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mercredi 9 mars 2011

9 mars - Faudrait peut-être te déniaiser

Exercice 4 pour le cours d'Atelier 2: Texte sur une photographie
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I
T'as les cheveux longs et coton que l'été te fait suer sous ses lourds édredons comme une plume qui pique. Ton petit sourire cache des intentions saines, mais des conséquences sans fond. Que ta bouche soit ouverte ou non, ce sont les silences qui plombent ta langue, citron bleu ciel et acide, dans ces salles obscures qui t'ont souvent fasciné.
Derrière toi, l'Oncle Sam te pointe avec son slogan qui trotte sans cesse dans ta vie: I want you, comme un bébé want sa gâterie avant même de se demander s'il la mérite. Alors tu hésite pendant des jours et des mois, entre la patience et la peur de voir une porte se fermer pour de bon.
Dans les lueurs étranges qui te balancent, ta peau se voile d'un nuage grisant, mélangeant ta douce chaleur au froid qui happe le corridor où tu pose. Dans tes bras ne se trouve pas vraiment ce que tu cherche, mais tu manque d'expérience et cette personne que tu porte à bout de bras finit par être tout ce que tu connaitra.
À quoi pensais-tu, à ce moment précis? Que le bonheur, c'était d'être avec des gens que tu chéris de tout ton cœur? Ou était-ce simplement pour faire la pose? Peut-être que les deux peuvent s'agencer, comme une groupie qui se pomponne pour être aussi big shot que la star avec qui tu vas partager le cadre...

Transpose l'image, modifie le sourire, l'élargir, le ramener vers le bas, l'enlever, pour ne garder finalement que tes yeux de fortune, île qui n'attend que d'accueillir son premier naufragé, voir même une cruelle guerrière.
Cruel enfant, faudrait peut-être te déniaiser, ouvrir les fenêtres, laisser l'air pousser les rideaux sous lesquels sont cachées deux petites perles, tes yeux qui font peut-être des envieux.

II
Quel étrange moment sur la plage que de te voir, plume à la main, sous des nuages menaçant, le peignoir immaculé et les lunettes futées. Peut-être en train de tracer les pieds de ton personnage fétiche qu'on fixe et dénigre. La glace pousse ses racines jusqu'à tes doigts.
blabla, à finir dans une autre vie.

III (texte choisi)

Être un Derome, c’est vivre sans accent, ou presque. Bien sûr, ils ont l’air chic avec leurs habits classiques, le veston et la cravate pour les trois garçons, la robe pour les deux filles. Certes, ils ont presque tous étudié au collège Sainte-Marie, quelques-uns se rendant à Oxford, Cambridge, Saint-Trinity. Le seul accent qu’ils se permettent, c’est celui de l’anglais britannique, mais leur seule voix est celle de Montréal.

Les études seules ne forment pas les humains. En observant cette photo où mon grand-père apparaît, entouré de ses enfants et de sa femme, j’entends à nouveau mon père me raconter un court moment de sa vie. Après un repas, Laurent avait assis Janette sur ses genoux pour l’embrasser devant tous et toutes, simplement pour lui montrer son affection. Avant même qu’il ne développe un cancer au cerveau, il savait éprouver des sentiments pour sa famille, comme l’homme simple et aimant qu’il semblait être.

Devant moi se tient un homme que je n’ai jamais connu et qui m’attendrit plus que bien des gens encore présents. Un plombier qui donnait tout pour que ses enfants aient l’éducation qu’il n’a probablement jamais reçue. Sans oublier mon paternel, le visage effacé du deuil qui l’attend sans prévenir. Cet enfant qui, pour la première fois, me ressemble physiquement, avec ses sourcils froncés, un air de rien. Ne manque que la cigarette au bec, à changer pour une pipe classique. Un autre lien me revient : la peur que mon père décède, lui aussi, à l’âge de 53 ans. S’inquiéter de la vie d’un parent, alors qu’on n’a que neuf ans. Voilà un bien triste constat.

D’un autre côté, une nouvelle relation s’est installée entre nous deux. Le jazz de Miles a commencé à glisser jusqu’à mes oreilles, dernier héritage de mon grand-père. « Il m’a offert ce disque au dernier Noël passé ensemble », avec un sourire qui raconte mille moments qu’il n’a probablement jamais mis en mots. Cette image du jeune homme de dix ans, peut-être onze, laisse présager de longues nuits, les yeux fixés sur le vinyle, brouillés par l’envie de partager sa musique avec son vieux.

Un long moment passe, je réécoute pour la centième fois Everytime we say goodbye, de Coltrane, et me revois danser avec ma copine dans son appartement, lors de notre première soirée. Comme si l’héritage, sans l’avoir forcé, continuait à faire son chemin, que ce soit à propos des goûts musicaux, des moments humains, ou tout simplement pour une question d’accent. Sans accent. Ou peut-être un tout petit, british. Pour les faire craquer, quand on cesse de fixer l’aiguille qui gronde sur le disque et qu’on décide de faire des bébés.

samedi 15 janvier 2011

15 janv - Confession

Dans le cadre de l'Atelier 2, création littéraire (UQÀM)

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I- Toi

Hiver de gris solitaire, dans lequel nous avions décidé de fêter à notre manière. Pour l'occasion, tu avais acheté des haut-parleurs pour défoncer les murs de la chambre à coup de cent-vingt décibels et de Jack Daniel. Comme à chaque évènement qui me sortait de ma solitude, j'avais apporté ma petite caméra et quelques feuilles. Avais-je prévu que cette soirée finirait comme un de nos plus forts souvenirs commun?
Je t'ai fait lire un de mes poèmes, même si je n'avais aucune confiance face à toi. Tu as souri, m'en a demandé d'autre, tandis que tu enregistrais ma voix frêle et brouillonne réciter un brouillon qui me faisait honte. On écrivait ensuite chacun de notre côté avant de reprendre la folie par les cornes. Format seize-neuf, en noir et blanc, on réussit encore à distinguer tes cheveux blonds de ma crinière noir de jais. Nos chemises longues, prêtes à faire honneur à une pâle copie de Morrison. C'était avant que le Meddley ne ferme, et nous avions 18 ans. Tu dansais dans la chambre, pendant que je filmais la bouteille presque vide.

La cassette avance, recule, pour s'arrêter sur ma main qui ne cesse de gribouiller. L'odeur de la liqueur me revient, la flamme du besoin d'écrire tout ce que nous voyions de notre fenêtre. Il n'y avait que moi et le désir. Peut-être même en ai-je déjà eu pour toi? Je revois mon sourire moqueur et gêné, pétrifié par le fait d'être à jamais capturé dans ta mémoire. "Peut-être que tout ça, au fond, n'est que mascarade", répétais-tu sans cesse, au cours de notre récit poétique. L'image de ces murs beige n'était qu'une sombre illusion d'une chambre enflammée par le besoin de créer. Sur la nuit sauvage qui se terminait, tu dormais de tout ton long sur le lit, alors que je restai éveillé jusqu'à l'aurore pour enfin ne jamais cesser d'écrire.

Et comme je te maudissais, visage derrière la boîte à image, de ne jamais répondre à mes questions. Et je me détestais de continuer à improviser, jouant avec ton silence. Et pourtant, rien ne fût plus divertissant que ce moment, à créer à tes côtés.

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II- Toi

Dans la brume des bars, tu passais devant moi. Aux yeux de toutes, tu semblais comme toujours le préféré. Bien que portant tous deux le veston, tes cheveux blonds et frisés avaient l'avantage sur ma coupe timide et légère. Et pourtant, en aucun cas tu n'as profité de ton apparente célébrité. Tu ne semblais qu'avoir une envie: discuter avec un vieux copain. C'était vendredi saint, et la chaleur nous collait à notre chaise, alors que sur la piste de danse, tous nos fantasmes se laissaient aller au rythme de la musique pop.

J'avais besoin de sortir fumer, alors tu m'as accompagné. Bien que je passai devant, je sentais tous les yeux tournés vers toi, des yeux envieux, tandis que je fixai le mur noir où était inscrit les mots "More than a friend" en blanc. La cigarette au bec, j'enviais le regard massif qui se posait sur toi. Et je te détestais d'avoir cette attention en permanence, mais ces quatre mots revenaient dans ma tête. Les scénarios fusaient de toutes parts. T'avancerais-tu auprès de cette punk aux cheveux rasés sur le côté? Feriez-vous l'amour comme des animaux? Lorsque ce fût elle-même qui s'avança pour te parler, les images que j'avais en tête s'effacèrent. C'était moi, en fait, qui s'effaçait de notre bulle. Je suis devenu moins qu'un ami, plus qu'invisible, jusqu'à ce que tu repousse son amitié et décide de revenir à l'intérieur du bar avec moi.

À notre table habituelle, j'étais rendu nerveux. Ma bière a glissé et, pour rire, j'ai fait semblant que j'avais uriné. Mais le stress était trop présent en moi et mon sourire a vite disparu. En revanche, toi tu paraissais à l'aise, presque confortable. Au bout d'une autre heure, nous sommes ressorti. Deux jeunes filles nous ont parlé. C'était la première fois de la soirée que j'existais. Jusqu'à la sortie des bars, nous étions deux gars et deux filles qui discutions de vêtements, de sexe et de gorilles. En quittant l'établissement, j'ai cru bon suivre nos nouvelles amies. Cette fois, c'était toi qui semblait nerveux. Savions-nous qu'à ce moment, toute cette soirée ne serait qu'un chapitre d'un très long récit? La nuit nous a emmené sur les pistes d'un crime de ruelle, où deux types, arme à la main, cagoule sur la tête, nous ont assurés qu'ils s'étaient occupé des Arabes qui trainaient dans le coin. J'étais saoul, et je n'ai pas senti ton regard tueur quand j'ai dit à voix haute et plein de sarcasme: "Ouais, ben, vive le KKK, hein!"

Tu m'as donné un coup derrière la tête et m'as dit de te suivre. On coupait alors la route avec nos copines pour trouver refuge dans un café quelconque, sur Saint-Denis. Cahier de dessin à la main, j'ai commencé à rédiger furieusement le premier esquisse de cette soirée inattendue. J'avais envie de partager avec toi ce souvenir. Chacun notre calepin, notre vision de l'aventure...


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III- Toi

Près de toi, les mots s'envolaient. Sur les pages blanches, les seules paroles qui semblaient s'y coller n'étaient qu'orduriers et sans propos. Avec toi, sous les couvertures, les minutes paraissaient des heures. La fatigue, l'ennui, le mépris, les sanglots sans relâche. Puis, une année entière nous sépara avant de retrouver une vraie magie.

Il suffisait d'une séparation pour que tu désire enfin venir avec moi au Lac-de-Mai. Chacun de nous baladait sa caméra, capturant chaque moment de la longue marche qui nous rapprochait. Tu as cueilli une vingtaine de ces fleurs en cloche, puis tu les as posées dans le creux de ma main. "C'est pour ta mère". Et tu as continué à marcher devant moi. Ce n'était pas seulement le soleil du printemps; tu rayonnais à part entière. Aucun mot ne fût prononcé de tout le trajet. Le son des vagues était suffisant pour nous remplir la tête de mille images. Tu avais envie de prendre des photos de l'étang, alors tu as marché jusqu'au fond, renfonçant tes espadrilles dans la grande marre boueuse. Tu es revenue à mes côtés le sourire fendu jusqu'aux oreilles. Je connaissais un coin parfait, au bord de l'eau, mais comme c'était un terrain privé, tu as voulu demander au propriétaire si on pouvait s'y promener. Avec ton soleil de sourire, c'était déjà dans la poche. On a descendu les marches en bois qui menaient directement à la berge. À peine avais-je eu le temps d'enlever mon veston que tu avais les deux pieds dans l'eau. J'avais soudainement envie de me baigner, mais j'avais aussi terriblement peur. Alors tu m'as regardé et tes yeux m'ont dit de te suivre. On n'est pas allé très loin. Juste assez pour être mouillé jusqu'au torse. On s'est assis sur une roche qui sortait de l'eau, dos à dos, et on a laissé le silence nous remplir les poumons.

J'aurais aimé souligné chaque mot que je voyais sur les vagues qui berçaient les milles iles, mais je n'avais rien pour décrire autre que mes yeux étourdis. Comme un vide d'expression, comblé de mille pensées inédites.

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IV- Toi

Tu étais déjà très loin. Je t'avais effacé de mes mots, après une overdose de toi, de ta chevelure blonde cendrée, de tes cils parfumés aux yeux bleu de mer foudroyée. Le feu était pourtant toujours allumé, et malgré toute les cendres que j'entassais, toujours les étincelles restaient. Mon père était revenu de Paris depuis près de deux semaines et nous étions au chalet de son ami d'enfance. Je refusais de penser à toi. Le refuge en pleine nature était là pour ça: écrire pendant cinq jour de tout et de rien, loin de toute résonance des derniers mois auprès du soleil que tu étais. Sur le balcon, le troisième jour, j'écoutais mon père et son ami discuter alors que nous buvions notre deuxième bouteille de vin de l'après-midi.

J'ai fait une gaffe en prononçant ton nom. Mon père n'a rien dit, mais Claude a tout de suite demandé si je t'aimais. "J'ai fait une croix, parce que, bon...", mais mes explications ne l'intéressaient pas. Il voulait savoir si je te portais encore dans mon cœur. Mes milles paroles cachées à ton égard me sont revenus en mémoire, mes vingtaines de proses endolories que je n'ai jamais su te dire, elles m'ont envahi. Et j'ai menti, prétendant que c'était fini, les rêves. De l'amour, il n'y en aurais plus que pour mes mots.

La chaise devint inconfortable, l'alcool me montait à la tête, et le soir, j'ai senti le besoin urgent de t'écrire mes sentiments sur une feuille de calepin, pendant que sur l'écran géant jouait un vieux film qui faisait rire les deux aînés. Et une goutte de glisser sur l'encre noir, ma tête dans le goudron, l'acide dans les poumons, je t'ai écrit ma seule lettre d'amour, dont je conserve encore le brouillon dans un coffret en métal, cadeau de mes six ans.

Jamais une personne ne m'auras inspiré tant de scénario que toi. Puisse-tu trouver une meilleure fin que celles de mes tendres illusions.

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V- Toi

Tu avais déjà froid et ne voulais pas sortir. Tu as pourtant été facile à convaincre. "Viens, on va rire" et tu m'as répondu: "Seulement si tu y es aussi." Avec une telle simplicité, comme si nous nous connaissions depuis longtemps, alors qu'on ne s'était parlé pour la première fois que ce soir-là. Dans mes écouteurs, jouait sans cesse une ballade instrumentale à la guitare qui me guidait silencieusement à mon arrêt. Il fallait le voir de ses propres yeux: des maisons rangées à perte de vue, se laissant couvrir tendrement par un fin voile de neige. Le temps s'est arrêté alors que tout n'était que blanc, tes yeux bleus et ta laine rouge dans ma tête.

Tandis que l'angoisse de bien paraître me tuait lentement jusqu'à mon arrivée, tu te préparais langoureusement, encore bien au chaud chez toi. Après ton message, j'ai cru bon arriver plus tôt à la fête où attendaient plusieurs de nos amis. La ville était glaciale et les gens, répugnant. Le vent soufflait la désertion et le malaise. Et tandis que nous en étions à notre deuxième pichet, comme un ange de porcelaine tu débarquais enfin. L'espace était restreint, alors tu t'es assise plus loin avec un ami. Sans savoir pourquoi, j'évitais ton regard, discutant avec tous et chacun. Mais ma tête refusait de ne penser qu'à autre chose qu'à tes petits cheveux blonds, tes yeux d'azur, et ta grosse laine rouge. Tu ressemblais à une enfant dans un monde d'adulte.

Du doigt, tu m'as demandé d'approcher. J'ai fait le bouffon, comme d'habitude, en pensant pouvoir t'amuser. Ton regard triste parlait plus que toi. Et déjà, je sentais pour la millième fois dans ma courte vie que les plus belles choses que j'aurais pu te dire, c'était en fermant ma gueule. En t'écrivant un conte hivernal, doux comme le voile de neige, froid comme tes pupilles, chaud comme ta laine rouge. Pour toi, j'écrirais une mer de bateau voguant au fond des eaux, des récifs perdus que seul le temps rend beau.

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JD, samedi 15 janvier 2011, 16h

samedi 11 décembre 2010

11 déc - Paraphrase

-Y reste des tournedos de poulet, dans le réfrigérateur. Le descendrais-tu?
-Retire ta chaise, le temps que je passe le balais.
-Bon, le compte Mastercard est arrivé...
-Qui a pris le dernier plat Tupperware?

La partie supérieure du crâne entre ciel et terre. Des flammèches dans l'abdomen. Un peu de culpabilité au fond de la gorge. Mes doigts cliquent et tapent, mots et fragments de pensées. Le canari sur le dos de ma main ricane, me rappelle la veille. En relisant "De Daumier-Smith's Blue Period", j'esquisse un sourire. Montréal n'a pas tant changé.


J'ai envie de revoir le bord de l'eau. La Berge des Îles.
Ressortir l'appareil photo et m'imaginer une parfait idylle.

...T'avais pas capturé notre baignade... Dommage.


dimanche 26 octobre 2008

Hier encore...

Pensé le 25 août 2008, écrit sur papier le 1er sept (1ere partie), le 19 et 20 octobre (2e partie)

Hier Encore...
1ere partie (1er sept)
« Hier encore, il y a deux jours », j'en ai profité, pour mes 20 ans...
(25 août) J'ai pris mon vélo, et j'ai été me promener où j'aurais voulu revenir tout l'été... Bon, quelques places que je n'ai pas visitées, je n'y ai pas pensé sur le coup, j'aurais dû... La rue des Charmes (surtout), ainsi que le Lac-de-Mai et l'école Twin Oaks... Mais bon, il faisait tout de même bon de revoir les rues adjacentes de Sainte-Rose, comme la rue de Gènes, Matawa, la ferme Sainte-Thérèse, ainsi que (de l'autre bord de Montrougeau) Liverpool et la berge-des-Milles-Îles et revenir sur Marian! Je n'ai pas visité Our-Lady-Of-Peace, c'est vrai...
Pas grave! J'en ai eu pour mon cash!

(23 août) Deux jours auparavant (lundi--> samedi, 23!), Fanny (une amie de ma blonde) m'a accompagné au show hommage à Jean Leloup (le groupe se nommait "Les Jeunes Filles À Canon"*) qui était... fidèle aux chansons sur CD. Sans plus. Déjà que pour s'y rendre, c'était loin d'être évident! Et pourtant... Donc on arrivait là vers 21h30, à la station de métro Papineau, lorsqu'on a demandé l'aide d'une fille x qui nous a donné des indications tellement biaisées! Enfin. On s'est un brin perdus, mais on s'est jasé, passant devant un temple bouddhiste à quelques mètres du pont Jacques-Cartier. Donc, arrivés à bon port, j'ai eu l'heureux cadeau de deux bières (que j'ai bues relativement très vite). Le show était cool, j'ai bien aimé "Voyager". Il me fallu décider, par contre, si je revenais avec Fanny (en voiture) et seulement après la première heure (1ere partie), OU revenir par moi-même ves minuit, une heure, et en profiter un peu plus. Le malheur a voulu que, selon moi, je n'ai pas assez entendu de chansons de l'album "La vallée des réputations" (en fait il n'y a eu aucune de jouée en première partie), alors ça a fait "Fuck off, j'en ai assez vu, entendu". On est revenu en métro et en voiture (avec Cat Stevens) jusqu'à notre quartier général.

Mardi, 26 août 2008: Libération!
De quoi? Des gouttes! Ah, le mal infâââme des problèmes occulaires!
Depuis près d'un mois ou deux s'abattait sur moi une terrible infection à l'oeil droit (depuis un terrible accident de "R'garde Lacia: je pointe mon doigt dans l'oeil et je l'enfonce directement sur la pupille! Ouch!") et depuis un certain jeudi 21 août, l'infection passa subtilement (humm humm!) de "Chaque nuit, vers 2-3h am, ça me réveille dans d'atroces souffrances pendant environ une heure" à "si je lève ma paupière, l'air infecte encore plus mon oeil qui si je le laisse fermé, ce qui (dans le fond) fait tout aussi mal, et tout ça dans une souffrance 3 à 5 fois pire que la semaine passée." Il est à noter que j'avais aussi eu recourt à des gouttes bien ordinaires, qui n'ont fait qu'empirer les choses jusqu'au 21. Ces gouttes avaient été suggérées durant la dernière fin de semaine de juillet, lorsque je fis irruption à la polyclinique pour un problème d'ouïe (bouchons dans les deux oreilles). La semaine qui suivit cette visite, je passai la semaine au chalet de Claude avec mon père et mon frère, à me faire insérer de l'huile d'olives dans les oreilles, chaque soir...

Retour vers le futur.
J'avais quand même mal à l'oeil, le 26. Comme si je m'étais habitué à avoir des gouttes pour hydrater ma pupille... Mais bon, c'est pas comme si le monde trippait à me mettre ça, à toutes les 8 heures! Pour le reste de la journée, NoteNul souvenir, je crois avoir trop bu hier soir!Note
Ah oui! C'était mon premier cours de la session (cinéma américain, pour la 4e fois)! (Pour m'en souvenir, il a fallu penser "Mais pourquoi, di-able!, ai-je tant détesté le jour de ma fête?!?... C'était mon cours de doc...Ah.") Donc, mardi 26, après mon cours, vers 18h, j'avais rejoint ma copine au centre d'achat d'à côté, et donc j'avais décidé de coucher chez elle ce soir-là, question que le lendemain elle soit la première à me souhaiter bonne fête (c'est elle qui a insisté sur ce point, z'le zure!). Et puis bon, elle venait aussi d'acheter "L'étrange noël de Mr Jack" et je voulais le revoir!

MERCREDI 27 AOÛT 2008! 20 ANS, DÉJÀ! ... ouin, ok...
A fallu se lever tôt, question d'arriver pour 8h30 à la job de Lacia. À ce moment précis, le dernier repas dans mon estomac remontait au midi de la veille: deux hot-dogs. Remarque: quand je suis chez Lacia, rien ne me donne envie de manger... Rendu à sa job, j'ai acheté un jus d'orange, pensant ainsi remplacer un déjeuner. Rendu au cégep, j'attendais un vieil ami qui avait le même cours de documentaire. Lorsqu'il fit son apparition, ce fut cigarettes sur cigarettes... (tôt le matin, je buzz juste avec une indienne. Avec les siennes (Accord), c'est le buzz total, même avec l'estomac plein). La dernière fut fatale: malaise jusqu'à en être malade dans les toilettes (cabine fermée = criss de tbk, c bo, jprends le lavabo!!!!!!)... Ça commençait bien mon 1er cours de 2e année officielle de DEC en cinéma. Encore mieux: le prof commença en nous invitant à aller marcher à une manifestation, Sainte-Catherine, Montréal. Le but: faire réaliser à Harper que la coupe dans les subventions pour la culture, c'est nul, voyez? Bref, on finit tous au centre-ville à se balader au grand soleil. D'environ 11h du matin (sans avoir déjeuner) jusqu'à environ 13h30, nous essayâmes d'entendre le discours pro-arts du porte-parole, Vincent Gratton, et cie.

2e partie (19-20 oct)
On a finit par marcher un bon 2h et par se réunir au métro Berri St-Denis. Moment: une mère a passé un coup de fil à un téléphone public. C'est banal. Puis, elle s'est mise à pleurer. Sa fille demande à parler au téléphone, elle aussi déjà en train de pleurer. Ont-elles fuient un père trop authoritaire? Est-il en prison? Parce qu'il les volait/violait/battait?
Bref, je suis revenu chez moi chambranlant... Ma fête.
Mes 20 ans. En famille. A-t-on commandé une pizz, comme d'hab? Oui, je crois. Le cadeau? M'en souviens pu... c'était drabe pour sûr...

Après avoir décidé de continuer ce texte (oublié depuis plus d'un mois et demi), j'arrêtais pas de me demander: "Mais putain! Pourquoi c'était si nul?" Et la dernière ligne du paragraphe précédent, je l'ai écrite en sachant enfin la raison. Le cadeau, c'était un étui rose en plastique cheap pour le iPod de la famille. "Si tu l'aimes pas, y en avait un noir, en cuir, mais un peu plus cher" Vous blaguez? Fanx...
Jeudi soir, j'allai me plaindre à ma chum de fille, Mélissa. Elle aussi trouve que la vie est jaune plate et qu'elle vire au brun. Au St-Sulpice, bières et Smirnoff. Discutions interminables, toujours fluides, comme respirer de l'air pur pour l'intellect. Pas de "pourquoi ça te tente pas, ce soir?" Juste parler et apprécier son interlocuteur/trice. Là, j'avais ma fête.
On a deux vies drabes, et on aime le dire ensemble.
C'était le 28 août. Il y a un an, j'avais été voir The Prime Time of My Life, i.e. Daft Punk au centre bell. Le 30 août 2008, ç'allait être Jean Leloup. Voyage en autobus voyageur avec Lacia et sa cousine, Laura. Au départ, il nous manquait l'adresse de notre auberge. Ça partait bien. Une chance que mon père (ordi inclu) est venu juste avant que l'autobus n'arrive. Départ: 17h-18h. Arrivée: Québec City vers 21-22h. Je n'ai pas écouté de chansons du Wolf durant le voyage, en passant. J'en avais déjà assez écouter la semaine d'avant, question de connaître les textes. Je ne voulais pas devenir nostalgique avec tel ou tel autre titre et espérer à tort qu'il jouerait telle toune. Alors, je l'ai banni de mon mp3. L'avoir en live serait bien mieux. Pour l'auberge, qui était à deux pas de la gare (pourquoi a-t-on pris un taxi? qui ne connaissait pas la place?!?!?!?), elle était fermée. Joie. J'appelai à Laval pour demander "Paps, mams, où habite l'oncle Luc? C'est tout près, mais où?" Lacia m'a fait raccrocher avant d'avoir une réponse. Les interurbains. C'est cher. Finalement, après avoir marcher pour rien pendant longtemps, c'est ma tante Mimi qui nous a rejoint au moment où fîmes presque la folie de louer une chambre d'hotel luxueux (le Pure!). Elle envoya en renfort mon cousin qui revenait de voir un film du 400e avec son frère et un ami. Bref, 3+3 dans une echo. Laura fut "assise" par terre. On a couché chez cette famille de samaritains. Que de coussins et de matelas confortables nous eûmes! Que de rires poussai-je lorsque le plus vieux montrait ses vidéos de l'Alberta, d'où il était revenu depuis ce jour-même!
Lendemain: jour J. JL même. Déjeuner radieux. Discution sur mon premier cours de doc, à propos de la manif. Mimi est pas contente. Mimi dit "il a pas à vous obliger d'aller faire ça! C'est dégradant. C'est irrespectueux envers ses élèves. Mauvaise éducation! Des manifs, franchement! etc..." Dans la famille de ma mère, c'est elle ma tante préférée entre autres, car sa gentillesse est légendaire. Là, je la reconnaissais pas. Honnêtement. Puis, j'ai clarifier un point et tout c'est reglé. Ensuite, Mimi nous emmena en voiture jusqu'à la gare pour voir si on pouvait déposer nos énormes pack sacs qu'on ne voulait pas avoir au spectacle. Malchance, tous les casiers sont pleins. Mimi nous dépose à la case 2, l'hotel Pure. Plus de place. MAIS! Chez Normandin... dit le préposé. Il appelle, confirme une place libre, la réserve et nous appelle un taxi. Fanx. Bon service!
Devrais-je ajouter (de nouveau) que la veille, nous fîmes maints et maints détours en rond inutiles dans une marche de plus de deux heures au grand froid dans une ville quasi inconnue de nous trois? C'était chiant. Le dirai-je encore? Taxi 1, inutile; grande marche, inutile aussi; froid +perdus= chiant. Bref.
Normandin, racontais-je. Je payai visa. On dépose enfin notre stock pour la journée. Petite bouffe à la foire alimentaire d'à côté. Puis, douches. Plumes de jeune indien sur mon crâne. Ça ne marchait pas, alors Basta. Allez hop! Troisième taxi, direction Colisée Pepsi. Le type nous conduit à la mauvaise entrée. La preuve: je doute que Jean Leloup lui-même et son équipe se relaxent devant l'entrée principale. J'avais une preuve photographique que nous trois étions à moins de cinq mètres du principal intéressé (Encore une fois, Lacia m'a coupé la caméra "Yaime pas ça les fans, tu va le faire chier" "Ben voyons, y nous voit même pas! Juste avoir une preuve pour moi même crisse!"). Cette preuve est maintenant perdue à jamais dans un disque dur externe lessivé. Alors je récidive mon plan de retrouver les autres castellois, ces membres du fan club le plus précis sur un artiste quelconque. Je m'esquive à passer dernière le Wolf, mais aussitôt je ne me sens pas aussi désinvolte et j'abdique. "J'aurais tellement dû amenr ma guitare! J'aurais aimé faire de la poésie fucké avec lui! Rahhh!!" me disais-je, pendant que ma copine voulait de moins en moins rencontrer les autres "fans". Au loin, à l'horizon, bourrasque de vent très intense, orage en vue. Le wolf est nerveux, il n'aime pas les arénas, apprendrons-nous plus tard en septembre. Il voulait jouer dehors. Un Pow Wow pour réveiller les morts. "J'm'en crisse qui mouille". Bon, les Castellois. Je les trouve peu à peu. Sympas par moments, fendants tout le temps. Pour mes deux copines, trop snobs, c'est impossible à gérer. En fait, elles ne m'ont seulement dit "On va manger, Laura a faim" "Tu niAISE!!! Ça va bientôt commencer! La gang est ici! Ok bye, va te faire mouiller..." Elles partirent. "Mon amour... ton sweat shirt..." Trop tard. Trop loin. On boit des bières, SD (le fondateur du Castel) est condescendant. Sa blonde l'est moins, dieu merci. (Je l'ai d'ailleurs dans mes amis de face de livre. Joie.) Ils sont tous plus ou moins 30 ans. Ils sont une vingtaine. Sur des milliers de spectateurs d'environ 16-17 ans. La tempête dure depuis longtemps lorsque les deux filles reviennent trempées jusqu'à la moelle épinière. Ok, là on rentre. "Pas nous" disent les Cass. "Les 1eres parties, ça craint". Whatever. Après le 1er groupe, je les comprend. J'arrive en retard pour the stills, m'en fou. Leloup se fait attendre. Lorsqu'il arrive, c'est près d'une heure et demie de malaise. Les gens crient. Il réplique ainsi: "Wow. Shuttt UP! STOP Yell n talk ! Jompez donc, crisse." Old Lady Wolf et Jeune Indien ne sont pas sur la même longueur d'onde. Puis, il accepte qu'il a perdu, il doit jouer ses vieilles tounes, c'est apparement ce que les gens pensaient avoir, au début. Show incroyable, passages inoubliable (mixer le Paradis Perdu à une toune de scout comme Derrière les Grands Cocotiers, fallait le faire) et en tout 3h30 de matériel. (Bon, sans compter tous ses retours à Old Wolf pis jeune indien, ça donne environ 2h de stock). Mais c'était savoureux! On reprend un taxi. Moi je suis encore ambigüe à savoir, sur le coup, si j'ai aimé ou non. Par contre, j'ai détesté voir mes deux compagnes collées à leur siège, trop émue pour bouger pis groover comme le souhaitait leur idole. Pourtant, il leur avait bien dit clairement, dans le show: "Cessez de m'aimer BÊTEMENT! PRO-FI-TEZ-EN!!" À l'hotel, je prend le cell à Lacia et j'appelle Raksha, une castelloise que j'aurais adoré rencontrer (on jasait de plus en plus sur internet, avec une jolie complicité). On jase très longtemps, mais Lacia me coupe encore la ligne ("LES INTERURBAINS! JVAIS PAYER UNE FORTUNE!"soupira-t-elle silencieusement). Ce fût la dernière fois que je communiquai avec elle. J'en ai profité, Raksha aussi (elle a tout enregistré, comme deux autres. Sans compter l'équipe de tournage officielle de l'évènement). Lacia et Laura, n'en ont pas profité. Dommage. Ce fût un méchant party, "un spectacle haut en couleur"! Puis, vers une heure du matin, il fallu trouver sommeil, pour pouvoir être à la gare à 5 ou 6 heure. Au retour, dans l'autobus, proche de Laval, j'ai pris congé de ma copine qui prenais trop d'espace. À ma place, j'avais caché mon mp3 sandisk et mes turbos écouteurs à 9$ du dollorama. Je les y ai oubliés là et un type a dû les voler entre Laval et Montréal.
Ça a finit la semaine de mes 20 ans.
Voilà. C'est fait.

"Merci, bonsoir": la phrase qui a clos tous ses spectacles, celui-ci inclus, et que je n'ai pas entendue. À ce moment, Lacia me parlait, imaginez-vous. Comme des centaines de personnes qui rendirent Jean furieux. Shut up, c'est de l'anglais, mais tu le comprend pareil, me semble. Elle trouvait vraiment important de me dire à ce moment précis (Jean Leclerc chantait Tangerine, et a viré soudainement pour Strange is Now, un inédit plus que rare) que "c'est ça notre toune. C'est Tangerine!" " TA YEUUUUUUUUUUULLLLLLLEEE!!!! STRANGE IS NOW?!?! (je tourne la tete vers lacia) Hein? (merci bonsoir) NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNN!!!!!!!"

*L'astérisque vraiment en haut, j'me demande encore si ça vaut la peine de le justifier... C'est just pour dire que le groupe fait/a fait un spectacle d'adieu pour une grande partie de ses membres. ...Ah non!!! c'est les Fourmis intersidérales ça!! Aucun rapport, désolé...