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dimanche 10 avril 2011

10 avril - My body is a cage

Qui es-tu vraiment. Comment trouver la vérité dans ce que tu dis, dans ce que tu garde en silence. Croire qu'on peut changer les gens, en changeant soi-même de personnalité pour chaque personne que tu rencontre. Parce que, pour elle tu es franchement ouvert, ne compromet aucun détail, alors que pour Elle tu cache ton visage et tes mots pour ne pas briser ce qu'il y a de plus précieux entre vous deux, ou alors devant lui tu es fanfaron et blague sur tout et rien et que ça ne va pas plus loin qu'une blague.

Joues ta vie, si tu tiens tant à jouer. Mets-toi en scène, avec ta vraie nature.
Un personnage inventé n'a qu'une facette à comprendre. Il n'est pas aussi difficile à suivre que toi, bourré de complexes paradoxaux qui n'intéressent que toi. Quand tes mains tremblent, plus rien ne va. Tu perds tes mots, tes moyens. Tu ne sais jamais comment agir. Tu ne sais pas qui tu es. Tu n'as pas envie de changer de nature même si tu souhaite plaire à tous. À ta manière.

Ton corps est une cage de verre dans laquelle on regarde les multiples versions de toi se battre, s'entretuer pour savoir qui sera le plus fort, le plus adapté à ta situation. Ton corps est une vitre opaque fissurée qui te glace le sang. De peur qu'on y trouve quelque chose qui ne te mette pas en valeur, qu'on te fasse une compliment que tu ne sais pas prendre au sérieux.

Croire en l'humain, le détester, dénigrer les choses qu'il aime pour sembler différent, et prétendre les adorer pour plaire à telle ou telle personne. Croire que tu peux changer les autres, sans savoir si tu es vraiment fait pour une vie commune à plus que toi seul.

Boy meet girl sans lendemain, tu n'es qu'un gamin qui ne sait jamais ce qu'il veut. Se sent crotté devant une famille élégante, snob devant une famille plus insouciante, intelligent aux côtés de personnes plus frivoles, stupide auprès de ceux qui posent de bonnes réflexions. Tu ne te situe nulle part où tu souhaiterais réellement être. Où veux-tu être?

lundi 24 janvier 2011

24 janv - Pas vivable

En compagnie d'une amie, au cinéma, au lieu de penser à ce qui serait normal (regarder le film, parler avec mon amie, ou lui faire les yeux doux), je me retourne et fixe les deux pies qui jacassent jusqu'à ce qu'elles se rendent compte de mon regard sur elles. Je me fous de paraître asocial auprès de mon amie; ce qui m'importe, c'est de faire taire ces deux pies.

En marchant dehors, je ne me soucie pas tant de rester à ses côtés. Je marche vite, t'es mieux de me suivre. Je n'ai pas le réflexe "Sois gentil et attends-la". Il faut qu'on me le rappelle. Je n'appelle personne non plus. C'est toujours les autres qui m'appelle, et j'ai toujours la surprise: "Mon dieu, c'est vrai, j'ai un téléphone... My god que c'est chiant, le mauuudit téléphone."

Dans le lit, je ne me colle pas. C'est toujours elle qui me demande: "Est-ce que je peux me coucher dans tes bras?" Et j'ai toujours la surprise: "Mon dieu que j'suis don' pas à l'aise avec les contacts humains." Dès qu'elle dort, je me retire de l'emprise, et me refuge au bord du lit.

Au restaurant, je deviens Juif. "Alors donc, moi, j'ai pris le... spaghetti bolognaise, à 14$, et toi c'étaiiit... le steak à 23$, c'est bien ça?" Et je parais davantage niaiseux quand je cherche les toilettes pendant cinq minutes, en tournant en rond dans le restaurant, pour finalement me rendre compte qu'elles étaient juste devant moi.

Je fais des crises pour des raisons stupides, pour toutes ces choses qu'elles ont dit en pensant à d'autres et que je m'imaginais adressées à moi. Je place un opinion très strict sur telle ou telle autre personne, ou sur une attitude, peu importe, et un quart d'heure plus tard, je parle d'autre chose en contredisant mon premier point. Je me cale sans cesse, à force de m'exprimer, à force de m'expliquer. J'ai une hygiène qui en font fuir plus d'une. J'ai une alimentation qui répugne près de 85% des gens que je connais. Je fume et je bois, ce qui semble jouer beaucoup contre moi. Lorsqu'on me parle de sujet qui ne m'intéresse pas, je m'enferme dans mon monde et oublie les autres. J'ai des sautes d'humeurs totalement imprévisibles: un tiers événement d'importance extrêmement mineure qui joue contre moi, peut me faire péter un plomb, tout comme un simple bonjour inattendu peut me rendre euphorique pendant des heures. Il faut savoir à quoi je pense, ce dont j'ai besoin, car je suis incapable de communiquer mes pensées aux autres. Et lorsque j'y arrive, souvent je blesse les gens.


Voilà, c'est dit. Je suis invivable, pas sortable, pas date-able. Je suis une cruche vide sans fond, une contradiction vivante.
Excusez-là!
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JD, lundi 24 janvier 2010, 11h40 am

dimanche 26 septembre 2010

Superheroes

Les gars sont partis prendre un verre au bistro Wilde. C'est jeudi soir, je décline l'invitation. Même si je n'ai plus de cours jusqu'à lundi, je suis crevé de l'intérieur comme de l'extérieur. Mes pas sont lourds et mon dos est courbé par l'effort de passer au travers d'une semaine exténuante. Seul devant mon ordinateur portable, je prends une bière et j'écoute Superheroes pour me donner un petit sourire. Évidemment, la musique me passe dessus comme de l'eau qui coule sur un roc solide, immuable. Le soleil est déjà couché depuis quelques heures. Savoir que l'hiver est là, à m'attendre comme un faucon attend sa proie, ça me traumatise, je suis pris de panique...

Par la fenêtre ouverte, le vent glacial se jette sous ma chemise. Encore trop effondré et impossible à bouger de mon siège, je reste là à subir mon sort. La mort me souffle dans le cou que j'essaie de couvrir de mon possible. Mais toujours, je reste en place et me dit qu'après tout, c'est probablement ce que je mérite. Il est passé 22h, et intérieurement, je sens un minime souhait qu'un signe extérieur m'appelle. N'importe quoi pour me sortir de la noirceur, du grabuge qui m'habite. Par pitié, faites qu'un quelconque colporteur sonne à ma porte. Ne serait-ce que pour me lever, ouvrir et répondre d'une voix monotone: "ne me dérangez pas"...

22h10. J'ai de petits faisceaux qui descendent de mes yeux. Les voies nasales sont submergées puis éclaircies. J'ai dans la tête des histoires de bonheur qui n'ont ni queue ni tête, des souvenirs de bons moments puis des terribles catastrophes qui me restent collées au fond du cœur de pierre. Je vois des démons, des flûtes de champagnes, des fêtes détruites par des nazis, des filles éventrées et violées, des gars dont les mains ont été coupées. 22h30. J'ai les yeux secs, un goût amer de métal dans la bouche, et ce qui restait de ma force s'est complètement dissipé. Plus rien ne me vient en tête, je ne fais que jouer au Solitaire. Et je me dis que c'est bien un jeu fait pour moi...

Je ne vois plus le temps passer, et une personne frappe à la porte. Au même moment, le téléphone vibre dans ma poche. Les gars n'étaient pas au bistro. "Vient, dude. On va te payer un drink au Dal." J'ai envie de les remercier et de renoncer, mais je suis trop faible pour décider quoi que ce soit. J'ai envie d'être dans les bras d'une fille qu'eux deux trouveraient trop superficielle et trop niaiseuse à leur goût. Juste pour les faire chier.
Mais disons que pour ce soir, je vais faire comme si j'étais content de les voir, et les appeler des Superheroes qui m'ont sauvé de la mort. Juste pour ce soir, j'va faker d'être content de les voir. Parce que, tout simplement, il n'y a que lorsque j'ai besoin d'eux que je ne veux pas les voir...

Allez savoir...

vendredi 2 octobre 2009

Éden (vendredi 2 octobre)

Je prépare petit à petit un univers complet, sous un même nom.
Est-ce pour autant une obsession?
En fait, il s'agit surtout de rigoler un peu. Tant qu'à parler d'un sujet, parlons-en en long et en large. Alors, après le texte d'un insomniaque chronique, après le côté graphique en plusieurs sous-divisions, il y aura la musique, les photos, la vidéo et, pourquoi pas, les figurines du Naufragé.

J'aurais bien aimé publier le troisième volet de la série, mais les dessins ne sont malheureusement pas en ma possession, pour le moment. Le troisième est plus abstrait, moins personnel, et il m'a permis en quelque sorte de fermer la page sur certaines choses. ...Enfin, j'aurais aimé. Et pourtant je n'ai pas pu m'empêcher de continuer. Ce que je veux atteindre, ce n'est pas le syndrome de Stendhale, mais l'oeuvre la plus surutilisée par un seul et même auteur.
...Est-ce que les bd de Star Wars ont été écrites et dessinées par Lucas?

Je réalise en écrivant ces lignes que, comparé à la plupart des gens que je côtoies ou avec qui je discute, je n'ai aucun soucis réel dans la vie. Je suis un être simple, mais compliqué à suivre, qui se contredit sans cesse... Je dis être passé par dessus mon enfance, ne plus vouloir en reparler, et voilà qu'un simple film me replonge dans ces souvenirs. Dans ces peurs. Celle de m'être battu avec d'autres gamins, d'avoir subi le ridicule et de l'avoir pris au sérieux, de n'avoir jamais été au même niveau avancé que les autres.. etc. En maternelle, tout le monde savait compter jusqu'à 100 sauf moi. Ce film (Être et Avoir) m'a remis la tête dans les chiottes. J'en suis resté effrayé.

Pour ce qui est de l'éden, je crois qu'une fois la panoplie des références au Naufragé terminée, j'y serai enfin. Là où je peux sortir de mon étagère le passage ou le média qui me plait le plus, je serai sain et sauf. Il y aura bien des chances que les dessins auront le dessus, surtout celui du désert qui me fait rire à tout coup.

Les histoires qui m'ont touché, il en reste peu. Je devrais en écrire, pour remonter la pente...
D'ailleurs, ça me fait penser.. Lorsque j'ai eu mon premier vrai boulot comme boulanger dans une épicerie, j'étais à un moment de ma vie où plus rien de m'inspirait pour écrire du frais, du sang neuf. J'étais content en me disant: "La job! Voilà une nouvelle chose dans ma vie! Il va se passer des tonnes de trucs que je pourrai écrire!" ... Hélas, non. J'ai écris un truc qui m'a bien plus, certes. Mais rien qui dépasse les frontières jusqu'alors atteinte. Même chose pour la seconde job (c'est normal, je l'aimais ce boulot!). Deux ans plus tard, troisième travail, beaucoup d'histoires, mais peu assez bonnes pour les figer dans le temps. Sans parler des études.

Le mieux serait de conjuguer travail et études. Voilà un mois que je suis entré, et le 3 quarts de mes lectures ne sont pas complétées. Le vendredi, il revient d'un show ou d'une fête, alors trop fatigué pour étudier; le même soir, il travaille de nuit; de même pour le samedi; le dimanche, trop fatigué du travail et dort jusqu'à lundi; lundi, il planche sur ses dessins et sur le net... Le mieux serait de rentabiliser ces vendredis et lundis.

Peut-être un jour, je serai moins dans ma tête à penser à toutes sortes de choses inutiles comme le concept de la laideur dans la vidéo contemporaine, et finir par penser à des trucs intelligents comme "comment puis-je laisser ma trace? comment faire pour être visible et me démarquer de la masse". Et aussi comment ne pas être en émerveillement devant ce que l'on appelle " l'ennui".
Bref passer à l'action au lieu de rêvasser, être perpétuellement complexé au lieu d'être un imbécile heureux, comme ce cheval dans Animal Farm.

Dommage que les machines, que j'aime tant, ne puissent pas connaître ce que c'est que de rester sur un banc de parc et réfléchir à plein de choses absurdes. J'imagine la scène: -Et toi, ordinateur, comment a été ta journée? -Bah, tu m'as pas mal tappé dessus aujourd'hui, je sais pas si j'devrais te parler... -Oh c'que t'es susceptible :) Soit pas si ronchon. -Tu ne sais pas cque c'est de garder mon calme quand tu change toujours de format de texte et que tu veuilles constemment passer d'un logiciel à un autre! -D'accord, je tenterai de faire attention à toi, à l'avenir -Tu dis toujours ça...

Et le iPod de s'y mettre lui aussi: -Tu as un gros problème toi! Comment faire pour savoir ce que tu veux? Tu passes de Durand à Autechre, puis Leloup, puis le jazz, la musique de film jamais pareille... -Une mélodie me fait penser à une autre, je suis comme ç.. -Non tais-toi! J'en ai marre! Choisi un groupe et puis ça finit là!

Les machines à ma job sont toutes en furie contre moi, alors ça sera pas long avant que les miennes prennent leur bord!

-DM- 2 octobre 2009, 19h45