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samedi 3 juillet 2010

Et j'aime te savoir proche (samedi 3 juillet 2010, 23h55)

Il est bientôt minuit, et la bouteille vide traîne encore sur le comptoir. C'est ma bouteille et je ne veux pas que son chum la voit. Je sais que c'est minuscule comme détail si on compare à ce qu'on vient de faire, mais tout de même, c'est un détail qui me tape sur les nerfs... Et je la regarde, sa tête sur mes cuisses, et j'ai envie de faire rewind. Soit pour oublier, soit pour recommencer...

En remettant mon linge, l'image de son copain qui nous découvre me hante. Elle, encore sous l'effet du vin, me dit de ne pas m'en faire, qu'il est encore trop tôt pour qu'il revienne de je ne sais où. Le goût amer me revient en bouche, je ne sais plus quoi penser. En fait, je suis simplement bien l'instant d'une seconde. L'air chaud circule dans tout l'appartement. Au loin on entend des sirènes de polices et d'ambulances. Le froid reprend. Qu'ai-je fais? Je me lève d'un bond, passe au salon pour récupérer mon sac, puis à la cuisine pour prendre la bouteille et la mettre dans la poubelle. En retournant en vitesse dans la chambre, je lui dis que c'est une erreur et qu'il vaut mieux oublier. Et voilà qu'arrive le problème du transport. On est à Lachenaie et c'est elle qui m'a lifté. Je n'ai aucune idée comment revenir chez moi par mes propres moyens et il est hors de question qu'elle conduise dans cet état.

Ça sent la transpiration malsaine dans l'appartement, et je ne peux plus le supporter, alors je sors.

---Rewind

Elle, encore sous l'effet du vin, me dit de ne pas m'en faire...

-------------Rewind

On vient de passer le pont. Il n'y a aucun moyen de parler, la musique est trop forte et me remet en tête des images trop dures, des souvenirs d'une période désagréable de ma vie. Je n'en parle pas, je préfère garder une bonne ambiance. À quelques moments, on échange des mots vides à propos de l'été et de futurs projets, de voyages et d'amis. Le sujet finit par sortir de ma bouche: "Ton chum sait que t'as un projet ce soir?" Elle me dit ouvertement qu'elle lui a dit tous les détails, qu'elle ne voit pas ce que cela change et qu'elle a droit de souper avec qui elle veut. "C'est sûr qu'yé un peu jaloux, mais c'est juste parce qu'il te connais pas." Génial... Ça veut dire: "Ya pas à avoir peur d'un microbe comme toi, t'es innocent et tu n'as aucune chance anyway." Je préfère fixer mes genoux et faire un sourire faux nez. Il vaut mieux ne pas regarder ses cheveux blonds et roux...

Nous arrivons enfin dans un petit quartier résidentiel. Terminus, tout le monde descend de la voiture, et nous montons au troisième étage du bloc brun. À l'intérieur, tout est orange et jaune, avec une décoration de jeune étudiante pseudo-zen: coussins en toile, récipient à encens, etcetera. J'essaie de ne pas rire, mais la tentation est trop forte et je lui lance une vanne minable du genre: "Tu fais pas de l'insomnie avec tout ce soleil plein la tête?!" De la cuisine, au fond de l'appart, elle revient tranquillement, avec le gros sourire sur son visage, passe à côté de moi et me flanque une grosse bine sur l'épaule.

Pendant le souper, les seuls trucs qu'on trouve à dire c'est à propos des pâtes qu'on mange. Pour blaguer, je passe mon temps à dire qu'elle savourerait plus son repas si j'y mettais un peu de ma sauce maison. Le temps passe, et les discussions sur nos projets étirent à leur fin. On se dirige vers le salon pour relaxer sur un sofa moelleux plutôt que sur un chaise en bois rigide. J'ai bu un peu plus qu'elle, je crois, mais c'est elle qui sort le plus de conneries. Elle me fait des remarques sur ma charpente frêle, sur mon manque de goût en matière de nourriture et d'autres trucs qui me foutent la honte. J'essaie de changer de sujet en lui disant que j'aurais dû apporter un disque de Barry White. "Ça t'aurait fermé la gueule et on passerait aux choses plus sérieuses!" Elle fait sa tête de vexée, la bouche grande ouverte, le sourire dans les yeux. "T'es tellement vulgaire! J'en reviens pas!" Et moi d'en profiter pendant qu'elle a la bouche ouverte pour mimer de lui mettre un doigt dans la bouche. Elle tape aussitôt ma main violemment, et on commence à se taper dessus.

Mon côté garçon polisson embarque. J'en profite pour mettre mes mains rapidement aux endroits "réservés aux adultes". Elle me traite de pervers tout en continuant à rire comme une dingue. Son corps sonné par l'alcool tombe sur le côté, sur le sofa, et je fais semblant de tomber sur elle en continuant le duel, de façon plus douce. Les petites tapes sur la tête deviennent des caresses dans ses cheveux. Ses yeux croisent mon regard. J'ai le malheur de souffler dans sa direction mon haleine d'épuisement, d'ivrogne et de fumeur. Elle plisse le front, ferme les yeux et s'étouffe. Elle me repousse aussitôt et se lève en disant qu'elle doit aller à la toilette.
Cette fois, c'est la fin. Au moins, j'ai pu profiter de quelques touchés olé. Ma tête cogne et je sens venir les cris et les hurlements de ma jeune amie. Tant pis. La seule pensée qui me vient en tête en pensant à sa réaction lente, c'est: "ah la cochonne!". Et puis la conscience revient, le malaise me prend et le meilleur moyen de sortir de ma tête est d'aller dehors et fumer une cigarette.

Je remarque que le bord du filtre est rouge. Je n'arrive pas à savoir si c'est son rouge à lèvres ou le vin... L'ai-je embrassé? Mes idées se tassent et je n'arrive pas à penser clairement. Je me mets à voir des images d'une banlieue lointaine, dans mon enfance. Des kilomètres de blocs appartement avec un terrain de baseball... Mes cousins... Des montgolfières... Plus j'y pense, plus j'ai les larmes aux yeux tellement je n'y comprends rien. Ces vieux souvenirs... -----FastForward
J'ai la tête entre ses cuisses et je l'em....-------Rewind
Je sors pour fumer. La seule source de lumière sont les lampadaires. On dirait que tous les voisins sont partis. Je regarde l'heure sur mon cell. 23h30. Je regarde le ciel couvert, mais le vertige me prend et une fois de plus, je fixe mes genoux. Ma cigarette s'éteint d'elle-même. Puis, je l'entends dire: "yé passé où, lui?". Je jette mon restant de clope en bas et rentre illico, le pas un brin chancelant. "Ferme la porte" dit-elle. Je la vois sortir du salon. Elle aussi est affectée par l'alcool. Sa démarche fragile, sa main dans les cheveux, les paupières closes, accotée contre le cadre du portique. Ses christie de cheveux blonds, vaguement ébouriffés.
Je l'embrasse.
Elle se recule tout en se gardant appuie sur mon épaule. Je la prend dans mes bras, lui dis que je ne peux plus résister, et l'embrasse à nouveau. Cette fois, elle se laisse faire. Je l'embrasse derrière l'oreille pendant que je caresse son dos, en baissant légèrement vers le bas. À nouveau, elle me repousse et évoque la défense "Mon chum va arriver". T'avais qu'à pas mettre un parfum aussi divin, ma beauté. Je ne sais même pas si j'ai dit ça à voix haute... Elle gémit.
Elle m'amène à sa chambre. Leur chambre.--------------Fast Forward!!!

Il est bientôt minuit, et la bouteille vide traîne encore sur le comptoir. C'est ma bouteille et je ne veux pas que son chum la voit. Je sais que c'est minuscule comme détail si on compare à ce qu'on vient de faire, mais tout de même, c'est un détail qui me tape sur les nerfs... Et je la regarde, sa tête sur mes cuisses, et j'ai envie de faire rewind. Soit pour oublier, soit pour recommencer...
Mais ce qui me vient en tête, maintenant c'est de voir à quelle point elle est belle, sauvage et mignonne à la fois... Et je pense à tout ce que je lui ai dit, dans ma tête, depuis que je la connais. Tous les petits bonheurs que tu m'as apportés, les bons et les mauvais coups, les malheurs aussi. Les souffrances de tes absences dans ma vie. J'aime penser que ce n'est pas une erreur, ce soir, de t'avoir vue. J'aime ta peau, ton odeur, tes yeux cristallins et tes cheveux de feu.

Et j'aime te savoir proche.


Mais s'il te plaît... Laisse-moi t'oublier une bonne fois pour de bon. Brise-moi le cœur et dis-moi de ne plus jamais te revoir. Que je puisse enfin faire le deuil d'un bonheur irréaliste que je ne veux pas. Je veux être en paix avec moi-même, et finir avec moi-même.
Même si j'aime te savoir proche.
--------------------------------------------------------FastFast Forward, s'il vous plaît...

Samedi 3 juillet 2010, 23h53



lundi 13 juillet 2009

I had a DREAM today! (mardi 13 juillet 2009)

Et si jamais c'était ça, le moment parfait... Écouter une musique enivrante, qui expire le souffle de la vie, avec toute sa beauté et sa tragédie. L'écouter jusqu'à l'infini, sans jamais en sentir la fin, sans pouvoir s'en passer, et pourtant on sait tout de même qu'un jour il faudra bien le laisser aller.

La nuit passée, j'étais tourmenté, après un déjeuner/diner au resto qui m'a trop bourré, après avoir été à un tournage au Piknic Electronik où je n'avais rien à faire sinon discuter de tout et de rien avec un ami avec qui je n'ai que malheureusement très rarement parlé, la moitié du peep ne m'aimait pas vraiment, après être revenu sous une température médiocre, à écouter The Wall, après avoir vu un message trop peu révélateur à mon goût (je suis du type (trop?) curieux, alors si un mini détail manque, je pète un plomb), après avoir peint mon t-shirt Boards of Canada, après avoir vu que celui-ci était peint tout croche, après avoir peté un autre plomb à repeindre sur les erreurs, après avoir mis Cléo de 5 à 7 dans le lecteur dvd, après avoir mis sur repeat "Is There Somebody Out There?", après tout ça, j'ai dormi.

Avant de dormir, j'ai eu la révélation que mon ancienne relation n'était pas saine, parce qu'incestuelle. Je te considérais plus comme un soeur que comme autre chose. Voilà pourquoi ça n'a pas marché, pourquoi je voulais toujours te protéger, pourquoi je n'étais jamais à l'aise au lit, pourquoi je m'engueulais toujours avec toi. Pourquoi je n'ai jamais su si je t'aimais vraiment comme on aime. C'est parce que c'est de l'amour inconditionel. Celui qu'on a pour une soeur. Voilà tout. Avant cette révélation, j'avais le coeur emballé devant ce fantastique film qui est une vraie merveille parmi les merveilles, dont je connais presque toutes les répliques par coeur, déjà. Avant ce film, j'en avais assez de m'imaginer le film en écoutant la musique, alors j'ai mis mon enregistrement du film The Wall, reconnaissant toutes les petites différences au niveau musical. Suis-je trop collé à cet univers? Suis-je trop obsedé par cette musique étrange, et pourtant si belle? Ou alors est-ce mon questionnement par rapport à comment rendre un disque de musique en image qui me rend si accro à cette adaptation plutôt fidèle? Avant ça, je me suis attaqué à mon fichu t-shirt qui m'a fait rager, tant pour le stencil en papier qui ne tenait pas en place autant que pour les questions qui me grugeaient depuis quelques jours. Je ne pouvais pas me sortir ça de la tête. Avant ça, je suis revenu du Piknic Electro où je me sentais de trop, comme une tête de trop dans la photo. Avant ça, samedi aussi, j'étais une tête de trop dans le cadre. Main dans la main. Bon enfin, elle va m'oublier. J'étais juste venu vous voir. C'est pas souvent que tu venais dans ce coin de mon quartier. Je voulais juste voir ça. Avant ça, j'étais heureux, enthousiaste.

Après ça, jme suis senti de trop. Je gâche le portrait. Après ça, au Piknic, ya un type qui connaissait une fille de notre groupe, habillé parfaitement pour paraître dans le "Nightlife Street Styling" et qui a prit quelques photos d'elle. Puis de mon ami. Puis d'autres photos. Puis m'a regardé, a pointé son objectif sur moi, l'a déposé avec un air de "Nah, T'en feras pas parti, dude, t'es trop wanabe...". La tête de trop dans le cadre de famille.

Après ça, j'ai rêvé. À celui qui va maintenant prendre soin de ma soeur. Puis à mon prédécesseur, un certain type que peu de gens semblaient respecté, dans cette classe qui était dans mon rêve ("My god, j'espère qui va pas nous repartir avec ses "graaandes" connaissances....."). Et puis yavait cet appartement, plutôt en piteux état dans lequel se préparait une pièce de théatre, le stage étant aussi gros qu'une table de cuisine comme on en voit partout en banlieue.

Après ça, ... Je me suis réveillé à 10h. D'habitude c'est vers midi que je me lève, même si je me couche à 9h du soir. Là j'avais dormi de 4-5h à 10h. Et ce n'est ni la tondeuse du voisin qui m'a réveillé, ni les oiseaux, ni les bébés de la garderie d'en arrière, ni la pluie, ni la basse de mon frère, ni le foutu téléphone. J'étais réveillé par moi-même. Et j'étais en forme.

Voilà maintenant que j'écoute encore cette musique que j'ai arrangé à mon goût pour n'entendre que la guitare jouer. Près de 90 écoutes.

Je suis peut-être viré fou, mais j'ai rêvé cette nuit. J'ai bénificié d'un sommeil réparateur, comme on dit. Et c'est peut-être ça le bonheur. Avant, après, avant l'après, et le pendant. Avoir une nuit de sommeil, avec un rêve relativement agréable. Voilà peut-être une clé au bonheur.

Ça, et laisser grandir les enfants et les laisser partir.



Phoebe est partie.

-Dead Machina- aka défunt roi de la pop culture
Mardi 13 juillet 2009, 15h02