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vendredi 14 octobre 2011

13 oct - Braids


J’aime les filles qui ont des tresses.

Des fois, t’en avais; d’autres fois non. Tu restais quand même Soleil. Les nuages tombent, y fait froid, et pourtant c’est à ce moment de l’année que tu sembles rayonner. Qu’est-ce que tu deviens? … Tu ne réponds pas. Tu restes mystère, peut-être cachée sous des draps, peut-être même avec quelqu’un, pour ce que j’en sais. Je ne cours plus après toi, c’est mieux ainsi. On m’a dit de faire confiance à la vie, qu’elle savait ce qu’elle faisait. Même si ça fait longtemps, ce petit mot résonne encore en moi. Je ne cherche pas, alors. Je laisse les gens couler sur moi, j’écoute une prof bidon parler de Freud, de Süskind, et peut-être qu’il y en a une qui me regarde. Mais ça ne t’intéresse sûrement pas, toi des cheveux en tresses ou non. N’empêche qu’un peu de Soleil ne ferait pas de mal. Tu ne répondras pas, puisque tu ne lis pas; tu préfère vivre, loin derrière les nuages d’automne. Bonne vie à toi. Bon café.

Amitiés, JD

lundi 26 septembre 2011

26 sept - Écrire

Écrire. Éviter le regard des autres, tout en restant voyeur.
Je ne comprends pas ceux qui écrivent en collectif. N'ont-ils pas ce besoin de recueillement? Le partage, oui. Mais après, et non pendant. Comment une plume devient-elle soi si on la prête au milieu d'un mot intime? Non loin du sacré, l'écriture se doit d'être personnelle, à la limite cachée du reste du monde, une cicatrice qu'on n'ose montrer qu'à ceux en qui l'on a entière confiance.

Je bois pour écrire, tout en déconfiture... Je relis, la fierté monte, puis s'apaise avec le sommeil et l'assurance que personne ne lit de telles idioties. Deux jours plus tard, on me remet le nez dedans "Regarde ta cicatrice! Vois comme elle est sincère", et je bois à nouveau, entre l'euphorie nombriliste et la honte (forme de modestie extrême), devant une blessure que je n'osais pas pointer moi-même. J'écris pour moi, pour vider ma mémoire, créer du papier, pour mieux les renfermer dans des tiroirs. Sortir le crachat de ma tête, et mettre la clé, physiquement et mentalement.

Je crois que c'est Helene Cixous qui écrivait: "Écrire pour ne pas oublier". Les deux sont possibles. Il y a de ces phrases en moi qui n'ont étrangement pas cette censure qu'offrent les rêves; celles qui font mal parce qu'elles disent vrai alors qu'on tente à tout prix de le fuir, le vrai. Fuir. Fuir. Fuir. Loin. Loin. Loin. Toujours ces deux mots. Éviter le regard qui me rendrait soit égo-narcissique et imbu, soit l’extrême opposé.

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Paradoxe. Lorsque je sens le besoin d'être dans un lieu public, anonyme, pour apprécier ma solitude. Et lorsque la maison se vide, voilà qu'elle se remplie d'une, puis de plusieurs familles et entourage, leurs têtes invisibles au dessus de mon épaule qui frissonne. L'angoisse de ne pas vouloir appartenir à un groupe qui voudrait de moi comme membre, paraphrasait Woody Allen, dans Annie Hall. J'avais écrit, pour le jour de mon anniversaire, que je buvais pour être sobre, que je criais pour taire mes mots (maux). Et maintenant, ces mots, je les entends dans la chanson "Le manoir à l'envers" de Leloup. *Merde, quel con. C'est "Le Castel Impossible"...*

Je ne comprends les gens heureux de vivre dans l'écriture. Autant elle exorcise, autant elle détruit les fondations du monde autour. Elle permet trop d'univers pertinents, trop de réalités aguichantes. Comment supporter le trop plein de réel qui replonge en soi, en sortant la tête de sa plume? Existent-ils vraiment des personnes assez saines pour ne pas souffrir de leurs mots? Elles n'écrivent peut-être pas, alors. Elles jacassent, frivolent, caracolent. S'empêchent de toucher à la membrane douloureuse de la création qui, comme une côte flottante, accroche les poumons, colle au cœur à en pleurer, soir après soir.

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Trop près de la réalité. Un ami avec qui la pinte de rousse coule toujours à flots, il me raconte une nouvelle qu'il écrit pour moi. Le type regarde une fille dans le métro. La belle lui rend ses yeux, il se déniaise, elle lui ouvre la porte grande ouverte, s'embrasse jusqu'au lit, pour comprendre qu'ils sont seuls, se masturbant chacun de leur côté en pensant à l'autre. Nul besoin de dire que j'ai toujours été friand de happy endings, et que j'en eus les larmes aux yeux d'une telle réalité possible. Le problème avec Raphaël, c'est son désir de passer un message. Le mien est de pleurer sur mon sort.

-Buckle up.
-What? That's it? You're an international reknown psychiatrist, and all you got for me is "Buckle up"??
-... Well... Buckle up, sissy pants.
- ...nice. Thanks mom.

Je joue sur la beauté du moment. D'intervenir serait la détourner , la faire fuir (encore). Je préfère m'en tenir aux fantaisies, aux discussions infinies qui rarement finissent en engueulade, ou déconnade. Ma femme bourgogne, elle n'a besoin de rien d'autre pour être superbe, sous son étole. C'est pourquoi le narrateur s'est délibérément retiré de son champ d'attraction, qu'elle lui ouvrait volontiers. Parfois, le contact a tellement été source de déceptions, je me contente de supposer la perfection imaginée, plutôt que d'oser. Oser serait risquer le moins que parfait, le subjonctif en permanence.

J'ai réinventé la fille de mes rêves, pour lui donner des attributs qu'elle n'aurait jamais pu avoir si je l'avait empoisonnée de ma présence. J'écoute Blood Bank. La neige sur la voiture où sont pris un homme une femme. Dans mon univers, c'est elle, dans la voiture. Moi et elle, le soir où j'ai mis une croix sur son cœur, le soir où jouait à la radio de sa voiture "Endless love". Des moments comme ça, ça ne s'invente pas.

Bon Iver. C'est une autre solitude. Celle-ci très récente. Mon ex avait pris congé pour trois semaines, dont une qu'elle utiliserait pour aller se réfugier dans le nord avec sa grand-mère et sa(ma) petite sœur. J'ai accepté de m'occuper de son appartement, de nourrir son chat. La veille de ma première ronde, j'avais recommencé les "Short Stories" de Salinger. À peine une page, pas davantage, juste pour me remettre dans le bain. Le premier jour, le livre collé aux mains, j'ai lu pendant le trajet d'aller. Par fragments seulement. ...Trop ému devant les non dits d'Uncle Wiggly, je ne pouvais me permettre de pleurer devant tous ces gens dans l'autobus. Regarder dehors, en haut, pas trop cligner des yeux. Dans l'appartement, avec une caisse de Boris mojito, je me suis installé dans la chaise pouf, une bouteille et boite de mouchoir à mes pieds, cigarettes et livre dans chaque main. Et j'ai lu. Toute la détresse, à travers la mélancolie de Re:stacks, parce que ça me rappelait Montmagny dans le temps des fêtes, et que c'est triste, Montmagny sous la neige, le soir. Seul, sur ce balcon qui n'est pas mien Tous ces non dits avaient été lus. J'ai repassé les lignes fortes. Me forcer à sortir le lacrimosa.

Alors j'ai bu jusqu'à ce que ça sorte. Parce qu'il le fallait. Parce que jamais je ne m'accorde le droit de ne pas pleurer; jamais je ne me permet de ne pas souffrir. J'ai passé trop de temps à dire que j'étais content d'être un imbécile heureux, derrière mon comptoir de Couche Tard. J'ai subi trop de revers amical pour apprécier un amour qui pourrait se révéler sincère.

Alors j'écris pour oublier d'oublier. Je bois pour être ivre de sobriété. Je vis le kaléidoscope brisé qui ne déforme plus rien. Mes mots s'entrelacent, et mes bras ne trouveront que moi dans mon lit.

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Lundi, 26 septembre, 21h
Jean Derome



jeudi 18 août 2011

18 août - Montmagny sous les neiges

Partout où les traces de pas meurent, les petites rues du village. Les joues rougies, sous des yeux crispés. L'eau qui en coulent ne gèlent pas. Ceux croisés croiraient un rhume, à renifler à tout vent comme ça...
La tempête de l'autre côté de la fenêtre, dans un café où les néons rouillés ne soufflent qu'un degré suffisant de lumière.

Rouges, le blanc des yeux, noire la gorge rauque d'avoir trop souffert d'une blonde un peu innocente. Pleurer parce qu'il ne reste plus rien d'autre à l'agenda... Et écouter en boucle Re: stacks depuis des heures. Parce que ça me fait penser à Montmagny, sous une poudreuse compatissante, à un café peu lumineux, plutôt qu'à la fille qui m'a fait connaître Bon Iver...

Et boire dans l'appartement vide de mon ex, seul avec son chat, et lire "Uncle Wiggly" pour pleurer, pour entendre "It's hard to find it when you knew it When your money's gone And you're drunk as hell"... Souffrir et vider son trop plein retenu d'émotions vides. Texter sans réponse de la part de la blonde. Boire d'être trop saoul, pleurer d'être trop triste. Et penser que demain sera pire, sous les reproches des photos prises il y a deux semaines, botchées, pour le 50e de mariage de mon oncle et sa femme.

Je continuerai de boire, et de souffrir à l'écoute de la blonde silencieuse...
Et je penserai à Montmagny sous les neiges, pour me rassurer.

samedi 18 juin 2011

18 juin - Deux questions

Je n'ai jamais osé te le demander. Est-ce que tu as vraiment écouté chaque chanson que j'avais choisie pour toi? As-tu réellement lu les textes que j'avais écrits en pensant à toi?


Encore la maladie qui revient.
Décidément, une fois les Carnets écrits, j'ai oublié tout le travail fait. Je veux tout savoir, au lieu de me garder un peu de mystère. Je veux savoir si tu as conservé la clé usb, si tu l'utilise encore, ou si tu as tout effacé. Des choses qui, pour moi, valent autant que le soleil, et qui pour toi, n'est qu'une autre déclaration d'un gars sur qui tu n'as pas le béguin. Je veux savoir ce que tu as pensé de chaque ligne, chaque mot, chaque note chantée. Alors que je devrais t'oublier.

Tu n'as plus l'importance que tu avais à ce moment dans ma tête. Mais j'y repense, une fois de temps en temps. "Wild is the wind" de Cat Power. Un cover de Nina Simone. C'est toujours toi que je vois quand je réécoute cette chanson. C'est pourquoi je l'évite le plus possible, une fois aux quatre mois, environ.

Faudrait que j'arrête de sourire en te voyant.

vendredi 10 juin 2011

10 juin - Not Dead Yet

Il m'en faudra toutefois peu pour prendre la Faucheuse par la main, doigts croisant phalanges. Non pas par désir de fuir, comme peut le faire si bien mon alter ego (le Naufragé sans nom), mais par épuisement du mental, du manque de contact physique et humain.

Tout ce que je regarde ne sont que lignes, mots et images s'interposant chacun leur tour. Rien n'est plus réel, ni même les douces couleurs olfactives qui habitent ma peau. Tout est orchestré pas nul autre que moi. Mes bonheurs, aussi futiles qu'ils soient, tout comme mes malheurs les plus profonds, ça ne repose que sur mes choix.

Un 200e post, qu'est-ce que ça va changer? Plus tard, en revenant sur ce page, je nierai ce négativisme, mais pour l'instant, j'ai besoin de sortir ces trucs de ma tête, les écraser sur clavier, les imprimer au papier carbone sur le web. J'ai envie de faire la fête, de finir mon roman, de sentir le pouls d'une copine sur ma main, de vibrer au son de sa voix, de fondre sous son regard, et de savoir que ce n'est pas que pour un soir.

Je ne regrette pas la vie de couple et ses nombreuses querelles, mais tout de même, quelle joie m'envahirait si je pouvais vivre une nouvelle aventure! Hélas, je me réfugie derrière le Naufragé, grugé par le remord et le dégoût juste après avoir goûté au bonheur le plus pur. Parce que c'est moins difficile que d'essayer dans la vraie vie, parce que je peux m'échapper quand tout dérape et que personne ne me le reprochera.
Et puis, personne ne m'aimera à nouveau, pas assez pour me supporter sur une base quotidienne. Autant mieux imaginer le bonheur à deux que de vivre sans arrêt dans la triste solitude.

Si seulement j'avais fait une scène d'amour dans mon film, plutôt qu'une reconstitution de rupture... Mais non. Je reste dans mon apitoiement et m'obstine à ne pas vivre le plus petit des moments joyeux.

I'm not dead yet, mais calisse que ça en a tout l'air...
Ahhhh... une fois ton roman terminé, mon vieux, tu vas tellement rigoler, le nez plongé dans les seins de la première venue!


(yh rght)
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DeadMachina
23h45, vendredi 10 juin 2011
bonne fête, mom.

mardi 10 mai 2011

10 mai - Not summer yet

L'encens brille sur la table de chevet. Mes jambes se croisent, les yeux fermés. On invoque le silence. Quand le soleil sera couché, peut-être un jour, je dormirai.

Petit calepin, rempli de croquis, de dessin, de phrases semées au gré du vent, et ton nom n'y parait plus. Tout comme mon sommeil, et mon besoin d'écrire. Dès que je t'ai tuée, la plume s'est éteinte. Je ne vois plus ma place ni ne comprends où je devrais aller. Les mélodies tristes font leur chemin, mais je me perds. Fuir ou ignorer, continuer d'aimer ou effacer l'ardoise?

Assis sur le plancher du salon, je regarde le plafond, une cigarette mourante au bord du cendrier. Combien de visites aujourd'hui? De commentaires. De votes. Rien à l'horizon. Mon petit Livre d'Or se vide jour après jour. Je brûlerais les meubles de la maison que personne n'y porterait attention, avais-je écrit dans mon premier scénario à vie. Voyons, raisonne-toi mon pauvre ami, tu divagues. Respire, écoute les moines de la Grande Chartreuse.

Trop tard pour sortir prendre des clichés, c'est trop noir dehors. God I could use a good lens by now... Je repense au monstre en moi, celui que je tente de cacher, qui sort une fois attisé. Est-ce lui que les gens préfère? Devrais-je brûler les meubles pour attirer la joie des autres?

J'imagine que demain, vers 9h du matin, je me réveillerai à nouveau après avoir visité une Église babylonienne. Et pendant une demie-heure, je pourrai sourire, éphémère.

vendredi 18 mars 2011

18 mars - 8h47

Juste avant le premier réveil de la journée, j'étais en voiture dans un quartier Côte-des-Neiges qui n'existe qu'en rêve, dans ma tête qui part dans tous les sens. Mon père conduisait, Simz commentait la vue du côté passager, tandis que j'observais silencieusement à ma gauche les immeubles à logement. À ta droite, je n'aurais pu dire si c'était Audrey ou Alexandra, peu importe tant que tu n'étais pas seule, en arrière avec moi. Vous murmuriez ensemble, ou sinon c'était des regard incitatifs. J'ai fini par me retourner. Il s'est passé un court moment avant que tu ne laisse couler qu'un doux souffle, tendre et subtile: "Veux-tu sortir avec moi?"
Si jamais je m'y étais attendu... La surprise m'a presque coupé le souffle, et pourtant j'ai réussi à sortir un tout aussi retenu "oui".

Mon bras est passé au dessus de tes cheveux, lisses et brillants comme du sable d'ange, mon autre main sur ton ventre, comme si pour la première fois, j'avais enfin envie de découvrir ton corps. Tu m'as retenu, m'as détourné en disant: "Promets-moi juste une chose: qu'on ne vive pas dans un des ces logements." Ma tête contre la tienne, j'ai répondu qu'au contraire, que j'adorerais vivre dans un logement aussi oldies et vintage. Qu'on inviterait nos amis à prendre un vin avec nous les fins de semaine...

C'était juste de t'entendre le dire. Que ce soit toi qui le demande. Plus clairement que je ne l'ai jamais fait jusqu'à présent. Presqu'aussi incertaine, mais directe...
Que le souvenir de ce rêve ne s'efface jamais, mais vraiment, jamais, de ma mémoire. Parce que tu étais là, nous étions ensemble, entourés des gens que j'aime, et qu'on avait l'air bien.

--1er réveil; on se rendort
Premier rêve qui vient, je lis ta réponse en message privé*. Trois, en fait.
"yessssssssssssss"
"ouiiiiiiiiiiiiii tant que t'as le truc que jt'ai donné"
"okkiiiiiiiiiiiiiiiiii"

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Et les deux réponses affirmatives, je voudrais tellement qu'elles se matérialisent que j'en rêve deux fois en lignes. C'est presque pathétique, mais ça m'aide à passer au travers de ton silence. Pour une fois, le sommeil se fait doux et réconfortant.
Mais ça, je ne le dois uniquement à ma tête qui espère jour et nuit. Tu n'y est malheureusement pour rien.
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*Limite
Parce qu'on s'en impose toujours, pour savoir jusqu'où on peut aller. Pour savoir où arrêter. Ou simplement parce qu'après 3 semaines sans repos, la tête comme une brique qui s'est trop effritée et qui souhaite juste flotter, on veut juste être libre.
Ya des limites au bonheur comme ya des limites à être triste. Si y'en a qui refuse de voir qu'on peut les dépasser, les surpasser, y'en a aussi qui ne sont plus capables de les respecter.

Et si tu as du respect pour moi, je ne te demande qu'une chose: répondre à la question que je t'ai posée lundi soir, au moment où vous m'avez laissé chez moi. Veux-tu, oui ou non, sortir avec moi?
Je te laisse jusqu'à lundi à minuit pour y penser encore. Si je n'ai pas de réponse claire, ou pire, aucune réponse (ce que j'ai depuis 2 semaines), ça voudra dire non. Mais je préfèrerais que tu le dises si c'est le cas.

Je sais que c'est dur pour toi, je suis désolé. Seulement, je ne peux plus supporter le mystère. Si je ne tente pas ma chance, si je me limite tout le temps, le bonheur me tombera pas dans les mains. J'ai pris la décision d'aller de l'avant. Je veux juste que tu fasse pareil: prendre une décision. Quelle qu'elle soit, on restera bons amis. Mais sans réponse, je peux rien te garantir. C'est me laisser dans une zone grise qui me détruit, jour après jour. Alors, s'il te plait, si t'as encore tu respect pour moi, répond-moi.

Merci.

mercredi 9 mars 2011

9 mars - Faudrait peut-être te déniaiser

Exercice 4 pour le cours d'Atelier 2: Texte sur une photographie
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I
T'as les cheveux longs et coton que l'été te fait suer sous ses lourds édredons comme une plume qui pique. Ton petit sourire cache des intentions saines, mais des conséquences sans fond. Que ta bouche soit ouverte ou non, ce sont les silences qui plombent ta langue, citron bleu ciel et acide, dans ces salles obscures qui t'ont souvent fasciné.
Derrière toi, l'Oncle Sam te pointe avec son slogan qui trotte sans cesse dans ta vie: I want you, comme un bébé want sa gâterie avant même de se demander s'il la mérite. Alors tu hésite pendant des jours et des mois, entre la patience et la peur de voir une porte se fermer pour de bon.
Dans les lueurs étranges qui te balancent, ta peau se voile d'un nuage grisant, mélangeant ta douce chaleur au froid qui happe le corridor où tu pose. Dans tes bras ne se trouve pas vraiment ce que tu cherche, mais tu manque d'expérience et cette personne que tu porte à bout de bras finit par être tout ce que tu connaitra.
À quoi pensais-tu, à ce moment précis? Que le bonheur, c'était d'être avec des gens que tu chéris de tout ton cœur? Ou était-ce simplement pour faire la pose? Peut-être que les deux peuvent s'agencer, comme une groupie qui se pomponne pour être aussi big shot que la star avec qui tu vas partager le cadre...

Transpose l'image, modifie le sourire, l'élargir, le ramener vers le bas, l'enlever, pour ne garder finalement que tes yeux de fortune, île qui n'attend que d'accueillir son premier naufragé, voir même une cruelle guerrière.
Cruel enfant, faudrait peut-être te déniaiser, ouvrir les fenêtres, laisser l'air pousser les rideaux sous lesquels sont cachées deux petites perles, tes yeux qui font peut-être des envieux.

II
Quel étrange moment sur la plage que de te voir, plume à la main, sous des nuages menaçant, le peignoir immaculé et les lunettes futées. Peut-être en train de tracer les pieds de ton personnage fétiche qu'on fixe et dénigre. La glace pousse ses racines jusqu'à tes doigts.
blabla, à finir dans une autre vie.

III (texte choisi)

Être un Derome, c’est vivre sans accent, ou presque. Bien sûr, ils ont l’air chic avec leurs habits classiques, le veston et la cravate pour les trois garçons, la robe pour les deux filles. Certes, ils ont presque tous étudié au collège Sainte-Marie, quelques-uns se rendant à Oxford, Cambridge, Saint-Trinity. Le seul accent qu’ils se permettent, c’est celui de l’anglais britannique, mais leur seule voix est celle de Montréal.

Les études seules ne forment pas les humains. En observant cette photo où mon grand-père apparaît, entouré de ses enfants et de sa femme, j’entends à nouveau mon père me raconter un court moment de sa vie. Après un repas, Laurent avait assis Janette sur ses genoux pour l’embrasser devant tous et toutes, simplement pour lui montrer son affection. Avant même qu’il ne développe un cancer au cerveau, il savait éprouver des sentiments pour sa famille, comme l’homme simple et aimant qu’il semblait être.

Devant moi se tient un homme que je n’ai jamais connu et qui m’attendrit plus que bien des gens encore présents. Un plombier qui donnait tout pour que ses enfants aient l’éducation qu’il n’a probablement jamais reçue. Sans oublier mon paternel, le visage effacé du deuil qui l’attend sans prévenir. Cet enfant qui, pour la première fois, me ressemble physiquement, avec ses sourcils froncés, un air de rien. Ne manque que la cigarette au bec, à changer pour une pipe classique. Un autre lien me revient : la peur que mon père décède, lui aussi, à l’âge de 53 ans. S’inquiéter de la vie d’un parent, alors qu’on n’a que neuf ans. Voilà un bien triste constat.

D’un autre côté, une nouvelle relation s’est installée entre nous deux. Le jazz de Miles a commencé à glisser jusqu’à mes oreilles, dernier héritage de mon grand-père. « Il m’a offert ce disque au dernier Noël passé ensemble », avec un sourire qui raconte mille moments qu’il n’a probablement jamais mis en mots. Cette image du jeune homme de dix ans, peut-être onze, laisse présager de longues nuits, les yeux fixés sur le vinyle, brouillés par l’envie de partager sa musique avec son vieux.

Un long moment passe, je réécoute pour la centième fois Everytime we say goodbye, de Coltrane, et me revois danser avec ma copine dans son appartement, lors de notre première soirée. Comme si l’héritage, sans l’avoir forcé, continuait à faire son chemin, que ce soit à propos des goûts musicaux, des moments humains, ou tout simplement pour une question d’accent. Sans accent. Ou peut-être un tout petit, british. Pour les faire craquer, quand on cesse de fixer l’aiguille qui gronde sur le disque et qu’on décide de faire des bébés.

vendredi 25 février 2011

25 fév - If you have to go, don't say goodbye

Depuis quelques jours, j'écoute cet album en boucle, et c'est souvent cette chanson, ou plutôt ce passage qui me reste collé en tête. If you have to go, don't say goodbye. Je sais pas pourquoi. Ça fitte simplement avec le mood.
J'aurais aimé régler une chose, mercredi passé, et malheureusement, ça n'a jamais eu lieu. Et le fait de ne pas affronter le problème à la source, c'est presque pire que d'avoir une réponse négative. Et d'entendre les paroles de Corgan dans le refrain de "Shame", ça fait un genre de baume. Rien qui règle les problèmes, mais juste de pouvoir mettre les mots sur le sentiment, ça aide un peu à passer au travers. Un peu.

Et dire que, pour moi, écouter du Smashing, ya qu'un souvenir qui me revient en tête: mon bref passage troublant à l'UdM. Écouter ça, ça revient à me sentir weird et pas du tout à ma place. Comme une sorte de malédiction. Est-ce que c'était au même moment où tout ça a commencé? Je sais pas... on dirait que ça fait mille ans... Et pourtant...

C'est tellement stupide.

mercredi 23 février 2011

23 fév - J'aurais besoin d'un guide de survie genre là là

8h05 am
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À soir, faut que j'check ma peau.
À soir, faut pas que j'grimpe aux rideaux.
J'ai la chair de poule
Courbaturé jusqu'au fond des os
et le sommeil dans le tapis
...quand je suis nerveux, j'ai sommeil.
Mauvais signe(s).

Quoiqu'il arrive, rester cool.
Quoiqu'il arrive, ne pas mourir.
Ce soir, c'est la grande première d'un show que j'ai jamais réellement préparé.
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JD, 23 février 2011

samedi 15 janvier 2011

15 janv - Confession

Dans le cadre de l'Atelier 2, création littéraire (UQÀM)

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I- Toi

Hiver de gris solitaire, dans lequel nous avions décidé de fêter à notre manière. Pour l'occasion, tu avais acheté des haut-parleurs pour défoncer les murs de la chambre à coup de cent-vingt décibels et de Jack Daniel. Comme à chaque évènement qui me sortait de ma solitude, j'avais apporté ma petite caméra et quelques feuilles. Avais-je prévu que cette soirée finirait comme un de nos plus forts souvenirs commun?
Je t'ai fait lire un de mes poèmes, même si je n'avais aucune confiance face à toi. Tu as souri, m'en a demandé d'autre, tandis que tu enregistrais ma voix frêle et brouillonne réciter un brouillon qui me faisait honte. On écrivait ensuite chacun de notre côté avant de reprendre la folie par les cornes. Format seize-neuf, en noir et blanc, on réussit encore à distinguer tes cheveux blonds de ma crinière noir de jais. Nos chemises longues, prêtes à faire honneur à une pâle copie de Morrison. C'était avant que le Meddley ne ferme, et nous avions 18 ans. Tu dansais dans la chambre, pendant que je filmais la bouteille presque vide.

La cassette avance, recule, pour s'arrêter sur ma main qui ne cesse de gribouiller. L'odeur de la liqueur me revient, la flamme du besoin d'écrire tout ce que nous voyions de notre fenêtre. Il n'y avait que moi et le désir. Peut-être même en ai-je déjà eu pour toi? Je revois mon sourire moqueur et gêné, pétrifié par le fait d'être à jamais capturé dans ta mémoire. "Peut-être que tout ça, au fond, n'est que mascarade", répétais-tu sans cesse, au cours de notre récit poétique. L'image de ces murs beige n'était qu'une sombre illusion d'une chambre enflammée par le besoin de créer. Sur la nuit sauvage qui se terminait, tu dormais de tout ton long sur le lit, alors que je restai éveillé jusqu'à l'aurore pour enfin ne jamais cesser d'écrire.

Et comme je te maudissais, visage derrière la boîte à image, de ne jamais répondre à mes questions. Et je me détestais de continuer à improviser, jouant avec ton silence. Et pourtant, rien ne fût plus divertissant que ce moment, à créer à tes côtés.

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II- Toi

Dans la brume des bars, tu passais devant moi. Aux yeux de toutes, tu semblais comme toujours le préféré. Bien que portant tous deux le veston, tes cheveux blonds et frisés avaient l'avantage sur ma coupe timide et légère. Et pourtant, en aucun cas tu n'as profité de ton apparente célébrité. Tu ne semblais qu'avoir une envie: discuter avec un vieux copain. C'était vendredi saint, et la chaleur nous collait à notre chaise, alors que sur la piste de danse, tous nos fantasmes se laissaient aller au rythme de la musique pop.

J'avais besoin de sortir fumer, alors tu m'as accompagné. Bien que je passai devant, je sentais tous les yeux tournés vers toi, des yeux envieux, tandis que je fixai le mur noir où était inscrit les mots "More than a friend" en blanc. La cigarette au bec, j'enviais le regard massif qui se posait sur toi. Et je te détestais d'avoir cette attention en permanence, mais ces quatre mots revenaient dans ma tête. Les scénarios fusaient de toutes parts. T'avancerais-tu auprès de cette punk aux cheveux rasés sur le côté? Feriez-vous l'amour comme des animaux? Lorsque ce fût elle-même qui s'avança pour te parler, les images que j'avais en tête s'effacèrent. C'était moi, en fait, qui s'effaçait de notre bulle. Je suis devenu moins qu'un ami, plus qu'invisible, jusqu'à ce que tu repousse son amitié et décide de revenir à l'intérieur du bar avec moi.

À notre table habituelle, j'étais rendu nerveux. Ma bière a glissé et, pour rire, j'ai fait semblant que j'avais uriné. Mais le stress était trop présent en moi et mon sourire a vite disparu. En revanche, toi tu paraissais à l'aise, presque confortable. Au bout d'une autre heure, nous sommes ressorti. Deux jeunes filles nous ont parlé. C'était la première fois de la soirée que j'existais. Jusqu'à la sortie des bars, nous étions deux gars et deux filles qui discutions de vêtements, de sexe et de gorilles. En quittant l'établissement, j'ai cru bon suivre nos nouvelles amies. Cette fois, c'était toi qui semblait nerveux. Savions-nous qu'à ce moment, toute cette soirée ne serait qu'un chapitre d'un très long récit? La nuit nous a emmené sur les pistes d'un crime de ruelle, où deux types, arme à la main, cagoule sur la tête, nous ont assurés qu'ils s'étaient occupé des Arabes qui trainaient dans le coin. J'étais saoul, et je n'ai pas senti ton regard tueur quand j'ai dit à voix haute et plein de sarcasme: "Ouais, ben, vive le KKK, hein!"

Tu m'as donné un coup derrière la tête et m'as dit de te suivre. On coupait alors la route avec nos copines pour trouver refuge dans un café quelconque, sur Saint-Denis. Cahier de dessin à la main, j'ai commencé à rédiger furieusement le premier esquisse de cette soirée inattendue. J'avais envie de partager avec toi ce souvenir. Chacun notre calepin, notre vision de l'aventure...


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III- Toi

Près de toi, les mots s'envolaient. Sur les pages blanches, les seules paroles qui semblaient s'y coller n'étaient qu'orduriers et sans propos. Avec toi, sous les couvertures, les minutes paraissaient des heures. La fatigue, l'ennui, le mépris, les sanglots sans relâche. Puis, une année entière nous sépara avant de retrouver une vraie magie.

Il suffisait d'une séparation pour que tu désire enfin venir avec moi au Lac-de-Mai. Chacun de nous baladait sa caméra, capturant chaque moment de la longue marche qui nous rapprochait. Tu as cueilli une vingtaine de ces fleurs en cloche, puis tu les as posées dans le creux de ma main. "C'est pour ta mère". Et tu as continué à marcher devant moi. Ce n'était pas seulement le soleil du printemps; tu rayonnais à part entière. Aucun mot ne fût prononcé de tout le trajet. Le son des vagues était suffisant pour nous remplir la tête de mille images. Tu avais envie de prendre des photos de l'étang, alors tu as marché jusqu'au fond, renfonçant tes espadrilles dans la grande marre boueuse. Tu es revenue à mes côtés le sourire fendu jusqu'aux oreilles. Je connaissais un coin parfait, au bord de l'eau, mais comme c'était un terrain privé, tu as voulu demander au propriétaire si on pouvait s'y promener. Avec ton soleil de sourire, c'était déjà dans la poche. On a descendu les marches en bois qui menaient directement à la berge. À peine avais-je eu le temps d'enlever mon veston que tu avais les deux pieds dans l'eau. J'avais soudainement envie de me baigner, mais j'avais aussi terriblement peur. Alors tu m'as regardé et tes yeux m'ont dit de te suivre. On n'est pas allé très loin. Juste assez pour être mouillé jusqu'au torse. On s'est assis sur une roche qui sortait de l'eau, dos à dos, et on a laissé le silence nous remplir les poumons.

J'aurais aimé souligné chaque mot que je voyais sur les vagues qui berçaient les milles iles, mais je n'avais rien pour décrire autre que mes yeux étourdis. Comme un vide d'expression, comblé de mille pensées inédites.

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IV- Toi

Tu étais déjà très loin. Je t'avais effacé de mes mots, après une overdose de toi, de ta chevelure blonde cendrée, de tes cils parfumés aux yeux bleu de mer foudroyée. Le feu était pourtant toujours allumé, et malgré toute les cendres que j'entassais, toujours les étincelles restaient. Mon père était revenu de Paris depuis près de deux semaines et nous étions au chalet de son ami d'enfance. Je refusais de penser à toi. Le refuge en pleine nature était là pour ça: écrire pendant cinq jour de tout et de rien, loin de toute résonance des derniers mois auprès du soleil que tu étais. Sur le balcon, le troisième jour, j'écoutais mon père et son ami discuter alors que nous buvions notre deuxième bouteille de vin de l'après-midi.

J'ai fait une gaffe en prononçant ton nom. Mon père n'a rien dit, mais Claude a tout de suite demandé si je t'aimais. "J'ai fait une croix, parce que, bon...", mais mes explications ne l'intéressaient pas. Il voulait savoir si je te portais encore dans mon cœur. Mes milles paroles cachées à ton égard me sont revenus en mémoire, mes vingtaines de proses endolories que je n'ai jamais su te dire, elles m'ont envahi. Et j'ai menti, prétendant que c'était fini, les rêves. De l'amour, il n'y en aurais plus que pour mes mots.

La chaise devint inconfortable, l'alcool me montait à la tête, et le soir, j'ai senti le besoin urgent de t'écrire mes sentiments sur une feuille de calepin, pendant que sur l'écran géant jouait un vieux film qui faisait rire les deux aînés. Et une goutte de glisser sur l'encre noir, ma tête dans le goudron, l'acide dans les poumons, je t'ai écrit ma seule lettre d'amour, dont je conserve encore le brouillon dans un coffret en métal, cadeau de mes six ans.

Jamais une personne ne m'auras inspiré tant de scénario que toi. Puisse-tu trouver une meilleure fin que celles de mes tendres illusions.

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V- Toi

Tu avais déjà froid et ne voulais pas sortir. Tu as pourtant été facile à convaincre. "Viens, on va rire" et tu m'as répondu: "Seulement si tu y es aussi." Avec une telle simplicité, comme si nous nous connaissions depuis longtemps, alors qu'on ne s'était parlé pour la première fois que ce soir-là. Dans mes écouteurs, jouait sans cesse une ballade instrumentale à la guitare qui me guidait silencieusement à mon arrêt. Il fallait le voir de ses propres yeux: des maisons rangées à perte de vue, se laissant couvrir tendrement par un fin voile de neige. Le temps s'est arrêté alors que tout n'était que blanc, tes yeux bleus et ta laine rouge dans ma tête.

Tandis que l'angoisse de bien paraître me tuait lentement jusqu'à mon arrivée, tu te préparais langoureusement, encore bien au chaud chez toi. Après ton message, j'ai cru bon arriver plus tôt à la fête où attendaient plusieurs de nos amis. La ville était glaciale et les gens, répugnant. Le vent soufflait la désertion et le malaise. Et tandis que nous en étions à notre deuxième pichet, comme un ange de porcelaine tu débarquais enfin. L'espace était restreint, alors tu t'es assise plus loin avec un ami. Sans savoir pourquoi, j'évitais ton regard, discutant avec tous et chacun. Mais ma tête refusait de ne penser qu'à autre chose qu'à tes petits cheveux blonds, tes yeux d'azur, et ta grosse laine rouge. Tu ressemblais à une enfant dans un monde d'adulte.

Du doigt, tu m'as demandé d'approcher. J'ai fait le bouffon, comme d'habitude, en pensant pouvoir t'amuser. Ton regard triste parlait plus que toi. Et déjà, je sentais pour la millième fois dans ma courte vie que les plus belles choses que j'aurais pu te dire, c'était en fermant ma gueule. En t'écrivant un conte hivernal, doux comme le voile de neige, froid comme tes pupilles, chaud comme ta laine rouge. Pour toi, j'écrirais une mer de bateau voguant au fond des eaux, des récifs perdus que seul le temps rend beau.

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JD, samedi 15 janvier 2011, 16h

mardi 14 décembre 2010

14 déc - Haze

"Bring me the scotch, would'ya?" I toss some girl at the bar, getting to the counter. "And don't just put it in a faggy cup! I want a real glass of it!"

Goddamn town, with the same faggy folks... Sick of this shit, runnin' in circles, doin' stuff you think you like for a whole New Year, an' then start all over, again and 'gain... Tired of lying to myself, saying: "Hey paps, it'll all be good, and brand new! You'll like it better there, or there, elsewhere" fucking goddamit.

"NOTHING!... NOTHING will be better elsewhere, YA HEAR ME? Sunnovabitches..." I'm banging on the counter, trying to get louder than the music, but I'm just as pathetic as everyone else in here. So I stop. "Gimme another one, mate..." I tell the bartender. My hand feels the glass shivering between my fingers; they suddenly hurt, pretty bad. I want to take it outside, so I can light myself a cigaret, but the man tells me I can't bring it with me.

-You know me, fella... I ain't leaving already. C'mon, you know me better than that.
-Can't let you out, drinkin'; it's the law. And I ain't your fella, so shut up, finish your drink and leave.

My ass is all numb when I try to rise. How long have I been sitting here? Feels like hours... days... I sip it all in one shot, then try to get to the door without falling, lightning my cigaret while still being inside.
"HEY YOU FUCKNOT! OUT! NO SMOKING INSIDE, YOU FUCKING JERK!" I show him the polite finger then step out, in the back alley. I stare at the shades created by the lamppost and the trees, imaginating creatures of the wind coming for me, scrathing my head and belly. I laugh then cough. The fuckin' cold's killing me. Can't see from a miles away, it's nothing but pitch blank, out there. One of the flakes, big motherfucker, drops on the edge of the fag, fainting it, so I come back inside again.

"Sir!.... one... One more.. J&B. On the ROCKS! Oh, the hell with the rocks; let it dry..." I'm not the only sunken ship in town, I don't give a shit if they stare at me.
I look in my pockets for my last ten dollars bill, but something else floats around there. As I grab it, I know what it is, without even looking at it. "Forget it, man. Just take the damn bill" I think to myself. The first sip is always the worst... But since it's the third glass, I wonder why it's still so pukey. "What the fuck d'you use to clean yo shit, asshole? Tastes like your mother's butt!"


The huge headache wakes me up. I'm covered in snow, besides two smelly garbage can, and... And... The sun is already up? "Fucking douchebags... What the fuck, man." I try to rise and to keep myself warm, and again, my hand touches something in my right pocket.

I take out the poem you wrote, the one that wasn't for me, just like the other thousands; the one I stole from you, while you were looking away. I open the garbage can and put it in, leaving.
Searching for another bar to rely on.

dimanche 12 décembre 2010

12 déc - Carnets du sous-sol

Si ce n'était que de moi, tu serais déjà là.
La tête enfouie sous les draps, cherchant le sommeil.
Au creux des bras de Morphée, une petite goutte au bout du nez quai.
Les pieds blancs et froids, les doigts enflés, des yeux désireux.

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Les feuilles s'entortillent, frisent sous le poids de l'inactivité. Deux ou trois carnets traînent et jaunissent. Ça parle d'excès, de tendresse, de perdition, d'idées de vidéoclips, des jours sombres, comme des bons moments. Une poésie ici et là, la lecture est touchante. Des pattes de mouches, en veux-tu en v'là.
C'est la cacophonie de phony dans ma tête de y'a longtemps.

"i will sing you songs", My Morning Jacket. Ok, y neige.

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vendredi 10 décembre 2010

10 déc - Comme un seul homme, pt III / fin

J'ai enregistré ta voix. Juste ta voix qui appelle mon nom.
Retour à la Rue des Charmes. 19h, il fait déjà noir depuis des heures.
Derrière ta voix, j'ai ajouté le son de la pluie.

Pendant quatre minutes, j'entends la pluie de la première nuit de décembre, et ta voix en écho, une fois de temps en temps. Et étendu dans la neige, au beau milieu du champ des Charmes, je regarde là-haut, les nuages violet. Quelques étoiles. Je les colle pour reformer ton visage, des petits yeux bleus, pousse les nuages pour des pommettes.

Pour la dernière fois, je laisse la fenêtre ouverte.
Je compte ma chance.
Je me dis que " C'est tout je dont j'avais besoin. Ça. Quoi que ce soit. C'est juste... bien."

dimanche 26 septembre 2010

Superheroes

Les gars sont partis prendre un verre au bistro Wilde. C'est jeudi soir, je décline l'invitation. Même si je n'ai plus de cours jusqu'à lundi, je suis crevé de l'intérieur comme de l'extérieur. Mes pas sont lourds et mon dos est courbé par l'effort de passer au travers d'une semaine exténuante. Seul devant mon ordinateur portable, je prends une bière et j'écoute Superheroes pour me donner un petit sourire. Évidemment, la musique me passe dessus comme de l'eau qui coule sur un roc solide, immuable. Le soleil est déjà couché depuis quelques heures. Savoir que l'hiver est là, à m'attendre comme un faucon attend sa proie, ça me traumatise, je suis pris de panique...

Par la fenêtre ouverte, le vent glacial se jette sous ma chemise. Encore trop effondré et impossible à bouger de mon siège, je reste là à subir mon sort. La mort me souffle dans le cou que j'essaie de couvrir de mon possible. Mais toujours, je reste en place et me dit qu'après tout, c'est probablement ce que je mérite. Il est passé 22h, et intérieurement, je sens un minime souhait qu'un signe extérieur m'appelle. N'importe quoi pour me sortir de la noirceur, du grabuge qui m'habite. Par pitié, faites qu'un quelconque colporteur sonne à ma porte. Ne serait-ce que pour me lever, ouvrir et répondre d'une voix monotone: "ne me dérangez pas"...

22h10. J'ai de petits faisceaux qui descendent de mes yeux. Les voies nasales sont submergées puis éclaircies. J'ai dans la tête des histoires de bonheur qui n'ont ni queue ni tête, des souvenirs de bons moments puis des terribles catastrophes qui me restent collées au fond du cœur de pierre. Je vois des démons, des flûtes de champagnes, des fêtes détruites par des nazis, des filles éventrées et violées, des gars dont les mains ont été coupées. 22h30. J'ai les yeux secs, un goût amer de métal dans la bouche, et ce qui restait de ma force s'est complètement dissipé. Plus rien ne me vient en tête, je ne fais que jouer au Solitaire. Et je me dis que c'est bien un jeu fait pour moi...

Je ne vois plus le temps passer, et une personne frappe à la porte. Au même moment, le téléphone vibre dans ma poche. Les gars n'étaient pas au bistro. "Vient, dude. On va te payer un drink au Dal." J'ai envie de les remercier et de renoncer, mais je suis trop faible pour décider quoi que ce soit. J'ai envie d'être dans les bras d'une fille qu'eux deux trouveraient trop superficielle et trop niaiseuse à leur goût. Juste pour les faire chier.
Mais disons que pour ce soir, je vais faire comme si j'étais content de les voir, et les appeler des Superheroes qui m'ont sauvé de la mort. Juste pour ce soir, j'va faker d'être content de les voir. Parce que, tout simplement, il n'y a que lorsque j'ai besoin d'eux que je ne veux pas les voir...

Allez savoir...

mercredi 18 août 2010

A place to call home

Musique: 'Flamenco Sketches', de Miles Davis.
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Depuis deux heures que je marche, si ce n'est pas plus. Le pneu arrière de ma bicyclette est percé, et la transporter sur des kilomètres, ça devient radicalement gênant. Je ne sais pas ce qui m'a pris, de partir sur un coup de tête pareil... Le soleil commence à se couvrir. Les seuls indicateurs de temps qu'il me reste sont la circulation qui diminue de plus en plus et, si j'ai de la chance, une cabine téléphonique affiche l'heure au moment où je passe.

J'ai froid...
Le vent se lève, et des gouttes de pluie commencent à tomber. Je n'ai ni manteau ni chapeau, ni rien. Je suis parti si vite, je n'ai pensé à rien emmener, je voulais juste aller loin. Rendu au coin d'un boulevard très achalandé, je m'installe sur un bloc de ciment dans un terrain vague. Une ancienne boite de strip. LA boite de strip de Curé-Labelle. Il se fait tard, mais j'attends que la circulation dérougisse avant de bouger. Mauvaise idée, car la pluie commence à battre, à me battre. Il faut que je change de place au plus vite... La tête par dessus le guidon, les lunettes embuées par l'effort qu'il me faut pour rouler sur la roue crevée, j'arrive à peine à faire du 10 km/h, alors je redescends et coure du plus vite que je peux pour me réfugier sous un arbre. Plus qu'une dizaine de rues et je serai enfin sur la route principale... Encore l'effort pour pousser, pousser, et pousser. Je suis trempé jusqu'aux os, mes vêtements collent et pèsent une tonne, et la pluie tappe toujours plus fort. Je coure comme un défoncé, les oreilles me brûlent, je ne vois rien, mais je fini par arriver sous un petit toit d'un café.

Il n'y a personne, et je pleure.

Mes larmes se fondent avec la pluie qui coule de mes cheveux... Perdu, défoncé, saoul... Le haut-le-cœur me prend, mais je n'arrive pas à vomir. T'es devenu pathétique, mon gars. T'as voulu t'en sortir en pensant que ça allait tout régler, mais dame nature t'a rattrapé et maintenant, tu subi les conséquences. Regarde autour de toi: aucun repère. Personne n'es là pour pleurer sur ton sort. Tu as beau prier ton dieu, faire ta petite prière, mais il n'y aura pas de sauveur pour toi ce soir. Regarde toi maintenant: tu fais pitié avec ta chemise et tes jeans trempés, tu ne vois même pas le bout de ton nez dans cette noirceur, et tu pleure... Tu te souviens, cette phrase dans Amélie? "Mais elle, qui va s'en occuper?" Tu aurais pu être celui qui s'en occupe. Tu aurais dû avoir plus confiance en toi, tout à l'heure... Mais tu as préféré te rabaisser sans cesse et faire l'imbécile. À voir ton état, aucune fille ne voudra de toi. Alors ressaisi toi et prends les choses en main.

Tu n'as plus quatorze ans.

Tes amours ne sont plus aussi inoffensifs qu'avant, ils te suivent et te tourmentent. Et, la tête baissée, la tête en mille miettes, le cœur en lambeaux, tu restes là sous la pluie, à sentir chaque goutte sur ton frêle squelette et à espérer que tout cela finisse. Les espoirs que tu fondais sur des scénarios, tu finis par les trouver stupides et sans réalisme. "Comon Julie, juste une p'tite nuit"... C'est beau et triste, de penser qu'une chanson peut aider ta cause. Mais les faits sont là, et tu as décidé de fuir au lieu d'accepter ce qu'elle t'a dit.

Le vent redescend. Au loin dans le ciel, des éclairs illuminent le ciel, le tonnerre gronde faiblement. Il reprend sa bicyclette et marche affaibli vers un autre repère. En marchant sur la maine, il finira bien par tomber près d'un commerce encore ouvert. Son corps est couvert de sueur, de larmes et de pluie. Aucun lampadaire ne couvre son chemin; il ne fait que marcher sur le trottoir. L'alcool se dissipe, mais sa tête fait encore des flammèches. Le froid le prend. Il éternue. Il halète. Entre deux coins de rues complètement abandonnées, il n'a plus de force et n'avance plus.

Il tombe au sol...

Sa bicyclette tombe de l'autre côté. Il laisse ses cheveux tomber sur son visage, l'aveugler plus qu'il ne l'est déjà, par la rage ou par l'amour qu'il pensait avoir. Peu importe. Il ne réussi même plus à penser. Ses deux mains sur l'asphalte, accroupi sur ses genoux... Le poing sorti, un coup, deux coups, trois puis quatre puis cinq. Une plaie laisse couler une petite goutte de sang, invisible au regard dans la pénombre, mais qu'il sent et couvre de sa bouche. Il pose ses lèvres sur sa jointure... Leurs places ne sont pas là où elles devraient être, pense-t-il. L'insensibilité l'attrape enfin. Il se lève et marche comme un moribond, au milieu de l'avenue déserte. Toute chose a perdu sa pesanteur, vêtement comme véhicule. Vide de toute pensée, espoir ou force, il avance sans savoir sa destination...

Enfin, un téléphone.

Il pose son vélo contre la cabine, entre et plonge sa main droite dans sa poche, le regard blanc. En la sortant, plusieurs pièces tombent. Il en ramasse deux, trois, les insère dans la fente et compose un numéro. Le seul qui lui revient à l'esprit. Quatre coups de tonalités et ça répond.

-Ouais allo?
-.....
-Aaaallo..?
-Simon... chu perdu... (une larme sort, puis une autre. Il renifle.) Pen... penses-tu que tu pourrais me lifter? (il tousse)
-Euh... ouin, ben donne-moi genre cinq minutes. T'es où, là?
-Dagenais... devant le dep...
...

La tonalité. L'autre main sur le front. Les yeux fermés. J'ai l'impression d'être mort... Il ne viendra jamais, mais j'attends quand même. J'ai rien à écouter, sauf la tonalité du téléphone...

//

Dans sa voiture, une couverture sur le dos, le bicycle dans le coffre, je suis là à trembloter comme jamais. Je regarde mes genoux, puis ferme les yeux et dis, simplement: merci, man... On passe le reste du trajet, un bon vingt minutes, à ne rien dire.




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Jean, mercredi soir, 1h22 am.

samedi 3 juillet 2010

Et j'aime te savoir proche (samedi 3 juillet 2010, 23h55)

Il est bientôt minuit, et la bouteille vide traîne encore sur le comptoir. C'est ma bouteille et je ne veux pas que son chum la voit. Je sais que c'est minuscule comme détail si on compare à ce qu'on vient de faire, mais tout de même, c'est un détail qui me tape sur les nerfs... Et je la regarde, sa tête sur mes cuisses, et j'ai envie de faire rewind. Soit pour oublier, soit pour recommencer...

En remettant mon linge, l'image de son copain qui nous découvre me hante. Elle, encore sous l'effet du vin, me dit de ne pas m'en faire, qu'il est encore trop tôt pour qu'il revienne de je ne sais où. Le goût amer me revient en bouche, je ne sais plus quoi penser. En fait, je suis simplement bien l'instant d'une seconde. L'air chaud circule dans tout l'appartement. Au loin on entend des sirènes de polices et d'ambulances. Le froid reprend. Qu'ai-je fais? Je me lève d'un bond, passe au salon pour récupérer mon sac, puis à la cuisine pour prendre la bouteille et la mettre dans la poubelle. En retournant en vitesse dans la chambre, je lui dis que c'est une erreur et qu'il vaut mieux oublier. Et voilà qu'arrive le problème du transport. On est à Lachenaie et c'est elle qui m'a lifté. Je n'ai aucune idée comment revenir chez moi par mes propres moyens et il est hors de question qu'elle conduise dans cet état.

Ça sent la transpiration malsaine dans l'appartement, et je ne peux plus le supporter, alors je sors.

---Rewind

Elle, encore sous l'effet du vin, me dit de ne pas m'en faire...

-------------Rewind

On vient de passer le pont. Il n'y a aucun moyen de parler, la musique est trop forte et me remet en tête des images trop dures, des souvenirs d'une période désagréable de ma vie. Je n'en parle pas, je préfère garder une bonne ambiance. À quelques moments, on échange des mots vides à propos de l'été et de futurs projets, de voyages et d'amis. Le sujet finit par sortir de ma bouche: "Ton chum sait que t'as un projet ce soir?" Elle me dit ouvertement qu'elle lui a dit tous les détails, qu'elle ne voit pas ce que cela change et qu'elle a droit de souper avec qui elle veut. "C'est sûr qu'yé un peu jaloux, mais c'est juste parce qu'il te connais pas." Génial... Ça veut dire: "Ya pas à avoir peur d'un microbe comme toi, t'es innocent et tu n'as aucune chance anyway." Je préfère fixer mes genoux et faire un sourire faux nez. Il vaut mieux ne pas regarder ses cheveux blonds et roux...

Nous arrivons enfin dans un petit quartier résidentiel. Terminus, tout le monde descend de la voiture, et nous montons au troisième étage du bloc brun. À l'intérieur, tout est orange et jaune, avec une décoration de jeune étudiante pseudo-zen: coussins en toile, récipient à encens, etcetera. J'essaie de ne pas rire, mais la tentation est trop forte et je lui lance une vanne minable du genre: "Tu fais pas de l'insomnie avec tout ce soleil plein la tête?!" De la cuisine, au fond de l'appart, elle revient tranquillement, avec le gros sourire sur son visage, passe à côté de moi et me flanque une grosse bine sur l'épaule.

Pendant le souper, les seuls trucs qu'on trouve à dire c'est à propos des pâtes qu'on mange. Pour blaguer, je passe mon temps à dire qu'elle savourerait plus son repas si j'y mettais un peu de ma sauce maison. Le temps passe, et les discussions sur nos projets étirent à leur fin. On se dirige vers le salon pour relaxer sur un sofa moelleux plutôt que sur un chaise en bois rigide. J'ai bu un peu plus qu'elle, je crois, mais c'est elle qui sort le plus de conneries. Elle me fait des remarques sur ma charpente frêle, sur mon manque de goût en matière de nourriture et d'autres trucs qui me foutent la honte. J'essaie de changer de sujet en lui disant que j'aurais dû apporter un disque de Barry White. "Ça t'aurait fermé la gueule et on passerait aux choses plus sérieuses!" Elle fait sa tête de vexée, la bouche grande ouverte, le sourire dans les yeux. "T'es tellement vulgaire! J'en reviens pas!" Et moi d'en profiter pendant qu'elle a la bouche ouverte pour mimer de lui mettre un doigt dans la bouche. Elle tape aussitôt ma main violemment, et on commence à se taper dessus.

Mon côté garçon polisson embarque. J'en profite pour mettre mes mains rapidement aux endroits "réservés aux adultes". Elle me traite de pervers tout en continuant à rire comme une dingue. Son corps sonné par l'alcool tombe sur le côté, sur le sofa, et je fais semblant de tomber sur elle en continuant le duel, de façon plus douce. Les petites tapes sur la tête deviennent des caresses dans ses cheveux. Ses yeux croisent mon regard. J'ai le malheur de souffler dans sa direction mon haleine d'épuisement, d'ivrogne et de fumeur. Elle plisse le front, ferme les yeux et s'étouffe. Elle me repousse aussitôt et se lève en disant qu'elle doit aller à la toilette.
Cette fois, c'est la fin. Au moins, j'ai pu profiter de quelques touchés olé. Ma tête cogne et je sens venir les cris et les hurlements de ma jeune amie. Tant pis. La seule pensée qui me vient en tête en pensant à sa réaction lente, c'est: "ah la cochonne!". Et puis la conscience revient, le malaise me prend et le meilleur moyen de sortir de ma tête est d'aller dehors et fumer une cigarette.

Je remarque que le bord du filtre est rouge. Je n'arrive pas à savoir si c'est son rouge à lèvres ou le vin... L'ai-je embrassé? Mes idées se tassent et je n'arrive pas à penser clairement. Je me mets à voir des images d'une banlieue lointaine, dans mon enfance. Des kilomètres de blocs appartement avec un terrain de baseball... Mes cousins... Des montgolfières... Plus j'y pense, plus j'ai les larmes aux yeux tellement je n'y comprends rien. Ces vieux souvenirs... -----FastForward
J'ai la tête entre ses cuisses et je l'em....-------Rewind
Je sors pour fumer. La seule source de lumière sont les lampadaires. On dirait que tous les voisins sont partis. Je regarde l'heure sur mon cell. 23h30. Je regarde le ciel couvert, mais le vertige me prend et une fois de plus, je fixe mes genoux. Ma cigarette s'éteint d'elle-même. Puis, je l'entends dire: "yé passé où, lui?". Je jette mon restant de clope en bas et rentre illico, le pas un brin chancelant. "Ferme la porte" dit-elle. Je la vois sortir du salon. Elle aussi est affectée par l'alcool. Sa démarche fragile, sa main dans les cheveux, les paupières closes, accotée contre le cadre du portique. Ses christie de cheveux blonds, vaguement ébouriffés.
Je l'embrasse.
Elle se recule tout en se gardant appuie sur mon épaule. Je la prend dans mes bras, lui dis que je ne peux plus résister, et l'embrasse à nouveau. Cette fois, elle se laisse faire. Je l'embrasse derrière l'oreille pendant que je caresse son dos, en baissant légèrement vers le bas. À nouveau, elle me repousse et évoque la défense "Mon chum va arriver". T'avais qu'à pas mettre un parfum aussi divin, ma beauté. Je ne sais même pas si j'ai dit ça à voix haute... Elle gémit.
Elle m'amène à sa chambre. Leur chambre.--------------Fast Forward!!!

Il est bientôt minuit, et la bouteille vide traîne encore sur le comptoir. C'est ma bouteille et je ne veux pas que son chum la voit. Je sais que c'est minuscule comme détail si on compare à ce qu'on vient de faire, mais tout de même, c'est un détail qui me tape sur les nerfs... Et je la regarde, sa tête sur mes cuisses, et j'ai envie de faire rewind. Soit pour oublier, soit pour recommencer...
Mais ce qui me vient en tête, maintenant c'est de voir à quelle point elle est belle, sauvage et mignonne à la fois... Et je pense à tout ce que je lui ai dit, dans ma tête, depuis que je la connais. Tous les petits bonheurs que tu m'as apportés, les bons et les mauvais coups, les malheurs aussi. Les souffrances de tes absences dans ma vie. J'aime penser que ce n'est pas une erreur, ce soir, de t'avoir vue. J'aime ta peau, ton odeur, tes yeux cristallins et tes cheveux de feu.

Et j'aime te savoir proche.


Mais s'il te plaît... Laisse-moi t'oublier une bonne fois pour de bon. Brise-moi le cœur et dis-moi de ne plus jamais te revoir. Que je puisse enfin faire le deuil d'un bonheur irréaliste que je ne veux pas. Je veux être en paix avec moi-même, et finir avec moi-même.
Même si j'aime te savoir proche.
--------------------------------------------------------FastFast Forward, s'il vous plaît...

Samedi 3 juillet 2010, 23h53



lundi 21 juin 2010

Ces jours-là

On a tous le droit de sourire ou de pleurer. Aujourd'hui est un jour d'absence, tout comme samedi était une journée qui annonçait l'absence. Le départ d'une personne ou d'un rêve, est-ce la même chose? D'un côté comme de l'autre, un vide se crée en nous. Reste à savoir si c'est la dernière fois que l'on voit cette personne qui part.

"J'aiiiii tant aimé... Virginie! Je suis un homme fini! Tout est fini, tout est fini!" On va parler de Virginie, cette charmante jeune femme que je n'ai jamais eu le temps d'aimer. Dédale avait pourtant averti son fils de ne pas trop s'approcher du soleil... The Devil Is In The Detail, comme le dit le dicton: plus on s'approche, plus nos plumes fondent rapidement et la chute est inévitable. Il n'y a et n'y aura jamais aucun roi soleil... Enfin, heureusement, Icare est tombé dans la mer plutôt que de s'effondrer sur un pavé de béton. La tronche qu'il aurait eu, oh là là... La mer, eau purificatrice, douce et dure à la fois.
"La mer me ressemble
Puisqu’elle a ses colères
Ses abîmes insondés
Où elle cache son or
Et ses amants noyés
On la croit fragile
Quand elle vient se briser
Aux grands rochers têtus
Des falaises immobiles
Dont elle use le pied."

Et encore là, je me demande: le mieux est-il de savoir que c'est la dernière fois que je croise son chemin, ou d'espérer quand même rester en contact? J'aimerais dire que je serais prêt à tout pour l'effacer de ma mémoire plutôt que d'espérer dans le vide. J'aimerais jeter cette minuscule fleur, oublier son regard absent, sa voix et son odeur. Je foutrais la bobine de mon film au feu, aussitôt le montage fini, et enfin passer à autre chose. Ne plus jamais penser à l'actrice française.
Tout revient à dire que le meilleur est à venir... Why do we fall, master Bruce? So we might learn to pick ourselves up.

Et pour ce qui est du paternel qui rejoint ses souvenirs lointains, de l'autre côté de l'océan... Encore là, je repense à mon texte "Séjour" que j'ai glissé dans son sac de voyage à son insu... Comme j'aimerais que ce texte ne se réalise pas...

Le vide me rempli. Étrange. J'aurais préféré rester stupide et me contenter d'observer le gazon pousser, j'pense. L'autre disait que l'amour est sans pitié. Ouin. C'est le bonheur. "Le ciel bleu et le chant des paqueretteeeees! La lalalalaaaa!" :D

Salut, les disciples. J'vous laisse une toune qui fitte, tsééé: I Shot The Sherrif Called Stephanie

ps. de meme: j'envoie chier d'abord les interprètes suivants: Lionel Ritchie et Diana Ross, ainsi que Dieu pour s'être ouvertement foutu de ma gueule, quand leur toune a joué pendant que j'étais seul avec Virginie dans son char, à 3h du matin, sur le chemin du retour. Vraiment, c'tait un crisse de coup bas. Thanks for nothing.