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samedi 15 octobre 2011

15 oct - Analyse de "Snoopy's Reunion"



Parce c'est une émission qui m'a particulièrement marqué, plus que n'importe quel autre programme, et pour multiples raisons.

Famille
Du côté de ma mère, il y a toujours eu des rassemblements de la famille immédiate, les enfants et petits-enfants de mes grands-parents. En quelque sorte, ça nous empêchait de sombrer dans le mal de vivre, l'ennui mortel. Et c'est ce que vit Snoopy, en étant aussi longtemps séparé de ses frères et sœurs. Mais avant même de vivre plus d'un an avec Charlie Brown, la séquence où sont récupérés chaque chiots dans la Daisy Hill Farm nous montre déjà à quel point il est dur de voir partir les siens vers une autre vie. La musique n'est plus la même si la guitare n'est plus en harmonie avec les violons et la batterie. Cette image de la musique en famille n'est pas qu'une tradition états-unienne, mais aussi profondément québécoise. Dans les maisons de Sacré-cœur, à Gaspé, au Mont St-Hilaire, partout, les oncles et les tantes jouaient du violon, faisaient sonner l'accordéon, si ce n'était pas de la cuillère, puis chanter et danser. Aujourd'hui, on peut se compter chanceux si on a un cousin qui joue de la guitare autour du feu... On est plutôt rendu avec nos iPods qui jouent du heavy metal, du hip-hop, et de l'électro. Bref, la famille divisée. Mais revenons à nos mout... nos chiens! La famille des beagles, une fois divisée, semble vivre normalement, soit une vie de banlieue, ou dans le fond du Texas, mais la solitude reste présente, enfouie. L'idée de la réunion devient non seulement une bonne nouvelle, c'est aussi un extase pour chacun des membres! Si quelques uns avaient délaissé la musique, ils la reprennent en un clin d’œil, avec autant d'ardeur et de joie que dans la ferme, à leur plus jeune époque. Et même malgré la destruction de ce lieu mythique, la musique mélancolique se transforme en fête. Parce qu'au fond, ils n'ont besoin de rien d'autre que la famille.

Nostalgie
Qu'en est-il de ce lieu mythique? Pourquoi lui donnerais-je cette appellation? Cette ferme est le berceau de ces petits chiens. La représentation du foyer uni originel, de la mère aimante, toujours là, mais aussi de la séparation, d'un univers nouveau auxquels ils sont destinés. Si ce n'était qu'une ferme en campagne qui serait toujours en place au moment de la réunion, il n'y aurait aucune évolution, autant physique que mentale. On y représente l'industrialisation du monde qui nous entoure, le départ vers les grandes villes pour "aboutir à quelque chose", mais aussi un symbole qu'on ne peut pas revenir en arrière. Le passé est fait, ainsi soit-il. Le seul qui a pu retourner à la ferme après la séparation, c'est Snoopy, et tout ce qu'il y a trouvé n'était qu'une maison vide, où même la mère ne semble plus vivre... Personnellement, j'y ai vu la maison de mes grands-parents, après la mort de mon grand-père. Toute la famille avait alors quitté la région, et un visite à cette maison n'était qu'une grande maison où il n'y aurait plus de fête... L'image de ce retour aux sources y est donc représentée sans aucune exagération, pile sur la plaie qu'il faut savoir gérer, traverser.

Dépersonnalisation
Le premier à être parti, à avoir une seconde mère aimante (la jeune fille blonde) puis une nouvelle maison. Snoopy a alors tout d'un chien normal: assis, rapporte, parle, il fait tout sans aucune volonté d'être extravagant. Et pourtant... L'appartement où souhaite déménager la mère de la jeune fille interdit l'hébergement d'animaux, et cette jeune blonde se voit le cœur brisé l'obligation d'expliquer à son chien qu'ils doivent le retourner dans son ancienne maison. On y aurait vu de la joie dans ce retour et l'effet de séparation n'aurait alors aucune importance. Mais elle en a. Snoopy a lui aussi le cœur brisé de se séparer à nouveau d'une représentation de la mère où se trouvait confort et amour sincère. Et cette tristesse est soulignée davantage avec la ferme complètement désertée de ses frères et sœurs, et où la mère, je le répète, semble aussi absente. Ce qui était d'abord un chiot joueur, musicien, ainsi que dressé et joyeux, s'est ensuite lentement transformé en petit chien apeuré, seul, et qui n'a qu'un cruchon, symbole de son frère le plus... "musclé" (Olaf) pour le protéger de la suite des évènements. Comment peut-on réagir, ou même comprendre, enfant, à une telle séparation? "You're a good puppy and I love you very much" revient presque à la situation du divorce lorsque les parents expliquent à l'enfant que ce n'est pas de sa faute. Et à l'époque (1991), dieu sait qu'il y en a eu des enfants du divorce. Et comme tous les autres épisodes de Peanuts, le sentiment est rendu avec une telle justesse, sans cri ni blessure autre que morale, qu'on ne peut s'empêcher de ressentir la tristesse honnête des deux partis. Voyons la scène:



Mais que devient Snoopy face à cette seconde mère qui l'abandonne? Il semble avoir perdu l'idée qu'il pouvait se faire du bonheur avec un autre, se cache, avant d'être repris par un petit garçon qui ne souhaite rien d'autre qu'avoir un chien pour l'accueillir chez lui, jouer à la balle, voire devenir son meilleur ami. Or ce qu'il trouve en lui, c'est un être qui a peut-être souffert de cette normalité perdue avec la jeune blonde, préférant oublier cette époque merveilleuse de l'enfance pour ne plus souffrir, et donc devenir (si on veut) un adulte. Ou plutôt un adolescent. Il ne dort pas dans sa chambre, s'assied dans un Lazy-boy au lieu d'être sur ses quatre pattes, prépare un discours au lieu de faire "ouaf ouaf", joue au baseball, fait de la luge, du surf... Bref, sa naïveté, son obéissance, son bonheur simple, tout cela s'est transformé en un amalgame de cynisme, de rébellion assumée et d'extravagance qui, au premier coup d’œil, semble lui rendre une certaine joie. Snoopy, en ne retournant pas à une époque mentale précédente, peut être enfin heureux. On dirait bien un cas de refoulement, ici! Après un an et demi, le malaise revient; l'ennui de quoi, d'on ne sait quoi. Ah oui, la famille! Mais comme j'en ai déjà parlé, on n'y retournera pas en profondeur. Simplement mentionner que les retrouvailles lui rendent un bonheur éloigné qui finalement n'est pas qu'un retour aux sources, comme l'indique les symptômes de la nostalgie, mais qu'il est aussi possible de vivre quelque chose de nouveau avec cette famille. Comme quoi, elle ne représente plus le passé, mais le présent.

L'influence personnelle
Probablement mon premier contact avec la musique blue-grass, country. La steel-guitar, les violons, un cruchon, pour tout orchestrer dans un mélodie qui fait danser, taper du pied. Si j'ai pu nier cet amour de la musique traditionnelle pendant mon enfance, cet amour lointain m'a sûrement aidé à apprécier davantage les chansons de Patsy Cline, Catherine Durand, Cat Power et autres Sons Of The Pioneers, sans qui je ne saurais pas non plus apprécier la sincérité des goûts de MC Gilles. Vous pouvez dire ce qui vous chante, la musique traditionnelle va chercher les roots en nous, celle de l'époque des grands-parents de nos parents.
Et puis que dire du sentiment de mélancolie mêlé à la nostalgie par rapport à cette maison abandonnée de la famille... Chaque année, lorsque nous passons par Montmagny, c'est une visite essentielle et qui pourtant ça ne sert à rien, comme tourner le fer dans la plaie, se remémorer de bons souvenirs qui jamais ne reviendront comme avant, qu'il faut profiter du moment présent, et ne pas se lamenter sur le passé... Devenir cynique. Oublier la première petite fille que j'ai connue, la deuxième aussi, pour ne pas avoir mal pour rien... Et profiter des jolies filles qui seront toujours là :)

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JD, samedi 15 octobre 2011, 15h

mercredi 5 octobre 2011

5 oct - Trône

"Siège élevé sur lequel prennent place souverains et personnalités dans des circonstances solennelles." -Le Petit Robert

Un des premiers livres qu'on m'a lus, enfant, s'appelait "Je veux mon p'tit pot", où le personnage principal avait toujours une couronne sur la tête. Déjà, on nommait la toilette comme trône, l'image ne pouvait qu'être renforcée par cet album. Et pourtant, c'est ridicule si on y pense... Pourquoi nommer un objet (essentiel, oui; pratique, oui oui, mais bon) aussi peu glorieux qu'une bol de toilette, avec un nom qui désigne le pouvoir? S'il y a bien une place où je me sens loin d'être respecté et en total contrôle des sujet (déjà, juste moi, ça serait bien beau), c'est bien sur la cuvette! On y est esclave de sa vessie, de ses intestins qui se vident de toute leur m... Enfin, vous voyez le paysage. Ça fait pas très royal, quoi. Même si on se sent comme un King victorieux en tirant la chasse d'eau, ça reste un aspirateur à déchet humain.

Et pourtant, encore aujourd'hui, on dira: "Ouvre pas! ... J'suis sur le t... j'suis... sur le trône!! (Floccc!)" Le trône... l'étron. Bah, merde alors! Ça ressemble assez, non?
En anglais, ça sonne comme "thrown", lancé...

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Bref, il m'est arrivé de penser à tout ça quand j'étais justement en train de sièger, quand il m'est venu une image.... Disparue de ma mémoire depuis si longtemps, j'en avais le souffle coupé. Cette fois, il s'agissait bien d'un vrai trône. Celui que chaque père a offert à sa fille, du moins dans les années 90. En fourrure rose ou bleue, avec l'image d'une princesse de Disney, sur le dossier.

Petit, il n'y avait que deux filles dans un rayon de dix maisons: Jessica et Cassandra. Si avec Jess c'était plus sportif et excitant, chez Cass, c'était calme, on restait à l'intérieur. C'est elle qui avait ce petit fauteuil, dans sa chambre au deuxième étage. Un jour, on avait invité Jess à jouer avec nous, chez elle. Je savais que ça n'allait pas virer en Batman contre G.I. Joe, mais jamais je ne me serais douter de ce qui se tramait. Elle m'a probablement dit quelque chose comme Toi tu vas être le prince, pis nous on est les princesses, faque assis-toi. Et c'était avant toutes les Britney et Christina de ce monde... Dans le petit fauteuil, les bras maigrelets sur la fourrure rose, je devais fermer les yeux, et j'avais peur, et j'avais hâte, comme une fête surprise.
En même temps, Jessica et Cassandra m'avait embrassé de chaque côté.

À ce moment-là, j'avais un sentiment profond de petit prince. Ce fût les seules cinq minutes de ma vie où j'étais le garçon préféré des filles. J'étais le centre. Aucun autre petit gars ne pouvait se moquer de moi, et on ne pouvait pas non plus me mettre en prison. J'étais seul, avec elles. J'étais dans mon droit, en j'en ai profité. Pendant max 30 minutes, j'avais deux filles pour moi, en toute innocence. J'étais le King, sur son trône en minou, à me faire bécoter par les petites voisines.
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Sur mon siège rouillé, les culottes à terre, ce souvenir m'a frappé en plein milieu de ma morning glory, pour me ramener 18 ans en arrière, avec une des plus belles images de mon enfance. Image que j'avais totalement oubliée, jusqu'à hier.
Mon humilité m'a rentré dans le mur, solide. J'avais la plus grande honte, entre cette action basse et primaire, et ce souvenir des plus purs de la tendre enfance. Si bien que j'en pleurais, dégoûté de ma petite personne, sur son p'tit pot.

Je faisais enfin le lien entre mes envies d'aujourd'hui et leurs origines. Tout en comprenant à quel point ces fantasmes sont rendus impossibles à recréer.

C'est tellement le chaos dans ma tête, je ne sais même pas comment écrire tout ceci... Comme une image qui entre, pendant une fraction de seconde, et qui laisse derrière elle un million de petites pensées, couvrant tous les sens à la fois. Pas un seul avant ni après, mais tous en même temps. Mes premiers amours, premières expériences sexuelles, douces et sans arrière pensée aucune. Que la naïveté. Suivies de mes récentes explorations, suivies des multiples déceptions qui ne font que s'accumuler avec les ans.
Parce qu'on pense trop, toujours. Réfléchir l'amour au lieu de le vivre. Et réécouter Comme des enfants. Pour pleurer les amours mortes.

vendredi 20 mai 2011

20 mai - J'ai envie d'être suivi

Dans la rue, à travers les couloirs pesant de l'université, entre deux rangées de cases, ou en vélo. Peu importe. Je veux être le centre de gravitation que j'ai toujours voulu être. Je veux qu'on me traque nuit et jour, dans la vraie vie comme sur le net, à travers mille réseaux sociaux, blogs et activités virtuelles.
Tsé, un vrai complexe de supériorité, auquel j'ai succombé l'été suivant la projection de mon film au cégep, quand une amie d'un de mes comédiens m'a passé en entrevue de fond en comble, semaine après semaine. Un rêve pour le flattage d'amour propre. Être commenté pour chaque geste posé, ou presque. Sentir un souffle sur ma nuque, et me retourner pour ne jamais voir qu'une ombre qui s'évapore.

Savoir que je suis l'intérêt numéro uno de quelqu'un...

Mais, non. Personne ne se presse pour lire ce que j'écris, pour surveiller mes pas, et écouter les soupirs qui sifflent à travers mes narines. Qu'un seul vent, qui passe et casse, une ombre d'arbre qui reste insouciant.

Ça serait vraiment le rêve... Être suivie par une belle fille de 18-19 ans, célibataire, un peu folle, mais pas trop, capable de soutenir un silence sans en faire des malaises, et qui habiterait à deux pas de chez moi. Maudit que la vie serait belle.
À go, j'me pars-tu un journal intime légèrement rehaussé de dream-tan en legging collant à la moule? Hmm, juste ces 5 derniers mots, ça me relève le mat... Ok, j'le fais!
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DM
vendredi 20 mai 2011, 21h55

samedi 8 janvier 2011

8 janv - Psychose paranoïaque

Suite des notes du docteur Hemerzwaltz Jones

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Aujourd'hui, j'ai vu un homme dans la cinquantaine. Troublé comme jamais je n'avais vu auparavant. Bien qu'appréciant peu moi-même la compagnie des femmes, de toute ma vie je n'avais connu de personne si haineuse envers le sexe faible. Il m'a raconté des histoires que je n'ai pu retranscrire, tellement mes mains tremblaient... Un batteur de femmes, névrosé depuis son enfance, qui ne sait aucunement diriger sa colère.
"Petit, on me frappait sans raison, ou alors peut-être seulement parce que j'étais petit et sans défense", disait-il, sa voix résonant encore dans ma tête. "Je ne parlais jamais, à personne. À force de se taire, on finit par éclater. Alors je tape sur tout ce qui passe."

Cet homme n'a jamais évolué. Forcé par sa propre volonté à s'imaginer un monde imaginaire où tout est sous sa gouverne, il est incapable de comprendre que le vrai monde ne fonctionne pas comme sa tête. Chaque remarque, peu importe qu'elle soit constructive ou non, flatteuse ou ingrate, qu'il reçoit, il l'a percevra comme une insulte à sa personne et réagira de manière destructrice.
Je lui ai fait remarqué qu'il se créait des avatars pour se sentir supérieur et que cela ne changerait rien à son mode de vie réel, et aussitôt la remarque faite, il m'a menacé de me battre au premier sang. Si la victime de ses menaces baisse la garde, l'agresseur contient sa haine, obnubilé par une certaine joie d'avoir vaincu. Mais peu de temps après, il semble regretter son geste... Avoir continué à lui dire ce qu'il ne souhaitait pas entendre, il aurait pu m'étrangler jusqu'à l'asphyxie. Cette attitude "berserk" n'est bon ni pour lui, ni pour quiconque.

Il faut l'interner avant qu'un malheur ne se reproduise.

Le chien ne fait plus seulement qu'aboyer... Il commence à mordre. La seule solution reste la piqure...

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©Dr Hemerzwaltz Jones, 1981

dimanche 19 décembre 2010

19 déc - Prenez un siège

Ce qui suit est la retranscription des notes du Dr Hemerzwaltz Jones, durant une consultation avec un patient régulier.

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Le patient Olaf a encore ses pantoufles au pied. Décidément, notre dernière consultation n'a rien réglé. Il n'arrive même pas à fermer la porte; nous la laisserons ouverte pendant la séance pour qu'il se sente assez aéré. Son asthme a empiré: il possède maintenant deux pompes. Vérifier si elles sont légales...

Rêve du patient: il se trouve dans une grande maison aux allures antiques, puis décide d'ouvrir une porte. Dans la chambre, une connaissance de son établissement scolaire est étendue nue sur un divan de velours rouge tandis qu'une seconde femme fait son portrait au crayon de plomb et qu'une tierce dame se tient au fond de la chambre, regardant la scène. Le patient se dit troublé autant par la nudité de la jeune femme qu'il connait que par le soucis du détail dans le portrait dessiné. Le rêve se poursuit dans les corridors de cette école, lorsque cette même dame, maintenant habillée (tente-t-il de me cacher s'il y a eu coït?), lui propose de mettre ses articles dans son casier. Beaucoup d'accent sur le fait suivant: il devient excité à l'idée que son manteau porterait l'odeur de sa jeune amie, suite à cette "colocation". Encore un blanc ici avant la nouvelle scène. Il se trouve à présent dans un appartement où sont réunis plusieurs personnes de sa promotion. Son amie semble être devenue entre temps sa copine.

Verdict premier: le patient Olaf délire consciemment et cela se perdure durant son sommeil. La ligne entre le rêve et la réalité devient plus confuse, dans sa tête. Je lui prescrit en premier lieu une lecture essentielle (un essai écrit par un collègue, le Dr Bryzinsky: "L'amour, le couple, et le bonheur à deux: foutaise surévaluée"). Le patient réagit brusquement (changement de persona): il se dit romantique et croit au bonheur. Agir vite.

La seringue d'air l'a calmé un peu. Je profite de ce moment de silence pour noter la réaction de ses pupilles lorsque je dis quelque mots à la volée: "goudron" (réaction: aucune), "whiskey" (réaction: agitée. Je lui en propose un verre; il accepte gentiment), "vulve" (réaction: pupille livide. Peut-être gai.), "pompe à pénis" (réaction: grimace. Peut-être pas, alors...), "anal" (réaction: les pupilles redeviennent brunes. Définitivement pas gai; peut-être scatophile, alors.), "étron" (réaction: j'ai rapidement mis la bassine devant sa bouche avant qu'il ne vomisse), "bas filet" (réaction: rien au niveau de yeux), "fourrure" (réaction: les pupilles passent du rouge au bleu à or), "cinéma" (réaction: je n'ai pas eu à bouger la bassine. Cette fois, elle est bien remplie.)

J'attends qu'il revienne de ses émotions avant de poursuivre la session. Je lui fais comprendre que sa pauvre alimentation n'est pas à la base de ses problèmes de comportement. Olaf doit cesser tout contact avec la gente féminine, après leur avoir chacune demandé de passer à mon cabinet. Je lui suggère une petite pièce isolée, capitonnée, à quelques minutes seulement de marche de l'établissement.
Note personnelle: ne pas lui laisser de quoi écrire, question qu'il ne puisse pas retranscrire la Bible sur les murs de sa cellule.

Au moment de quitter, il me laisse une petite poupée en pendentif. Il donne trop d'importance aux objets et ce qu'ils pourraient représenter (dans ce cas précis, la poupée rendrait le sommeil plus léger). J'accepte seulement pour lui enlever un poids supplémentaire.
C'est en fait la seule chose qui semble le rendre heureux: donner une possession importante pour lui à une autre personne. Il faudra se pencher sur cet aspect lors d'une future rencontre.
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©Dr Hemerzwaltz Jones, 1979

jeudi 16 décembre 2010

16 déc - Petit cri de loin

Ce matin, mon frère revient de son camp scout. Ma mère insiste pour que je mette ma casquette pour me protéger du soleil, mais je refuse systématiquement de faire ce qu'elle souhaite. Elle fait une drôle de tête quand elle abandonne. Moi, ça me fait rire.
On monte en voiture pour se rendre au Petit Prince. Le monde défile, de l'autre côté de la fenêtre. Toutes ces images qui passent vite, ça me rend heureux.

On est déjà arrivé. Papa me sort de mon siège, et nous marchons ensemble au centre du stationnement. Il y a plein de gens, mais surtout des adultes, et peu d'enfants avec qui jouer. Pour passer le temps, je tape dans mes mains, je sautille et je donne des coups sur les jambes de papa. J'en ai assez d'attendre, je veux m'amuser... Alors je saute encore, sur place. Plus je suis haut, plus je rigole quand papa me rattrape dans les airs. Il n'y a que moi qui se bat contre la gravité, et j'adooore ça! Encore et encore, j'essaie de me rendre à la hauteur des adultes. Le monde tourne autour de moi. Je me sens plus puissant que la Terre, encore plus que Superman!
Aller, hop! Un autre saut! Cette fois-ci je vais l'avoir, la.....AAAAAAhhhhhhhh!!!

J'ai mal à la tête! J'ai fait une chute de dix mètres, c'est sûr! Ça saigne, je le sens sur ma tête. La Terre a balancé à l'envers juste pour me tuer! ... et papa n'était pas là pour me rattraper... Mais où il est? Tout est flou, je pleure, je ne comprend rien, je veux ma mère. Je sens que des personnes s'approchent de moi. J'entends: "Jean?! Es-tu correct? Veux-tu qu'on aille à l'hôpital?" Je reconnais la voix de ma mère. Je vois mieux: mon père est à côté, avec Laurent qui vient d'arriver dans l'autobus jaune. J'ai maaal à la tête, ça chauffe! On ne me prend même pas dans les bras, on me fait marcher à la voiture! Mais vous êtes tous cons? Je suis en train de mourir, moi!!!

La voiture s'arrête enfin. Je ne veux pas aller à l'hôpital. C'est blanc et ça pue... Ah, non, on est chez nous... MAIS JE MEURS, MOI! IL FAUT ME SOIGNER!

Pourquoi tu ne m'as pas rattrapé, papa?

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Je ne suis pas encore saoul, mais l'envie n'est pas loin; je fini un travail sur Salinger, et, comme à tous mes contacts de proche ou de loin avec lui, j'ai une envie irrésistible de bourbon. J'imprime les douze pages, les broche, les range dans mon sac, puis me faufile sous les draps froids de mon lit. Le cœur battant à 120 mile à l'heure, j'ai les yeux grands ouverts. Impossible de dormir, j'ai trop la forme. En écoutant un album des Smashing, je me tourne d'un côté puis de l'autre sur le matelas dur.

Et je glisse une main sous mon oreille, le bout de mes doigts touchant la cicatrice à l'arrière de mon crâne...

Comprends donc enfin ce qu'elle représente réellement, cette bosse... "Tes parents ne seront pas toujours là pour te rattraper." Les yeux grands ouverts, embrouillés; je les ferme, une larme coule. "Tu as enfin compris."

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JD
16 déc. 2010, 18h24

dimanche 1 août 2010

Joies et peines d'un franco-canadien (30 juillet 2010)

Cela fait plus d'un an que je ne suis sorti avec personne. Ou plutôt, un an et demi, mais bon, peu importe. Le fait est que je ne sais plus comment ça marche, les premiers pas. Depuis plusieurs mois, je ne rêve que de ça: le moment où je suis officiellement en couple. La joie et l'excitation d'être enfin dans les bras d'une jeune dame affectueuse et seine d'esprit. J'aimerais pouvoir recommencer à l'infini cette expérience de premier contact, en sautant bien évidemment tous les jours de futilités, de routine, d'acquisition. Car évidement, tout finit par la possession: l'autre est notre conjoint, et ça ne changera pas. L'ennui mortel.



Cette fois, c'est différent. Anny est colombienne. Elle a le teint basané, sa langue natale est l'anglais, et elle, à défaut de toutes les autres feignasses à qui j'ai pu rêver, elle semble bien m'aimer pour qui je suis, même si je suis un peu abruti par moment. Avec elle, on peut ne pas savoir s'il faut parler en anglais pour qu'elle comprenne, ou parler normalement et ainsi se faire apprécier pour qui l'on est. Il faut faire attention; dans le premier cas, elle se sent mal. Le fait de s'adapter à elle alors qu'elle est en terrain francophone, c'est un peu désolant, selon ses dires. Tout de même, Anny ne mâche pas ses mots. En me déposant chez elle, dans sa voiture, elle me fait remarquer: "Tu vois, je t'ai laissé de l'espace pour la marche. Comme ça, tu ne seras pas... "pogné", you know". Une petite pointe, déjà. Le message est reçu: le couple est formé et elle me fait déjà la morale. Qu'importe, aujourd'hui, c'est jour de gloire et je suis enfin revenu dans les sentiers du bonheur.



Elle me dit: je nous aime bien, toi et moi. Mais je ne me conte plus d'histoire. Elle me dit: ne t'oblige pas pour moi. Mais je me sens bien dans ses bras. Elle me dit: tu me fais rire. Et je pense que c'est pour en finir. Elle me dit: ok, you're weird. Je fais la sourde oreille et prétends qu'elle est folle de moi. Je lui parle des lunes qui bondent le ciel d'onze heure le soir, je fais le poète un peu niais, et je me plais à penser que nous sommes ensemble pour un bon bout de temps.



Son appartement est un peu tassé, mais coloré. Je m'installe et attend son retour. Elle est partie se doucher ou je ne sais quoi. Jusqu'à cet instant, je ne me doute toujours pas que la dernière fois que je l'ai vue, c'était sur le pas de sa porte d'entrée. Elle a disparu à jamais.



Et je me réveille.

Je me dis: pourtant, ça semblait si différent des autres fois. Elle devait penser que je rêve trop souvent aux filles. Je me dis: elle n'en vaut pas la peine, ce n'est qu'une des rares qui arrivent de nulle part et continue sa route ailleurs. Elle a dû se douter qu'elle était la première à me donner un effet de réalisme. Je me dis: celle-là m'acceptait malgré ma douce folie. Mais elle devait plutôt se foutre de ma gueule.



Ben maintenant c'est fini, et je t'oublierai, toi et ton accent. Je te remplacerai tous les soirs.



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Jean

Le Château du Parc (28 juillet 2010)



Tout est silencieux. Le père dort dans la chambre. Claude est sur le bord de l'eau. Et les souvenirs reviennent, s'entrechoquent. "On est loin, loin des amours de loin", chantait Bashung. Et pourtant, son image est aussi claire qu'un ciel d'azur un après-midi de mai. Il y a ces souvenirs pas si lointains, et ceux de chaque année, lorsque l'on revient ici. Un château de vieux, avec un relookage plus jeune. Les saintes écritures sont effacées par la nouvelle couche de peinture. La marque de notre premier passage, disparu, comme s'il s'agissait de notre première visite. Ceci dit, comme tout bon château, il y a les ducs et les pages. Je ne me plains pas, je sais toujours très bien à quoi m'attendre à chaque année. Le pont levis tombe rapidement, le banquet est servi pour tous, puis on oublie les sujets et on passe à la décapitation. Pour rigoler, vous savez. Bon, certes l'image est poussée. Tout de même, une certaine amertume se place au cœur petit garçon qui revient toujours avec ses deux vieux.



Vous savez ce qui manque à ce haut lieu? Une princesse. La reine vient faire son tour pour le dernier banquet, mais une princesse serait de mise, un jour ou l'autre, ne pensez-vous pas? Les gens vont se rebeller et crier à la trahison: "Dehors, femelles immondes! C'est une réunion de MECS ici!". Certes, la réaction est probable, mais tout de même, j'y songe... Et si ce château était transférable?



Je vous montre la scène. Mon père et Claude se connaissent depuis le collège classique, ils sont maintenant âgés de 65 et 70 ans, et Claude a son chalet depuis quelque chose comme dix ans. Claude est du type comique, bavard, et qui se balance bien de ce qu'un autre peut dire, tandis que mon père est plutôt dramatique avec un sens de l'humour assez pincé, qui peut aussi être sec, tout en étant un être sensible. Si j'applique cette relation sur le plan de ma vie sociale, nul doute que d'ici 20-30 ans, je me retrouverai avec mes copains de collège, dans un chalet, avec mon enfant et rigoler en groupe tout en se moquant bien de ce qu'il peut raconter. Surtout s'il se met à se foutre de nos gueules de vieux cons.



J
e ne veux pas nécessairement dire que je souhaite transmettre un souvenir amer à mon enfant à propos de mes amis, mais seulement me dire que maintenant n'est pas si pire, et que vieux, on doit bien en rigoler.



Et puis... z'imaginez si j'avais une fille? Ouf, c'est presque sûr que les malaises seraient plus intenses!



That's all folks. For now...



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Jean, 18h29

lundi 3 mai 2010

Tombe

Toute la petite famille, on est à Québec, chez une des sœurs à ma mère. C'est probablement juste une visite d'été. Il se fait tard et mon père décide de partir. Je pense faire de même, alors je dis bonsoir à tout le monde, bisous, bisous, la main, bisous. J'embrasse ma copine et un dernier salut. Rendu à la porte, je réalise que ma copine ne me suit pas... "La voiture est dans la rue" me dit ma mère. Voilà le moment de solitude que je voulais éviter. J'essaie de demander à ma copine de venir avec moi, mais elle n'en a pas envie... Dehors, une pluie douce mêlée à la chaleur et l'humidité me donne encore plus le cafard. Je tourne le coin, me retrouve face à un cul de sac, et la voiture n'est pas là. Je reviens sur mes pas, essaie une autre ruelle, mais toujours rien... Merde, le père est parti avec. Et je marche, les idées noires plein la tête, je suffoque presque. Tout ce que j'ai sur le dos, c'est une veste en cuir, mes cheveux sont trempes, et je vois flou. Je me rend jusqu'au Vieux Québec, à la Place d'Youville. La place est surélevée et je ne vois pas ce qui s'y passe jusqu'au moment où je monte les quatre ou cinq marches. La place s'étend jusqu'à des centaines de mètres, et est remplie de cercueils noirs. À ma gauche, au fond de la place, un petit orchestre joue. Ce sont les corps de soldats canadiens revenus de l'Irak... Question cafard et déprime, je suis servi.
Ça ne sert à rien de rester, alors je me dirige vers notre appartement. Dans notre ruelle, qui fait à peine un mètre ou deux, je reconnais une vieille amie du primaire et une autre fille qui se cache le visage avec une tuque de fourrure. Je passe devant et tente d'ouvrir la porte.... pas de clé... merde... Elle commence à me raconter que ses frères manquent encore à l'appel. Il ne pleut plus, mais l'écouter me donne le même ennui, alors je met mes écouteurs et part la musique. Je met à mon tour mon chapeau de fourrure sur la tête et aussitôt, l'autre fille s'approche. J'ai les yeux fermés et pourtant je sais qu'elle est tout près. Elle prend mon chapeau, je fais semblant de rien, elle l'essaie, je continue d'espérer que quelque chose de bien arrive, elle me remet mon chapeau sur la tête, et là... enfin...

je me réveille.
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lundi 3 avril, 5-6h am

jeudi 10 décembre 2009

Bilan

Voici le portrait d'une décennie qui m'aura définitivement autant, sinon plus marqué que ma première décade.

2000-2009

31 décembre 1999: C'est le soir, vers 22h. Toute la petite famille est postée à l'écran de télévision dans la cuisine. Je suis au salon, en train de bouder. Encore. Mauvaise blague envers moi, ou le frère m'a encore coupé la parole, me souviens plus... Le fait est que tout ce que je sais, c'est qu'à minuit, il n'y aura pas de guerre nucléaire, ni d'automobiles volantes dans les rues. La roue du cadran continue de tourner, je dis. Tu capotes pas quand on passe de 15h23 à 15h24, alors pourquoi paniquer là? Le cadran tourne, il est minuit, nous sommes à l'an 2000. Rien. Pas de bogue. Daniel Lemire a animé un bon Bye Bye. Merci bonsoir, ok c'tait juste ça.
Durant l'été 99, c'était le voyage à St-Jean-Port-Joly, le 25e de Jocelyn et Claudette (ma première game de Dongeon et Dragon) ainsi qu'une 2e ou 3e visite à Ottawa... Damn que c'tait génial comme été...

2000: je suis encore au primaire, je passe le test pour entrer à Brébeuf. Excité en voyant la vidéo promo de jeunes qui font du théâtre et de l'escrime, j'me dis que ça doit être cool là-bas. On est rendu au spectacle de fin d'année: beaucoup de chorégraphie de Britney Spears. Nos pièces de théâtre ont bien passé. C'tait cool le primaire. J'ai même fini par apprendre à faire du vélo. À l'été, on fête les 80 ans de grand-maman à Cap Rouge. Quelle place merveilleuse! Et que de souvenirs... Rendu à acheter le matériel pour le secondaire, il faut trouver les chaussures adéquates. En voyant c'est quoi, les vêtements adéquats, je braille de honte. En rentrant, je connais personne. Je veux parler à personne, je m'emmerde royalement alors je fais ce qui deviendra ma marque pour les années à venir: m'asseoir sur le banc en face de la table de billard, et je fais un p'tit somme. Au courant de l'automne, pendant l'étude dans la grande salle, je fais la connaissance d'Éric Racicot, un grand bien barraqué qui est là pour niaiser et imiter les Grandes Gueules. Lui au moins me fait passer le moton, c'est cool. Dans ma classe, ya un autre aussi petit que moi qui me parle souvent. Marcel-Simon Lefebvre. J'va m'en rappeler longtemps de ton nom, mon ti-crisse. Marcel dit être sataniste. Parce que ses parents l'ont calissé dans cette école pourrie de merde et il va incanter le Seigneur des Ténèbres pour se venger. Moi, naïf, je trouve ça cool, alors je lis beaucoup là-dessus à la bibliothèque. L'année avance, et je déteste toujours autant Brébeuf, en maudissant la planète de m'avoir menti avec son théâtre seulement disponible aux élèves de 5e secondaire.

2001: Je n'ai pas de souvenir d'avoir été tabassé, jusqu'à présent. Juste ridiculisé pour ma croyance du moment. Finalement, Éric est un peu con, et Marcel est pire (me traite comme d'la merde). N'empêche qu'à part eux, je n'ai aucun lien avec les autres. Ah oui, Canal Famille n'est plus... C'est rendu Vrak.tv avec une bibitte bleue vraiment laide comme mascotte... Les émissions sont moins bébés, mais ça fait quand même bizarre. Côté musique, j'écoute celle de mon frère: du Slipknot et du Disturbed. On nous annonce qu'un voyage en Italie sera prévu pour l'année prochaine, et ÇA, ça m'intéresse! Enfin quelque chose pour pas trop bitcher Brébeuf! J'ai tout de même marqué dans mon agenda, au mois de juin: départ de ct'osti d'école de merde, et au mois d'aout: retour avec mes VRAIS amis. Karim, un surveillant s'inquiète pour mes mauvaises lunettes qui me laissent une cicatrice sur le nez... Yavait pas beaucoup de surveillant cool, mais lui c'en était un. Mon père me demande d'essayer une année de plus, sans tenir compte de ma santé mentale... C'est la dernière fois que j'invite Jérémi et Patrick à ma fête, et c'est pas la joie sur nos visages. Notre passage au secondaire nous a éloigné, et ça paraît, sur la photo. Une chance qu'il y a la Game Boy Advance pour me faire gober mon calvaire.
Au retour des vacances, Éric et Marcel ne sont plus là... Alors là, je pète un cable... Jean et Satan sont maintenant buddy-buddy, pour mon grand malheur. Ppa achète un ordinateur portable, et je connais le pouvoir d'msn et des chats commun. Salut Karine. Salut mes premières gaffes en tant que draggeur de marde.
...un certain mardi matin, notre professeur Mme Iamonico arrive quelque peu en retard, toute troublée... "On a attaqué les tours du World Trade Center", annonce-t-elle le regard absent. Je sais pas c'est quoi, mais ça semble grave... Mon cours d'histoire est une horreur: quand arrive le temps de faire les dessins de l'époque féodale, je laisse le travail pour écouter RBO ze documentaire, ce qui ne fait qu'emplifier les cris et les pleurs de maman.
Quand arrive le mois de novembre, on nous annonce que les secondaire 1 ne peuvent pas y aller, après qu'un parent ait dit que c'était trop dangereux pour des enfants de notre âge... Je voulais la tuer, cette connasse de mère poule... L'année finira pas en beauté.

2002: 2002, c'est facile de se souvenir... C'est la fin de mes espoirs, c'est mes 13 ans, année de malheur, c'est mon statut de sataniste au plus haut point. C'est moi contre le monde. Mon 2e secondaire est affreux, et ça ne finira pas en douce. Ma maquette pour Grosse-Île se fait renommer l'ile lego et tout le monde se moque de moi. Bref, c'est nul. Heureusement, pour l'été, on a un projet qui me satisfait: voyage en avion de mon frère et moi en Ontario chez notre cousin de 35-40 ans. J'écoute Linkin Park Reanimation ainsi que le cd d'mp3 de mon frère, ça m'occupe l'esprit pendant que j'le boude, soit parce qu'il mange de la pizza froide sur le plancher ou parce qu'il fait croire qu'il est possédé (au moment même où on est dans le cadre d'une photo de mariage... on nous demande de nous tasser). Laurent se fait même engueulé par un passant, devant le Ceasar Pizza parce qu'il fume ("The law says nineteen, young man! You can't smoke! blabla"). Au retour de notre voyage, on repart avec le père pour le chalet d'un de ses amis, Claude Paris. Bon sang qu'on est bien là-bas! Le début d'une longue tradition!
Ah ouais, j'allais oublié... Mes cours de rattrapage en maths, avec ce prof qui nous parle comme si on avait 5 ans. Les retours en voiture avec Germain, par la 13. Ces images m'ont marqué... Ça me rappelle grand-maman qui débarque chez nous, dans ma chambre pour je sais pas combien de temps....... C'est aussi Diablo 2; le motel Wig Wam avec Musique plus qui diffuse un clip de Linkin Park Reanimation, justement; les chats communs encore, et salut Karine Marquis, ma première cyber-blonde de Lévis pour qui j'avais gagné une peluche en forme de bisou, qui m'a fait pleurer de joie quand j'écoutais "Thousand Miles" de Vanessa Carleton, qui m'a fait brailler de honte quand elle m'a quitter en me voyant passer dans mixmania ("tu ressemble à harry potter... bye"). Facile de se rappeler de ça.
Secondaire 3, c'est le début d'un aller fréquent chez l'infirmière pendant les dissections. C'est aussi pendant un cours d'art plastique, lorsque Steven Nguyen prend son pinceau pour me crisser d'la peinture jaune dans l'oreille. Oui oui, pètage de coche solide. Ok Jean, t'as assez souffert, tu peux enfin aller voir la psychologue du collège. Salut Karine Rioux. C'que j'écoute comme musique? Euh... Sum 41, blink 182, Craddle of Filth, Disturbed. Ok fine on s'revoit tous les mercredis... Retour à l'ordi, ça m'aide. Ne plus avoir à faire l'étude dans la grande salle, ça me permet d'être seul avec l'ordi et de chatter avec des amies. Salut Karianne.
Même si j'vais à son party d'école à Embrun pour la voir, c'est l'échec... Et dire que j'pensais l'aimer comme on aime. Man, j'ai flippé en tabarnack en voyant sa photo de l'époque...
Bref, secondaire 3, c'est aussi la fin définitive de ma période sataniste. J'ai compris que ça n'avait pas de sens, que c'est ridicule. N'empêche que le monde vont s'en souvenir. En tabarnak.

2003: année de calvaire, comme si ça n'avait jamais de fin. La grosse Lamothe est insuportable et mérite de retourner à son statut de coach de football. Mes passages à l'infirmerie, j'les fais sans même savoir s'il y a dissections today. Le nouveau prince dla branlette ne demande plus de permission: il évacue sans concession. Ah oui, en 2003, on va au HEC et je décide que j'aime les maths grace à ma super prof et que je vais être comptable. Aussi, je fais la connaissance de Jess. Un soir, elle me demande de lui écrire une histoire... C'est le début de ma passion pour l'écriture. Bon, ce n'est qu'un début, seulement une réplique du livre "Le Passeur". N'empêche que ça m'incite à continuer, à évoluer. D'ailleurs, mon prof de français, M. Claude Bois, me voit écrire pendant et entre les cours et m'encourage! Ce sera le seul prof à faire ça...
Pendant l'été, c'est Jess qui m'a supporté dans mon cauchemar. Celui où mes parents ne cessent de s'envoyer des vacheries par la tête, engueulades, silences et pleurs inclus. Ya déjà assez du boulversement émotionnel dû aux 8 mois de convalescence de grand-mman ici, faut qu'après son départ, maman se pète la cheville. Let's go le plâtre pour agraver sa dépression.... Ya aussi la nouvelle bagnole qui remplace l'autre vieille scrap. Ça changera pas le fait que je reprend ma relation haineuse envers Brébeuf. Secondaire 4, c'est le retour du cours d'histoire avec la même prof chiante qu'en sec 2. Côté sociale, celle à qui j'ai dit "ne tombe jamais amoureuse de moi" (tiens, je pense à Woody Allen, dans Manhattan!) m'a dit qu'elle ne pouvait pas continuer ainsi, à distance. Je m'en doutais. D'ailleurs, depuis ma première "rupture", je ne sais plus vraiment ce qu'est l'amour. Ça ne m'empêche pas d'aller la voir à Noël, donc environ 3 mois après notre "rupture", pendant qu'on reste chez notre oncle Luc, et de lui donner un ptit présent (deux améthystes). Cette fois, l'année se termine en beauté.

2004: Début de l'année ben normal. J'entreprends l'écriture de mon premier journal intime (qui ne l'est pas). Au collège, le meilleur prof de sciences physiques, M. Marchildon, me voit lire American Psycho, que j'ai découvert après avoir fait un travail sur Psychose d'Hitchcock. Il me parle d'Ed Gein... Voir qu'il connait ça !! Ça me donne un peu de pep! ...Ya quelqu'un dont j'ai pas encore parlé et qui, pourtant, m'est très cher. Il s'agit de Kevin Murat Lormeus. Ce gars connaissait super bien la bible, en plus de savoir écrire le japonais... ça m'a toujours impressionné. Yétait tellement doué et intelligent, mais le drame s'abattait souvent sur lui. Au début de l'année, on avait un atelier de poésie à la bibliothèque... La prof, même en sachant son caractère en contradiction avec le collège et ses pairs, l'a quasiment obligé à lire son poème devant tout le monde, alors qu'elle aurait pu prendre n'importe qui de lèche botte. J'imagine qu'elle a fait ça pour l'intégrer, la salope... Madame, quand on fait lire un élève qui hait l'établissement, on ne lui fait pas lire ses textes, parce que ça empire le cas. Surtout quand ça commence avec "Je vous hais tous...".
Peu de temps après, Kevin n'était plus là... Je sentais un vide. Lui et moi, on parlait quelques fois, on a même échaffaudé des plans pour s'enfuir d'un atelier de sport, la même année. Bref, on s'entendait bien, et il me manque franchement...
2004, c'est aussi Lauriann avec qui je chatte de plus en plus souvent, avec qui je commence à avoir des affinités plutot intenses. Quand j'entend la toune "I miss you" de Blink, en partant vers la cabane à sucre avec le collège, je m'imagine nous deux en scène dans un clip pseudo-gothique, avec la mort qui m'emporte loin d'elle... J'ai le tragique facile. MerciMerci. On se voit à Paques, et ça fait: "oh... salut...". Génial.
Du côté de la famille, les choses ont repris un peu d'ordre. Mon frère sort avec une grande rousse gothique qui pousse des hurlements pas croyables quand ils baisent. C'est une nymphomane, c'est bien normal. Étrangement, après quelques semaines, c'était fini. "J'ai l'bout magané à force de me la tapper" qu'il disait. ...Tsé, t'aurais pu me la passer... =P Mais bon, après Mylène, ce fut le tour de Cynthia. Cette chère Cynthia. Enfin Laurent se trouvait une fille qui ne passait pas devant moi sans me voir, qui s'intéressait à qui j'étais. Cynth a passé son enfance dans un centre jeunesse avec sa soeur, sa mère l'ayant abandonnée et son père étant dealer à trois blocs du centre... Un jour, elle s'est même arrangée pour me faire parler avec sa soeur qui avait environ mon âge. Après son téléphone, j'étais aux anges! "Jserais prête à lacher la drogue pis l'alcool pour toi", qu'elle disait! Wow! Mais j'avais un mauvais feeling, au fond dmoi... qui s'est concrétiser à notre première rencontre, à la maison... avec son chum. La belle joke, toi! C'est bien ce que je croyais: une belle fille, mais scotchée sur sa cigarette pis l'pot. Les deux, on a fait: "ah... c'est ça que t'es... salut..."Encore. Et dire que deux semaines plus tôt, quand j'ai été avec mon frere chez le pere de Cynthia, j'ai appris qu'elle voulait faire un trip de cul avec moi, son chum, mon frere et Cynth.... troublant!
Oh, avant d'oublier! La fin du secondaire 4 se deroulait en catastrophe... le directeur m'a suggéré, comme à d'autres élèves, de prendre des cours de rattrapage en histoire et en sciences. C'est pendant les cours de rattrap que j'écris mon Psycho Kid, là où tout le monde me demande ce qui se passe dans le livre, où tous veulent apparaître dedans en me suggérant des façon de mourir pas croyable! Parce que Psycho Kid, c'est mes frustrations du moment passées au tordeur, et ceux qui me font chier à l'école, je ne leur répond plus; ils subissent les conséquences dans mon pamphlet. Et aussi, j'ai la conscience tranquille. On appelle cela le catharsis. Pendant ces cours du samedi, en histoire, en été avec mme Lepage, ça change toute une perception! L'ambiance est vraiment plus relax, on est au chaud, et on va à notre rythme de niaiseux! Par contre, le travail final fait rusher tout le monde, et je fini par tout recopier son guide pour les pas vite au complet, en écoutant en boucle "My dcmber" de l'album Reanimation. Décidement, je l'aime cet album. Ce qui fait qu'en finissant l'année, j'achète l'album original (Hybrid Theory) pendant que le père s'achète un vélo super classe, dont il ne se sera jamais servi, contrairement à mon frère et moi!
Été sans anicroche. Séjour au chalet de Claude pour une 3e année consécutive, puis voyage à Québec, chez Luc et Josée, avec qui on a pris une marche dans le vieux Québec, dans le coin du chateau et de la place Duffrin. Bref, tout ça, quoi. Pour une fois, j'accepte le fait d'avoir passé tout mon secondaire à Brébeuf. Anyways, secondaire 5, c'est les filles, alors...

(blink 182, hiver, tout content dma shot)
a continuer plus tard







...suite à venir (le post sera édité pour tout garder dans un texte. Prière de ne pas commenter tusuite, marci :) )

mercredi 25 novembre 2009

Grands penseurs, ptits faiseurs

Marre des vieux cons
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On n'enseigne que les Auteurs, avec un grand A. Les incontournables, les grands penseurs, les grands théoriciens. "Mais tu sais, on parle de Deleuze, tu sais, le rhizome, mais je repensais à cet autre texte de Roland Barthes...." Merde, je lis vos textes, Auteurs de la prudence et du respect, et des graaaandes théories, et je baille, messieurs. Je baille. Vous vous prenez tellement au sérieux... Même quand c'est pour foutre le bordel comme msieur Sokal qui fait un graaaand texte qui ne veut rien dire, juste pour narguer les scientifiques, c'est ennuyant à mort. On pourrait pas arrêter les graaands mots, et juste parler simplement? Pour être franc, l'époque des p'tites cuillères et du gruau autour de la cheminée à concocter des théories sur Aristote, et sur la première guerre mondiale, moi ça me laisse complètement de glace.
"Est-ce que ça t'intéresse, l'histoire?" vient-on de me demander.
"Ben l'histoire de qui?" je répond. "L'Histoire. Avec un grand H ". Oh... alors c'est non... pas vraiment. "Moi jtrouve ça extraordinaire de savoir, de comprendre comment les grandes civilisations anciennes vivaient, ou pensaient. C'est teeellement beau, les textes de ..."
Ok tu pourrais m'en parler pendant dix ans, de tes fameuses cités d'or, mais serais-tu capable de m'expliquer le phénomène grunge, dans les années 90? Ou l'évolution de la musique électronique au fil des années, le sampling, tout ça? Serais-tu intéressé que j'te raconte pendant 10 heures la musique de la génération X? Probablement pas. Et pourtant, j'en parlerais avec la même étincelle dans les yeux que toi avec tes graaands Auteurs, qu'on ne cesse de revoir ad nauseam à l'école.


Génération Z
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J'ai l'impression d'avoir constamment affaire avec un problème de génération. Mon père, de par son classissisme, ses études classiques, son éducation avec le Cinéma de Papa, le ciné français bien leché, bien tranquille, sa musique jazz et opératique, j'ai l'impression qu'il ne jure que par la justesse, le propre et le bien-fait. Alors que dans mon cas, je ressens un besoin total de rejet de cette propreté. Chez la plupart des auteurs (livres, cinéma, bd, musique) qui m'intéressent, c'est la saleté qui prédomine: à go, on tourne caméra à l'épaule, tant mieux si ça shake; on écrit comme un jeune attardé; on parle de junkies; on met un gros fuzz dans la guitare... Comme un besoin incontrolable d'autodestruction, de jouer avec le flou plutôt qu'avec le clair et net. Je ne cherche pas le sang et l'explosion à l'écran. Juste le sentiment que telle réplique ou telle scène n'était pas prévue. Et puis oui, le plan coupe sec, et puis oui, le raccord n'est pas clean cut. Parfait. Feed me. Peut-être est-ce parce que je suis jeune, mais mon besoin de chaos ne cesse que très rarement.

"Si tu veux faire un film policier, ya quand même certaines règles à suivre, si tu veux pas perdre ton audience..." Ok, mais le gars qui a fait un album jazz-alternatif-fusion avec uniquement des synthétiseurs, ya tu suivis une règle? Euh, jcrois pas.. Le type qui fait un film avec ses propres moyens (18$ mettons), ça lui tente tu de faire comme il veut? Euh, oui. Fuck la production habituelle. T'as tu vraiment besoin d'engager des AAACTEURS PROOOfessionnels, payés 8 milles tomates la seconde? J'vais demander à des chums qui ont autant de talent, sinon plus, pour moins que l'prix d'une pizz divisée en gang. Si j'veux écrire, j'ai tu besoin d'un fournisseur de pousseux d'crayons? Euh non. J'va écrire sur ma page, pis c'est tout. Au pire, si ya quelqu'un qui fait la piasse avec c'que j'fais, j'vais juste être honnoré. "Wow, ya quelqu'un qui reprend mon idée." Je suis sûrement naïf, mais honnêtement, si tu penses que ça me fais un pli, tu te trompes. Radicalement. Tant que tu me parles d'un sujet qui m'intéresse. Let's go, les road-trips dans les films, l'auto-fiction, les albums conceptuels et trames sonores, les vidéoclips... Là, tu me pars sur un sujet pendant des heures, et j'vais finir plus bandé mentalement qu'avec une p'tite pouf. qui va juste me complexer davantage sur mes besoins de primate.


L'écriture comme exhutoire
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J'écris pour mieux feeler. Pour me divertir, surtout. Pour partir des discussions (pas nécessairement des débats hein!). Pour avoir enfin l'esprit libéré d'une certaine pensée. "Ça fait longtemps que ça me trotte en tête, cette question, et on dirait que personne n'en a parlé." Eh ben, je l'fais. Voilà, c'est réglé, on passe à un autre appel. Ou sinon, je continue sur le sujet mais en couvrant un terrain ou un thème différent. Mon texte sur Montréal, j'aimais bien l'idée, mais le résultat est moins convaincant que c'que j'pensais que ça donnerais. En fait, le début et la fin du texte est à l'image de ce que j'avais en tête. J'ai dit pourquoi je me souviens d'aimer la ville, mais j'ai passer trop peu de temps à ce que j'aime en elle. Alors ya de grosses chances que j'en reparle. Les complexes relationnels, même chose: on tombe toujours sur une nouvelle madame qui nous fait tourner la tête, et voilà, le caroussel de complexes, d'idées, de scénarios, reprend. Sauf qu'à la longue, on peut s'emmerder de toujours revenir sur les mêmes thèmes. C'est pour cela que, des fois, même l'écriture devient ennuyante. Alors je me tourne vers la composition. Et puis, encore là, je tomberais plus dans la facilité que la complexité: pourquoi composer, quand la réalité elle-même est déjà si riche en sonorités? J'ai eu envie d'enregistrer le son de la ville, de l'université. Les ambiances qui résonnent dans les métros. ...bon, jusqu'à présent c'est pas terrible, mais c'est quand même un procédé qui m'intéresserait de travailler.

Et puis merde, pourquoi j'écris? ....ya personne qui va lire ça...

So what? J'écris pour moi. Même si j'aimerais que les autres lisent, ça les avance à rien.

...Et puis, pourquoi avancer?? Aller sur les côtés, dans les hauteurs et les bassesses, c'est tout aussi intéressant. Connaître les autres, les gens qui m'entourent. Ça m'intéresse davantage que de connaître Barthes, ou de savoir c'que Deleuze a écrit sur la structurisation blablabla.....


JD, 25 nov 2009, 21h.


Edit:

La psychologie de cuisine
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Merci de me dire que c'est bien. Merci, maman papa tite soeur le chien le serrurier. Merci d'me lire. Bon, t'en dis quoi, maintenant? Parce que bon, c'est bien de se savoir lire. Encore faut-il que ça finisse là? Disons que je suis au restaurant avec toi, amigo, et que je te dises tout cela en haut. Tu vas me dire "oui" ? Euhh.... oui à quoi, là? Vas-y, exprime-toi, padre.

Dans mon livre à moi, un post, c'est comme un mini forum: faut que les commentaires rajoutent au texte. Je parle de l'éducation, tu rajoute en parlant de ta vision de la chose. Ou en parlant de quelque chose de relativement connexe. Etcetera.

Quand j'écris, c'est rarement pour partir la discussion de température. C'est souvent pour me sauver de la psychologie de cuisine. Ces genres de discussions qui ne mènent à rien, que pour dire: "ah ben si tu penses comme ça, ça veut dire que t'es ce genre de personne là", ou encore "oué, j'pense comme ça". Et puis c'est tout... On se retrouve seul, face au silence. Tant qu'à ça, laisse faire, c'est pas plus grave, tu retourne ton bureau face au prof, pis on en parle pas. Tout pour m'échapper du petit "sofa-talking", cette expédition au coeur du pays-dla-tappe-dans-l'dos avant de revenir au gros néant solitaire.

Écoute. Si je t'écris de quoi, c'est parce que j'estime que ta réponse va alimenter le sujet. Bref, amigo. N'aie pas peur de l'écriture. Tant qu'à parler pour rien dire, au moins dis-en beaucoup, ça fait plus de matos à lire et à interpréter sur différent niveau! Et là, évidement, je m'inclu dans ce lot. Je suis conscient que depuis 8 à 10 paragraphes, j'écris pour rien dire, pour chialer. Mais jme dis que c'est déjà plus drôle à lire que si j'avais juste écrit: "jm'emmerde en histoire."

Non?

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23h, le même soir.

vendredi 26 juin 2009

J'ai trouvé l'American Dream (vendredi 26 juin 2009)


Voici ce que j'en pense: un bal de finissants où les cocottes de luxes sont reines, et leur cavalier sont tellement fashion et à leur service.
Ce n'est pas un homme assis sur un banc, ni une télévision qui diffuse une émission religieuse, ni une discussion entre deux personnes filmées. Non, le Rêve de tous et toutes, c'est cette image bien représentative du règne du beau, du glamour, et du bonheur physique. Vous auriez beau me dire le contraire, je n'y croirais pas. Ben oui, une discussion soutenue c'est don l'fun, et sortir avec les nénettes un peu nunuches, ça peut tomber sur le système (là par contre je ne vise personne sur cette photo; je ne les connais pas, elles pourraient être bien plus dégourdies que moi côté psycho-social-etc). Mais bon! Étudions cette photo si vous le voulez bien.

Le début: à gauche de la photo, la jeune demoiselle est splandide, un sourire radieux aux lèvres, des cheveux longs et soyeux, en plus de porter une robe funky et élégante. Mais surtout, regardez comment elle se tient. Ça vous fait pas sonner quelque chose? La jambe en l'air, comme dans les films! Le type est soigné, une coupe à la mode, un costard parfaitement reglo qui foutra jamais la honte à qui que ce soit.
Au centre, la tigresse et son matou: femme forte en pouvoir, on le remarque par sa pose et celle de son cavalier, et encore une fois: un poids santé, une allure du tonnerre, un sourire étincellant... Le type comme tel est pas le classique de beauté, mais ça doit être un sacré bon sportif, à voir sa carrure musclée. Vive le sportif et sa cheerleader.
À droite, la totale: Robe rose flash mais sobre, et la pose qui dit tout: "nous, ce soir, tous les soirs depuis qu'on est ensemble, c'est le bonheur, question coït".

Moi je vois ça et je regarde les gens autour de moi. Ya quelque chose qui cloche, je sais pas... Y a-t-il une ligne entre le rêve et la réalité? Ou est-ce simplement une question de cercle ou d'environnement social? Comment se fait-il que, depuis quelques temps, quand je pense à vouloir une copine, mon idéal est vite interrompu par une pensée vraiment étrange? Je vous donne un exemple: je vois un film à la télé, le gars et la fille s'embrassent, le front collé à celui de l'autre. Réaction: humm j'aimerais don ça... euh min... le front collé? Humm, pas sur j'aimerais ça. Moi j'ai besoin d'un espace vital de minimum 10 à 30 cm.
Et pourquoi je penche plutôt pour vouloir une petite soeur? Un ptit gars, ça crie toujours, ça veut jouer à la bataille, c'est toujours une question de force, y veut pas parler, y veut se battre et faire du sport. Moi jveux parler. Une ptite fille, c'est innoncent, ça pense juste à jouer avec ses poupées, boire du thé avec elles, ça veut donner des bisous a tout lmonde, ça veut chanter, danser, rire. Je veux parler avec ma petite soeur de l'école et tout, lui dire qu'elle a des beaux cheveux, savoir comment a été sa journée, lui donner plein de bisous dans le cou pour la taquiner... Tout ça, de façon purement platonique, dieu merci. Avec une copine, ya pas moyen: un jour ou l'autre, elle va vouloir aller dans la couchette, et le team work doit commencer... Ah ouin c bien (non tu fais pas comme j'aimerais, mais jte ldis pas pour pas te choquer), plus vite (ben oui toi, chu fatigué dma journée, jai pas lgout tabarnak).
Non, ma ptite soeur, à la limite, va me demander de dormir avec elle, jva la serrer doucement, sans rien faire, dieu merci.

Ce qui est bien avec Phoebe, c'est qu'elle aura toujours 8-9 ans. Je n'aurai jamais de malheur de rentrer dans sa chambre pendant qu'elle essaie un gilet bedaine, avec des shorts trop courtes pis un gros décolté. Je la verrai jamais rentrer à 4h du matin complètement petée et soule.
...mais je la verrai jamais obtenir son diplome, non plus, ni la voir devenir une musicienne de conservatoire, ni une femme accomplie avec un mari respectueux et des enfants... je ne la verrai jamais devenir le Rêve Américain. Et pourtant c'est ce que je lui souhaiterais...

Dieu merci, au moins j'en vois certains qui ont l'air de vivre heureux ensemble, sans être trop fashion, qui n'ont pas l'air de se mentir à journée longue, qui semblent sincère et amoureux... Ben tant mieux pour eux. Sont tellement cute, hein.



-Jean Derome-
Vendredi, 26 juin 2009, 19h54