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lundi 10 octobre 2011

10 oct - On ne peut pas toujours plaire au voisin

"Ton problème, c'est que tu réfléchies trop"
"Ouais mais j'aime ça, me casser la tête"

Avec lui, ça finit toujours par arriver. Autour d'une bière ou même par texto, dernièrement, on s'engueule amicalement sur nos différentes vision de la création, de la réflexion, qui sont finalement pas si lointaines. Chacun décrit des moments troubles, parfois même horribles de la vie, mais c'est notre façon de décrire ces horreurs de la banalité quotidienne qui nous écarte. Je préfère laisser le narrateur à son propre sort, dans un décor pitoyable et laisser le récit s'expliquer de lui-même, alors que lui y appose directement son jugement, sa propre psychanalyse intégrée au texte. Alors, je lui reproche de ne pas faire confiance à l'intelligence du lecteur, de trop réfléchir, tandis que lui s'amuse à me pointer du doigt, moi, qui tente de faire pitié, d'être tristrrre sans aucun fond, et ainsi de suite.

C'est le même principe pour le cinéma, ou pour n'importe quel autre domaine. Par exemple, vivre en société. Ça va toujours revenir à "On ne peut pas toujours plaire au voisin". Dans le domaine de l'audio-visuel, l'exercice le plus intéressant qui m'aie été donné ever, c'était l'essai 4 et [fraction] (en fonction du nombre de personnes qui avaient un produit final). Le but était de déplaire le plus de gens possibles. Être bruyant? Pas nécessairement; un silence de 30 minutes peut être plus insupportable que n'importe quel amalgame de mitraillettes. De toute façon, les gens aujourd'hui (hier, plutôt) danse sur du beat qui gueule "Vous êtes des animaux. Vous allez crever". Pour plaire, il y a tant de critères pré-établis... mais pour être détesté, quels sont-ils, ces critères?

Personnellement, je rage quand quelqu'un (qui n'a clairement aucune conception d'une bonne œuvre) se proclame cinéaste, ou écrivain. Il ne produit que des merdes insipides et se félicite d'avoir un beau rack focus, ou une belle phrase poétique en plein milieu d'une scène de piscine. Personnellement, je préfère me dire vidéaste et blogueur qu'autre chose, ne pas prétendre à ce que je ne suis pas, et perfectionner ces deux "sous-classes", que je ne considère en rien inférieures aux deux autres nommées plus haut. Non je n'ai pas présenté mon Naufragé à la Cinémathèque, ni publier le récit. Parce que ces médiums ne sont pas sur le même palier que moi. Mon film a été fait pour être regardé dans un sous-sol avec un cendrier pas trop loin, une dizaine de personnes, et de la bière en masse. Mon blog est là pour réfléchir deux ou trois minutes, ressentir quelque chose, puis continuer. "Intolérance", je l'avais fait pour déranger, pour être mal à l'aise. Et finalement? Tout le monde l'a aimé, à travers les malaises, les interrogations...
Comme quoi, provoquer pour provoquer, ce n'est pas la solution. Il faut scruter, gruger la psyché de la masse, trouver ce qui écorche chaque personne, l'utiliser et le montrer. À mon avis, c'est ce qu'a fait Harmony Korine dans "Trash Humpers". Trois êtres, ou créatures à forme humaine, se déchaînent dans une banlieue, fredonne une chanson troublante, crient, rient. Sont 'eerie'. Ça dérange, en même temps que ça fait rire, même devant un groupe aussi étrangement apeurant. Et encore là, pas besoin de la caméra pellicule, ni du HD. Il tourne avec de la vieille bande magnétique qu'on croirait sortie directement d'une poubelle. Et toute la magie s'y crée. Voilà l'alignement entre forme et contenu. Pas besoin d'expliquer ces créatures, leurs actions sont présentées, ne reste qu'à comprendre soi-même "où ça s'en va, c'te bebitte-là". C'est la force de la distanciation auteur-narrateur, le dépassement de soi dont on parle tant en théorie d'écriture.

TL;DR : cessez de vouloir plaire, en vous plantant constamment; assumez votre niveau, perfectionnez-le, dérangez. Déranger fait plus bouger les choses que de parler de puppies et de la nature (salut Coldplay).

lundi 4 juillet 2011

Bilan part three

After one year, after (presque) two years: Les années cégep

2005:
Récapitulons. Entrée au cégep en grand, en douce. Clique 2005-06, c'est Simz, Caro, Pierre-Luc, Maude, René, peut-être même Mathieu "19e siècle" Forget. On parle de films trash, ça fume à gauche et à droite. Sinon, ya les cours de tennis avec la délicieuse Cynthia Landry, à qui je trouvais des airs semblables à Jess. Bref, elle me liftait à chacun de nos cours près de la future station Cartier. Dans ces cours, j'y ai aussi fait la connaissance d'une vraie bombasse belge: Natalie. Avec son accent cassé et sa voix éraillée, ses longs cheveux d'or, ses yeux félins, et ses seins pointus, j'en avais pour des nuits à suer, complètement bandé. La rigolade, c'est qu'en rentrant d'un match du Canayen, elle était dans la même rame de métro que moi, mon frère et son pote qui n'arrêtaient pas de me pousser vers elle. J'ai fini par lui demander son numéro, que j'ai écrit en quelque part, que j'ai perdu quelques jours plus tard. Merci destin!
Côté couple/amours/etc, Laurent et Cynthia ont vu leur appartement chier dans leurs mains. Puis se fut le tour du couple. J'étais un peu déçu, mais pas tant que ça. On s'est ramassé avec plusieurs de leurs chatons, dont Mimine junior et Noireaud. De mon côté, j'ai reçu la dernière lettre à vie de mon ange gardienne qui venait avec un CD mix de plusieurs titres, en général plutôt cucu-la-praline. À plusieurs occasions, j'ai voulu lui réécrire, et puis finalement, ça n'a jamais été le bon moment... Alors on s'est perdus de vue.
C'est aussi le 31 octobre 2005 où j'ai ma première visite au légendaire bar Le Dallas, ainsi que ma première vraie brosse: avec Patrick Aubin, un fendant de la clique finissante, je bois plus d'une demi-douzaine de Smirnoff Ice en moins de deux heures. Inutiles de dire que j'ai passé l'heure qui suivait la tête couchée de côté sur mon avant-bras à vomir MA VIE. On finit l'année 2005 en grand à la projection avec nos merdes dont on était tellement fier, mais surtout avec un auteur qui sera mon mentor pour les années à venir: Jerome David Salinger.
Pris d'une certaine maladie, j'ai dû me rendre à la clinique où j'allais poiroter un bon moment, alors je m'étais apporté une lecture. L'attrape-cœurs. Mise en contexte: je viens d'avoir 16 ans, j'ai coulé plusieurs cours (plus de la moitié en fait) et craint affreusement un renvoi du cégep ainsi que de la maison. Et voilà que je lis le récit d'un gars de 17 ans, expulsé de son collège et qui refuse de rentrer chez lui, sous peine de se faire engueuler solide, alors il traine dans la grande ville de New York... J'ai partagé ses pensées, ses craintes, ses haines, comme les vrais petits cons que nous étions à tout envoyer chier, sans jamais rien apporter de quoi de constructif pour un meilleur monde. Bref, c'était le début d'un amour fou avec cet auteur.

2006:
Après avoir relu "Zombies" de Bret Easton Ellis, je décide que l'histoire de Cheryl Laine sera le scénario de mon film de 5 minutes pour le "real deal". Mais bon, le prof trouve ça trop complexe et préfère me mettre dans l'équipe des bouffons. Leur idée de film: un gars qui badtrip sur une olive. Moi qui tripais mise en scène, dramatique, on me refourgue la place du technicien son sur une comédie à deux sous. Fine. Au moins, ya la charmante Jade Lauzon et la petite chix Alexandra Falcon. Fin janvier, méga panne de courant, juste après un examen d'histoire du cinéma. Ça nous empêche pas de nous rendre au Dallas pour boire comme des trous, jaser philo et jouer au billard avec des profs. Si ma mémoire est bonne, c'est aussi ma vraie première puff de cigarette. Merci Bob Despaties!
Vers février mars, je découvre la beauté de Tegan and Sara. Puis, on tourne à Saint-Eustache; durant l'aller, chose Drolet met "Je joue de la guitare" de Leloup, et me dit à quel point c'est un génie, ce à quoi j'acquiesce sans trop savoir de quoi il parle. Sur place, ya des amis d'Alex qui arrêtent pas de déconner et c'est chiant. Au retour, on manque de se péter la gueuler solide quand on me ramène dans mon quartier pourri. La fin de la deuxième session, c'est aussi mon assistance sur un plateau de 2e année pour être photographe et faire l'affiche de leur film. Première journée dans un quartier éloigné de Montréal, l'actrice qui se trouve à être la tante de la réalisatrice, Kader Akyol, pète un plomb et offre la clope à tous et toutes. Moi inclus. Ma première top au complet, le buzz. Second et troisième jour, on se trouve dans des décombres, près de l'école Sophie-Barat. Rencontre avec le frère de Kader, un brillant avocat qui jubile devant mes photos. On finit la session avec nos films, et je trouve honnêtement que notre film rock plus que les autres. Je commençais à accepter mon sort de gars du son.

Simz m'avait parlé d'un groupe... Les portes... Right. J'vais essayer d'écouter ça. J'achète un bestove des Doors. "Riders on the storm"... Oh God. En vélo, je passe par le boulevard Sainte-Rose pour m'arrêter sur rue des Charmes, je m'installe dans le pré, et j'écoute la pluie de la track. Sérénité just kicked in. J'ai commencé à chercher les parcs, à lire Rimbaud, à écrire des poèmes, à fumer mes premières cigarettes (indiennes) by myself. C'est aussi mon petit séjour à Embrum chez Karianne et ses parents, notre trip à Ottawa, le show punk, sans oublier mon dernier passage à La Ronde, avec mon frère, durant lequel j'ai seulement fait deux ou trois manèges maximum, préférant lire les nouvelles de Salinger. Summer's Almost Gone, et je commence le bouquin d'Aldous Huxley sur le peyotl à la fête de la famille du père. Un gars dans la trentaine (un cousin ultra éloigné dont on entend jamais parler) avec des costumes m'invite à jouer avec les enfants. La clope au bec, le nez dans le bouquin sur les drogues hallucinogènes, je le regarde avec un air qui dit: "Tu te fous d'ma gueule, ou...?" Le gars a l'air trop content, avec une petite voix aiguë, et il insiste. Moi aussi: "Nah marci. Je lis et c'est suffisamment intéressant."
Et je viens d'apprendre que ce 30 juin 2011, ce même type s'est pendu, après une dépression de 4 ans.
Des fois, je me dis que je suis chanceux d'être amorphe par moment. Quand on est jamais trop joyeux, ni trop malheureux, ya jamais le danger de finir ça aussi brutalement...
Parlant de mortalité. Mon premier chat, je l'ai eu pour mes 2 ans. J'ai grandi avec un genre d'ami slash demi-frère slash souffre douleur pendant plus de 15 ans. Pendant les plus grandes peines, il était là, pendant les plus grandes colères et les plus importantes joies. Il est parti, puis revenu. Et vers la fin de mes 17 ans, il a commencé à avoir des convulsions, il courrait après sa queue pour l'arracher, et non pas pour jouer. Il était maigre à mourir. J'osais à peine le flatter, sa colonne étant trop prononcée.
Alors on l'a fait piquer à la SPCA... Comme j'étais en voiture avec mon père, je n'ai pas osé une larme. Ni en laissant Mimine dans une cage, pleurant sa délivrance, ni en sortant de la SPCA, ni dans le retour en voiture. Je n'ai jamais pleuré la mort de mon meilleur ami et confident... Et je le regrette encore aujourd'hui.
Ma chambre ne pouvait plus rester la même depuis son départ. Alors on a décidé des couleurs )blanc, bleu ciel, vert forêt) et on s'est mis au pinceau. Fini le vert lime pâle. Bonjour zen. Adieu poster de gamins (nintendo et Safarir, kicked out), bienvenue Morrison et Lennon.

La première semaine d'août 2006 reste un des meilleurs moments de l'année. J'ai été pour la première fois au Cinéma du Parc qui annonçait sa fermeture avec une merveilleuse programmation: j'y ai vu (ou revu) entre autres Requiem for a Dream, Lost Highway, Mullholland Dr., Down in the Valley, Lost in Translation et Eraserhead. Une semaine complète de films, dans un minuscule ciné sous-terrain, je vous le jure, c'était l'euphorie! Et ça continue quelques jours plus tard, avec un signe de Dieu. J'avais commencé un recueil de textes sur les premières fois en amour, en parallèle des discussions avec une amie de Saint-Constant, Marie-Ève. Le 17 août 2006 au soir, épuisé par mon célibat éternel, je me suis promené loin, et suis tombé sur l'école Twin Oaks. Assis sur une balançoire, j'ai demandé à Dieu si mon jour allait venir, celui où je tiendrai une fille dans mes bras, avoir nos cœurs battre à la même mesure; pas par pression sociale ou quoi que ce soit, mais simplement par envie naïve. En rentrant, je me branche sur MSN et Marie me jase, m'invite à passer la journée avec elle à Montréal (à travers milles commentaires d'amour niais). J'ai sauté sur l'occasion, et remercié le ciel de m'avoir offert un présent si rapidement. J'ai donc passé la journée (18 août) avec elle, entre Berri et Mont-Royal, à la regarder tendrement, à fondre devant la robe qu'elle voulait s'offrir pour sa fête, à jubiler dans le photomaton, tous deux collés à faire des faces bidons, des bisous... à la caméra. Je retourne dans mon patelin, plein de belles images...
À la rentrée des classes, j'avais de nombreux cours à rattraper, dû aux multiples échecs. Puis, Simz avec son recueil de poésie et son Essai 1, Mélissa (une nouvelle), la soirée d'accueil (avec les téquilas chez Olivier, suivit du joint à côté du Pizzadélic qui m'a fait virer vert).

9 octobre 2006, deuxième rencontre avec Marie-Ève... Je l'attend à Berri, on va sur St-Laurent, voir des courts métrages sur l'amour au Ex-Centris, après quoi on s'assoit au square St-Louis, et on jase (avec une courte interruption d'un itinérant qui lui dit qu'elle a des beaux yeux et tout). On se rend ensuite à la station de métro... Devant les tourniquets, on reste plantés comme des piquets... Un éclair sa main dans mes cheveux ses lèvres sur les miennes les langues pénètrent la chaleur dévastatrice les yeux fermés le paradis.
Mes lunettes sont croches, ma fourche raide, la tête ailleurs, elle part, moi aussi... Au bas de l'escalier, chacun attend son train. Je me place devant elle, de l'autre côté. Elle est assise, le regard sur ses espadrilles, les yeux en larmes, et je panique, pense à traverser les tracks... Mon métro arrive, je rentre, mes yeux toujours fixés sur elle... J'ai envie de pleurer de tristesse, mais une joie embarque tout de même. Mon tout premier baiser. J'en étais si perturbé que je suis descendu de l'autobus près de 10 km avant mon arrêt...
Un autre évènement marquant: celui que j'avais laissé couler au fond de sa bouteille de vodka, à l'après-bal, Mathieu, et bien il est revenu à la vie. Je ne me souviens plus qui d'entre nous deux a fait les premiers pas, mais j'ai repris de ses nouvelles, comme quoi il allait au collège Dawson et qu'il se félicitait d'avoir quitter Brébeuf, tout comme moi. À peine quelques jours plus tard, aux nouvelles, on parlait d'un gars qui avait fait une fusillade à ce collège. J'ai paniqué, et j'ai appelé Mathieu aussitôt que j'ai pu. La chance était de son côté, ayant foxé les cours ce jour-là.
Party d'Halloween chez Olivier, Simz qui frenche sans cesse sa Sandrine (Sablerine for the win), ma première job en tant que caméraman pour le collège (bar des sciences où le frère de mon père participe)...

On finit l'année plutôt maussade avec un autre amour impossible, pour ne pas dire complètement stupide et primaire. Fred, la femme punk aux milles couleurs de cheveux, au sac spiky. Pour elle, en une soirée, j'ai écouté la presque totalité des albums de Pink Floyd, juste pour la séduire, lui montrer à quel point je m'intéressais aux mêmes choses qu'elle (PHONY! =D). Après la projection des documentaires (dont je ne fais pas partie, merci Milieu et Méthodes encore failed), j'essaie de faire des "premiers pas" vers Fred Boobarella. En la corrigeant sur une date d'album des Floyd, je la renfrogne. Ben bravo, big boy. Et tout au long de la soirée, ya René qui la spot aussi pas mal souvent... Ça finit en queue de poisson, et personne n'a gagné. Noël: je reçois ma première guitare (tiens, je pense à Dassin et ses plus belles années! Humm... Ouaiiiiiis...) et mon cadeau auto-given: un best of majestueux de Massive Attack qui tourne sans arrêt. Plus tard, dans un party de famille à Québec, je lis un post de René qui fait une sorte de déclaration à la miss. Réaction: je pète un plomb, bois plusieurs Mojito de mon cousin, et sors fumer et jaser avec mon frère pendant une marche au grand froid obscure. God que les femmes me font rusher... Le lendemain, on loue des films. Après Click d'Adam Sandler et Ice Age 2, il ne reste plus que moi, plongé dans la pénombre de minuit à regarder Last Days de Gus Van Sant. On quitte la capitale avec un clavier électronique. Je finis de lire "Les Mains Sales" de Sartre, après avoir dévoré Huis Clos (et l'imaginer mis en scène avec Fred, moi et une autre greluche).

J'essaie de faire mon choix de cours pour la session d'hiver 2007... Ah tiens. Expulsé. Recoucou, Holden.

2007:
Je fais tout de même un tour au collège, question de voir les potes, avoir des nouvelles. Fin janvier, je propose à Mélissa de venir avec moi à un concert d'Amélie Veille, puis cinq jours plus tard, c'est elle qui m'invite à faire de quoi. On va d'abord à son appartement où plusieurs colocs nous voient entrer, avant de quitter pour les cités d'or, j'ai nommé les bars de Montréal. En bref, on s'est gelés un max avant de trouver l'intime St-Ciboire, où on a jasé pendant deux bonnes heures. Après cette sortie, j'ai fini mon double recueil de poésies et de nouvelles, puis suis allé en ville avec le paternel où j'ai eu mon premier breakdown. En plein centre-ville (Peel), j'ai paniqué devant les milliers de personnes dans la rue, sous le poids de mon expulsion, ainsi que la fin de mes écrits. Quel but avais-je alors? Si je n'ai plus rien à faire, à écrire... Mélissa m'offre alors un boulot de rêve: jouer dans un film. Bon, le scénario est un peu prechi precha, mais j'aime faire partie d'un plateau, même si je dois en partager le tiers avec ma mère qui y participe aussi! Puis, je passe trop de temps à déprimer sur la guitare, alors je divague sur Facebook, nouveau réseau social un peu étrange. Je retrouve plein de gens de Brébeuf, dont Alexandra Adgeg, une blonde écossaise. Oups, non j'te connais pas, j'me suis trompé, mais tant qu'on y est, on peut jaser, ouais d'accord! Elle est copine avec une autre fille de Brébeuf qui habite pas trop loin de chez moi, alors on fait une mini rencontre improvisée en vélo dans le coin de la rue Édith, j'apprends à connaître Celtic Woman, STARS, mais surtout Imogen Heap. On s'entend bien, alors je l'invite à aller en ville, où je veux acheter des billets pour le film des Daft, 'Electroma', puis une visite au Archambault avant d'aller se taper un film magnifique, 'After the Wedding'. Pendant tout le film, je sens sa jambe sur la mienne, je n'ose pas poser ma main sur la sienne, le stress, quess qu'elle est jooolie...
En mai, je porte les premiers CV de ma vie... Résultat, on m'embauche presque aussitôt à l'épicerie du coin, à la boulangerie. En fait, le lendemain de la projection d'Electroma...
Métro, mes premiers punch in punch out, mes pains mous pas assez cuits, l'étuveuse qui coule, le four l'envie de brûler, dormir dans le frigidaire, Jeffrey les palettes noires, la commande du dimanche matin, le surplus de tout, la machination, panini sac de 4, kaiser sac de 6. Bref, tout ça roule trop vite pour moi, mais j'ai du fric! Je m'achète une petite enregistreuse numérique, écoute du Daft Punk, Chemical Brothers et Everything But The Girl derrière mon comptoir à étiqueter les sacs. Vers la fin juillet, ça commence à chier sérieusement, alors je rends mon tablier. Juste pour qu'on ne m'appelle pas le 7 août qui suit. On quitte en bons termes, je suis libre, et de l'argent dans le compte en banque. Première révolte.

Le concert ALIVE 2007, c'était toute la magie. Depuis plusieurs mois, j'écoutais le concert de Coachella '06, connaissais les moindres détours, les tweaks, j'avais réservé ma chambre d'hôtel, le même que Simz et moi avions été pour Meddley Poetry, y avais déposé tous mes disques des Daft et la revue des Inrocks... Et j'étais seul au show, seul dans ma chambre, ce soir-là, à écouter 'Blow up' d'Antonioni qui venait de mourir... Le lendemain, je suis revenu chez moi, déposer mes trucs, manger un peu, puis retour en ville, au St-Sulpice, boire à la santé de Mathieu Forget, qui n'est plus avec sa copine, Lacia, qui fête ses 18-19 ans peu importe. Avec lui sont rassemblées quelques personnes de sa job, dont une jeune femme de 26, petite mais chaude, mature. "Est-ce que tu m'embrasserais?" je lui dis. "Seulement si tu embrasse Mathieu". I didn't mind. J'étais ivre de musique électro de la veille et quelques pichets, et je voulais seulement l'embrasser, cette femme. Most majestic kiss ever. Ses doigts dans mes cheveux, la langue, les rires, le wow, putain. LE WOW. Je finis sur le sofa de Mathieu, me lève vers 8h am. Les cours recommencent bientôt. Mélissa est partie, il reste Fred et une autre. Ah tiens, c'est Lacia, l'ex à Mathieu. Parle-parle

samedi 9 mai 2009

La théorie de l'effet Koulechov. (jeudi 27 novembre 2008)

(Parce qu'on me l'a demandé)

L'effet Koulechov c'est...

Une fille couchée dans son lit.
Un regard froid.
"Est-ce que je l'aime encore?"

Un joint entre deux doigts d'un chum.
Un regard froid.
"Putain que j'en aurais d'besoin, live..."

Un dude qui pense qui va révolutionner l'art cinématographique.
Regard froid.
"Crisse, y va tu s'la fermer?"

Un montage de documentaire trop pas fini.
Un regard froid.
"J'sens que si jcoule pas, chu luckeux en esti..."

...

Un texte écrit ya un boute, clean en sacrament.
Un regard froid.
"J'peux pas dépasser ça, j'arrête d'écrire pour de bon."


Comms:
Lazy Vomité a dit…

Koulechov meet Freud.

Une fille gesticule et parle.
Regard froid.
"Jamais dans un lit..."

lundi 10 novembre 2008

Analyse d’un type no 1-2

Analyse d'un type no 1

Si je te disais que le type en question n’avait plus rien, et ne savait quoi faire d’autre que de marcher? Qu’est-ce que tu ferais à sa place? Non, quand je dis rien, c’est rien, quoi. Je te dis que ce type marchais sans savoir pourquoi, qu’il n’était plus capable de penser à quoi que ce soit, qu’il ne plus se concentrer sur un seul souvenir, si récent fut-il. Il essaie sans vraiment le faire, de se rappeler de quelque chose, mais ça ne sert à rien : le type continue, sans que tout ça ne l’affecte. Rien de cela n’est voulu, provoqué; sinon, c’est inconscient. Puis, un nom lui revient en mémoire, un nom de fille. Le nom a disparue dans sa tête, en laissant toutefois une trace… Ça lui rappelle vaguement une fille qu’il a vu il n’y a pas trop longtemps. Sans plus ni moins. Bon, et après? Quoi, après? Ben oui, quoi; il continue de marcher, ou il s’arrête pour penser à cette fille? Oui, évidemment qu’il continue de marcher. Il est incapable de penser, ni de se concentrer. Au début, c’était juste ainsi : par incapacité. Mais cela change un peu, des petites variations quoi : il veut réfléchir, mais c’est impossible. Plus il essaie, plus il voit des flashs de fragments de mémoire qu’il ne peut saisir au vol. Alors, il cesse d’essayer. Un flash de souvenir apparaît de lui-même : il se rappelle d’un moment de sa jeunesse. Toujours sans plus, ni moins. Le type continue de marcher dans la rue, aperçoit une brindille accotée en angle sur le trottoir. Alors dans sa tête, ça dit : « Pile dessus de façon à la briser au centre. » Le type, il n’y pense pas : c’est instinctif, tu vois? Et donc, il a pilé dessus, la branche a brisé au bon endroit. Et c’est tout. Il continue à marcher. Sans savoir à quoi cela lui a servi, sans savoir si c’était important de citer ce passage, mais il l’a fait, sans se poser de question.

Des fois, je me dis que ce mec a tellement été lessivé du cerveau qu’il ne peut plus penser par lui-même. Il semble constamment freiné par quelque chose en lui… C’est difficile à expliquer, je sais que tout ça semble flou, ou juste inutile, mais moi j’avoue que ça m’intrigue.

L’histoire n’est pas vraiment finie, mais en gros c’est pas mal juste ça que tu vas trouver comme information sur ce gars-là. Bien sûr, il a fini par reprendre ses esprits au moment où il s’est rendu compte qu’il se dirigeait de par lui-même chez lui, auprès des siens. Alors il est… rétabli, si on veut. Mais, n’empêche que ce mec m’intrigue, et je vais essayez de m’informer plus sur ce passage…



Analyse d’un type no 2

Ce type vient de sortir d’une salle de cinéma. Sa copine était là (pour la première fois depuis 4 ou 5 semaines). Là, et maquillée. Autrement dit, jolie. Mais accompagnée de son ami (son premier vrai amour). Le type est mal à l’aise. En sortant de la salle, elle part avec son ami. Le type veut rester pour participer à la discussion qui suit les films projettes les lundis soirs. Il regarde alors sa copine partir au loin avec son ex. À l’intérieur, il est complètement bouleversé. Comme image, ya pas plus affreux…
Après la discussion, il sort prendre son autobus. Celui-ci ne passe que dans 30 minutes. Il finit sa cigarette, rentre se réchauffer. Puis… Figé là, il pense toujours à cette image. Accablé d’une musique de cirque dans sa tête, il fixe ses écouteurs et, nostalgique il fait jouer une musique triste. C’est pas les larmes, mais c’est dur pour lui. « C’est pas Tangerine, notre chanson. Ça, c’est la nôtre… » Si jamais j’écoute ça après notre rupture, pense-t-il, je vais en crever. Il n’aurait jamais cru cela possible, et pourtant…
Dans l’autobus, assis, il fait une playlist sur mesure, question de rester dans son mood. Il ferme les yeux. Ce type reste dans son monde un bon bout de temps. Disons cinq à dix minutes. Au bout desquelles il ouvre ses yeux et réalise que sa main droite est ouverte, bienveillante, mais froide d’un froid qui se réchauffe; sa main gauche, elle, est fermée en poing, comme si elle tentait de se réchauffer, sans réussir.

Le type s’analyse.
Vu que la main droite est sa principale, il suppose que sa forme ouverte et douce reflète l’impression qu’il veut laisser aux autres et à soi-même d’une personne aimante et sage. Sa main gauche représente plus son subconscient et ses envies les plus primales : son poing lui rappelle alors la soirée qu’il a passée avec sa copine, durant la fin de semaine. Une soirée de type romantique était prévue, mais elle était fatiguée. Dans le lit, durant un film qu’il avait choisi au club vidéo du coin, la copine se met à s’étendre du vicks sur le corps avec une lourdeur que le type ressent. Il décide de l’aider à lui en mettre, contrairement aux autres fois où ça l’emmerdait. « J’vais faire un bon move, pense-t-il encore, peut-être que j’vais l’avoir ma soirée romantique! » Échec. Après sa tentative, sa copine repose le pot sur sa table de chevet. Puis, elle commence à le faire rouler sur le côté. De plus en plus fort. Puis, elle le prend, le laisse tomber d’à peine un millimètre. Le laisse tomber d’à peine un millimètre. Le laisse tomber d’à peine cinq millimètre. Le laisse tomber d’environ un centimètre. Le type, épuisé, quitte la pièce. Sur le canapé du salon, il tente de penser à autre chose, de ne pas être miné par son agacement. Il entend quelque chose… Sa copine joue de plus en plus fort avec son pot. Avec une télévision qui joue à plein volume, il entend encore ce pot se fracasser contre la table de chevet. Complètement éreinté, il ferme les yeux avec force, serre les poings et vois une image qui le réveille : il avait imaginé avoir frappé à coups de poings sa copine, question de la raisonner.

Dans l’autobus, ce type garde son poing fermé et sa main ouverte. À son arrêt, il est troublé de défaire cet ordre momentané pour s’accrocher à un poteau et ouvrir la porte. Sa musique triste à souhait joue toujours. Il est rassuré en pensant à sa copine qui avait arrêté son jeu juste à temps. Mais il est toujours troublé à l’idée d’avoir imaginé la scène.