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mercredi 19 octobre 2011

19 oct - Prude-nce

J’ai tellement couru après toi. J’ai perdu du temps avant de te parler, j’ai perdu encore plus de temps à tes côtés, j’en ai trop perdu à t’espérer. Et chaque fois que je relançais, t’étais malade où je ne sais quoi, toujours à trouver des excuses, et j’ai encore perdu du temps à me demander si c’était vrai ou n’importe quoi.

Et maintenant, encore, tu reviens pour que quelqu’un fasse le sale boulot pour toi, en échange d’un sourire d’innocente croqueuse de p’tit gars. Pourquoi j’aurais encore envie de faire le carrousel? Je sais que si je n’attends rien, je ne me blesserai plus. Et pourtant, en m’imaginant t’ignorer, tu tombes encore dans mes bras. Tu parlais d’une quickie dans les toilettes, et tout ce que j’y vois, c’est une baise de la mort, et ma tête qui fait « C’est quoi ton problème? T’as pas assez souffert de son indifférence? » et ma queue qui en redemanderait, et je lâcherais un cri de colère, tanné d’être utilisé. J’esquisse un sourire en pensant à la chansonnette de Kraftwerk… « I don’t want to be, tum tumtum, your sex object ». Je n’ai plus envie d’être ta bébelle, point. Tu m’as demandé comment payer mon travail, avec des minoucheries, les yeux doux et des blagues douteuses; j’ai écrit « peace ». Même pas une quickie, ni un café, pas même un câlin, rien d’autre que « Fous-moi la paix ». Sors de ma vie, disparais et ne reviens plus devant moi. « I think you should leave. If you stay, I might hurt you. You don’t want to get hurt, now, do you? » Les mots de Patrick Bateman sortent de ma bouche. C’est dire à quel point ma pulsion de mort s’accentue en pensant à toi.

Je réécoute les albums des Smashing Pumpkins, pour me rappeler l’Université de Montréal, me souvenir du froid qui a poussé en moi à cette étrange époque de ma vie. Ça ne fait que deux ans, et pourtant c’est loin. J’ai tout fait pour oublier, ta petite bouille d’enfant gâtée en céramique. Ça m’a surpris quand tu m’as parlé de la fille aux cheveux mauves que j’avais dessinée. Te les avais-je montrés, ces dessins du Naufragé? Ou as-tu juste fouillé en moi pour les trouver? Dans les deux cas, je reste sur le cul… J’étais tellement gaga pour toi; te montrer ça aurait voulu dire que j’étais prêt à être humilié au centuple… Encore, j’essaie de me contrôler, mais tu réussis à percer la membrane d’indifférence que j’essaie de plugger dans mon ampli brisé. Tes mots minous résonnent, et ça m’énerve. Si seulement tu pouvais la fermer. Être distante et froide, comme l’escorte avec qui j’avais un cours, la session passée… Une grosse enseigne : « I’m too hot for you, forget it. Just forget it », souligné par un pfff de dégoût. God qu’elle se laissait regarder juste pour montrer à quel point personne ne pouvait y goûter. Le message est clair. Très loin de toi.

J’ai hâte d’arriver à Martha, au moment où la guit démolit toute la mélancolie, et que tout devient « screw you, j’vais passer à travers, sans toi. » Si ça peut marcher avec le Soleil, ça va réussir avec le nuage mauve que tu es.

vendredi 25 février 2011

25 fév - If you have to go, don't say goodbye

Depuis quelques jours, j'écoute cet album en boucle, et c'est souvent cette chanson, ou plutôt ce passage qui me reste collé en tête. If you have to go, don't say goodbye. Je sais pas pourquoi. Ça fitte simplement avec le mood.
J'aurais aimé régler une chose, mercredi passé, et malheureusement, ça n'a jamais eu lieu. Et le fait de ne pas affronter le problème à la source, c'est presque pire que d'avoir une réponse négative. Et d'entendre les paroles de Corgan dans le refrain de "Shame", ça fait un genre de baume. Rien qui règle les problèmes, mais juste de pouvoir mettre les mots sur le sentiment, ça aide un peu à passer au travers. Un peu.

Et dire que, pour moi, écouter du Smashing, ya qu'un souvenir qui me revient en tête: mon bref passage troublant à l'UdM. Écouter ça, ça revient à me sentir weird et pas du tout à ma place. Comme une sorte de malédiction. Est-ce que c'était au même moment où tout ça a commencé? Je sais pas... on dirait que ça fait mille ans... Et pourtant...

C'est tellement stupide.

jeudi 16 décembre 2010

16 déc - Petit cri de loin

Ce matin, mon frère revient de son camp scout. Ma mère insiste pour que je mette ma casquette pour me protéger du soleil, mais je refuse systématiquement de faire ce qu'elle souhaite. Elle fait une drôle de tête quand elle abandonne. Moi, ça me fait rire.
On monte en voiture pour se rendre au Petit Prince. Le monde défile, de l'autre côté de la fenêtre. Toutes ces images qui passent vite, ça me rend heureux.

On est déjà arrivé. Papa me sort de mon siège, et nous marchons ensemble au centre du stationnement. Il y a plein de gens, mais surtout des adultes, et peu d'enfants avec qui jouer. Pour passer le temps, je tape dans mes mains, je sautille et je donne des coups sur les jambes de papa. J'en ai assez d'attendre, je veux m'amuser... Alors je saute encore, sur place. Plus je suis haut, plus je rigole quand papa me rattrape dans les airs. Il n'y a que moi qui se bat contre la gravité, et j'adooore ça! Encore et encore, j'essaie de me rendre à la hauteur des adultes. Le monde tourne autour de moi. Je me sens plus puissant que la Terre, encore plus que Superman!
Aller, hop! Un autre saut! Cette fois-ci je vais l'avoir, la.....AAAAAAhhhhhhhh!!!

J'ai mal à la tête! J'ai fait une chute de dix mètres, c'est sûr! Ça saigne, je le sens sur ma tête. La Terre a balancé à l'envers juste pour me tuer! ... et papa n'était pas là pour me rattraper... Mais où il est? Tout est flou, je pleure, je ne comprend rien, je veux ma mère. Je sens que des personnes s'approchent de moi. J'entends: "Jean?! Es-tu correct? Veux-tu qu'on aille à l'hôpital?" Je reconnais la voix de ma mère. Je vois mieux: mon père est à côté, avec Laurent qui vient d'arriver dans l'autobus jaune. J'ai maaal à la tête, ça chauffe! On ne me prend même pas dans les bras, on me fait marcher à la voiture! Mais vous êtes tous cons? Je suis en train de mourir, moi!!!

La voiture s'arrête enfin. Je ne veux pas aller à l'hôpital. C'est blanc et ça pue... Ah, non, on est chez nous... MAIS JE MEURS, MOI! IL FAUT ME SOIGNER!

Pourquoi tu ne m'as pas rattrapé, papa?

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Je ne suis pas encore saoul, mais l'envie n'est pas loin; je fini un travail sur Salinger, et, comme à tous mes contacts de proche ou de loin avec lui, j'ai une envie irrésistible de bourbon. J'imprime les douze pages, les broche, les range dans mon sac, puis me faufile sous les draps froids de mon lit. Le cœur battant à 120 mile à l'heure, j'ai les yeux grands ouverts. Impossible de dormir, j'ai trop la forme. En écoutant un album des Smashing, je me tourne d'un côté puis de l'autre sur le matelas dur.

Et je glisse une main sous mon oreille, le bout de mes doigts touchant la cicatrice à l'arrière de mon crâne...

Comprends donc enfin ce qu'elle représente réellement, cette bosse... "Tes parents ne seront pas toujours là pour te rattraper." Les yeux grands ouverts, embrouillés; je les ferme, une larme coule. "Tu as enfin compris."

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JD
16 déc. 2010, 18h24

mardi 24 novembre 2009

Ton père ne reviendra pas ce soir

"Ton père ne reviendra pas ce soir. Ni demain."

C'est ce que ma mère m'a dit, à l'heure du dîner.
C'est ce que ma tête me dit, depuis près de 5 ans, en espérant que je sois dans le tort.

Aujourd'hui c'est enfin arrivé. Je peux arrêter d'me faire acroire que tout va mieux aller. J'ressors mes cd de nirvana pis des Smashing Pumpkins, pis crissez-moi la paix pour la journée. Aujourd'hui que c'est enfin arrivé, je décide que le monde n'existe plus. Ya que moi et la musique trash qui me guide. Chu pogné dans un étau, pis j'ai juste envie de tout péter c'qui a dans ma chambre. Fuck me livres, fuck mes dvds, fuck mes disq... non, pas ma musique. C'est tout c'qui me fait encore du bien...

...fuck me... faut que j'pense à ma mère qui doit être à terre... Maman est seule dans la cuisine, devant Séries Plus, en train de brailler. Moi chu assis à côté, à essayer de la rassurer, mais dans ma tête ya juste d'la musique trash qui joue. Je lui dit que ça doit juste être une ptite pétasse qui sait rien faire. Entre ses larmes, elle dit: c'est pas juste ça. Elle dit que papa ne l'aime plus depuis bien longtemps. Depuis l'été 2003 que je m'en doutais... En fait, ça fait bien plus longtemps... Mais quand on est jeune, on veut pas se l'avouer. Papa n'est plus là, parce que, ben, y nous aimait pas. Yé parti, on sait pas trop où, probablement chez elle.

Maman travaille pas, c'est qui qui va payer la maison, la bouffe, maintenant? Maman, est-ce qu'on va faire faillite, pis finir dans la rue, paske papa nous aime pu? J'vais lacher l'école, vendre mes livres, mes dvd, mes cd, pis j'vais travailler 40h semaine dans une shop que j'haïs, mais qui paye, pour qu'on puisse toucher les deux bouts... pendant quelques temps... Après, on aura plus rien... Esti qu'j'ai la chienne... Ptetre que si on vide la maison de ses derniers habitants, on va s'en sortir sans dommage...

Quand on a plus l'amour d'une personne, est-ce que la mort, c'est vraiment la solution? J'ai tellement peur... J'veux pas demander la charité. J'veux pas que papa parte. J'veux encore faker que tout va bien.

Si seulement cte garce là était pas passée par là... Si elle savait que, par sa faute, elle a détruit nos vies. Elle aurait peut-être pas demandé à mon père: "Est-ce que tu laisserais ta femme pour moi?". Et si ils s'aimaient? Est-ce que l'amour de deux personnes peut à ce point détruire tout un univers?

Est-ce que ça existe vraiment, ça, l'amour? P'pa, est-ce que tu pourrais juste pas nous faire ça, pis revenir en disant que c'tait une erreur? Prends donc conscience de tes osties de responsabilités, pis vient nous aider à survivre... Si tu savais à quel point, en ce moment, j'te souhaites de brûler en enfer... si tu savais à quel point ton absence est empreinte partout dans la maison. Ya pu personne qui parle, le frère joue de sa basse à dix milles dB, m'man fume clopes sur clopes, les yeux gorgés de sang, pis moi qui t'écris à quel point j'voudrais te tuer... À quel point j'voudrais que tu saches que je t'aime, pis que personne veut te laisser partir d'ici, te laisser être heureux ailleurs...

Dans l'fond, j'devrais peut-être faire comme lui, pis juste partir. Partir sur le pouce vers l'ouest canadien. Jamais plus regarder en arrière, oublier. Peut-être que c'est le seul de la p'tite famille qui a eu le courage de se lever pis de reprendre sa vie comme il la voyait, plus jeune.
...peut-être aussi qu'il nous a pas oublié, qu'il va continuer de nous fronter du cash, pis nous voir queq fois, nous présenter à sa blonde... Peut-être qu'il a maintenant un sourire que j'lui ai jamais vu avoir auparavant. Qui sait s'il est rendu une meilleure personne, après avoir démoli une femme pis deux jeunes...

Peut-être que j'devrais partir à tout jamais pour ne plus me faire de scénario genre happy-end qui n'arrivera jamais...

Fuck lui. On tombera pas parce qu'il part. It's his loss, not our. Qu'il pourrisse avec sa nouvelle jacasseuse sans cervelle. On a quelque chose qu'il n'a jamais eu: des sentiments et de l'amour sincère. Notre maison est plus solide, maintenant que c'est pu les mensoges qui soutiennent la maison. Merci, p'pa de nous foutre enfin la paix. Va t'en pis crisse nous patience.

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DM, 24 novembre 2009, 20h45