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dimanche 22 mai 2011

22 mai - Les Sueurs Froides

Défi d'Ariane 6. Consignes: “écrire la perte de la virginité d’un point de vue féminin. Le tout, sans utiliser les mots: sexe, virginité et première fois.”

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God que je déteste les mariages. Je veux pas paraître boudeuse, mais je peux pas m'empêcher de me sentir écartée. Toutes mes cousines sont matchées depuis des lunes, et moi, j'ai l'air d'une grosse conne, avec ma robe cheapo que j'ai essayé de rembourrer pour pogner un gars, n'importe qui je m'en fous. Mais ya rien à faire: c'est ma face qui faudrait retaper, avec mes broches et mes cernes, j'ai l'air de c'que je suis. Une éternelle célibataire.


Ya personne de mon âge ici... Soit c'est du monde dans la trentaine, soit c'est des enfants. Heureusement, Hugues, mon cousin préféré qui doit approcher de la quarantaine, reste à mes côtés pour essayer de me faire sourire. Je ris pas, mais je pleure pas. C'est peut-être mieux comme ça. J'ose pas trop manger, à cause de mon régime et tout, mais les services arrêtent pas d'arriver, et je voudrais pas faire ma fine bouche. Alice a quand même dû payer cher pour son mariage. Le moins que j'puisse faire, c'est de faire honneur aux plats qu'elle a choisis.


Peut-être que de danser me changera les idées. Hugues est venu sans sa femme, alors il me propose de l'accompagner sur la piste. La toune hip-hop change au slow... Oh my god... Ya des bras tellement musclés! Collée contre son chest, j'entends son cœur faire bou-boum vite vite. Et c'est pas à cause de la musique. Ça fait boum boum boum dans le mien aussi. "J'ai pas envie que ça finisse." Je le fixe des yeux, comme Wow! Il pense comme moi! On sort avant que le DJ mette une toune pas mal plus dansante, sa main forte sur mon épaule qui fait brrrr. "Bois un peu de vin, ça va te réchauffer". Ça fait trois verres, et pourtant, j'ai pas plus chaud... J'ai la tête qui tourne, par exemple... "On va aller dans ma voiture. On va être mieux, sans grosse musique".


"Tu préfèrerais-tu t'étendre sur la banquette arrière?" Je parle pu. J'écoute, c'est tout. Ma tête est ailleurs, sur spin. Je fais oui de la tête, mais juste un peu. Je veux pas que ça brasse trop. En arrière, il m'installe un coussin improvisé avec une couverture juste trooop douce, comme du satin molletonné, qui finit sur mes épaules nues. Y fait noir, je vois pas grand chose sans mes lunettes que Hugues a retirées. Ses mains parcourent mes bras. "Ça fait tu du bien?" Hummm hummm... Arrête pas... Je sens son haleine chaud sur mon cou, ça sent le parfum cher, subtile... Ses lèvres juste au dessus de mes seins, ses mains sur mes cuisses... oh my god, je comprends pas ce qui se passe... Ya un courant d'air sous ma robe, pendant un instant. Ses doigts glissent plus loin, sa langue sur ma jugulaire. God, je respire tellement fort... Aow! Oh GOD! Ça fait mal! C'est dur en moi. Hugues... Hugues, ça fait mal... "Veux-tu que je ralentisse?" ...non... continue. Ça commence à faire du bien... Je veux pas que ça arrête. J'veux pas que ça arrête... J'aurais juste préféré le faire avec un chum, avant... Mais continue. J'veux pas que ça arrête.


vendredi 16 avril 2010

La Colline

Toute la violence qui a pu m'habiter cette nuit. Toute l'animalité, l'esprit bestial et festif... La soif et l'envie...
Et puis on sort, et je sens encore son odeur sur moi...
Et puis, je prends l'autobus. Symphonie... non, ce n'est pas une symphonie. Mais oui, il y a quelque chose de saint... Et non pas de ses seins à elle. Mais ces prières réunies, ces voix si douces et innocentes, suivi d'un souffle du vent par dessus la colline. Toutes mes prières auront été vaines, il fallait que j'en écoute des vraies pour enfin être absolu, pour voir passer un ange. Une brise douce de fin d'été. On venait à mon secours et j'en suis reconnaissant.

Ses seins, sa peau de satin, ses cheveux de lin, son odeur, son ardeur. Elle devait être sur la méthadone, ou quelque chose du genre. Aucune âme. Pour un pauvre pécheur, c'était la séduction instantanée. Aucune inhibition, let's go, on danse. Et voilà, les doutes reviennent. Non, je ne suis pas fait de bois. Mais où se trouve la limite? Les doutes, les mauvais sentiments, le besoin d'agressivité, la douceur, la violence, les complexes clarifiés, écartés et qui reprennent du service à nouveau. Enfin j'ai ce que JE MÉRITE: une taille de guêpe qui me tourmente, tout en me prouvant que oui, ça existe. J'en ressort comme on sort d'un rêve en plein milieu de l'action. Le ventre à l'envers, non ce n'est pas la bière ni le burger que je ne digère pas. C'est la place... Lieu de perdition, me disais-je sans cesse répétant à tout va ma petite pensée qui pourrait me sauver. Le temps ne règle rien. J'ai compris.

Son odeur qui me suit, l'odeur de la Ville me suit, mon haleine, les vidanges, les clochards, les pubs miteux. Tout me pue, me rit au nez, me regarde marcher droit devant, la tête baissée. Humiliation, peut-être. Non pas vraiment. J'avais tout prédit: la joie, l'excitation, l'aveuglement, le sentiment du mal être, les pleurs. Tout ça était écrit. Selon Seymour, je ne devrais pas écrire ces mots, mais les voici: je suis né pauvre pécheur.

Toute la violence, au cours de ma très petite vie, j'ai essayé de la canaliser de plusieurs façon, physique ou mentale. La prière n'est d'aucune aide lorsqu'on s'y approche seul. Il faut un guide, un fil conducteur. Il ne faut pas passer sa vie à chercher. On est suivi de proche par un vent qui nous berce légèrement, et il suffit d'une brise et de s'en rendre compte pour profiter de ce qui passe. Tout moment a son pesant d'or. S'agit-il de péché ou de moment de recueillement? Peu importe, il suffit d'être en accord avec cet instant. La débauche? Non, pas vraiment. La sérénité d'un cloître? Je n'crois pas. Vanité, vanité, tout n'est que vanité. Cesse de te plaindre et savoure.
Pendant que ça passe, tsé.

Moi, finir prêtre? Crisse, t'es malade... J'va pas demander pardon à chaque fois que j'rentre au confessionnal. Je compte pas en abuser non plus. Mais pour ce soir, je vais garder son odeur... Je la laisserai partir demain, et j'oublierai. J'oublierai son odeur, mais pas son existence. Ensuite, on verra. Pour l'instant, les vagues bien au-dessous de la colline, je les laisse me bercer tendrement. Et je n'oublierai pas que cette larme versée à cette écoute est de la même source que celle que j'ai posée sur sa joue, au moment de notre dernier ébat...

LGND
Vendredi 16 avril 2010, 1h am du mat
Après les Totons, tsé