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mardi 24 mai 2011

24 mai - Avoir 15 ans

Ça a commencé tout simplement par un rassemblement dans un centre d'achat, le même depuis une quinzaine d'années. Des représentants de Nintendo étaient à une table pour sortir en exclusivité des casse-tête du royaume d'Hyrule pour le 25e anniversaire de Zelda. Et moi, d'abord excité, puis furieux. "Vous savez que ce que vous faites, c'est mal?" ai-je demandé, après qu'un des représentants me dise qu'il s'agit en fait de toutes les cartes depuis le début, rassemblées pour la première fois, créant la vraie map. Le sceau qui unit toutes les époques. Bref, la Légende de la Timeline enfin dévoilée. "Vous savez que les créateurs ne voulaient pas la divulguer. La légende de la Timeline doit être gardée secrète pour que les joueurs la créent eux-mêmes. Bravo. Vous venez de gâcher les illusions de millions de kids."

J'ai eu envie de scraper tous leurs foutus casse-tête, mais à la place... Je me suis mis à flotter au loin. Jusqu'à la Grèce espagnole. D'abord au-dessus de la métropole, j'ai eu le vertige, puis les villages, avant de finir près des ruines antiques. Ici, rien de glamour comme dans les Indiana Jones. Tout est objet de recherche, tout est crade et tout fout la trouille. Il a fait noir sans prévenir. Sous le ciel bourgogne tomate de l'Italie grecque, j'ai vu mon père s'avancer à pas décidé avec de la dynamite dans les mains, déposant les bâtons sur la plutôt haute stèle de pierre en L, sur laquelle plusieurs symboles et hiéroglyphes étaient inscrits. Il ne lui restait qu'à faire flotter au dessus de la pierre les trois billets d'or luminescent. Une fois allumés, il s'est éloigné, incanté, fait exploser...
Mon père venait de déclencher le souffler de la mort sur la Terre... En faisant éclater la rocaille, il a libéré la tête de la Méduse, qui répandait de sa bouche sur la cité toutes les âmes qu'elle a tuées, les utilisant pour nous transpercer le cœur à tous.

Premier réflexe: se cacher. Au plus vite. Tout le monde dans les rues mourrait transpercé par des esprits démoniaques, et moi, le meilleur truc que j'ai trouvé à faire, c'était de me cacher dans une maison de banlieue... Heureusement pour nous, cela semblait nous garantir la vie sauve. Pour un moment, du moins. Restant quelques temps derrière la fenêtre pour assister au génocide, moi et les autres occupants de la maison avons décidé de se réfugiés au sous-sol. Une fille de mon cours, une grande blonde, m'a laissé avec sa jeune sœur qui me regardait comme s'il n'y avait pas de tuerie monstre dehors. J'ai essayé de la rassurée, mais ça ne changeait rien à son doux regard. Un bisou sur les lèvres... "Tu sais que j'ai 25 ans, right?" je demande à voix haute, pendant que je pensais "Tu sais que t'as juste 15 ans... et c'est clair que tu sens mon odeur de cigarette, right?" Son visage, un mélange agréable de Courtney Merritt et d'Emma Roberts (voir au bas), entre 15 et 16 ans. Et elle m'embrasse à nouveau.
Awesome.

Alors pendant que la gorgone tuait quiconque passait par là, moi j'étais en train de me dire: "Si on pouvait juste s'embrasser tout le temps... Je sais qu'elle voudrait pas nécessairement sortir avec moi, mais j'ai l'impression qu'il y aurait quand même de quoi à en tirer." Ça et le bonheur, la libération de savoir qu'il n'y aurait pas de couchette.

Je suis retourné à mes occupations précédentes, pour bien protéger la maison, mais avant d'aller plus loin, j'ai remarqué qu'une caméra était derrière nous tout ce temps... J'ai rembobiné la cassette afin de voir ce qu'elle avait capturé. Des images de sa grande blonde de sœur, qui s'installe sur le lit, juste à côté du miroir à maquillage où on s'est kiss kiss. Elle ouvre son gilet pour laisser paraître un large bustier. Ffwd. Elle ramène sa sœur avec elle, et toutes deux font les belles devant le kodak. Le malaise en moi, ça crachait, ça pleurait. Pas elle, tout mais pas elle. Les deux en décolté... J'en avais honte pour elle, son goût de pêche encore présent sur mes lèvres...

KLANG! Une vitre au premier venait d'éclater! En montant, j'ai vu une chose affreuse et qui pourtant me laissant à moitié satisfait. Buu, transpercé lui aussi par les esprits tueurs de la Méduse. Pas qu'une fois. Deux, trois, quatre fois! Chaque fois, ses morceaux se régénéraient individuellement. L'horreur... Même chose pour Cell. Nos ennemis les plus féroces étaient terrassés par une foutue démone de la Grèce antique!
Et quelque chose de pire se préparait, tout en étant la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Freezer, lui-même découpé en plusieurs endroits, s'est mis à se reconstituer devant nous avec d'autres parties de Buu et de Cell. À trois pieds de moi se dressait un ennemi ultimement puissant... qui réussirait peut-être à éliminer la tête de la Méduse.

Et je n'avais que deux choses en tête: "faites qu'il soit de notre côté", et "Faut que j'éloigne ma belle d'ici, au plus vite." Parce que, God, qu'elle est belle.

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Réveil vers 13h30...
C'était quand même epic comme rêve.

DM.



Emma./////////////////////////// Courtney.

jeudi 16 décembre 2010

16 déc - Petit cri de loin

Ce matin, mon frère revient de son camp scout. Ma mère insiste pour que je mette ma casquette pour me protéger du soleil, mais je refuse systématiquement de faire ce qu'elle souhaite. Elle fait une drôle de tête quand elle abandonne. Moi, ça me fait rire.
On monte en voiture pour se rendre au Petit Prince. Le monde défile, de l'autre côté de la fenêtre. Toutes ces images qui passent vite, ça me rend heureux.

On est déjà arrivé. Papa me sort de mon siège, et nous marchons ensemble au centre du stationnement. Il y a plein de gens, mais surtout des adultes, et peu d'enfants avec qui jouer. Pour passer le temps, je tape dans mes mains, je sautille et je donne des coups sur les jambes de papa. J'en ai assez d'attendre, je veux m'amuser... Alors je saute encore, sur place. Plus je suis haut, plus je rigole quand papa me rattrape dans les airs. Il n'y a que moi qui se bat contre la gravité, et j'adooore ça! Encore et encore, j'essaie de me rendre à la hauteur des adultes. Le monde tourne autour de moi. Je me sens plus puissant que la Terre, encore plus que Superman!
Aller, hop! Un autre saut! Cette fois-ci je vais l'avoir, la.....AAAAAAhhhhhhhh!!!

J'ai mal à la tête! J'ai fait une chute de dix mètres, c'est sûr! Ça saigne, je le sens sur ma tête. La Terre a balancé à l'envers juste pour me tuer! ... et papa n'était pas là pour me rattraper... Mais où il est? Tout est flou, je pleure, je ne comprend rien, je veux ma mère. Je sens que des personnes s'approchent de moi. J'entends: "Jean?! Es-tu correct? Veux-tu qu'on aille à l'hôpital?" Je reconnais la voix de ma mère. Je vois mieux: mon père est à côté, avec Laurent qui vient d'arriver dans l'autobus jaune. J'ai maaal à la tête, ça chauffe! On ne me prend même pas dans les bras, on me fait marcher à la voiture! Mais vous êtes tous cons? Je suis en train de mourir, moi!!!

La voiture s'arrête enfin. Je ne veux pas aller à l'hôpital. C'est blanc et ça pue... Ah, non, on est chez nous... MAIS JE MEURS, MOI! IL FAUT ME SOIGNER!

Pourquoi tu ne m'as pas rattrapé, papa?

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Je ne suis pas encore saoul, mais l'envie n'est pas loin; je fini un travail sur Salinger, et, comme à tous mes contacts de proche ou de loin avec lui, j'ai une envie irrésistible de bourbon. J'imprime les douze pages, les broche, les range dans mon sac, puis me faufile sous les draps froids de mon lit. Le cœur battant à 120 mile à l'heure, j'ai les yeux grands ouverts. Impossible de dormir, j'ai trop la forme. En écoutant un album des Smashing, je me tourne d'un côté puis de l'autre sur le matelas dur.

Et je glisse une main sous mon oreille, le bout de mes doigts touchant la cicatrice à l'arrière de mon crâne...

Comprends donc enfin ce qu'elle représente réellement, cette bosse... "Tes parents ne seront pas toujours là pour te rattraper." Les yeux grands ouverts, embrouillés; je les ferme, une larme coule. "Tu as enfin compris."

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JD
16 déc. 2010, 18h24

jeudi 15 juillet 2010

Ta mère ne reviendra pas ce soir

La première chose que tu risques de penser, c'est ce que la plupart des enfants se demande: "Est-ce que c'est de ma faute?" Ce n'est pas le cas, ma chère Justine. Le conflit était entre ta mère et moi. Nous avions deux visions différentes de la vie, et rester ensemble n'aurait qu'assombri ton avenir.

Ce que je souhaitais te donner, c'était une vie vertueuse, simple et loin de la pollution mentale. J'ai fait l'erreur d'avoir penser que j'étais mieux pour t'éduquer. Enfin... c'est toi qui me le dira. Vois-tu, pendant longtemps, dans ma jeunesse, j'avais cette petite sœur que je m'étais inventée et qui s'appelait Phoebe. Le même nom que la sœur d'Holden Caulfield. Je voulais avoir une fille aussi brillante et douce qu'elle.

Voici l'évolution de la fille que j'aurais souhaité avoir:


À un an, Justine avait tout d'un ange. Sa teinte blonde, son regard rempli d'émerveillement, ses petites mains qui trouvent leur confort dans mes mains... Elle ne pleurait jamais, mais avait quelques fois ce regard un peu triste lorsqu'elle sentait qu'une tierce personne passait une mauvaise passe. Elle était toujours là pour réconforter qui que ce soit.

...
À quatre et cinq ans... Ma petite princesse. Elle avait tout ce qu'un enfant aurait pu souhaiter: des costumes et des amis pour jouer avec elle, c'était tout ce dont elle avait besoin. Malgré le fait que je l'aie tirée des griffes de sa mère, jamais elle ne s'est plaind. Elle a grandi si vite... Elle posait des questions tous les soirs, sur tout et rien. Au moment d'arriver à la maternelle du village, une question est arrivée: qu'est-ce que c'est que la télévision? Et moi de répondre: "C'est une fenêtre qui donne autant sur le monde du bien que du mal. Il faut que tu fasses la part de la réalité et de la fiction. Elle peut te faire rêver, mais ces rêves peuvent t'empoisonner. Elle peut t'informer, mais toute information n'est pas nécessairement bonne à savoir. Une chose est sûre, ma petite Justine d'amour, c'est qu'elle ne te donnera jamais autant d'amour et de joies que ton père ou tes amis."
Je me suis senti mal à l'idée de la priver de quelque chose que tout le monde possède, dont tout le monde parle, mais il fallait faire la part des choses. Je ne voulais pas que ma fille soit éduquée par la télé et ses références sexuelles, ses déviances malsaines de voyeurisme, et ses informations erronées. Je fais autant confiance à Paris Hilton et ses shows merdiques que Mickey Mouse.
Oui j'étais parano.


Rendu à 9 ans, Justine est devenue aussi mature qu'une jeune adulte tel qu'on en voit peu ces jours-ci. Elle comprend les choix que j'ai fait pour elle. Lors d'une semaine de camping, elle s'est fait un copain qui aurait aimé faire certaines choses... Elle m'a dit qu'elle avait refusé, qu'elle ne souhaitait qu'être amie avec lui et ne pas se soumettre à ses demandes juste sous prétexte qu'il "l'aimait bien". Justine s'est mise à lire jour et nuit; des trucs que j'avais écrits, tout comme des livres sur la spiritualité et l'éducation aux enfants. Je pense qu'elle souhaitait devenir professeur. Elle jouait souvent à faire la classe à ses amis ou à ses peluches, plus jeune.
Elle a commencé à devenir plus indépendante, à moins se coller à moi...

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Justine est l'enfant idéal, dans ce sens que je ne la vois pas vieillir autrement que dans la raison, la vertu, et la dignité. Pleine d'amour sans être constamment en besoin d'affection. Respectueuse envers ses pairs et ses aînés. Joyeuse sans être hyper-active. Un âme et un visage d'ange.

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Ta mère aurait préféré t'élever dans un environnement rempli de choses qui privent la vertu de s'élaborer. Elle t'aurait laisser avec d'autres enfants dont le cœur aurait été pourri par la jalousie, la haine et la violence. Elle voulait que tu sois comme les autres, gagnée par la facilité, la paresse... Ce n'est pas ce qu'elle a dit, mais c'est ainsi que je la voyais. Ta mère a passé à travers bien de dures épreuves, elle s'est aussi battue pour ses droits, mais elle luttait pour des idées qui n'avaient aucun sens et qui ne menaient nulle part. Non pas que je sois un conservateur de droite; je dis juste que de traiter de sujet comme de vivre en appartement, ou parler de sexualité, à une enfant de 4 ans, je trouve cette idée complètement ridicule et insensée. Bref, sa vision libertine de la vie, je l'ai en horreur. C'est pourquoi je t'ai éloignée d'elle.

J'espère qu'un jour, tu me pardonneras.

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3 août 2010, 18h10

lundi 21 juin 2010

Ces jours-là

On a tous le droit de sourire ou de pleurer. Aujourd'hui est un jour d'absence, tout comme samedi était une journée qui annonçait l'absence. Le départ d'une personne ou d'un rêve, est-ce la même chose? D'un côté comme de l'autre, un vide se crée en nous. Reste à savoir si c'est la dernière fois que l'on voit cette personne qui part.

"J'aiiiii tant aimé... Virginie! Je suis un homme fini! Tout est fini, tout est fini!" On va parler de Virginie, cette charmante jeune femme que je n'ai jamais eu le temps d'aimer. Dédale avait pourtant averti son fils de ne pas trop s'approcher du soleil... The Devil Is In The Detail, comme le dit le dicton: plus on s'approche, plus nos plumes fondent rapidement et la chute est inévitable. Il n'y a et n'y aura jamais aucun roi soleil... Enfin, heureusement, Icare est tombé dans la mer plutôt que de s'effondrer sur un pavé de béton. La tronche qu'il aurait eu, oh là là... La mer, eau purificatrice, douce et dure à la fois.
"La mer me ressemble
Puisqu’elle a ses colères
Ses abîmes insondés
Où elle cache son or
Et ses amants noyés
On la croit fragile
Quand elle vient se briser
Aux grands rochers têtus
Des falaises immobiles
Dont elle use le pied."

Et encore là, je me demande: le mieux est-il de savoir que c'est la dernière fois que je croise son chemin, ou d'espérer quand même rester en contact? J'aimerais dire que je serais prêt à tout pour l'effacer de ma mémoire plutôt que d'espérer dans le vide. J'aimerais jeter cette minuscule fleur, oublier son regard absent, sa voix et son odeur. Je foutrais la bobine de mon film au feu, aussitôt le montage fini, et enfin passer à autre chose. Ne plus jamais penser à l'actrice française.
Tout revient à dire que le meilleur est à venir... Why do we fall, master Bruce? So we might learn to pick ourselves up.

Et pour ce qui est du paternel qui rejoint ses souvenirs lointains, de l'autre côté de l'océan... Encore là, je repense à mon texte "Séjour" que j'ai glissé dans son sac de voyage à son insu... Comme j'aimerais que ce texte ne se réalise pas...

Le vide me rempli. Étrange. J'aurais préféré rester stupide et me contenter d'observer le gazon pousser, j'pense. L'autre disait que l'amour est sans pitié. Ouin. C'est le bonheur. "Le ciel bleu et le chant des paqueretteeeees! La lalalalaaaa!" :D

Salut, les disciples. J'vous laisse une toune qui fitte, tsééé: I Shot The Sherrif Called Stephanie

ps. de meme: j'envoie chier d'abord les interprètes suivants: Lionel Ritchie et Diana Ross, ainsi que Dieu pour s'être ouvertement foutu de ma gueule, quand leur toune a joué pendant que j'étais seul avec Virginie dans son char, à 3h du matin, sur le chemin du retour. Vraiment, c'tait un crisse de coup bas. Thanks for nothing.

samedi 15 mai 2010

100e - Julie (28 juillet 2010)


Introduction aux lecteurs:

Plutôt que de reprendre là où je nous avais laissés (Julie était sur le point de partir en voyage), j’ai pris en compte le temps qui a passé depuis. Donc, nous sommes présentement (environ) 45 semaines plus tard.

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PATCHWORK #6: Julie

Musique utilisée : album Time Out, du Dave Brubeck Quartet; Like Someone in Love, de Björk; Hot Like Fire, XX; Sea of Love, et What Would The Community Think, de Cat Power; Stumbeline, de Smashing Pumpkins; After the Rain, de John Coltrane.

"C’est décidé, je retourne aux études. Il faut que je cesse de fuir ce qui est inévitable." C’est ce que se dit Julie, le derrière bien enfoncé dans son petit matelas d’appartement miteux, à plus de dix kilomètres de la plage grise. Ce qui devait d’abord être des vacances s’est avéré en année sabbatique, loin, très loin de son quartier lugubre et ennuyeux de banlieue de la rive sud. Elle repense à son ancienne vie et constate qu’une femme de 26 ans, simple employée d’un café restaurant et encore célibataire, ce n'est décidément pas ce qu'elle souhaite. Dans cet appartement où elle se dégrade de jour en jour depuis bientôt quatre mois, après un bon moment d'adaptation, Julie décide qu'il est temps de reprendre ses études et sa vie en main.

Son billet d'avion en poche, le cœur brisé de voir son rêve d'autrefois être réduit à néant, et une légère nausée d'anxiété, elle lève le voile sur son passé pas si lointain, consciente qu'en revenant chez elle, ses histoires du quotidien banal reviendront. Par chance, la musique qu'elle écoute lui fait passer le vol plus paisiblement. En survolant l'océan, une phrase lui revient en tête: "Don't ever tell anybody anything. If you do, you start missing everybody." La mine basse, les yeux clos, les oreilles bouchées par la pression, Julie veut retrouver cette phrase. Elle fouille dans son sac et sort son exemplaire du livre en question, sachant que cette phrase clos le livre. Quelque chose de raide bloque les pages. Tout juste derrière la quatrième de couverture se trouve une photo prise dans un photomaton. C'est elle et son amour d'été d'il y a dix ans... Le temps d'observer chaque détail du cliché, Julie a complètement oublié le livre. Elle a maintenant les yeux embrouillée: "j'étais tellement heureuse, à cette époque..." pense-t-elle. Les yeux clos à nouveau, la photo sur son cœur, elle dort jusqu'à l'arrivée.

La clé dans la serrure, la porte s'ouvre dans un subtile grincement. L'appartement est vide. Seulement une note sur le comptoir dans l'entrée.

"Je suis parti au travail. Fini vers 23h.

Tes lettres sont dans ta chambre. "

Elle dépose la note et se dirige vers sa chambre. Son bagage tombe de son épaule en cours de chemin, au milieu du petit salon. Elle regarde le nouvel emplacement des sofas, mais ce qui la frappe, c'est l'obscurité qu'a la pièce, dû aux nuages. La même obscurité que dans son petit salon, de l'autre côté de l'océan. Le même appartement vide et minuscule. Troublée par la vision, elle marche à reculons jusqu'à sa chambre où elle se laisse tomber sur son lit. Sous sa tête qui bourdonne crisse le papier de plusieurs enveloppes. Elle se tourne et remarque l'amas de lettres qui l'attendait depuis son départ. Trop déprimée par la quantité et par son retour solitaire, Julie pousse les lettres au bout de son lit pour les faire tomber et enfin dormir convenablement.

Une voix masculine la tire de son sommeil. "Julie… Julie, réveille-toi, yé passé 11h. " Les yeux collés, elle tend ses bras pour trouver le visage de son colocataire. Elle sourit en tapant légèrement sur les joues de ce dernier. "Quand t’auras fini de faire la grasse matinée, tu rappelleras ta mère. Je sais pas si tu voulais qu’elle sache ton retour, mais là c’est fait. Aweille, debout! " Julie le traite de con, se retourne et tente de revenir à son rêve, mais elle finit par ouvrir les yeux après quelques secondes. Les lettres sont toujours au pied de son lit. Elle prend celle qui est à portée de sa main et regarde l’adresse du destinateur. C’est la même pour trois autres lettres à peine plus loin : l’adresse de son père. La raison de son départ. Elle s’étire pour rejoindre les autres enveloppes afin de les lire en ordre.

"14 août 2009

Chère Julie, cela fait bientôt un mois que j’ai tenté ma première prise de contact avec toi depuis la séparation. Peut-être ai-je été trop optimiste d’attendre une réponse illico. Seulement j’aurais souhaité avoir ne serait-ce qu’un mot. J’ai demandé à ta mère si tu avais bien reçu la carte postale. Elle dit que oui, mais n’ose pas plus donner de détails, ce qui est plutôt embêtant.

Je sais que tu as dû souffrir de mon absence. Je voudrais que tu saches que c'est réciproque. C'est la peur de m'installer qui m'a fait fuir. Ce n'est pas très mature de ma part, j'en suis bien conscient, mais je pense que toi aussi tu as cette pulsion de liberté. Peut-être auras-tu, toi aussi, envie de partir au loin en tentant de vivre ta vie à fond. Et c'est ce que je te souhaite.

Je te laisse sur cette note en espérant avoir de tes nouvelles bientôt. Et, s'il te plaît, si tu as été assez généreuse pour lire cette lettre, ou du moins, cette ligne, je t'en prie: ne déchire pas la lettre... Merci "

En lisant cette dernière phrase, Julie sent une vague intérieure la rebrousser. Tout ce qu'elle souhaite faire, c'est l'inverse de ce que son père lui demande. Mais cette pensée frappe au même moment que sa pulsion de curiosité. Elle se penche à nouveau et remonte avec toutes les lettres. Elle trie celle qui ne concerne que ses cartes de crédit et autres burocraties semblables. Il ne reste alors que les trois lettres de son père. Elle prend la plus pesante du groupe.

"20 septembre 2009

Je sais que tu es loin, très loin. Je ne dirai pas qui a laissé échapper l'information, mais seulement que je suis heureux de te savoir en vacances. Et je ne parle pas de vacances du travail ou d'école, mais plutôt, comment dire... de la vie. Dans ma dernière lettre, j'avais parlé de pulsion de liberté. J'ignore si, au moment de ton retour, tu auras toujours cette impression, mais ce sentiment de se laisser aller, loin du vacarme de la ville, des voisins ennuyeux et moralisateurs, et ainsi de suite...

Il faut que je te dise pourquoi je suis parti.

Lorsque j'ai connu ta mère, nous étions le parfait petit couple. Drôles, mignons, bagarreurs par moments, amoureux tout le temps. Puis, après cinq ans, nous nous sommes mariés, pour nos parents, mais aussi parce qu'on avait chacun notre idéal sur l'idée du mariage. Nul besoin de dire que nous avions deux visions différentes de la chose, mais pour ne pas blesser l'autre, on faisait comme si nos visions étaient communes. La seule chose qui nous unissait réellement, c'était le désir de t'avoir parmi nous. Avec les années, le couple drôle et mignon n'avait plus en commun que le désir d'avoir un enfant. Alors tu es née, et tu étais la chose la plus merveilleuse à être entrée dans ma vie. Ta mère ne faisait déjà plus partie de mon univers. C'était toi et toi uniquement. Je te prenais constamment dans mes bras, je te berçais, te lisais des histoires. Évidemment, elle m'a reproché à plusieurs reprises de la négliger et de trop prendre soin de toi. J'ai commencé à comploter contre elle; je voulais d'abord divorcer et partir loin avec toi. Je voulais t'empêcher de vivre avec une folle comme elle, te donner une éducation morale et élevée en action physique et mentale. Je me sentais comme un super-héros de banlieue qui sauve son enfant d'une vie à entendre sa mère parler de grossièretés et de sujets d'adultes, libertins et vulgaires. Je voulais t'éviter sa frivolité qui me faisait honte, t'éviter son attitude de "même si elle n'a que cinq ans, parlons-lui de sexe et de drogue". Et je ne voyais plus que cela en elle. Tu avais six ou sept ans quand je me suis enfin prononcé sur le sujet avec ta mère. Depuis toutes ces années, je planifiais ce moment... Nous avons parlé et parlé. Ça a duré toute la nuit.

Ta mère n'avait pas l'intention de traiter avec toi des sujets dont j'avais peur, par respect pour moi. Je comprenais alors qu'elle était plus sensible que ce que je croyais, qu'elle se débrouillerait bien. Qu'elle t'éduquerait bien, même mieux que moi, le père stressé, nerveux, anxieux, et qui ne cesse de se faire des scénarios du pire. Je n'ai pas la notion de la réalité... Alors un matin, je suis parti. Loin, très loin. Comme toi. Pas un jour ne s'est passé sans que je pense à toi, ma Julie adorée. J'ai été en Californie, en Italie, au Madagascar... Tout et partout, je cherchais le soleil des paysages neufs. Mais tout et partout, il faisait gris sans toi. Cependant, lorsqu'il me venait à l'esprit d'essayer de te revoir, je me souvenais que le plus loin j'étais de toi, le moins je pouvais te faire du mal.

Je ne te mentirai pas. J'ai connu des femmes, et souvent ce n'était que pour libérer mon esprit de tous mes tourments et mes souvenirs et me laisser mourir un peu en elle. Oublier mes soucis et faire la fête. J'ai même réussi à t'oublier et penser que c'était pour le mieux. Je suis sorti près de quatre ans avec une femme respectable. Nous devions nous marier et fondre une compagnie ensemble. Finalement, elle est partie avec un type plus riche que moi... Je ne me plains pas, j'ai eu ce que je méritais.

Ce que j'essaie de t'expliquer c'est que je ne cherche ni la pitié, ni l'amour éternel ou quoique ce soit de très intense. Tout ce que je souhaite pour l'instant, c'est de te revoir. Pour savoir que tu as réussi à devenir la femme épanouie que je voyais dans mes rêves, il y a plus de quinze, vingt ans...

Je sais que tu es partie et donc, je n'attends pas de réponse immédiate. Seulement, lorsque tu seras revenue, j'aimerais que tu me laisses un signe de vie quelconque. Merci de m'avoir lu.

Jacques"

Le cœur lourd, la tête qui tourbillonne, Julie remet la longue lettre manuscrite dans son enveloppe en regardant les autres. Je les lirai plus tard, se dit-elle. La première chose qui lui vient à l'esprit, c'est d'appeler sa copine. Elle pousse son bagage toujours rempli pour passer par la porte, aller dans la cuisine et prendre le téléphone. Le combiné dans la main, le regard dans le vide, elle est prise d'un malaise, s'accote contre le comptoir, dépose le téléphone et met sa main libre sur son front. Elle se sert un verre d'eau à l'aveuglette et le boit d'un coup. Cette fois, elle ne sait plus quoi penser, à propos de son père. Le souvenir revient du vieux monsieur qui lui a parlé, dans un café avant son départ. Et si c'était vraiment lui, son père? Non, impossible. Il aurait écrit à propos de leur rencontre. Son malaise surmonté, elle reprend le combiné et compose le numéro de Catherine.

-Cath? C'est Julie. Écoute, je te parlerai pas longtemps; j'veux juste savoir si t'es disponible pour prendre un café.

-Hey! Ça fait longtemps! Tu viens de rev'nir?

-Alors, t'es dispo?

-Euh, oui oui... Qu'est-ce qu'y a? T'as l'air toute énervée...

-Vers 14h, j'vais être sur Maisonneuve. Tu me rejoindras au bistro. Chow.

Julie a ses lunettes fumées sur les yeux et boit son café rapidement. Catherine la surveille, soucieuse. Mis à part les mots d'accueil au début de leur retrouvaille, les deux n'ont pratiquement rien dit depuis dix minutes.

-C'est quand même pas ton coloc qui t'a tappé dessus? demande Catherine.

-Hein? Mais de quoi tu parles? Julie réplique automatiquement.

-...T'as des lunettes fumées, tu parles peu, tu bouges frénétiquement... Ya définitivement quelque chose de pas correct qui s'est passé.

-Oh je t'avais dit que j'avais un grand appart, en République? Ben grand... Faut dire que le fait qu'il soit vide donnait l'impression d'espace, ha ha.

-Je pensais que t'étais parti en Espagne...

Julie s'arrête de boire un instant, se reprend, et finit sa tasse. Catherine la fixe, mais tente d'oublier et de poser les questions qui la rongent.

-As-tu connu des gars? T'as dû faire le party, aller à la plage, la bouffe exotique... Dis-moi pas que t'es enceinte!

-Cath! Ta yeule, deux secondes, j'essaie de réfléchir... Non j'suis pas enceinte, voyons. T'es niaiseuse.

-Ben là, tu fais la gueule depuis tantôt, ça pourrait être n'importe quoi. J'essaie de te soutirer des informations, tu vois bien. Aweille... come on... Aweille!

-Ok c'est beau! Panique pas. C'est la lettre de mon père que j'ai lue... Quand j'suis partie, c'était pas pour le fuir lui, mais disons qu'y faisait partie du portrait. J'en avais marre de ma job pis du vacarme de la ville... des voisins ennuyeux et moralisateurs.

Elle se rappelle les mots de son père et s'arrête, incapable d'en dire davantage sur le coup. Ne sachant plus quoi faire, elle retire ses lunettes et se couvre les yeux avec ses mains. Catherine la regarde, confuse, puis tend ses mains et prend celles de son amie. "S'il y a quelque chose qui s'est passé, il faut que tu me le dise."

-Au début, j'angoissais, c'est sûr, mais la première semaine, le premier mois, c'était vraiment, vraiment bien. Oui, j'ai vu des beaux gars pis faite le party... Mais après, j'ai comme senti un vide. Sur le coup, j'ai mis ça sur le mal du pays, mes amies qui me manquaient. Ça fait que j'ai encore plus fêté, et bu... sans le plaisir de fêter ou de boire. Honnêtement, ya une grande partie dont j'me souviens pas très bien. Peut-être que j'me suis fait baisée, j'pourrais même pas te le dire. J'avais pu de vie. J'me suis installé dans l'appart d'un gars trop pété à la journée longue. Le proprio l'a foutu dehors pendant que j'étais sorti je sais pu trop où. J'ai gardé la clé, pis l'appart. Sans que l'autre le sache... Et là, toutes mes journées, j'les passais écrasée sur le sofa, à rien foutre. Pis c'est là que j'ai pensé que tout le poids que j'avais ici était pas parti pantoute.

Elle fait une longue pause, les yeux dans le vide. Catherine regarde sa copine, puis la table, et attend un signe pour parler. Julie soupire.

-Tu veux faire quoi? demande Catherine.

-J'va demander une bourse... Peut-être entrer en commerce, pis...

-Non j'veux dire, là, maintenant. Tu veux qu'on marche?

-...Ouais, ok...

Les filles font tout Maisonneuve pour se retrouver à la Place-des-Arts, où elles s'assoient dans les marches de la place publique. Julie finit par avouer qu'elle ne veut plus parler d'elle, pour l'instant, que ses problèmes peuvent attendre à plus tard.

-T'es encore avec Marc, ou...?

-Oublies ça, ok? Ce gars-là a jamais rien fait pour moi, pis anyway on fittait pas ensemble.

-Oh... désolée. Mais tu lui parle encore? Yétait quand même fin...

-Fin comme dans fini, ouais. Non, mais ouais, j'lui parle, à l'occasion. Faut dire que sa mère est constamment sur son dos aussi, ça aide pas à son caractère de cochon. Là yé rendu qu'il veut faire une exposition...

-De ...? Julie commence à perdre le fil de la conversation

-Ses dessins. Ya du talent, mais bon, il s'en vante un peu trop.

-...t'as raison, y vente pas mal... On rentre?

-Julie, t'es sûre que ça va?

-J'vais rentrer, okay. Merci d'avoir été là. Salut.

Catherine la retient, la prend dans ses bras, l'embrasse sur la joue, et libère enfin son amie qui part d'un pas monotone.


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JD

Mercredi 28 juillet 2010, 16h49

jeudi 6 mai 2010

Séjour (jeudi 6 mai)

Mon frère et moi sommes à l'aéroport Charles-de-Gaulle. La chaleur est suffocante, et évidemment, mon mouchoir est dans la valise... Tout est embrouillé à travers mes lunettes que j'enlève pour nettoyer. Trente minutes plus tard, on réussit à récupérer nos bagages. Direction le treizième arrondissement en taxi. Je sors le blackberry pour retrouver l'adresse, en espérant que le chauffeur ne nous parle pas trop. Je crève de chaleur, mais il faut que je reste éveillé. Même à trente-trois ans, Laurent dort toujours en voiture... Le panorama et le vent m'aide à passer au travers: les images sont identiques à tous les classiques auxquels le paternel m'a initié. En bref, on croirait revivre la scène du taxi dans Cléo.

Nous y voici. 41, rue du Moulinet. La rue est étroite et nos deux valises, pourtant petites, semblent prendre tout l'espace... Pas de sonnette, il faut cogner...

-Oui?
C'est une vieille dame, probablement la proprio. Les cheveux en chignon, un tablier autour de la taille, la vieille sent les épices à nous en faire pleurer.

-Oui bonjour, on est les fils à Germain. Monsieur Derome? Est-ce qu'il est présent?
-Ahh oui! Les p'tits du Québec! Entrez! M. Derome est parti chercher son journal, il devrait être de retour d'ici peu. Entrez, je vous en prie.
-Vous zavez tu l'air climatisé? demande mon frère. Pask'y fa' chaud en crisse dehors, en tout cas.
-Pardon?
-Ah écoutez le pas, il délire. C'est la chaleur... Avez-vous un ventilateur ou quelque chose de semblable?
-Votre père en a un chez lui. Je vous emmène, ou vous souhaitez l'attendre en bas?
-Moi j'y va, précipite mon frère.

Il suit la bonne femme avant que j'ai le temps de dire un mot, alors je ferme la porte derrière moi et les suis. Au moment où on est rendu au premier pallier, la porte s'ouvre à nouveau. Le crâne luisant, une petite chemise blanche, le Monde écrasé sous son bras...

-Bon, c'est là que t'arrive, toi! je lance, en redescendant les marches plus vite qu'en les montant. Je prends mon père dans les bras alors qu'il lève la tête. Son rire surpris est contagieux, et Laurent descend aussi pour lui serrer la main.

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-Ça m'auras tout pris pour convaincre le frère de lâcher son fichu garage, mais j'pense que ça en vaut la peine. Même si c'est pas tout le monde qui apprécie le paysage, on est quand même là pour te voir, alors ça fait du bien.
-Comment vous trouvez ça, ici? C'est bien non? Bon, j'ai pas la vue sur la Place d'Italie, mais c'est tout de même vraiment bien. Tout est proche.
-J'peux fumer?
-Ouvre la fenêtre, s'il-te-plaît... Tiens, j'vais vous en faire profiter aussi... Avez-vous déjà essayé la pipe, les gars?

J'en reviens pas... Il nous sort sa vieille pipe qu'il allume aussitôt, puis me la passe. "Je pensais que t'avais arrêté le tabac" je sors, en inspirant la fumée. "Juste quand Natalie est là" que le père répond avec le sourire aux lèvres.

-En fait, si on est venu plus tôt que prévu... J'imagine que tu dois t'en douter. C'est votre...
-Écoute Jean, à tous les mois, j'envoie des chèques à ta mère. Tu peux pas me demander de...
-Laisse-moi parler, p'pa. C'est votre 35e anniversaire à toi et m'man. Tout ce qu'elle veut, c'est un message sympathique de ta part. Peut-être un vidéo, ou... un p'tit tête à tête.
-Vous l'avez pas emmener avec vous?!
-Mais non! Est pas là, ok! Veux-tu bien te calmer...

Je me lève et rejoint mon frère qui quitte la fenêtre. Je sors une cigarette et l'allume. Assis sur le rebord, je regarde en bas... le vertige... Pourquoi ils l'ont installé au quatrième? Rendu à 72 ans, le vieux a peut-être de la difficulté à se rendre en haut tous les jours...

-Les gars, je vous ai déjà dit: ma vie, c'est ici maintenant. Rien ne va me faire revenir et vous le savez pertinemment.

Le silence revient. Le père se redresse et nous conduit à notre chambre. Mon frère me regarde et me dit: "Je savais qu'y s'en crisserait. J'te l'avais dit." Et moi de lui répondre qu'on a encore une semaine pour le convaincre. En espérant que ce soit suffisant...


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JD
Jeudi 6 mai, 17h00

mercredi 25 novembre 2009

Grands penseurs, ptits faiseurs

Marre des vieux cons
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On n'enseigne que les Auteurs, avec un grand A. Les incontournables, les grands penseurs, les grands théoriciens. "Mais tu sais, on parle de Deleuze, tu sais, le rhizome, mais je repensais à cet autre texte de Roland Barthes...." Merde, je lis vos textes, Auteurs de la prudence et du respect, et des graaaandes théories, et je baille, messieurs. Je baille. Vous vous prenez tellement au sérieux... Même quand c'est pour foutre le bordel comme msieur Sokal qui fait un graaaand texte qui ne veut rien dire, juste pour narguer les scientifiques, c'est ennuyant à mort. On pourrait pas arrêter les graaands mots, et juste parler simplement? Pour être franc, l'époque des p'tites cuillères et du gruau autour de la cheminée à concocter des théories sur Aristote, et sur la première guerre mondiale, moi ça me laisse complètement de glace.
"Est-ce que ça t'intéresse, l'histoire?" vient-on de me demander.
"Ben l'histoire de qui?" je répond. "L'Histoire. Avec un grand H ". Oh... alors c'est non... pas vraiment. "Moi jtrouve ça extraordinaire de savoir, de comprendre comment les grandes civilisations anciennes vivaient, ou pensaient. C'est teeellement beau, les textes de ..."
Ok tu pourrais m'en parler pendant dix ans, de tes fameuses cités d'or, mais serais-tu capable de m'expliquer le phénomène grunge, dans les années 90? Ou l'évolution de la musique électronique au fil des années, le sampling, tout ça? Serais-tu intéressé que j'te raconte pendant 10 heures la musique de la génération X? Probablement pas. Et pourtant, j'en parlerais avec la même étincelle dans les yeux que toi avec tes graaands Auteurs, qu'on ne cesse de revoir ad nauseam à l'école.


Génération Z
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J'ai l'impression d'avoir constamment affaire avec un problème de génération. Mon père, de par son classissisme, ses études classiques, son éducation avec le Cinéma de Papa, le ciné français bien leché, bien tranquille, sa musique jazz et opératique, j'ai l'impression qu'il ne jure que par la justesse, le propre et le bien-fait. Alors que dans mon cas, je ressens un besoin total de rejet de cette propreté. Chez la plupart des auteurs (livres, cinéma, bd, musique) qui m'intéressent, c'est la saleté qui prédomine: à go, on tourne caméra à l'épaule, tant mieux si ça shake; on écrit comme un jeune attardé; on parle de junkies; on met un gros fuzz dans la guitare... Comme un besoin incontrolable d'autodestruction, de jouer avec le flou plutôt qu'avec le clair et net. Je ne cherche pas le sang et l'explosion à l'écran. Juste le sentiment que telle réplique ou telle scène n'était pas prévue. Et puis oui, le plan coupe sec, et puis oui, le raccord n'est pas clean cut. Parfait. Feed me. Peut-être est-ce parce que je suis jeune, mais mon besoin de chaos ne cesse que très rarement.

"Si tu veux faire un film policier, ya quand même certaines règles à suivre, si tu veux pas perdre ton audience..." Ok, mais le gars qui a fait un album jazz-alternatif-fusion avec uniquement des synthétiseurs, ya tu suivis une règle? Euh, jcrois pas.. Le type qui fait un film avec ses propres moyens (18$ mettons), ça lui tente tu de faire comme il veut? Euh, oui. Fuck la production habituelle. T'as tu vraiment besoin d'engager des AAACTEURS PROOOfessionnels, payés 8 milles tomates la seconde? J'vais demander à des chums qui ont autant de talent, sinon plus, pour moins que l'prix d'une pizz divisée en gang. Si j'veux écrire, j'ai tu besoin d'un fournisseur de pousseux d'crayons? Euh non. J'va écrire sur ma page, pis c'est tout. Au pire, si ya quelqu'un qui fait la piasse avec c'que j'fais, j'vais juste être honnoré. "Wow, ya quelqu'un qui reprend mon idée." Je suis sûrement naïf, mais honnêtement, si tu penses que ça me fais un pli, tu te trompes. Radicalement. Tant que tu me parles d'un sujet qui m'intéresse. Let's go, les road-trips dans les films, l'auto-fiction, les albums conceptuels et trames sonores, les vidéoclips... Là, tu me pars sur un sujet pendant des heures, et j'vais finir plus bandé mentalement qu'avec une p'tite pouf. qui va juste me complexer davantage sur mes besoins de primate.


L'écriture comme exhutoire
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J'écris pour mieux feeler. Pour me divertir, surtout. Pour partir des discussions (pas nécessairement des débats hein!). Pour avoir enfin l'esprit libéré d'une certaine pensée. "Ça fait longtemps que ça me trotte en tête, cette question, et on dirait que personne n'en a parlé." Eh ben, je l'fais. Voilà, c'est réglé, on passe à un autre appel. Ou sinon, je continue sur le sujet mais en couvrant un terrain ou un thème différent. Mon texte sur Montréal, j'aimais bien l'idée, mais le résultat est moins convaincant que c'que j'pensais que ça donnerais. En fait, le début et la fin du texte est à l'image de ce que j'avais en tête. J'ai dit pourquoi je me souviens d'aimer la ville, mais j'ai passer trop peu de temps à ce que j'aime en elle. Alors ya de grosses chances que j'en reparle. Les complexes relationnels, même chose: on tombe toujours sur une nouvelle madame qui nous fait tourner la tête, et voilà, le caroussel de complexes, d'idées, de scénarios, reprend. Sauf qu'à la longue, on peut s'emmerder de toujours revenir sur les mêmes thèmes. C'est pour cela que, des fois, même l'écriture devient ennuyante. Alors je me tourne vers la composition. Et puis, encore là, je tomberais plus dans la facilité que la complexité: pourquoi composer, quand la réalité elle-même est déjà si riche en sonorités? J'ai eu envie d'enregistrer le son de la ville, de l'université. Les ambiances qui résonnent dans les métros. ...bon, jusqu'à présent c'est pas terrible, mais c'est quand même un procédé qui m'intéresserait de travailler.

Et puis merde, pourquoi j'écris? ....ya personne qui va lire ça...

So what? J'écris pour moi. Même si j'aimerais que les autres lisent, ça les avance à rien.

...Et puis, pourquoi avancer?? Aller sur les côtés, dans les hauteurs et les bassesses, c'est tout aussi intéressant. Connaître les autres, les gens qui m'entourent. Ça m'intéresse davantage que de connaître Barthes, ou de savoir c'que Deleuze a écrit sur la structurisation blablabla.....


JD, 25 nov 2009, 21h.


Edit:

La psychologie de cuisine
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Merci de me dire que c'est bien. Merci, maman papa tite soeur le chien le serrurier. Merci d'me lire. Bon, t'en dis quoi, maintenant? Parce que bon, c'est bien de se savoir lire. Encore faut-il que ça finisse là? Disons que je suis au restaurant avec toi, amigo, et que je te dises tout cela en haut. Tu vas me dire "oui" ? Euhh.... oui à quoi, là? Vas-y, exprime-toi, padre.

Dans mon livre à moi, un post, c'est comme un mini forum: faut que les commentaires rajoutent au texte. Je parle de l'éducation, tu rajoute en parlant de ta vision de la chose. Ou en parlant de quelque chose de relativement connexe. Etcetera.

Quand j'écris, c'est rarement pour partir la discussion de température. C'est souvent pour me sauver de la psychologie de cuisine. Ces genres de discussions qui ne mènent à rien, que pour dire: "ah ben si tu penses comme ça, ça veut dire que t'es ce genre de personne là", ou encore "oué, j'pense comme ça". Et puis c'est tout... On se retrouve seul, face au silence. Tant qu'à ça, laisse faire, c'est pas plus grave, tu retourne ton bureau face au prof, pis on en parle pas. Tout pour m'échapper du petit "sofa-talking", cette expédition au coeur du pays-dla-tappe-dans-l'dos avant de revenir au gros néant solitaire.

Écoute. Si je t'écris de quoi, c'est parce que j'estime que ta réponse va alimenter le sujet. Bref, amigo. N'aie pas peur de l'écriture. Tant qu'à parler pour rien dire, au moins dis-en beaucoup, ça fait plus de matos à lire et à interpréter sur différent niveau! Et là, évidement, je m'inclu dans ce lot. Je suis conscient que depuis 8 à 10 paragraphes, j'écris pour rien dire, pour chialer. Mais jme dis que c'est déjà plus drôle à lire que si j'avais juste écrit: "jm'emmerde en histoire."

Non?

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23h, le même soir.

mardi 24 novembre 2009

Ton père ne reviendra pas ce soir

"Ton père ne reviendra pas ce soir. Ni demain."

C'est ce que ma mère m'a dit, à l'heure du dîner.
C'est ce que ma tête me dit, depuis près de 5 ans, en espérant que je sois dans le tort.

Aujourd'hui c'est enfin arrivé. Je peux arrêter d'me faire acroire que tout va mieux aller. J'ressors mes cd de nirvana pis des Smashing Pumpkins, pis crissez-moi la paix pour la journée. Aujourd'hui que c'est enfin arrivé, je décide que le monde n'existe plus. Ya que moi et la musique trash qui me guide. Chu pogné dans un étau, pis j'ai juste envie de tout péter c'qui a dans ma chambre. Fuck me livres, fuck mes dvds, fuck mes disq... non, pas ma musique. C'est tout c'qui me fait encore du bien...

...fuck me... faut que j'pense à ma mère qui doit être à terre... Maman est seule dans la cuisine, devant Séries Plus, en train de brailler. Moi chu assis à côté, à essayer de la rassurer, mais dans ma tête ya juste d'la musique trash qui joue. Je lui dit que ça doit juste être une ptite pétasse qui sait rien faire. Entre ses larmes, elle dit: c'est pas juste ça. Elle dit que papa ne l'aime plus depuis bien longtemps. Depuis l'été 2003 que je m'en doutais... En fait, ça fait bien plus longtemps... Mais quand on est jeune, on veut pas se l'avouer. Papa n'est plus là, parce que, ben, y nous aimait pas. Yé parti, on sait pas trop où, probablement chez elle.

Maman travaille pas, c'est qui qui va payer la maison, la bouffe, maintenant? Maman, est-ce qu'on va faire faillite, pis finir dans la rue, paske papa nous aime pu? J'vais lacher l'école, vendre mes livres, mes dvd, mes cd, pis j'vais travailler 40h semaine dans une shop que j'haïs, mais qui paye, pour qu'on puisse toucher les deux bouts... pendant quelques temps... Après, on aura plus rien... Esti qu'j'ai la chienne... Ptetre que si on vide la maison de ses derniers habitants, on va s'en sortir sans dommage...

Quand on a plus l'amour d'une personne, est-ce que la mort, c'est vraiment la solution? J'ai tellement peur... J'veux pas demander la charité. J'veux pas que papa parte. J'veux encore faker que tout va bien.

Si seulement cte garce là était pas passée par là... Si elle savait que, par sa faute, elle a détruit nos vies. Elle aurait peut-être pas demandé à mon père: "Est-ce que tu laisserais ta femme pour moi?". Et si ils s'aimaient? Est-ce que l'amour de deux personnes peut à ce point détruire tout un univers?

Est-ce que ça existe vraiment, ça, l'amour? P'pa, est-ce que tu pourrais juste pas nous faire ça, pis revenir en disant que c'tait une erreur? Prends donc conscience de tes osties de responsabilités, pis vient nous aider à survivre... Si tu savais à quel point, en ce moment, j'te souhaites de brûler en enfer... si tu savais à quel point ton absence est empreinte partout dans la maison. Ya pu personne qui parle, le frère joue de sa basse à dix milles dB, m'man fume clopes sur clopes, les yeux gorgés de sang, pis moi qui t'écris à quel point j'voudrais te tuer... À quel point j'voudrais que tu saches que je t'aime, pis que personne veut te laisser partir d'ici, te laisser être heureux ailleurs...

Dans l'fond, j'devrais peut-être faire comme lui, pis juste partir. Partir sur le pouce vers l'ouest canadien. Jamais plus regarder en arrière, oublier. Peut-être que c'est le seul de la p'tite famille qui a eu le courage de se lever pis de reprendre sa vie comme il la voyait, plus jeune.
...peut-être aussi qu'il nous a pas oublié, qu'il va continuer de nous fronter du cash, pis nous voir queq fois, nous présenter à sa blonde... Peut-être qu'il a maintenant un sourire que j'lui ai jamais vu avoir auparavant. Qui sait s'il est rendu une meilleure personne, après avoir démoli une femme pis deux jeunes...

Peut-être que j'devrais partir à tout jamais pour ne plus me faire de scénario genre happy-end qui n'arrivera jamais...

Fuck lui. On tombera pas parce qu'il part. It's his loss, not our. Qu'il pourrisse avec sa nouvelle jacasseuse sans cervelle. On a quelque chose qu'il n'a jamais eu: des sentiments et de l'amour sincère. Notre maison est plus solide, maintenant que c'est pu les mensoges qui soutiennent la maison. Merci, p'pa de nous foutre enfin la paix. Va t'en pis crisse nous patience.

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DM, 24 novembre 2009, 20h45

mercredi 9 septembre 2009

Cicéron avait vu juste (mercredi 09/09/09)

Citons Camus à tort et à travers:
"Question: comment faire pour ne pas perdre son temps? Réponse: l'éprouver dans toute sa longueur. Moyens: passer des journées dans l'antichambre d'un dentiste, sur une chaise inconfortable; vivre à son balcon le dimanche après-midi; écouter des conférences dans une langue qu'on ne comprend pas, choisir les itinéraires de chemin de fer les plus longs et les moins commodes et voyager debout naturellement; faire la queue aux guichets des spectacles et ne pas prendre sa place, etc." -Albert Camus, La Peste

Une autre, pour le voyage en train, long et interminable:
[...] peut-être devons-nous aimer ce que nous ne pouvons pas comprendre.
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Cet après-midi, en voiture avec le paternel pour se rendre à l'université, plusieurs pensées se sont ruées dans ma tête. L'une d'elles m'a complètement figé. Mais avais-je à peine le temps d'y penser que j'avais déjà autre chose en tête. Je ne pensais plus à ce qui m'avais rendu complètement muet et abasourdi, et pourtant je l'étais encore. Entre la peur et la frustration, je fixais le vide, pensant à mes cours, aux personnes que je connais, à celles que j'ai rencontrées à l'udm, à mes textes à lire que j'ai oubliés, à la réflexion elle-même. Et j'ai eu cette pensée: "la force de l'homme, mon cher ti-Jean, c'est de ne pas se laisser écraser par la pression, c'est de la surmonter". Ti-Jean de répondre: " Et si la force de l'esprit était d'observer cette pression intérieure slash mentale?"

Ce que Camus semble dire, dans cet extrait de La Peste, c'est: regarde le temps filer lentement. Le problème c'est que je suis toujours en train de penser à toute vitesse. Les grad-schools me fichent la trouille (même si je m'y sens bien...), et c'est aussi pire que d'arriver avant un examen slash dissertation qu'on a pas préparé, avec un début de fièvre: ton cerveau rush en malade et pourtant rien ne sort, que ce soit dû au trac, à l'impossibilité de se concentrer, ou des trucs du genre. Et pour une fois, j'avais envie d'observer l'évolution de cet état de "jam cervical" et, à la limite, d'apprécier le pestacle. En vain. C'est pénible, chiant, lourd, et ça ne mène nulle part. C'est juste étonnant. On est dans un espèce de cocon, mais il n'est ni confortable ni chaud. J'irais jusqu'à dire "borderline agressant". Et pourtant, suffit de se botter UN PEU le cul, et dire un mot! ...mais, non... C'est pas que j'peux pas; c'est juste... ya rien qui sort, point.
Alors qu'est-ce qui m'a mis dans cet état??? Serait-ce que j'ai repensé à mon rêve où des jeunes pré-pubères m'appelaient pour des conseils sur le sexe, sans que je sache que j'avais laissé une pub pour ça? non... Les textes que j'avais à lire? nah, ça jm'en kaaalisse. Humm.... aaah oui ok là jme souviens! J'avais pensé à *censuré pour la bonne cause*.
Réaction: aussitôt la source de l'état pseudo comatique trouvée, le jam a cessé. J'ai recommencé à sourire aussitôt, je répondais à mon père, j'ai ouvert la fenêtre de la voiture...

Étrange, quand même...

[...] peut-être devons-nous aimer ce que nous ne pouvons pas comprendre.

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-L'illusion du mouvement de 24 images en une seconde. Une frame, sans son= une photo. 24 frames, plusieurs photos. Est-ce la même problématique dans le vidéo et le numérique, où généralement image et son sont déjà enregistrés par le même appareil?

-Peut-on considérer la vidéo comme cinéma si elle est uniquement, ou essentiellement, destinée à être jouée sur une télévision ou un ordinateur (ex: dvd des Essais (#au hasard)), en comparaison au cinéma en pellicule destiné à être projeté sur un écran large, destiné à un public (5 personnes en montant)? La solitude à l'ère du numérique?

-La bande magnétique et les disques durs remplacent peu à peu la pellicule. Celle-ci ne peut servir qu'une seule fois, à l'instar des deux autres supports qui permettent multiples réutilisations. Est-ce une raison pour affirmer pour autant que ce n'est pas du cinéma? Selon moi, en tout cas, c'est un art qui combine son et image. Point. Qu'il y ait public ou non. Et pourtant, youtube à son lot de vidéos qui ne pourrait être qualifié "cinéma". Et pourtant, un film qui n'a tout simplement aucun son, j'y pense. Plus souvent que je ne me laisse le croire.


...
Toutes ces questions vou' nzetes 'amais posées!

Deaf Junkie,
Revolution du 9/09.
(Vous pigez la référence?)

mardi 18 août 2009

05 Jacques (mardi 18 août 2009)

SEMAINE 05 Jacques:

Musiques utilisées : “Easy Muffin” de Amon Tobin, “Ketto” de Bonobo, “Still Island” de DJ Krush, “Que Sera” de Wax Tailor, “Pick Up Sticks” de Dave Brubeck, ainsi que “Blue in Green”, de Miles Davis.

C'est jeudi. Jacques ne travaille pas, ce matin. En fait, il ne travaille plus depuis très longtemps. C'est la mise en contexte. Jacques est un homme qui aurait pu être respectable. Il avait un travail chiant, une femme et une fille. Il aurait pu s'appeler Édouard Desrosiers, ou Herbert. Peu importe, il a quitté tout cela, il y a près de quinze ans, en disant à sa femme qu'il partait en Floride pour un congrès d'où il n'est jamais revenu. Sa maitresse l'attendait là-bas. Voilà, c'est dit: tous les hommes sont des salauds. En tant qu'homme d'affaire plus ou moins important, il avait prévu d'économiser une somme importante d'argent pour se sauver d'une future vie ennuyante. Il est salaud, mais prévoyant. "Que sera sera". Il est parti alors que sa fille n'avait que dix ans. Elle adorait quand son père lui préparait des toasts à la confiture de framboise. Il s'agit d'une référence au texte genèse du mouvement Patchwork.

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Texte complet ici: http://deadmachina.tumblr.com/post/166279191/05-jacques
Commentez, s'il-vous-plait!
Merci, bonswar!

-DeadJunkie- 

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Edit du lundi 1er mai 2023, 22h05:
https://l-archiviste.tumblr.com/post/166279191/05-jacques

samedi 18 juillet 2009

01 Julie (Samedi 18 juillet 2009)

Introduction aux lecteurs:

Les évènements qui suivent mettent en scène deux personnes. Comme tout bon film ou histoire courte. Au cours des prochaines semaines, le personnage secondaire sera le rôle principal de la semaine suivante, et ainsi de suite, pour revenir au premier personnage évoqué. Les événements se suivent dans l'ordre chronologique; il se peut donc que l'on ne sache pas ou très peu ce qui advient des personnages non mis en scène, cette semaine-là.


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SEMAINE 01: Julie

Musique utilisée : “The Beach At Redpoint”, Boards of Canada (Geogaddi)

Julie sort de son appartement. ...

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Samedi 18 juillet 2009, 2h36 am
Texte original à cette adresse: http://deadmachina.tumblr.com/

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Edit du lundi 1er mai 2023, 22h05:

https://l-archiviste.tumblr.com/post/144573534/01-julie