samedi 8 octobre 2011
8 oct - Cerveau fleuve
lundi 26 septembre 2011
26 sept - Écrire
Je ne comprends pas ceux qui écrivent en collectif. N'ont-ils pas ce besoin de recueillement? Le partage, oui. Mais après, et non pendant. Comment une plume devient-elle soi si on la prête au milieu d'un mot intime? Non loin du sacré, l'écriture se doit d'être personnelle, à la limite cachée du reste du monde, une cicatrice qu'on n'ose montrer qu'à ceux en qui l'on a entière confiance.
Je bois pour écrire, tout en déconfiture... Je relis, la fierté monte, puis s'apaise avec le sommeil et l'assurance que personne ne lit de telles idioties. Deux jours plus tard, on me remet le nez dedans "Regarde ta cicatrice! Vois comme elle est sincère", et je bois à nouveau, entre l'euphorie nombriliste et la honte (forme de modestie extrême), devant une blessure que je n'osais pas pointer moi-même. J'écris pour moi, pour vider ma mémoire, créer du papier, pour mieux les renfermer dans des tiroirs. Sortir le crachat de ma tête, et mettre la clé, physiquement et mentalement.
Je crois que c'est Helene Cixous qui écrivait: "Écrire pour ne pas oublier". Les deux sont possibles. Il y a de ces phrases en moi qui n'ont étrangement pas cette censure qu'offrent les rêves; celles qui font mal parce qu'elles disent vrai alors qu'on tente à tout prix de le fuir, le vrai. Fuir. Fuir. Fuir. Loin. Loin. Loin. Toujours ces deux mots. Éviter le regard qui me rendrait soit égo-narcissique et imbu, soit l’extrême opposé.
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Paradoxe. Lorsque je sens le besoin d'être dans un lieu public, anonyme, pour apprécier ma solitude. Et lorsque la maison se vide, voilà qu'elle se remplie d'une, puis de plusieurs familles et entourage, leurs têtes invisibles au dessus de mon épaule qui frissonne. L'angoisse de ne pas vouloir appartenir à un groupe qui voudrait de moi comme membre, paraphrasait Woody Allen, dans Annie Hall. J'avais écrit, pour le jour de mon anniversaire, que je buvais pour être sobre, que je criais pour taire mes mots (maux). Et maintenant, ces mots, je les entends dans la chanson "Le manoir à l'envers" de Leloup. *Merde, quel con. C'est "Le Castel Impossible"...*
Je ne comprends les gens heureux de vivre dans l'écriture. Autant elle exorcise, autant elle détruit les fondations du monde autour. Elle permet trop d'univers pertinents, trop de réalités aguichantes. Comment supporter le trop plein de réel qui replonge en soi, en sortant la tête de sa plume? Existent-ils vraiment des personnes assez saines pour ne pas souffrir de leurs mots? Elles n'écrivent peut-être pas, alors. Elles jacassent, frivolent, caracolent. S'empêchent de toucher à la membrane douloureuse de la création qui, comme une côte flottante, accroche les poumons, colle au cœur à en pleurer, soir après soir.
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Trop près de la réalité. Un ami avec qui la pinte de rousse coule toujours à flots, il me raconte une nouvelle qu'il écrit pour moi. Le type regarde une fille dans le métro. La belle lui rend ses yeux, il se déniaise, elle lui ouvre la porte grande ouverte, s'embrasse jusqu'au lit, pour comprendre qu'ils sont seuls, se masturbant chacun de leur côté en pensant à l'autre. Nul besoin de dire que j'ai toujours été friand de happy endings, et que j'en eus les larmes aux yeux d'une telle réalité possible. Le problème avec Raphaël, c'est son désir de passer un message. Le mien est de pleurer sur mon sort.
-Buckle up.
-What? That's it? You're an international reknown psychiatrist, and all you got for me is "Buckle up"??
-... Well... Buckle up, sissy pants.
- ...nice. Thanks mom.
Je joue sur la beauté du moment. D'intervenir serait la détourner , la faire fuir (encore). Je préfère m'en tenir aux fantaisies, aux discussions infinies qui rarement finissent en engueulade, ou déconnade. Ma femme bourgogne, elle n'a besoin de rien d'autre pour être superbe, sous son étole. C'est pourquoi le narrateur s'est délibérément retiré de son champ d'attraction, qu'elle lui ouvrait volontiers. Parfois, le contact a tellement été source de déceptions, je me contente de supposer la perfection imaginée, plutôt que d'oser. Oser serait risquer le moins que parfait, le subjonctif en permanence.
J'ai réinventé la fille de mes rêves, pour lui donner des attributs qu'elle n'aurait jamais pu avoir si je l'avait empoisonnée de ma présence. J'écoute Blood Bank. La neige sur la voiture où sont pris un homme une femme. Dans mon univers, c'est elle, dans la voiture. Moi et elle, le soir où j'ai mis une croix sur son cœur, le soir où jouait à la radio de sa voiture "Endless love". Des moments comme ça, ça ne s'invente pas.
Bon Iver. C'est une autre solitude. Celle-ci très récente. Mon ex avait pris congé pour trois semaines, dont une qu'elle utiliserait pour aller se réfugier dans le nord avec sa grand-mère et sa(ma) petite sœur. J'ai accepté de m'occuper de son appartement, de nourrir son chat. La veille de ma première ronde, j'avais recommencé les "Short Stories" de Salinger. À peine une page, pas davantage, juste pour me remettre dans le bain. Le premier jour, le livre collé aux mains, j'ai lu pendant le trajet d'aller. Par fragments seulement. ...Trop ému devant les non dits d'Uncle Wiggly, je ne pouvais me permettre de pleurer devant tous ces gens dans l'autobus. Regarder dehors, en haut, pas trop cligner des yeux. Dans l'appartement, avec une caisse de Boris mojito, je me suis installé dans la chaise pouf, une bouteille et boite de mouchoir à mes pieds, cigarettes et livre dans chaque main. Et j'ai lu. Toute la détresse, à travers la mélancolie de Re:stacks, parce que ça me rappelait Montmagny dans le temps des fêtes, et que c'est triste, Montmagny sous la neige, le soir. Seul, sur ce balcon qui n'est pas mien Tous ces non dits avaient été lus. J'ai repassé les lignes fortes. Me forcer à sortir le lacrimosa.
Alors j'ai bu jusqu'à ce que ça sorte. Parce qu'il le fallait. Parce que jamais je ne m'accorde le droit de ne pas pleurer; jamais je ne me permet de ne pas souffrir. J'ai passé trop de temps à dire que j'étais content d'être un imbécile heureux, derrière mon comptoir de Couche Tard. J'ai subi trop de revers amical pour apprécier un amour qui pourrait se révéler sincère.
Alors j'écris pour oublier d'oublier. Je bois pour être ivre de sobriété. Je vis le kaléidoscope brisé qui ne déforme plus rien. Mes mots s'entrelacent, et mes bras ne trouveront que moi dans mon lit.
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Lundi, 26 septembre, 21h
Jean Derome
samedi 25 juin 2011
24 juin - Aftermath
Voici "Aftermath"
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On avait tous plus ou moins quinze et seize ans, avec des gueules de premiers de classe ou de parfaits zéros. Cette soirée-là, on nous distinguait une dernière fois : les populaires montaient sur la scène pour récolter leurs prix à deux puis trois reprises, tandis qu’une grande partie de mes proches amis et moi, on restait collés à nos chaises, fourrant notre gueule de salade en maugréant sous les lustres en diamants de l’hôtel Windsor. La musique ne faisait danser personnes d’entre nous alors, vers la fin de la soirée, on s’est dirigés vers les toilettes pour s’ouvrir une bouteille d’absinthe qu’un gars avait ramenée de sa Bulgarie natale. « Mark’s pissing me off… Mathieu, passe la bouteille… L’autobus part dans combien d’temps… Don’t spill this stuff… Viens, goûte à ça, man… »
Je détestais l’alcool, mais par peur de paraître moumoune, j’ai avalé une ou deux gouttes. Entre les cabines et devant les éviers, ça parlait de filles baisables et de pot; ma tête a fait un cent-quatre-vingt, les yeux rivés sur la porte, le malaise au cœur. Je voulais juste prendre l’air, peut-être disparaître dans la brume des onze coups d’horloge. À l’extérieur de l’hôtel, Arnaud se tenait près de la porte principale, une cigarette à la main. « Ma bouche est pâteuse… On va chercher un dép’, en attendant? » J’ai haussé les épaules, puis l’ai suivi, trop déboussolé pour rester complètement seul.
Les autobus ont quitté Montréal vers minuit en direction de Sainte-Agathe-des-Monts. On m’avait fourgué avec les pires crétins de ma promotion, alors je me suis installé dans un coin, le nez collé dans la vitre, avec le walkman qui jouait à plein volume « 1979 » des Smashing Pumpkins. Les forêts défilant devant moi, je revoyais les voyages en famille lorsqu’on visitait nos cousins à Saint-Hubert. Pourquoi, je sais pas. Probablement par simple nostalgie. Après trois heures de routes pendant lesquelles les chauffeurs se sont trompés de chemin deux ou trois fois, on apercevait enfin l’auberge du Petit Bonheur, ainsi que le lac plongé dans la pénombre. Tout s’est déroulé à une vitesse hallucinante…
J’ai pris une bière avec un coupon, mais c’était dégueu et j’ai failli la jeter, mais Marc voulait la finir alors je lui ai donnée, avec mes autres coupons pendant qu’Arnaud, peté, m’emmenait au feu pas trop loin en me passant sa pipe à mari que j’ai fumée sans détester, au même instant qu’Ionut s’est jeté dans le feu de joie pour faire rire la galerie avant de se rafraichir dans le lac, et je suis resté assis sur un bûche pendant un bon moment, mais comme personne ne me parlait, je suis parti pour aller dans la Dance Shack où une bonne dizaine de filles se frottaient les fesses sur « One, Two, Step » pendant que je m’asseyais dans un fauteuil, les fixant la bave à la bouche, et comme Roland frenchait Taline, la fille de mes rêves, juste à côté de moi, ça m’a dégoûté pis le party finissait là dans ma tête, parce que, sans slow pour me coller à n’importe quelle soûlone, il n’y avait aucune chance que ça se termine en baise, et pourtant y'avait cette fille très suave et anglaise qui a commencé à me parler et m’a dit que c’était dommage que ce fût seulement la première fois qu’on se parle, alors j’ai raconté une blague qui a mal tourné parce que j’étais trop nerveux et elle s’est retournée avant d’aller se chercher à boire pour ne plus revenir, et Roland qui suçait encore les amygdales de l’autre, j’ai voulu les décoller et en profiter, mais j’ai préféré garder mes illusions pour moi-même et me réfugier dans notre chambre commune pour lire un truc, et pendant que je montais la bute, Drouin m’a averti que Mathieu « feelait comme un truck à vidange », mais je m’en foutais pas mal, souhaitant simplement que toute la terre me sacre la paix avec mes illusions brisées, tandis que la brume commençait à flotter au dessus du lac et j’ai trouvé ça joli... Mais sans caméra ni rien, ça valait pas le coup de rester planté là... J’ai continué mon chemin en passant par-dessus Steven, couché en plein milieu du chemin de terre avec sa bouteille d’Absolut de quarante once presque vide, aussi pathétique que jamais, quoique ça m’a fait rire pendant deux bonnes minutes, mais la solitude a vite rappliqué et dans la chambre, il a fallut que je m’occupe de Vincent et Maxime qui vomissait à chaque cinq secondes et c’était pénible, mais moins qu’au moment où Roland s’est fait transporté jusqu’à son lit, répétant qu’il ne l’aimait même pas et on a rigolé quand il s’est mis à pleurer, on était vraiment des sales cons, Drouin et moi, puis il a commencé à faire clair dehors, et des cris sortaient d’une chambre pas trop loin, des gens courraient et j’ai entendu « Mettez-lui la tête sur le côté! », alors je suis allé voir, mais il y avait trop de monde et donc on ne voyait rien, et Arnaud, couché sur un sofa pas trop loin m’a raconté que Mathieu avait calé le quarante once avec Steven et j’aurais paniqué si je n’avais pas été si fatigué de partir toujours à gauche et à droite sans avoir un moment de pur bonheur avec une paire de boules, mais quand j’ai aperçu l’ambulance entrer dans la cour, j’avais la tête entre les jambes, me sentant coupable de ne pas avoir aidé le gars, et quand l’organisatrice a demandé qui connaissait son numéro de téléphone pour avertir ses parents et monter dans l'ambulance avec lui, j’ai fermé ma gueule en pensant que j’avais encore un centième de chance avec une petite niaise, et la civière est passée sous mes yeux... alors je me suis retourné, me dirigeant vers le Shack rendu complètement vide à part quelques épaves sur des sofas. Et le soleil planait sur le lac, au travers de la fenêtre, tandis que je m’asseyais au banc du piano caché derrière une large toile « Promotion 2004-2005 », et j’ai tenté de jouer « Clocks » de Coldplay.
Le temps s’est arrêté là. La musique contrôlait à peine le débit de mes larmes. Je culpabilisais, mais sans rien faire pour m'enlever le poids des épaules. Durant le trajet du retour, j’ai repensé à la brume sur le lac, pendant que mon walkman chantait « If you could see it, then you’d understand ».
Pendant un an, j'ai rêvé à lui, soir après soir après soir, sans arrêt. Je le voyais dans le Cactus, près de l'Équateur et il était content de me voir, mais pas aussi content que moi je pouvais l'être. Et chaque matin, jour après jours après jour, sans arrêt, je me réveillais en pleurant, sans savoir s'il était encore dans le coma éthylique. Au début de septembre 2006, le contact a été rétabli. J'arrive plus à me souvenir qui de nous deux a fait le contact, mais honnêtement, ça n'avait pas autant d'importance que de savoir qu'il s'en était sorti à peine quelques jours après le bal. Il allait au collège Dawson pour son cégep, ayant trouvé lui aussi que l'univers brébovin se résumait à du crottin de bœuf. Deux semaines plus tard, un gars a fait une fusillade dans le collège. Cette fois, j'ai pas attendu pour savoir s'il vivait encore.
Une chance, il n'avait pas de cours, ce 13 septembre là...
Et pourtant, il m'arrive encore de rêver à lui comme si je sortais encore de ce cauchemar d'après-bal.
mardi 22 mars 2011
22 mars - Mars
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Le gris poinçonne le ciel des couples fatigués
La neige molle et humide colle aux chevilles
On en finit là, avant de briser la porcelaine
Pourquoi c’est mars pour toi et les autres quand on se quitte les deux pieds dans la boue? Faut-il vraiment aimer se torturer pour sortir les vidanges sous la pluie d’hiver, du printemps qui n’a pas encore mis sa veste? Les feux d’artifices bloquent les artères des jeunes junkies trafiquant ici et là, la main tendue pour des smacks à la cuillère pendant que j’attends un signe stellaire : « She’s coming as fast as she can. »
On ne pelte plus vraiment, on patauge dans ce qui nous reste d’estime de soi les lundis soirs à vider des pichets entiers de bières pour oublier ou simplement passer au travers d’une mauvaise passe, d’un instant de doute qui nous garde le derrière collé à la banquette du premier bistro qu’on croise. La pluie cruelle plombe sur la neige glacée quand rien ni personne n’arrive à nous sortir de la soupe. Juste l’idée de caler une Cheval Blanc ramène un gars à la réalité qu’il ne sera jamais le preux chevalier de sa constellation. On se rabat alors sur une rousse, généreuse et traitre à la fois, on rejoint des amis de longue date avec qui on partage d’autres breuvages plus tonifiants. Mais quoi qu’on y fasse, on reste avec une plume sur le cœur qui refuse de quitter même après avoir expiré tout son souffle, les doigts fébriles la poussant d’un revers las et qui revient. Ou qui part. La plume finit toujours par disparaître de l’horizon pour un temps, mais on sait tous qu’elle fera surface à nouveau.
Ce mars-là aussi peut exister. Quand la neige fond, qu’on se permet une séance de jogging au lever de l’aurore et qu’une brise nous coupe le souffle, imprévue et pourtant bien accueillie. Ces gens nous affichent alors une grimace entre la joie et la peur. Devrais-je m’investir dans cette chaleur ou simplement couper direct et feindre d’ignorer sa présence?
jeudi 30 décembre 2010
30 déc - Speak No Evil, Thou Who Know So Little
As we finish smoking, I stare at some of the people sitting inside and recognize some girl we've met the last time we came together, maybe four months ago, or more. I tell my friend she's there, but I feel so stupid for a second, because I know he's gonna poke me 'til I talk to her. I am relieved as she passes by and talk to us, since I don't like to start conversation. She tells me about that night when I said to some prepy boy: "Sorry, I don't touch your kind of people. See, I'm homophobiac." I don't recall that part, but laugh anyway, feeling kind of proud for a moment. And then, the fear comes back again.
The people we were supposed to see canceled for some dorky reason. Something concerning some baby sitting or whatever it is. I come back at the bar to ask for a sixth beer, but the bartender looks at me, shrugs "Oh you again. Mister generous", and call quits for a smoke. I'm completely lost.The next barmaid comes to me, takes the order and gives me the beer I asked. Since I'm all "what the fuck" because of that douchebag, I give the girl twice the price of the beer in tip. She tells me I've given too much, and I turn to her and say: "That's for shuting your stupid friend's mouth." Raph is still talking to Fairy when I come back. I want to go out again, and smoke for the rest of the night, but the dizziness won't wear out and I feel like I should stop drinking. Some really young but very tall young ginger girl comes by, smiling at everyone except me. Her hair is shaved on the sides. God I hate that new style of hair-do... What a shame for such a pretty girl. She spots my friend and talk to him in a very smooth way. It seems she's drunk and doesn't give a fuck about how stupid she looks, talking to anyone like that.
THAT. I was afraid of That kind of thing. You know, when you're having a good time with an old friend, and then, suddenly, out of nowhere, That. Someone, really neat, even sexy maybe, comes by and talk to your friend. And she-just-fucking-ignores-you. For the second time tonight, I feel like some stupid retard from the suburbs, while I look at my best friend, all teeth crocked, curly and itchy hair, getting all the fucking glory out of a fucking drunken teenager.
I see this, and remember the prom night. One of the girls I had a crush on, earlier that year, was having a goddamn good moment, making out with a friend of mine. She was literally on him, on his seat, pulling out the tongue like a fucking Alien or whatever. I remember walking him to our room, speaking non-sense, saying stuff like: "I don't even like her, dude! She kind of disgust me, you know?" And I remember how much I've seen this scene over and over, through the last six years. How much did I hate those guys for being so lucky and so fucking rubbish about it.
Seriously. Put a bullet in my head. It would be so fine...
The hall becomes very hazy. Someone put a smoke machine in the entrance and it's so dark in here, I can't see shit. I check my pack. Empty. See someone dragging one out so I grab it, and light it, without even knowing if it was there for me or what'ver. I smoke it all in one shot. Can't see straight anymore... and faint.
There's a hole in my shirt, and a huge stain on my pants. Some big gorilla picks me up while I puke on his back before he knocks me out out my world again.
I'm a total wreck. No solution... I don't know shit about living properly. I should just shut the fuck up and walk all the way home by myself. That'll teach me some goddamn manners, you fucking nitwit.
mardi 14 décembre 2010
14 déc - Haze
Goddamn town, with the same faggy folks... Sick of this shit, runnin' in circles, doin' stuff you think you like for a whole New Year, an' then start all over, again and 'gain... Tired of lying to myself, saying: "Hey paps, it'll all be good, and brand new! You'll like it better there, or there, elsewhere" fucking goddamit.
"NOTHING!... NOTHING will be better elsewhere, YA HEAR ME? Sunnovabitches..." I'm banging on the counter, trying to get louder than the music, but I'm just as pathetic as everyone else in here. So I stop. "Gimme another one, mate..." I tell the bartender. My hand feels the glass shivering between my fingers; they suddenly hurt, pretty bad. I want to take it outside, so I can light myself a cigaret, but the man tells me I can't bring it with me.
-You know me, fella... I ain't leaving already. C'mon, you know me better than that.
-Can't let you out, drinkin'; it's the law. And I ain't your fella, so shut up, finish your drink and leave.
My ass is all numb when I try to rise. How long have I been sitting here? Feels like hours... days... I sip it all in one shot, then try to get to the door without falling, lightning my cigaret while still being inside.
"HEY YOU FUCKNOT! OUT! NO SMOKING INSIDE, YOU FUCKING JERK!" I show him the polite finger then step out, in the back alley. I stare at the shades created by the lamppost and the trees, imaginating creatures of the wind coming for me, scrathing my head and belly. I laugh then cough. The fuckin' cold's killing me. Can't see from a miles away, it's nothing but pitch blank, out there. One of the flakes, big motherfucker, drops on the edge of the fag, fainting it, so I come back inside again.
"Sir!.... one... One more.. J&B. On the ROCKS! Oh, the hell with the rocks; let it dry..." I'm not the only sunken ship in town, I don't give a shit if they stare at me.
I look in my pockets for my last ten dollars bill, but something else floats around there. As I grab it, I know what it is, without even looking at it. "Forget it, man. Just take the damn bill" I think to myself. The first sip is always the worst... But since it's the third glass, I wonder why it's still so pukey. "What the fuck d'you use to clean yo shit, asshole? Tastes like your mother's butt!"
The huge headache wakes me up. I'm covered in snow, besides two smelly garbage can, and... And... The sun is already up? "Fucking douchebags... What the fuck, man." I try to rise and to keep myself warm, and again, my hand touches something in my right pocket.
I take out the poem you wrote, the one that wasn't for me, just like the other thousands; the one I stole from you, while you were looking away. I open the garbage can and put it in, leaving.
Searching for another bar to rely on.
dimanche 5 décembre 2010
5 déc - Comme un seul homme, pt. II
lundi 15 novembre 2010
Nocturne Kaléidoscope
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Lundi, 15 novembre 2010, minuit 50
Jean Derome
samedi 2 octobre 2010
Stressed Eric
-Uh, no, no I'm okay. Maybe just a glass of water. Thanks.
-Good. Good... Is it okay if I drink? I mean, it won't bother you, right?
-No, man, it's okay.
-Good.. Good. So, hum, I'll just, uh, grab a beer, then.
-Alright, man. It's your home after all.
-Right, right.
I open the fridge, take one of the hundred bottles that stare at me, open it, and drink half of it.
-So, uh, when is she coming? I mean, what time is she supposed to come?
-She said... lemme check... Well, she wrote "around three".
-Good, good. Alright. Say, that's a cool phone you got there. Is it new, is it okay?
-Gee, man calm down. You look so tense.
-Do I look tense? Really? Jeez... Uh, I probably am tense. Do I look stressed out?
-Dude, I'm telling you: just chill the fuck out. It's alright.
-Yeah, I do believe I'm quite stressed. I should cool it, yes. Yes. But really, I mean, do I really look tense? I'm just gonna, uh, take another beer.
-Let go of the beer, man. Seriously, you're freaking me out.
-Yeah, maybe I shouldn't drink that much... I'll just take one last. For the luck, you know.
-Do you have a, uh, like a drinking problem?
-Do I look like a have a drinking problem? Oh God, I hope not, Jesus, fuck. I look like a mess, don't I? Oh God... Right, I'm just gonna put some music. Somethin' cool. Any preferences?
-I don't know... Got any classical music? Maybe some blues?
-Uh, lemme check... Nope sorry. Care for some electro dance? I've got this great Justice bootleg and..
-Jimbo. Stop that. Now. You don't need to stress me out too.
-Jeez, I'm so... I need a beer.
There goes an akward silence.
-Is this thing of "her, coming over" that's making you crap in your pants?
-What? No, absolutely not. I mean, I'm not that tense, am I? I mean, no, it doesn't have anything to do with her or anything. No, I'm, I'm, I'm... fine. I'm fine, yeah. Yeah, no I'm alright with this situation. Really. It's all, under control! Ha, ha.. Totally fine with this.
-... If you want, I can ask her not to come...
-No, no, no! Don't! I, I, I... It's cool, really. It's cool, I'm cool, you're cool, she's cool. Everybody's just... perfectly fine. It's cool. No, don't call her. I'll look like a total dumbass...
-... I won't tell it's from you, you know. You sure?
-Yeah. Totally sure. No call. It's... alright. Everything's fine. She'll come, we'll talk and have fun. It's easy. It'll be just great.
-Okay, man. You're the boss. Now chill the fuck out, for crying out loud. Sit down, and be cool with it, alright?
-Right. Right... Right. So, uh, do you want a beer?
.....ughh.....
vendredi 20 août 2010
Moi et Slee
En plus de mes chums qui m'envoient quasiment chier, à force de les inciter à fêter mes 22 ans avec moi...
Dire que j'voulais tellement que ce sanctuaire soit loin des gémissements de la drama-queen que je suis... juste des nouvelles, des histoires, pas de blabla snif-snif.
J'ai l'air d'un beau cave.
samedi 8 mai 2010
Olaf / Prendre le train (samedi 8 mai)
Le type donne un paquet de feuilles maladroitement brochées à son amie Sophie. Elle dit qu'elle n'a pas le temps d'y voir sur le champ, mais qu'elle y jettera un coup d'œil entre deux travaux. Le type, Olaf, est anxieux et prévoit la situation: jamais elle ne le lira, elle ne veux pas être impliquée dans un autre de ses projets. Trop ambition, trop sérieux, mais surtout trop étrange. Olaf a la mine basse, mais fais semblant qu'il ne s'en soucie pas. En fait, dans un cas comme dans l'autre, cela ne change pas grand chose, car son visage étrange a toujours la même expression du crapaud vermillon solitaire. Il quitte la pièce en même temps qu'elle en espérant prendre la même direction. Or, ils sortent par deux portes qui mènent aux antipodes. Malgré la douleur qui l'accable (comme tous les jours, mais ce moment semble pire en quelque sorte), Olaf peut enfin laisser tomber son visage crispé par la douleur de l'effort causé par un simple et presque imperceptible sourire. La douleur d'être un enfant unique à problème, c'est celle qui le pousse jour après jour à se forcer davantage dans tous les domaines. "Je n'ai pas à me soucier d'une deuxième personne. Je n'ai pas à surveiller ma garde-robe. Je n'ai pas à me peigner tous les jours. Je suis hideux, mais je suis fort... à l'intérieur." À cette pensée, une brève angoisse habite Olaf.
Pour se changer les idées, il s'impose un changement dans son trajet du retour. Il se fait relativement tard, et décide d'en profiter. Un bon buck lui remontera le moral. Il se rend au bar le plus vide qu'il peut trouver et commande une bière qu'il n'a jamais essayé, faute d'avoir des couilles et de faire des choses inhabituelles. "À force de changer le train-train quotidien, il y a bien quelque chose de neuf qui va m'arriver", se dit-il. L'angoisse reprend: pourquoi changer si l'idée d'être un hipster le rebute? Il cale son premier verre, espérant ainsi noyer ses obscures réflexions. Avouons-le, Olaf est du type déprimant, et une simple bière pourrait sans aucun doute le rendre plus intéressant.
Trois pichets cachent le visage d'Olaf, le corps penché sur la table, la tête dans les nuages. Plus ou moins conscient de ce qui se passe dans le reste de la salle, il réussi à soulever sa carcasse de sa chaise. Il sait qu'il est maintenant trop tard pour prendre le transport en commun et que ses fonds bancaires sont bien encrés dans le rouge bien sanglant, trop pour pouvoir se permettre un taxi. Plus lucide que jamais, il urge le pas pour sortir du bar et se retrouver seul avec la rue désormais vide. Même les yeux vitreux et le cœur qui bat à tout rompre dans ses oreilles, ce coin est trop familial pour continuer sur la même voie. Une rue transversale, puis une autre, un long corridor, puis une ruelle, et enfin une avenue silencieuse et aux allures d'une banlieue européenne. La lune lui rappelle qu'il est au beau milieu de la nuit et pourtant, pour la première fois de sa courte vie, Olaf a le sentiment de renouveau. Bien sûr, il rejette d'abord la faute sur le houblon derrière sa cravate défaite. Mais rapidement, cette pensée est écartée pour laisser place à l'émerveillement.
L'odeur des pins, le souffle léger du vent, la rosée sous les pieds: tout semble étranger et pourtant très proche à lui. Comme une bribe de souvenirs d'enfance qui revient le temps d'une fraction de seconde et qui repart pour laisser à Olaf le plaisir d'apprécier le moment qu'il passe. En traversant le parc qui le mènera Dieu seul sait où, une réflexion lui vient en tête: "Prétendre que tout est mieux ainsi, et se satisfaire de quelques rêves, n'est-ce pas moins répréhensible que de se baigner dans l'eau et engager d'autres personnes dans un malheur possible?" En vivant ce petit instant de bonheur, ce saugrenu personnage commence à s'imaginer profiter de ce panorama en bonne compagnie, tout en pensant que s'il était réellement accompagné, il ruinerait probablement la soirée d'une personne. "Qui a vraiment envie de déambuler dans la nature à 3h du matin avec un soûlon?" Il repense à cette jeune fille, cette Sophie qui avait déjà bien assez donné en jouant dans une de ses pièces complètement ridicule. Elle aurait des pensées meurtrières si elle avait dû le suivre dans son parcours. "Qui plus est, je suis mythomane et hypocrite. Je ne peux faire endurer cette affreuse personnalité à une personne qui n'a rien demandé." Le calme revient à lui lorsque le premier rayon se fait sentir, se fait attendre tranquillement. En pointant le nez au large, les paupières closes, Olaf reconnaît une senteur de campagne, d'un sous-bois frais et serein.
Ce matin-là, Olaf a pris ce qui lui était donné: sa vie. Le temps d'une soirée et d'une nuit, il a pris chaque bouffée de nouveauté et en a fait quelque chose de splendide. Jamais il ne voudra oublier ce qu'il a compris, cette soirée-là, comme quoi les esprits sont souvent affaiblis par un moindre découragement banal et que ce n'est pas une pensée noire qui l'en sortira. Il comprend enfin que ce qu'il touche se transforme en or, que tous ont ce pouvoir, mais que certains l'utilisent à de mauvaises fins. Il est fort probable que, d'ici un mois, Olaf reprenne ses pensées lugubres, mais pour le moment, il n'est ni nécessaire de nier sa laideur ni de la diminuer par rapport à ses forces: tout est fabuleux, si seulement on accepte de le voir ainsi.
Sa marche nébuleuse l'a conduit à deux pas de la gare centrale. Bien que le métro est juste au-dessous, Olaf considère le train plus agréable. Ce matin-là, pour la première fois depuis des lustres, Olaf se sent en paix avec lui-même. Et comme si tout cela n'avait pas été suffisant, en ouvrant les yeux, il regarde la neige printanière se poser au sol encore vierge et vert. Ça y est, sa dernière pensée de l'aventure fait son arrivée: "Je ne dois plus jamais refaire tout ça. Toute la magie d'une vie dans un globe temporaire, éphémère." Il sort un cahier de dessin et débute un esquisse d'où sort un visage à travers la brume. Il sépare la page du reste du cahier, y pose les lèvres délicatement, la plie en quatre, ouvre la fenêtre, et laisse la feuille s'envoler. Le dessin continue son chemin jusqu'à la fenêtre d'un appartement non loin de la voie ferrée, et réussi à s'infiltrer à l'intérieur. Sophie se réveille en sursaut tandis que la feuille se pose sur son visage. Elle lit. "Merci. Adieu."
Dommage... Olaf espérait secrètement que la page serait perdue au sommet d'un arbre entre deux branches, ou mieux, déchiquetée par un réacteur d'avion. Là où nul ne chercherait sa journée de bonheur. Tu me surprendras toujours, sacré Olaf.
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Samedi 8 mai, minuit 49
Surviv(or/re) (samedi 8 mai)
PART ONE : IMPROVISATION
''Que veux-tu de moi?
Que veux-tu de Toi?
As-tu un projet pour tes bijoux de famille?
As-tu un projet futur?
As-tu des idées?
Veux-tu simplement faire la fête,
Ou exploser?
La nature, la nature humaine,
N’importe quoi. Tout ce que tu veux.
Ce soir la nuit est à nous.
Midnight Summer Dream.
On va faire la fête.
On va faire n’importe quoi!
On va oublier, ou bien se souvenir…
Tourner le fer dans la plaie
Ou se faire du fun dans la face des autres?
Imaginer la lumière sortir de nos yeux,
Exploser comme un tube fluorescent,
Avoir le cœur en feu, Écouter Light My Fire…
Ou bien simplement danser comme des fous
Comme des imbéciles
Pour avoir du fun juste entre nous.
Que veux-tu?
Répond-moi.
Dis quelque chose…
Il n’y a que le silence qui emplie ma tête
Et pourtant j’ai plein de questions!
Il n’y a qu’une boîte qui me regarde
Qui ne me sourit même pas
Qui reste froide, futuriste,
Complètement sans sentiment…
Sans émotion
Tout ce que j’ai sont des médicaments
FAUX médicaments!
Que je ne pourrais pas prendre avec ces faux médicaments…
Tylenol… Alcool… N’importe quoi
Moi j’trouve ça drôle
… Que dis-tu de cela?...
Âme perverse!
Tu me regardes et tu ne réponds pas!
Tu ne fais que… regarder… qu’enregistrer
Tu ne fais qu’attendre ma réponse
Et pourtant,
Tu ne m’as posé aucune question…
Que veux-tu de moi?
Je ne vois qu’une lumière rouge éclater dans mes yeux
une lumière rouge éclater dans mes veines…
J’AI LES TYMPANS QUI VONT ÉCLATER!
…
J’ai envie de pleurer, tellement c’est beau…
Et pourtant je n’ai rien préparé.
Je n’attends que ta réponse…
Que dis-tu?
… Rien du tout.
Tu restes impassible.
Comme un fantôme.
On dirait l’Arche Russe :
Tu n’est qu’un fantôme qui me suit
Toi qui est derrière la caméra,
Qui ne fait rien du tout,
À part
Jetter quelques mots, une fois par ci, par là…
[...] "
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PART TWO : YOU MAKE IT EASY
"Mon cœur, en bulle, qui implose
Face à ma solitude, qui est, qui reste. " (Cinéma du Parc, août 2006)
J'aurais tant aimé savourer cet instant
Le partager avec la flamme du moment.
A Silver Star comes across the bar.
Suddenly I see the light.
Et puis, plus rien ne me dit rien
Tout devient vide de sens, soudain...
Le groupe est parti sur un sujet,
Mais j'en suis totalement exclu.
Peut-être avais-je trop bu.
N'en reste pas moins que le silence, soudain.
You made it easy to run away from me.
Et puis, tout finit par se savoir, à la fin
"Toujours le chat sort du sac" disait Carla
Ma vie sans toi, c'est ma vie sans moi...
Mais plus personne n'écoutait
L'orchestre jouait fort
Et les nuages sont revenus.
Il est reparti dans son champ de blé
Au dessus de la colline...
Il arrache chaque brin, un à un,
Et réfléchie à ses pensées et ses actions
Pour chacun des brins arrachés.
Tais-toi, sombre idiot
et reste sur ton îlot.
Et tais-toi, sombre idiot.
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JR
samedi 8 mai 2010, 15h09

