme par cause de faillite, et je me rappelle Jeffrey, le gars le plus rammassé physiquement (il n'avait que deux dents en haut, et quelques unes noires en bas, des parcelles de cheveux blonds longs et graisseux) mais crissement drôle et sympatique (je suis passé de 5 ans, à quoi, 19) , et Geneviève, les longs cheveux violets foncés qui me dit "Tiens c'est pas toi qui est passé sur ma rue l'autre jour? J'tais vu sur ton vélo." "Ouais ça doit être moi! héhé...", et Tania... la seule personne que j'ai pris en note son adresse. Nouvelle depuis peu, blonde, bien barraquée, une vraie tombeuse... Gênée, et sexy, spotté par le maniac au pain qui rêvait de passer rue Barcelone... Barcelone?! Mais j'suis déjà allé là-bas! ...oui j'y suis allé, et quand j'ai vu la baraque, j'ai pensé "mon dieu, pauvre elle, c'est vraiment minable comme maison. Y doit y avoir un père abusif, là-ddans, avec une mère maniaco-dépressive... la vaisselle doit éclater dans cette maison si petite".
Et j'ai commencé à boire, et j'ai commencé à croire
Qu'on sauverait mon cul en crevant à ma place.

Je voyais en elle Jane Gallagher, et moi j'étais Holden Caulfield. Et jamais, jamais je n'irais la voir...
Et jamais je ne retournerai voir cette clique,
De peur qu'on me traite de lâcheur
De honte d'avoir tout abandonné cette shit.
Et pourtant je veux redevenir emballeur,
Par envie d'avoir le même statut qu'avant.

Parce que l'idéal, ben, c'était hier.

-DeafJunkie, après avoir revu Cashback d'un autre oeil-
16h50

dimanche 10 mai 2009

L'idéal serait hier. Ou demain. (dimanche 10 mai 2009)

23h54.

J'ai du mal à me souvenir quand c'était, la dernière fois que j'ai eu un gros fun noir à chiller dans la chambre de mon frère, à jouer à "Need For Speed: Most Wanted" au Xbox en écoutant Warning, We Are All on Drugs, et Percusien Fa, à ne pas me soucier du reste de l'été, à penser que je vais croiser une belle fille et qu'elle va tomber amoureuse de moi par magie, à faire du vélo sous la pluie en pensant à écrire une longue poésie sans structure archaïque, à fumer une clope dans un parc inconnu...

Me semble que ça fait longtemps que jme suis enfin senti jeune, comme un vrai ado... J'veux dire... même si j'ai été malade en fumant un joint, jme sens pas plus ado. Plutôt plus épais... Mais vraiment tripper comme un kid, faire des trucs un peu niais mais quand même drôle... enfin, qui me fait rire moi.

Voilà. Il est minuit. C'est lundi. Dans 5h et quart je serai réveillé pour arriver au collège à 7h25, pour un cours à 8h où je n'ai plus rien à faire (j'ai fait l'examen, et j'ai passé mon oral). En gros: c'est les vacances, et je m'impose d'aller à un cours.
Non, j'ai pris deux cafés, ce midi, lors du brunch pour la fête des mères. Deux cafés, pour moi, égalent minimum de 8 sachets de sucre. ...D'habitude, ça m'endore... Il est minuit sept, et je suis tout fébrile. Dans le bureau de mon père, je tapotte les touches plates du clavier mac, et je pense à une douce cigarette mentolée.... que je ne peux fumer. C'est interdit, dans le bureau. Alors, j'irais dehors, pour voir la pluie, les orages, sous le toit de la vérenda, la vue donnant sur le terrain de soccer de Marc-Aurèle-Fortin, mon école primaire. ...non plus, le système d'alarme est activé, et le désactiver réveillerait tout le monde...

Je regarde mon desktop bourré de niaiseries, d'icones jamais utilisés, de personnes sur msn qui ne me parleront jamais plus, de musique que je ne veux plus entendre... et plein d'images que je regarde toujours avec passion... Mais je ne fais que passer. Un jour, c'est la fausse fourrure, l'autre ce sont les cyber dolls, l'autre ce sont les jours de pluie, l'autre ce sont les rousses, l'autre ce sont les tounes de Boards of Canada mises en images, l'autre c'est Leloup, et le jour d'après c'est autre chose. Je passe une heure, deux heures, trois heures, quatre heures à regarder un écran à trente centimètres de ma face en pensant que je vais au-delà de celui-ci, mais c'est l'écran qui pénètre mes yeux et qui fait en sorte que de jour en jour, je deviens plus aveugle et plus fatigué... Je regarde mon surnom stupide en me disant: Mais pourquoi j'ai écrit ça? Et puis je me demande ce qui se passe ailleurs. Vite Le Chateau Impossible! ...rien à l'horizon... Vite, l'Essai! ... toujours rien... Des inconnus? Et pourquoi pas. Une inconnue. ...et je revois cette image: moi, il y a plus d'un an au moins, sur le bord de l'eau d'un quartier parfaitement inconnu qui allait devenir mon antre scrète, une cigarette aux lèvres, le bicycle derrière moi contre un arbre, et une magnifique maison champêtre de repos où j'aimais imaginer un couple de personnes dans leur 70-80 ans préparer un souper spaghetti pour eux et leurs nombreux amis et discuter longuement avec eux, de comment se portent leurs petits enfants, et si le comité devrait ou non sécuriser les écoles ('Mais non, Solange! Nos jeunes sont trop sécurisés, justement! C'est ce qui leur fait peur et les agresse!' 'Maurice, ne t'énerve pas, personne ne met sa vie en jeu, voyons... Vous avez vu mon jardin?' ) ... Ahh ce que je les enviais avec leur maison à balcon et dont l'un des murs était recouvert d'une plante grimpante.

...Et donc, dans ce texte que je lisais, j'ai repensé à ces images... et je me dis qu'il n'est pas trop tard. Demain, j'irai peut-être. Qu'il pleuve ou non, l'important est que je viens de réaliser: je peux dormir tranquille, ce soir.

JD
minuit 26

samedi 9 mai 2009

Un rêve, deux rêves, trop de rêves... (samedi 9 mai 2009)

Je sais jamais comment écrire un début de texte sur l'essai, lorsque c'est pas déjà quelque chose d'écrit auparavant, mais bon, tout a un début....
J'ai pensé aux moments forts de ma vie que j'ai vécu jusqu'à présent, et plusieurs sont évaporés au fil du temps. J'ai cru vivre de quoi de fort lorsque j'étais sur la berge du cours d'eau de l'Île-des-Moulins, il y a près de 10 ans; une décénie plus tard, tout a changé, je vois la berge plus dole et lassante. Je croyais que Daft Punk allait être l'évènement qui me marquera à jamais; j'ai pratiquement tout raté le côté visuel à cause de mes si longs cheuveux qui me cachaient la vision tout le long du show. Pour Justice, c'était le fait d'être seul à vivre ça qui m'a gâché mon fun; pour Leloup ça été un marathon interminable et bourré de malaise... Pour la première fois que j'avais une blonde, ça été ruiné par la ptite engueulade quotidienne au lieu dla ptite baise (quoique dans mon cas, celle-ci entraine les complexes et les engueulades). Et mes souvenirs de cégep sont réduits à 3 pages dans un examen final de création où l'on me demande anonymement : "Comment as tu trouvé l'accueil? As-tu trouvé les posters beaux? T'es tu fais des ptits copains? As-tu bien mangé, c'matin? Tu vas pique-niquer des fois?" ....Euhh... quoi?! Non, c'est pas vrai... Ça peut pas être résumé à ça!! ...? N'est-ce pas?! (Que de ponctuation)

Et puis je pense à tout ça, ainsi qu'à une chanson que j'ai écouté l'autre jour. "Everytime We Say Goodbye" de John Coltrane.
Et tout de suite j'ai eu l'image de moi, à notre première soirée seuls en tête à tête, à son appartement, dansant collés, sur la musique mélancolique du saxo... Et aussitôt, cette pensée me fait penser: '....les moments parfaits.... ne reviennent jamais' . Oui ce moment était parfait, et le sera toujours. Tout n'est donc pas toujours gâché , même malgré les gens qui changent, les idées qui divergent, les émotions brusquent qui détruisent tout.
Un autre moment de bonheur est quand je lis des textes des gens qui se dévoilent, qui s'ouvrent aux autres, comme l'a fait JF. C'est un bonheur de lire, ainsi que de sentir que je peux peut-être apporter de quoi en rajoutant une autre dimension à chaque vision donnée. Mais bon, ptete que c'est juste que jme mêle pas d'mes affaires... Vous me l'diriez si c'était le cas?

Je ne sais quoi dire de plus sinon que:

"I'm in a world of trouble dont know what to do... Supposed to be one woman's man but I'm in love with two..."
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Deaf Bunk

Comms:
Alvaro a dit…

C'est un texte déchirant, parce que criant de vérité.

Les moments parfaits sont parfaits sur le coup et plus jamais, non?