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dimanche 9 octobre 2011

9 oct - Mysteries



Je pense à la cour d'un monastère, Berthierville. L'herbe verte, les voix au loin, une légère brise réconfortante. Aux moments de solitude, mais de bonheur, serein, quelque chose d'intouchable, d'indémodable. Timeless peace. Les oies de Montmagny, survolant le fleuve Saint-Laurent. Comme une chanson avant de partir en voyage, en bicyclette, en voiture. Marcher sur la berge de l'île des Moulins. Respirer, savourer.

La voix de Beth Gibbons résonne, frissonne comme une feuille prête à quitter pour l'hiver. En paix.
Un mystère de la vie, qui se perd, qui prospère. Qui dure, s'éternise, dont on ne se lasse pas.

mardi 5 avril 2011

5 avril - Twelve steps

Assis, les avant bras sur les genoux, les pupilles serrées, le cœur en étau, sur les marches qui mènent à la réception du mariage. Une vapeur s'échappe de la bouche crispée, entre l'amertume et l'espoir. La musique passe à travers les fenêtres ouvertes. Un slow juste assez doux pour sourire, mais trop belle pour ne pas pleurer. Juste assez forte pour qu'elle s'entende de l'extérieur comme un soupir sous la fine pluie distillée.

Le smoking n'a fait aucune différence. Chandail et jeans n'auraient rien changer; ce n'est qu'une question de formalité. Il n'y a pas de sentiment d'accomplissement. Juste la musique qui traverse le corps, rappelant à quel point on peut se sentir seul, au cours de certaines occasions spéciales. L'estomac serré, la main indécise autour de la coupe de vin, l'autre écrasant un mégot de cigarette. "All I see is your face, All I need is your touch". Fermer les yeux, couper les effluves, ravaler sa solitude. Oublier le couple parfait qui danse au milieu de la piste.

Une personne sort, s'installe. Pas trop proche, ni trop loin. Juste là. Certains silences sentent le malaise à dix mètres à la ronde. Et puis, il y a les silences qui font bien, simplement pour porter compagnie dans un petit moment de douleur à oublier.

-Ça va aller?

L'envie de tout avouer, de verser les blessures en petits mots, de laisser partir une larme ou plusieurs.

Mais, non.
Il suffit d'un hochement, esquisser un sourire d'une milliseconde, renifler, et le message passe comme il se doit. La magie opère sur un rayon d'un kilomètre, il faut croire. Pas d'explication nécessaire, ni d'accolades embarrassantes. Le silence a fait son boulot.


Impossible d'entendre la musique sans s'imaginer la scène au creux des bras de la si jeune mariée. Alors, un dernier regard sincère sur la scène permet de mieux accepter la réalité. "Ça ne sera jamais moi, là, tout simplement, avec elle."

Le ciel s'est emmitouflé sous une couverture bleu marine. Une petite marche nocturne s'impose à travers le petit sentier forestier.

Personne n'y verra tes yeux en vagues. Laisse-toi aller.


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JD
mardi 5 avril 2011, 20h30

(ça faisait juste 3-4 jour que ça me restait collé en tête... encore là, c'est pas aussi génial que je l'aurais souhaité...)

vendredi 3 décembre 2010

3 déc - Everything You Do Is A Balloon

La pellicule s'accroche à la griffe. Dans le noir, des bruits de crépitement faible habitent la salle, alors qu'à l'intérieur de la cabine, c'est le vacarme. Le décompte apparait. Noir, à nouveau.

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Ciel étoilé, immaculé, parsemé. Glissement vers la Terre, doux paysage, petite clairière, traverse d'arbres aux fruits mûrs. Silence, l'aube approche. Fenêtre magique sur Nouveau Mexique. Un enfant se réveille, s'habille, les vaches à traire. Production peu rentable, on cherche plusieurs fois, multiples remèdes, quelques sourires faibles. Tout est sincère, sans le désir de plaire. Mon cœur entre deux flammes, peur. Comment oser tant se brouiller, jour et nuit, un désert qui ne connaît que mes pairs. Mon père ne connait que de remède la voie de la raison: "Fais ce qui te semble bon". Et de souffrir de batailles en échecs, homme de peu de choix, je voudrais faire le bon. Minute requiem, gardons la pose, les cadrans attendront. Échappatoire, gare des fous, ou bonheur éphémère? Survivre, ma main sur ton sein, détruire la sueur de mon front, et pourtant je continue. Espère avec moi. Frigorifié, entre deux bouteilles, les larmes chaudes fondent sur mes années, la famille, pourquoi trahir.
Et la mort te doux-linceul, moi qui t'insolence, les regrets des écarts, tu quitte, me pardonne.
Retour au verger, douce nuit s'éveille sur le drap blanc. Peu de mot, déjà, et pourtant. Les fruits, foin raclé, et horizon, nuit étoilée.
Lumière silencieuse

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La griffe laisse sa prise, on rallume.
À l'extérieur, sombre et cigarette au bec. Je laisse une pensée, la fait flotter au-dessus de ma tête, rejoint l'atmosphère. Comme n'importe quoi, elle éclatera après un court moment, le gré du vent. Garde ces images en tête, tourmentes et lamentations à suivre.
"Plus jamais je ne ferai de cinéma..." Soupir innocent. Sourire sincère.
xxx


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JD
vendredi 3 décembre 2010, 23h40
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vendredi 29 octobre 2010

C'n'N

Musique: Erik Satie, Trois Gymnopédies.

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La télévision passe un programme sur les ondes courtes. Le son est bas. Lasse, Natalie ferme le poste. Le ciel est bas, l'humidité pèse sur le quartier de Laval-des-Rapides. Dans le 4 et demi, Claude et Natalie sont quelque peu distants. L'une observe le vent cogner à la fenêtre, l'autre lit son journal, la tête posée sur sa main gauche. Les nuages rendent sa lecture plus difficile d'ailleurs, mais il ne sent pas le besoin d'allumer le globe au dessus de sa tête pour autant. Arrivé aux annonces d'emploi, Claude touche du bout des doigts son stylo sur la table. S'ils avaient eu un chat, il serait sorti du salon pour aller sur la galerie, puis reviendrait sur ses pas aussitôt, annonçant quelques gouttelettes passagères. Seulement, il n'y a personne d'autre que Claude et sa copine. Au loin, on peut entendre de faibles cris, les enfants des voisins, une voiture qui passe. Et c'est le silence. Le stylo ne patine plus sur le journal depuis plusieurs jours.

Natalie tourne la tête vers Claude, perdu dans ses lignes de vie, sans savoir que sa tête divague vers d'autres horizons, l'esprit léger.
-Would you marry me?

Sorti de ses pensées, Claude relève le menton, ses yeux suivent patiemment. Les deux se regardent, sans évoquer aucune émotion, ni tension, ni passion. À moitié dans sa bulle, Claude réfléchit à la question comme s'il s'agissait d'une offre d'emploi à considérer avec minutie.

-You mean, like, now?
Sa copine ne répond pas sur le champ; elle préfèrerait se coucher dedans... ce qui l'incite à continuer.
-Je sais pas... Oui, probablement.
-I mean... sooner or later, it doesn't matter. Not to me. I just wanted to know if we could... work together. As married people, you know?

Natalie baisse la tête, se mordille le côté du pouce, rongée par le malaise d'avoir posé une question pareille. "I'm sorry. Nevermind."

-No, don't be.

Son regard revient sur ses océans d'offres et de demandes avant de fermer le journal. Les mains collées entre elles sous la table, la mine basse, Claude affiche un subtile sourire. Il lui retourne la question.
-Would you, Natalie Schmidt, marry me, Claude Robitaille?
Son ton laisse passer une pointe d'incrédulité, et s'en apercevant rapidement, il ne regrette pas sa question. Elle pose un regard doux sur son visage perplexe.
-Yes. Sure. Why not.

La faible pluie cesse de pianoter sur la porte de la galerie, remplacée par un vent frais qui circule par la fenêtre de la chambre à coucher. Seul le sifflement habite la demeure. Claude se lève puis s'installe près de Natalie.

-Tu le ferais vraiment?
-Yeah... Comme je le dise, why not. Je va pas go away comme le wind... I mean, I'm not that kind of girl. And... I like you...

Ses yeux fixent ses genoux puis le vide avant de trouver les yeux de Claude. Toutes paupières closes, les deux posent leur tête sur celle de l'autre. Leurs doigts s'enserpentent et se gardent au chaud.
-I like you too, Nat.






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J'aurais peut-être dû continuer en cinéma... beaucoup de regard, de gestes subtiles, une petite musique, peu de parole...
Faites attention, en passant. Ce texte ne traite pas d'amour! Hein. Qu'on ne se méprenne pas, là. They like each other. Like c'est pas comme love, hein. C'est une réflexion, point barre, presque à la manière de Robert Bresson (sans émotion). C'est pas non plus de la grosse déprime: il ne pleut pas à boire debout, il fait gris, c'est tout.

JD
20h12, vendredi 28 octobre 2010

lundi 3 août 2009

Le Livre d'Or (3 août 2009)

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-DM-
3 août 2009, 12h37

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Le Notebook

Petit pamphlet d'utilité fréquente,
Script et indications,
Jeu et saveur à venir.
Petit calpin souverain, souple, en cuir
Pensées aimables et redoutables.
Scènes à venir: famille à table, souper de célébration.
Un enfant chétif vient par dessus l'épaule observe;
T'inquiète, ces des notes qui veulent pas grand chose.
Range ça et vient: on va s'amuser dehors (scène 3: noeud)
"I got a little black book, with my poems in".
Les pages sont souillées d'encre bleu et noir.
Fidèle ami du stylo bille,
Le Notebook est collé dans la poche
Impossible de s'en défaire.

Et pourtant tout ce qui est inscrit,
Ce ne sont que des mots vides.
...Solution: prendre tout ça et en faire une patchwork.

Le silence atterant que l'on tient en certaines occasions:
La mort d'un proche, la perte future d'une personne, la rêverie solitaire, une fête, devant un enfant, devant un inconnu, entre deux personnes qui se bousculent. Un jour de soleil, au loin, dans la nature. Au loin, une maison, une fête. Se tenir droit, et se dire à soi: "C'est comme si j'y étais... c'est aussi bien, j'en suis sûr."

Les voix du silence (ironie) sont impénétrables. Au loin, une personne se tient le dos droit, et semble murmurer à soi-meme. Les deux murmureurs s'aperçoivent, se rapprochent, mais continuent de murmurer pour soi, tout en continuant à se regarder. De façon intense, et douce. Très loin, là-bas, une 3e personne chuchotte et se rapproche du duo. Le trio s'aggrandi, petit à petit.

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1) Je ne suis pas seul, j'en suis sûr.

2) Je murmure pour moi-même, mais les autres peuvent entendre, si ils tendent l'oreille, à travers leur propre murmure.

3) Si je chante, les autres le sauront, et auront peur de la voix émmergeante.

4) ... la parole est de cuivre, la réflexion est d'or

5) Le Livre d'Or n'existe pas. C'est le Graal que convoite les murmureurs, un artéfact mythique.

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13h17