mercredi 13 mars 2013

13 mars - L'année du dragon

Revisite d'un texte précédent, version 2013
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            Elle s’est assise sur le divan, et aussitôt le chat s’est blotti contre elle, tandis qu’il buvait son café devant les annonces du journal. Cherche mécanicien, min 1an exp; Cherche secrétaire, avec clientèle établie; Cherche homme bon à marier… Quelques gouttes font encore leur chemin sur la porte coulissante, se faire entendre au travers du silence perdu de l’appartement de Claude et Isobel. Que le soleil se soit couvert d’une nappe de nuages ne les dérange pas, ni la grisaille, ni les pas qui passent et qui reviennent du locataire d’en haut. Elle s’est fait une tasse de thé qu’elle sirote parcimonieusement, accompagnée d’un livre longtemps oublié dont elle avait décidé de reprendre la lecture dernièrement. Lorsque sa main ne cherche pas aveuglement sa tasse, elle passe et repasse sur le ventre du félin bientôt endormi. Mais Claude ne voit pas le temps passer, et oublie de partir pour le travail. De son côté de la table à manger, face à Isobel, il relève la tête, les doigts sur l’anse, absent. Après deux ans de vie commune, le regard partagé se fait de plus en plus rarement, comme des gouttes de pluie qui ne tombent jamais très loin l’une de l’autre, mais qui n’atterrissent jamais exactement au même endroit.

            Il fronce les sourcils, plus pensif que contrarié.
            -Would you marry me?

            Isobel sort progressivement de sa lecture. Son regard passe des lignes de texte au rebord supérieur du livre. Elle ne s’attendait pas à telle question, mais se dit qu’après tout, a-t-elle déjà donné l’impression qu’on devrait lui demander autrement que de manière simple, posée, lors d’une journée où le silence fait oublier d’aller au travail? Puis elle se renfrogne : aurait-elle dû être plus explicite et demander clairement une demande de fiançailles dans les règles de l’art, dans un restaurant chic, avec l’agenouillement classique? Mais, non. Elle sait qu’au fond, un tel geste ne démontrerait pas plus qu’un cliché mort et désuet, et qu’en réalité ce que Claude lui propose, ce n’est pas un spectacle de fumée, mais bien un acte réfléchi, sincère, avec autant de classe.
            -I think I would, yes.

            Elle tourne la tête vers lui. Ils échangent un bref moment, un sourire subtil. Peut-être ne s’agit-il qu’une simple question, une éventualité à préparer. Cela leur importe peu. Les deux retrouvent leur lecture, leur tasse. Claude ferme les yeux, la bouche semi ouverte. Il éternue. « Bless you », camouflée derrière son bouquin, moquant de ne pas vouloir être contaminée.
            Un voisin de pallier claque la porte. Claude sort de sa rêverie, constate l’heure tardive, se lève pour embrasser Isobel, puis quitte.
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LGND
13 mars 2013

jeudi 18 octobre 2012

18 octobre - The Monster inside

C’est jeudi et personne ne me l’a dit! C’était aujourd’hui que je devais commencer les auditions pour une nouvelle amie de cœur, comme disait un de mes oncles. So, who’s ready?
Mes caractéristiques:
Je suis sarcastique, cynique, et gratteux (bien que j’insiste toujours pour tout payer, pour que les gens m’aiment pour mon fric et non pour ma personnalité). Je m’habille avec plus d’élégance qu’il y a un an, voire toutes les années précédentes, ce qui ne m’empêche pas de m’adonner au plaisir odieux de garder une main dans les boxer, just for the feel of it, je préfère parler musique et politique plutôt que de décoration ou de bouffe, j’aime aussi la mode (j’étais accroché à la télé chaque fois que passait FashionTv, avant qu’on coupe l’émission), les chats et pas les chiens (sauf s’il s’agit d’un labrador et qu’il soit silencieux), la marche rapide, même si j’aime prendre mon temps. J’aime les filles qui portent fièrement la (les) tresse(s) mais pas les frisottis, les cheveux courts mais surtout les longs, ceux qui vont jusque dans le dos. I enjoy strip clubs, not dancing ones. Je fume abondamment, chain-smoker tbh, et je ne tousse jamais. Je suis aussi ultra-mince comme un minipad sanitaire, et aussi léger, ce qui ne m’empêche pas de me plaindre à propos de ma “bédaine” de bière.
Je recherche:
Une fille qui réussira à me complexer par rapport à ma vision décalée du monde, des valeurs qui ne sont pas partagées par les autres, ainsi que de la sexualité en générale. Elle doit être plus petite et avoir moins de connaissances que moi, pour me faire sentir intelligent et augmenter mon égocentrisme pathétique, tout en ayant mille fois plus de couille et de caractère pour me ramener à la réalité et me donner un bon coup dans le bas-ventre à chaque regard partagé avec une représentante du sexe faible (reste à savoir si c’est les hommes ou les femmes). Elle devra aussi comprendre mes envies de m’habiller en vraie salope et d’essayer de coucher avec chaque mec qui porte la barbe juste bien faite et qui parle de Julia Kristeva sans rire. Les soupers incluant du pesto seront essentiels pour me rappeler à quel point je ne sais pas me comporter dans un restaurant. Les soupirs sont requis, en tout temps. Le port de fourrure (manteau, bottes, écharpe, chapeau), quoi qu’optionnel, est fortement encouragé pour me garder dans ma dépravation et mes fétiches louches et mal regardés par la société. By the way, I cry a lot. So, if she’s willing to call me baby names, like “wuss” or “sissy”, that’s perfect too.
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Vous pouvez envoyer vos CV par message privé. Attachez-y une photo de cheveux, de vos yeux, et de votre sourire (better be cute, not like a horse smile. Salut Jessica Parker). The rest, I don’t really mind.
-The monster.

dimanche 5 août 2012

5 août - On les aperçoit gisant



Un soir d’automne, après un spectacle de bar en compagnie d’une belle amie de ma blonde, on voguait sur De Lorimier et Viger sous l’air frais du pont, se faisant mutuellement des frayeurs. “Faut pas rester ici, on va se faire tirer dessus! Haha!” D’une fenêtre d’appartement pas trop loin, ou était-ce une voiture passante, une musique glaçante a percé ma chemise… Dans la brume Sous la brume Jusqu’au bout de ma plume, Tu restes avec moi… Une ombre a bougé. Je l’ai prise par le bras, une fraction de seconde penser l’utiliser comme bouclier, puis raisonner et tenter de la protéger. Faire mon show off, quoi. Mais après s’être tapé un festival de David Lynch, les ombres, on les interprète de dizaines de façons horrifiantes. Un bum, un éclopé, un être déformé, un monstre. Ç’aurait pu être le Diable, pour ce que j’en sais… Tout ce qui sortait de l’obscurité terrifiante, c’était un râle silencieux. Un putain de souffle angoissant qui l’a fait se glisser entre mes bras frigorifiés, ses cheveux fins et noirs de jais son mon menton. Ç’aurait pu n’être qu’un putain de chat possédé par Satan, avec une grosse boule de poil dans la gorge, qu’est-ce qu’on en savait. On a figé un instant avant qu’elle ne me sorte de ma rêverie: “On s’en va, please…maintenant.” En toute sécurité ou à l’article de la mort la plus brutale, allez savoir, faut toujours que je reste conscient le plus longtemps possible. Dénouer les mystères. Ou en créer, peu importe. Mais sa joue contre la mienne, ses lèvres fines qui murmuraient: “…Now…”, mon éthique des relations en grande bataille intérieure contre mon érection grandissante, j’ai cédé.

On a couru, d’un trait, droit, continu. On s’est arrêtés dans une grande avenue où une église affichait un néon quétaine sur les péchés. J’ai souri, complètement essoufflé, mais satisfait de notre course. Elle, par contre, son visage, blanc comme un œil de murène. J’avais surement manqué un détail qui l’avait frappée… Ses jambes se sont bloquées momentanément, un frisson parcouru sa peau sous son petit chandail en laine. Dis-moi. “J’ai vu mes yeux reflétés sur la lame du couteau.” Sous la lune, dans la brume, j’te prends dans mes bras. J’suis là.
Après le plus long et le plus étranges des baisers que j’ai jamais échangé, elle m’a reconduit jusqu’à l’appartement de ma copine dans un silence absolu, mais parsemé ici et là de main glissée sur une cuisse. En sortant de la voiture, elle a prononcé mon nom. “Tu lui as jamais fait ça, hein?” Non. C’était la première fois, ce soir. “Le couteau, je veux dire… Elle, a le prendrait pas comme moi. Utilise-le juste avec moi, ok?” Ok.
God do I date masses of weirdos, like me…

lundi 23 juillet 2012

22 juillet - Making amends, part 2



J'ai coulé à répétitions deux cours de cinéma, au cégep, simplement parce que les profs ne me convenaient pas, ou j'étais trop paresseux, blasé de tout, sans conséquence directe sur ma vie. Mais j'ai continué à foncer dans le tas, plutôt que d'abandonner et fouiller ad nauseam dans d'autres départements. Je voulais faire comme Moreti et tourner seulement des paysages en mobylette, pas créer un climax au deuxième nœud et détendre le tout avec une mauvaise blague. Je jalousais mes potes de La Plaine qui faisaient n'importe quoi tout en retirant une quelconque gloire, un hype créé entre nous, c'est tout. Mais hype tout de même. J'ai compris en tournant mon premier vrai court métrage que jamais je n'arriverais à supporter un acteur qui ne joue pas exactement la scène comme dans mon esprit; qu'il fallait que je me débarrasse des acteurs/actrices médiocres. Et, contrainte oblige, il ne me restait plus que la route qui m'a bercé depuis mon plus jeune âge. Contaminé ici et là de ces gens que j'avais idolâtrés.

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J'ai quitté la première fille que j'aimais vraiment, parce que ma solitude me manquait plus qu'elle, et qu'un simple "On devrait arrêter là" ne suffira jamais à créer un gouffre aussi solide entre nous deux que ce que j'ai pu lui sortir comme bêtises. Parce que je préfère que les gens me détestent pour me foutre la paix. Les amis, ils insistent, ils restent, ils collent... pénètrent ma bulle. Et ma bulle va à des kilomètres à la ronde. Je l'ai quittée, elle et ses multiples remarques à la "Ouais elle, j'la baiserais bien, humm!". Elle et sa volonté envahissante de se croire aux deux sexes. Je l'ai quittée parce qu'elle écoutait les chansons de Leloup, mais pas ce qu'il avait de plus précieux à dire à propos de son enfance, ce texte qui m'a traversé à jamais. Je l'ai quittée un matin de mars 2008, parce que j'avais pu de job, en plus du film à finir, et qu'elle ne voulait plus prendre ma main. Je l'ai quittée sur du Coeur de Pirate, une toune de Malajube, une autre de Alegria, encore une autre de Bran Van 3000. Laisse-Moi avant que je m'en aille, Rester m'étouffera toujours comme le mot amour; c'était avant que ça sorte en CD...
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Toi, tu m'auras appris à m'habiller avec goût, tu m'auras fait goûter milles saveurs, toutes plus délicieuses les unes que les autres, moi qui se rebutais sans cesse aux pizzas/hot-dogs/sandwich margarine moutarde jambon. Mais surtout, je n'ai jamais risqué d'écouter de la musique avec toi. Et je t'en suis grandement reconnaissant. Je n'ai encore jamais souffert d'écouter une chanson qui me rappelle toi. Et pourtant, tu m'habites encore comme personne ne m'a habité. Je suis la maison de souffre, dans laquelle tes pieds n'ont jamais allumé quelque feu. Mes Bon Iver sont réservés à Soleil, mes Leloup et Pirate à Lune, mes Pink Floyd à CouCassé, mais toi, tu n'as laissé aucune trace musicale qu'un Cohen qui m'a passionnément endormi, un Watson qui ne m'éveillait rien, et des Smiths qui m'ont tout simplement irrité. J'ai encore mes Boards of Canada qui me ramène à la banlieue de Saint-Hubert, fin 89; mes Massive Attack entourés de potes du cégep; et mes Gainsbourg qui ont éveillé mes nuits montréalaises en compagnie de mon frère de plume.

Te souviens-tu, à peine une semaine avant que tu ne fasses le premier geste... J'avais innocemment publié une chanson hip-hop, en écrivant: "Avant qu'on ne devienne quelque chose, apprend ça par cœur et je t'aimerai tout de suite". J'aurais trouvé ça amusant, une fille qui semble pognée à première vue et qui, finalement se met à te rapper dans la figure les paroles de Daddy G et Del Naja...

Je te l'ai déjà dit, tu n'écoutais pas, tu n'écoutais jamais, mais je le répète: ce que tu m'as apporté comme bien, jamais personne ne l'avais fait avant. Ça prenait des couilles d'acier pour me faire bouffer un sandwich avec de la putain de mayo et que je l'apprécies. Pareil pour le look. Je vais juste citer Jack dans Fight Club, pour la suite... "I'm grateful! Thank you! For EVErything you've given me!... But this is too much!!! This is not what I want!!" Tu voulais tout contrôler à ton image. Alors que la clé avec moi, c'est de me laisser faire, en poussant tranquillement. Ouais j'suis encore un gamin. Quoi, t'as arrêté de l'être entièrement toi?

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Merci pour tout, mais non merci. Voilà comment je pourrais résumer l'entièreté de mes expériences. Ou presque. Pas ma job. Rien ne me fera détester mon boulot. J'ai couru après pendant trop de temps, j'ai trop chialé contre les shit-jobs qui ne gratifiaient pas ma petite personne, s'il fallait que je crache sur le seul emploi qui m'a fait sentir au sein d'une deuxième famille, en plus de se sentir gratifié et gratifiant à chaque journée passée là-bas.

Merci pour les cours de ciné, mais non merci. Pas besoin de savoir que rendu au milieu, les personnages sont censés être établis. M'en fou.

Merci pour les sorties dans les clubs, et pour Leloup, mais non merci. Ton besoin constant d'attention, il m'a trop étouffé.

Merci de m'avoir appris à devenir un homme, en apparence, mais surtout, d'être restée loin de la musique que j'aime écouter. Même si tous les estis de jours depuis le 10 mai dernier, je n'arrive pas à t'enlever de ma tête, pour cesser d'être en colère contre toi. J'avais un closure avec les autres... J'arrivais à être en paix avec elles, après un certain temps. Cette fois, c'était tellement différent... Il n'y a que de la hargne qui s'est bâtie en moi, contre l'image que j'ai de toi. De la putain d'envie de te tabasser avec tes DVD de Sex in the City. Pas étonnant que tu t'identifie avec la fille qui ressemble à un cheval... En me rabaissant, tu m'as appris sans le savoir que je valais mieux. Mais GOD que tu m'as blessé dans ta manière de juger tous ces gens...

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Je veux regarder une fille pendant des heures sans que jamais elle ne dise: "Arrête, tu m'énerve, quessé que j'ai dans 'face?". Parce que j'm'en crisse des totons, quand chu en amour. À la poubelle, les sextos. Je veux des yeux pleins de oui oui, pas des puits sans fond. Des cheveux qui suivent le vent, des sourires pas trop plein de dents, sincères.
Je sais pas si je veux Lili...

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Et voilà maintenant que j'ai adopté une nouvelle soeur. Une qui soit une dyke, une vraie, en plus. Si Lacia et son manque d'athlétisme laissait entrevoir une quelconque attirance ever again, ce n'était certainement pas chez les filles qu'elle allait la trouver, même chez les dykes les plus renforcées.
Bref, au total, un frère transgenre refoulé, une demi-soeur qui prétend être bi et une soeur carrément gaie. Ça me fait penser à la blague du père et ses deux filles gaies. "Crisse yen a pas un dmes enfants qui aime les graines" et le fils de répondre "Moi" *trollface*

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Lundi 23, 6h13 am

jeudi 24 mai 2012

Katherine et Marie-Christine

En partant, Kath a laissé son image, bien encrée dans ma mémoire vive. Était-ce le soir même ou le lendemain, je revisitais en rêve mes histoires de cœur. Et d'un revers puissant, mes souvenirs se sont fondus entre réalité et fantaisie. «Mais non, tu n'as pas connu que ces deux filles-là. Comment as-tu pu oublier que t'étais déjà sorti avec Kath?» De là, les images sont revenus: elle dans mes bras, au milieu de la cuisine blanche, le comptoir, le garde-manger, mon nez dans ses cheveux frais coupés... J'en avais les larmes aux yeux. Comment avais-je pu oublier cette histoire avec une fille d'aussi haut calibre? Quelques minutes ont passé, j'ai basculé du rêve à la réalité, toujours sous le charme de la sublime Kath, et ma joie d'avoir déjà partagé des moments avec elle... pour me rendre compte que tout cela n'était que mensonge.

Ton esprit a fusionné une image récente (cette fille) avec un environnement connu et harmonieux (la maison où habitait autrefois ma première copine)... Le malaise envers moi-même! La honte! «T'as vraiment cru, pendant une bonne demie-heure, que t'avais déjà vécu de quoi, AVEC ELLE?! HA!»


Et bien, à menteur, menteur et demi. Cette nuit, aux bras de Morphée, je profitais d'un autre fantasme, sans me leurrer pour autant. «Je sais qu'elle n'est là qu'en rêve. Qu'importe, j'ai du fun. Je ferai pas semblant d'être triss juste pour que les autres se sentent bien.»

vendredi 27 avril 2012

Changez le champ lexical...

Ces mots, noms et phrases que je ne suis plus capable d'entendre:
-Jeter de l'huile sur le feu
-Parc Émilie-Gamelin
-Nadeau-Dubois, Line Beauchamp, Léo et Nadine
-condamner la violence (ou tout le jargon de la langue de bois)
-CLASSE, FECQ et FEUQ
-casseurs
-pacifiques
-"Ben oui c'est ça, faites rien au cas où quelque chose de pas bien survienne."
-manifestation déclarée illégale

Grévistes, journalistes, changez votre champ lexical. On ne fait que lire la même histoire jour après jour.

jeudi 26 avril 2012

Lemonade vire sûrette à propos des manifs

Étudiants, grévistes, manifestants, vous voulez qu'on arrête de vous gazer à tout bout de champ? Arrêtez de vous planter par milliers en plein cœur de la ville pour provoquer les flics. Pardon? Ahh, vous ne provoquez pas? Ah ben oui, bien sûr, c'est uniquement la faute du Black Bloc, un groupe d'environ 10 à 15 personnes, qui casse les vitres et fout le merdier... à travers une marée de dread lockés qui fument leur gros joint devant la police. Ben non vous ne provoquez pas, qu'est-ce que j'ai dit là, hein!

Une trêve de deux jours, trop dure à supporter, ben oui, ben oui. Vous sentez qu'on veut vous museler, ben oui, ben oui.
Non.
C'est juste que ce serait bien, pendant deux jours, qu'on puisse se rendre à Montréal sans avoir à se soucier si le métro va bloquer, sans avoir peur de se faire matraquer par la police parce qu'on marche sur Ste-Catherine, sans avoir à entendre chiâler les ostis de protestataires à chaque putain de jour. Y'en a marre. D'un côté comme de l'autre! Représentants de la CLASSE, un appel au calme, ça permet de réfléchir. Vous accusez le «michant gour'nement» de jouer sur les mots, mais vous aussi vous travaillez fort avec votre dictionnaire, refusant de condamner parce que vous n'avez pas de toge de juge. Fuck off, guys... Sans toge, je peux dire: Non à la destruction de vitres, au lançage de peinture dans les auditorium, sur les édifices, JE - CONDAMNE - LES - ACTES - DE - VIOLENCE. Messieurs et mesdames ministres, ouvrez vos jambes un peu. Vous jouez les vierges offensées, et jouez sur les mots, au lieu d'utiliser ce qu'autrefois les dictateurs n'avaient pas peur d'employer: la vraie peur. Pensez à Trudeau qui se foutait royalement de se faire détester par le peuple québécois: «Just watch me», tout doucement, plein d'horreur citée implicitement avant de déclarer les lois de mesures de guerre. On voit les forces armées ramper sur les rues de Montréal, donnant une image apocalyptique de la ville, sans les têtes fortes au-dessus. Ils se cachent derrière des rideaux de larmes, de «Oh mon doux, ils ont cassé les lunettes de ma sécrétére, tsééé, bouhou». Act like a man, bande de flancs mous. Si c'est vous qui avez le pouvoir, JUST PROVE IT!

L'argument qui me revient le plus souvent au visage: Ben oui, bravo, c'est en restant che' nous que la situation va évoluer... Big fucking whoop. Fais-la, ta manif avec tes amis poteux. Mais il me semble que une fois par semaine, c'est suffisant. Tous les jours, c'est pénible. Refuser d'arrêter de manifester la SEULE fois qu'on demande une trêve, c'est carrément abruti. C'est faire la sourde oreille, tout en accusant le michant gour'nement de faire la sourde oreille, c'est ça le message que je vois. Vous vous dites pacifiques, vous parlez de marches silencieuses. Ben tant qu'à rester silencieux, ne vous regroupez pas. Vous savez très bien que les groupuscules violents vont se mêler à vous.

C'est ridicule. Je n'ose plus aller en ville, de crainte qu'on me lynche parce que je ne suis pas en faveur des manifestations ni du maudit carré rouge qu'on veut m'épingler de force sur le front, et de crainte que la flicaille aveuglée me prenne pour une saloperie de hippie anti-étatique. Je n'ose pas plus parler à mes amis qui se disent ouvertement pro-grève, de peur de tomber sur le sujet et me faire enfoncer dans la gorge leur refrain de hausse ridicule, de même que d'entendre les parlementaires qui veulent distribuer les sucettes à ceux et celles qui l'acceptent sans dire un mot.

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CLASSE, FECQ, FEUQ, condamnez les actes de violences, parlez avec raison de la hausse; grévistes, manifestants, fermez vos putains de gueules pendant qu'ils sont à table avec le parlement que VOUS avez laissé gagner en décembre 2008; messieurs et mesdames du gouvernement, essayez donc de jouer aux adultes, acceptez les sujets sur la table, discutez raisonnablement! Entendez-vous sur les des frais, disons 100$ de plus chaque année, au lieu de 325$ par session.
Étudiants, ne soyez pas idiots: vous ne l'aurez jamais votre gratuité, oubliez le gel aussi.

Cessez les foutus manifs, que je puisse magasiner mon prochain iPhone 5 en paix, l'été qui s'en vient. :)
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26 avril 2012, 19h15